Par monts et par vaux

Publié le par Albocicade

Charray 1

 

"Bon, on va marcher ?"

Nous sommes chez des amis depuis la veille au soir, et – au sortir du repas de midi – notre hôtesse nous invite à nous bouger un peu, et, pourquoi pas, nous faire découvrir le coin. Nos deux tribus grimpent pour quelques km dans les voitures, direction le col de l'Arénier.

Laissant les véhicules, nous empruntons un petit sentier qui chemine à flanc de montagne. De colline, presque. L'air est doux, le soleil accueillant. Passant de crête en crête, nous arrivons au Charray (ça se prononce "Charaille"), un petit sommet qui culmine à environ 900 m.

Là, le copain indique : "on va monter jusqu'aux ruines".

Effectivement, sur le sommet quelques restes de murs ; au ras du sol, une voûte en bon état, et même, un peu plus loin, ce qu'il faut bien identifier comme une ancienne porte. Le tout au milieu d'arbres. Il y a bien longtemps, se dressaient là les bâtiments d'un monastère construit au XIe siècle et détruit cinq cent ans plus tard.

En regardant ces pierres assemblées avec soin, ces murs effondrés, cette accumulation de terres qui comble des pièces entières et rend indéchiffrable les plan des bâtiments et jusqu'à l'emplacement de la chapelle, je repense à ce chantier de fouille qui eut lieu – de  1932 à 1939 – du côté d'Antioche (Antakya, en Turquie). Une colline surplombant l'Oronte, le "Mont Admirable", et à son sommet, les ruines d'un monastère abandonné à la fin du XIIIe siècle. Le monastère de St Syméon stylite le jeune.

Bon, bien sûr, au Charray il n'y a jamais eu de stylite. Mais la configuration de l'ensemble donne envie que ce soit un jour déblayé…

Mais pourquoi, alors que je suis au fin fond de l'Ardèche, est-ce que je pense à cet autre monastère déserté, là bas, en Turquie ?

C'est une drôle d'histoire.

Au cours de mes recherches autours d'Abu Qurrah, je suis tombé sur un texte du XIIe siècle mettant en scène un certain moine et trois lettrés musulmans à la cour de Malik ed-Zahir Ghazi, émir d'Alep.

Une des premières énigmes que ce texte me posait était le monastère dont était originaire ce bon moine. Il me fallu louvoyer, jongler entre les interprétations erronées, les traductions fantaisistes pour enfin arriver à identifier ce que pouvait être ce monastère nommé Mar Sema'an al Bahri dans mon texte, puis à le localiser sur une carte (grosso modo : +36° 5' 39.84", +36° 1' 54.46")

monastere

Bon, mon histoire n'est pas passionante, mais j'espère – lorsque j'en aurais fini avec quelques bricoles que je dois impérativement terminer avant fin décembre (dont, par exemple, le calendrier 2012) – pouvoir vous donner une traduction de ce texte.

Charray 2Ah, pour ceux qui n'auraient pas cliqué sur tous les liens de cet article, je rappelle que des photos (des ruines) du monastère de St Syméon "de la mer" (al-Bahri) sont visibles ici.

Publié dans Vie quotidienne

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