La bourrasque

Publié le par Albocicade

http://www.mrugala.net/Nature/Arbres/Dessins/Epicea.jpg

 

Un coup de fil : "ça t'intéresserait, du résineux pour brûler ?"

Même si mon stock pour cet hiver est fait, il n'y a pas de mal à anticiper un peu les froidures ultérieures.

Aussi, dès le lendemain, nous nous retrouvons dans un grand parc où - de ci, de là - quelques arbres - surtout des épicéas - gisent au milieu de leurs confrères toujours dressés.

Certains ont été renversés avec leur motte de terre, d'autres sont comme sectionnés à un ou deux mètres du sol : une bourrasque les a jeté à terre. Pas si violente que ça d'ailleurs, la bourrasque ; ce n'est pas l'hécatombe… juste quelques arbres.

Pourquoi ceux-là et pas les autres ?

Si pour les premiers il est flagrant que leur enracinement était trop superficiel, pour les seconds en revanche, des questions se posent : les fûts sont beaux, les branches vertes. Alors ?

Je m'approche d'un géant effondré. Un coup d'œil à la brisure… tout s'explique.

A l'endroit où il a craqué, le tronc fait pas loin de 70 cm de diamètre, mais seul un pourtour de 5 à 6 cm est sain. Le cœur n'est plus qu'une moelle qui s'effrite sous la main. Il faudra tronçonner sur plus de 4 mètres avant de trouver du bois qui ne soit pas abîmé.

Pour moi, ce n'est pas grave : à part le trop spongieux, ça brûlera quand même.

Mais, allez savoir pourquoi, en regardant ces troncs à terre, pourris à cœur, je songe à ce dont les journalistes économiques nous rebattent les oreilles en ce moment : nos sociétés occidentales, capitalistes à outrance, vont-elles s'effondrer à la prochaine bourrasque ?

Publié dans Vie quotidienne

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Albocicade 10/11/2011 22:44



St Basile... effectivement. Outre ses écrits (dont une sélection est consultable ici en français, et bien sûr là en
grec), j'ai toujours été impressionné par son implication "sociale" : sa "cité" pour les pauvres, les malades, les démunis, qui fut ensuite appelée "Basiliade" ! Un évêque comme en réclamait
l'apôtre Paul dans son épître à Tite...


Aujourd'hui, "Basiliade" est le nom d'une association
qui vient en aide aux malades du sida...



Iago 09/11/2011 21:43



Encore moi.


Au cours de ma promenade cet après midi dans la forêt du Vercors, je me suis heurté à un arbre (au moins aussi gros que celui dont vous parlez) qui était brisé et barrait le chemin. Sur la souche
aucune trace de tronçonneuse, seulement le "chevelu" d'une brisure naturelle ... et le cœur était sain. Cela a dû souffler ! A propos de vent, j'ai traduit ce matin un bout d'homélie de saint
Basile parlant de la colère. Il emploie la comparaison tempêtueuse suivante : 


Un homme en colère t'a-t-il outragé ? Arrête le mal par ton silence. Mais toi, au contraire, comme si tu avais reçu le torrent de sa colère en ton propre cœur, tu imites les vents qui renvoient
ce dont des souffles contraires les ont fait porteurs. Ne prends pas ton ennemi comme exemple à suivre et n'imite pas ce que tu détestes. Ne te fais pas le miroir de l'homme furieux en reflétant
ses traits en ta personne."


Cela n'a probablement que peu de rapport avec le thème de ce billet, mais je trouve que saint Basie conserve une certaine actualité.



Albocicade 09/11/2011 16:42



Mt 23.27
"Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites : vous faites penser à des tombeaux repeints. Vus de l'extérieur, ils semblent beaux, mais à l'intérieur ils ne contiennent
que des ossements de cadavres et de toute sortes de pourritures."



Iago 09/11/2011 15:04



Bienheureux êtes vous de pouvoir vous faire une flambée.


Moi, ça me fait plutôt penser à Mt 23,27. Bien sûr, les pharisiens c'est toujours les autres !