Langue d'O.C.

Publié le par Albocicade


Il y a pas mal d'années, jeune athée saisi par le Christ ressuscité, j'avais lu un petit ouvrage du Doyen de l'époque de la Faculté de Théologie Protestante de Paris destiné, selon les termes de l'auteur à "l'honnête homme", à "l'homme de la rue", bref un petit livre de présentation destiné à un public de non spécialiste. Dans cet opuscule intitulé "Le protestantisme : ce qu'il est, ce qu'il n'est pas" je m'attendais à trouver une présentation de ce qu'est le protestantisme.

Or, passé l'introduction, l'auteur débute par cette définition : "Le protestantisme, ce n'est pas : un homme, une femme, une chose". Car pour ce professeur de théologie, l'essence du protestantisme, c'est de "ne pas être le catholicisme", qu'il identifie à "un homme" (le Pape), "une femme" (Marie) et "une chose" (la messe).

A ce compte là (comme je lui ai fait la remarque dans un courrier) l'Islam, l'athéisme militant, le Judaïsme ou ce qu'on veut est "le protestantisme".

Outre que la méthodologie m'a semblé très douteuse, j'ai trouvé la définition très "insuffisante"... pour ne pas dire plus.

A la même époque, j'avais aussi lu "L'Eglise orthodoxe" (paru aux PUF) d'Olivier Clément (un livre qui a été réédité depuis).

La première phrase de l'introduction était :

"Avec le catholicisme romain et les églises issues de la Réforme, l'Eglise orthodoxe est une des trois expressions majeures du Christianisme historique".

Voilà qui plaçait d'emblée, et sans ambiguïté, l'Eglise orthodoxe comme Eglise chrétienne.

Le "protestant évangélique" que j'étais alors s'est senti beaucoup plus à l'aise avec cette seconde définition : d'abord et avant tout chrétien, et sans forcément ce besoin de se définir en opposition à d'autres.

Ce fut là mon premier contact avec Olivier Clément. J'ai par la suite lu quelques autres de ses écrits ; assez peu, toutefois.

J'en ai surtout retenu deux :

"L'autre soleil", son autobiographie spirituelle dans laquelle ce gosse du Midi, cet originaire du Languedoc raconte sa découverte de Dieu comme un Soleil plus illuminant, plus réchauffant, plus éblouissant aussi que celui qui mûrit les raisins...

Et "Le chant des larmes", une présentation et traduction du Grand Canon de St André de Crête.

Certains ont reproché à O. Clément d'être trop "occidental". Peut-être, mais est-ce nécessairement une tare ?

En tous cas, il a su dire - dans un langage accessible à des "occidentaux" - la richesse, la profondeur de la foi de l'Eglise orthodoxe, de l'Eglise des Pères...

A une époque où - en France - la plupart des liturgies orthodoxes étaient en Grec ou en Slavon, il n'était pas indispensable, grâce à lui, d'ingurgiter un lexique greco-slave en préalable à toute approche de la spiritualité orthodoxe.

Il a utilisé le français, pour dire ce que d'autres connaissaient en grec, en russe ou en roumain... Et le français, c'est ma langue, comme c'était la langue d'Olivier Clément.

On trouvera sur le blog de Païssy Virely (dans la colonne de gauche de son blog) la "Radioscopie" que Jacques Chancel a fait d'O. Clément, en 1976.

 

Quand j'avais dit que je reparlerai, une fois, d'O. Clément...


Publié dans Ecologie - théologie

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