L'espoir acacia

Publié le par Albocicade

http://www.clemson.edu/extension/natural_resources/landowner/youth_environ_education/images/robinia_pseudoacacia.gif

De mon poste de travail, le regard porte assez vite sur du vert.

D'abord des espèces ornementales plus ou moins locales (plutôt moins que plus, d'ailleurs), puis, un peu plus loin, de la "vraie" végétation.

Arbres et arbustes qu'aucun pépiniériste n'a entouré de soins attentifs, dont l'implantation ne fut jamais décidée par quelque paysagiste, et que nulle main experte n'a planté. Et par-dessus la cime des arbres, au-delà de la crête des montagnes… le ciel.

Mais ça, c'est en regardant droit devant soi.

Parce que, pour ce qui est du sol, c'est une autre histoire : bitumes, goudrons et macadams se partagent la surface : un environnement stable, inerte, stérile.

Et pourtant…

Je ne l'avais pas remarqué, tout d'abord, et lorsque je l'ai vu il faisait déjà 60 bons centimètres. Profitant d'une fissure dans ce revêtement définitif, en contrebas de mon poste de travail, un acacia s'est débrouillé pour pousser.

J'ai beau savoir qu'il ne fera pas de vieux os (enfin plutôt "de nombreux cernes") et que tôt ou tard il succombera sous la vigilance de la personne chargée de "l'entretien", tel qu'il est là, il me réjouit : toute notre technicité, notre ingénierie, notre volonté de contrôler l'environnement (fut-ce de façon mortifère) ne parvient pas à avoir le dernier mot.

Je sais bien qu'il y a quelque chose de naïf à penser ainsi, et même qu'une telle approche pourrait servir de justification à polluer : comme disait mon institutrice "toute la pollution va dans l'océan, mais l'océan a une telle capacité de régénération que ce n'est pas grave…"

Si, bien sûr que c'est grave, et certains dégâts sont particulièrement durable.

Toutefois, j'ose espérer que nous ne sommes pas prédestinés à toujours tout abîmer. Et dès lors que l'on arrête, la vie reprend peu à peu ses droits, avec parfois une étonnante capacité de résilience.

Encore faut-il s'arrêter… Et je dois reconnaître que les prises de positions du Patriarche de Constantinople me sont un baume au cœur.

Et puis, cet acacia , je le vois aussi comme un rappel de l'œuvre de Dieu. D'abord parce que le pépiniériste-paysagiste dont j'admire l'œuvre, c'est bien Lui. Mais aussi parce que, dans l'Ancien Testament, l'Arche d'Alliance contenant les tables de la Loi, le bâton d'Aaron et un vase rempli de manne était construite en bois d'acacia…

 

 

Et pour ceux qui aiment les activités sur internet… je re-signale "environmental balance"…


Publié dans Ecologie - théologie

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jean marie 27/07/2011 17:44



l´acacia est aussi interressant pour les abeilles....seulement un mot pour dire ,meme avec retard car je n´arrive pas a ouvrir ton blog a la maison...pouquoi je ne sais?...bon été a toute la
famille...peut-étre sous un bel arbre....  jean marie


 



Laurence 08/07/2011 18:18



mes cours de botanique (je suis une formation d'illustratrice botanique) ont été une source d'émerveillement et d'humilité, pour ne pas dire d'action de grâce devant la création!!! comment ne pas
y voir la main du Créateur. Je fais mienne cette citation de Monika Timar : "on dit qu'aux stades supérieurs de la vie spirituelle les yeux se ferment devant les beautés de ce monde. Ils ne
voient plus le printemps ou l'hiver, ne savent pas si la route conduit dans une forêt ou sur les rives d'un lac. Où que m'élève la grâce de Dieu, je ne peux pas m'imaginer de ne plus voir et
de ne plus aimer le soleil, la neige, le vent frais et dur du printemps...les arbres quand leurs feuilles frémissent...il est vrai, pour celui qui voit face à face, peu importent les miroirs!
Mais celui qui n'a que des miroirs, qu'il les apprécie, qu'ils les remercie, qu'il y trouve pleinement le Seigneur Dieu!"



Iago 07/07/2011 10:15



Tout ceci évoque en moi, moins le patriarche que de délicieux beignets de fleurs d'acacia particulièrement réussis, dégustés il y a longtemps je ne sais plus où, mais dont la saveur subtile me
hante encore. La pâte était si légère qu'on aurait dit de l'hostie, elle croustillait au service de la fleur dont elle mettait en valeur et la forme et le parfum, une suspension du temps tandis
qu'on les goûtait.


Qui m'invitera à renouveler l'expérience ? Tiens ! Il faudra que je suggère l'idée aux moniales de Solan : Elle font tout avec légèreté et bon goût. De l'écologie comme conséquence de la vie
spirituelle ? ... "Tout est à vous, mais vous êtes au Christ et le Christ est à Dieu."(1Cor. 3,22-23). En dégustant les beignets, je songerai à remettre de l'ordre, ce sera probablement plus
efficace que de me taper un ènième sermon culpabilisant sur le tri-sélectif.