L'argument ultime.

Publié le par Albocicade

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Au supermarché, du côté du parking, je le vois : un gamin d'environ 6 ans en train de consciencieusement soulager sa vessie contre un de ces grands panneaux (on appelle ça des "totems") qui portent le logo de l'enseigne.

Au même moment, un des employés du lieu l'interpelle :

- "Et alors, jeune homme, il ne faut surtout pas se gêner…"

Absolument pas impressionné, le gamin poursuit son affaire tandis qu'un homme sortant d'une voiture – en l'occurrence le père du morveux – prend sa défense :

- "Ben quoi ? Il avait envie !!!"

J'entends alors, confusément, l'employé désigner les talus plantés d'arbustes, à quelques pas de là, qui auraient nettement mieux fait l'affaire.

J'entends la mère décocher, venimeuse, que l'employé n'a certainement pas d'enfant, tandis que son rejeton termine en aspergeant ses souliers.

J'entends l'employé protester que, justement il en a, des enfants…

J'entends tout cela, mais mon esprit reste accroché, bloqué sur cette petite phrase : "il avait envie".

 

Comme si, telle une évidence, elle suffisait à tout justifier.

Comme si ce seul mot "envie" mettait à bas la nécessité d'éduquer les enfants…

 

Pauvre môme, finalement.


Publié dans Vie quotidienne

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Iago 24/02/2011 12:18



Que jette la pierre à cet enfant et à ses parents celui qui n'a jamais jailli sur la route hors de sa voiture (après avoir fébrilement et vainement cherché un endroit adéquat) pour disperser au
vent (favorable) un liquide ambré de saveur amère et légèrement salée (dixit mon prof de sciences-nat). Se pourrait-il que cette mère ait appelé "envie", le besoin naturel impérieux, le cas de
force majeure urgentissime et n'ait pas eu en tête l'envie, le désir déréglé ou le caprice ? Faisons-lui crédit de l'interprétation favorable, même si, nous qui pensons toujours à tout, pourrions
estimer qu'elle aurait dû prévoir.


Je dois en outre confesser que je me fiche qu'un gamin de six ans fasse son pipi le long d'une colonne ou sur la roue arrière de ma bagnole et non dans une allée de thuyas, je regarde
spontanément ailleurs. Au fait, j'extrapole peut-être, mais je déconseille les bordure végétales sur les parkings de grandes surfaces. Chez moi, elles servent occasionnellement de terrain d'ébats
rétribués pour de jeune garçons roumains ... probablement orthodoxes.