Tortures traditionnelles en famille

Publié le par Albocicade

Quatre vingt quinze fois sur cent... chantait Brassens. D'après lui, 95 % des rapports amoureux ne sont pas au niveau de plaisir attendu. (On me pardonnera la litote, mais comment laisser passer une phrase aussi crue que "Quatre vingt quinze fois sur cent, la femme s'emmerde en baisant..."). Cependant, cette analyse de la situation, pour pitoyable qu'elle puisse apparaître, n'est rien en regard à la situation vécue par des millions de femmes pour lesquelles "l'amour fait mal".

L'amour fait mal ! En disant cela, ces femmes parlent bien précisément du rapport sexuel. Comment, pourquoi ?

Il y a plusieurs années, dans le cadre d'une école d'éducateur, je préparais un dossier sur l'excision. Ce thème me valut, de la part d'autre étudiant diverses remarques, dont le moins que l'on puisse en dire était qu'ils (elles) ne se sentaient pas franchement concerné(e)s. Après tout, ces pratiques barbares n'étaient-elles pas d'un autre âge ? N'avaient-elles pas été , et depuis longtemps, abolies partout dans le monde ? Bref, ce sujet ne méritait certainement pas que l'on en parle encore.

Et puis, juste avant que je ne présente mon dossier, s'ouvrit sur Paris le procès d'une exciseuse, ici, en France. Un procès qui fut plutôt bien couvert médiatiquement, à l'ébahissement de mes collègues. Ainsi, il s'agissait bien d'un "phénomène de société".

Mais au fait, qu'est-ce que c'est, l'excision ?

D'après ses defenseurs (ils sont des centaines de millions, voire plus), c'est une noble tradition ancestrale. Sans cette "opération" (ah, oui, il s'agit d'une "abblation" du clitoris et des petites lèvres), les jeunes filles ne peuvent pas devenir des "vraies" femmes. Pire, le clitoris est considéré comme un "dard", susceptible d'empoisonner le mari ! Bref, dans les pays concernés, une femme "non excisée n'a à peu près aucune chance de faire un mariage honnête.

Cependant, la "noblesse de cette tradition, perpétuée par les femmes, n'a rien de plus noble que celle qui voulait (en Europe) qu'un jeune adulte n'était pas considéré comme un homme avant qu'il n'ait "connu" une "pute" ! Abject ! (Et là encore, une femme était l'objet).

De plus, les conditions dans lesquelles cette "opération" est effectuée sont généralement si dépourvues du moindre soupçon d'aseptie ou d'anesthésie que les conséquences sont dévastatrices : traumatisme profond, cicatrisation douloureuse, région uro-génitale durablement douloureuse...

Et encore, je ne parle pas de l'infibulation. Lorsque non seulement la jeune fille (entre 3 et 8 ans) , est "excisée", mais en plus "recousue", pour éviter qu'elle ne "se donne" avant son mariage. Et le jour des noces ? Il faut bien que le mari "passe"...   

Je pourrais être long, mais à quoi bon ?

Je vous laisse toutefois un lien à visiter, celui de "Respect-ev" : un site en français sur le sujet. Ce n'est pas une partie de plaisir mais ils proposent une pétition à signer. On trouve aussi sur le site une très courte vidéo d'une excision : attention, ce qui est filmé est vécu chaque année par des milliers (des millions ?) de petites filles, mais c'est insoutenable à regarder.

Pour que cette "torture traditionnelle réalisée en famille" cesse un jour...

 

 

 

Publié dans Cigale en colère

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