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28 avril 2015 2 28 /04 /avril /2015 07:29

J'ai beau préparer un calendrier orthodoxe depuis des années, je ne me suis jamais posé la question du calcul de la date de Pâques.

Jamais jusqu'à cette année, du moins, quand une personne m'a interpellé sur l'écart d'une semaine entre les Pâques catholiques et orthodoxes.

Selon elle, en raison de l'écart de 13 jours entre les calendriers juliens et grégoriens, il ne devrait y avoir que deux possibilités : soit Pâques en même temps, soit 5 semaines d'écart.

Je dois avouer que j'ai été bien en peine d'émettre la moindre réponse.

De retour à la maison, je me suis souvenu d'un post sur Facebook par le P. Georges Leroy qui célèbre en Abitibi, quelque part dans les neiges canadiennes.

 

Il commence en expliquant le calcul des 40 jours de Grand Carême, qui débute le lendemain du Dimanche du Pardon et s'achève le vendredi veille du samedi de Lazare (et donc avant-veille des Rameaux)... la Semaine de la Passion ne faisant pas à proprement parler du Carême.

 

Puis, il poursuit sur le calcul de Pâques proprement dit.

Le principe global est que la date de Pâque est calculée en fonction de la première pleine lune qui suit l'équinoxe de printemps.

 

Ainsi, cette année 2015, l'équinoxe du printemps se situe le 21 mars et la pleine lune qui suit tombe le samedi 4 avril. La fête de Pâques est le dimanche qui suit la pleine lune - qui elle-même suit l'équinoxe de printemps, soit le dimanche 5 avril. C'est pourquoi les catholiques et protestants ont célébré Pâques le 5 avril.

Mais ce calcul est basé sur le calendrier grégorien (ou calendrier civil).

 

L'Eglise orthodoxe suit, pour le cycle pascal, le calendrier julien, qui a un décalage de 13 jours avec la calendrier grégorien.

L'équinoxe tombe donc le "21 mars + 13", soit le 3 avril. La pleine lune qui suit est, cette année, le lendemain, soit 4 avril.

Mais dira-t-on, le dimanche qui suit est bien le 5 avril, comme pour les catholiques et protestants !

Oui, mais... non.

Car en fait, l'église orthodoxe suit en outre le "comput alexandrin" selon lequel (parce que lors du concile de Nicée, la pleine lune eut lieu trois jours plus tard qu'elle ne fut annoncée par les calculs) il faut ajouter trois jours à la date de la première pleine lune du printemps, et ne célébrer la fête de Pâques que le premier dimanche après ces trois jours.

Or, le dimanche 5 avril 2015 fait partie des trois jours qui suivent la première pleine lune de printemps, durant lesquels il n'est pas permis de célébrer la fête de Pâques. Celle-ci est donc reportée au dimanche suivant, qui est, en cette année 2015, le 12 avril.

 

Donc, si j'ai à peu près compris, la règle de calcul est 21 mars + 13 jours = 3 avril + pleine lune + 3 jours + dimanche qui suit = Pâques orthodoxe...

 

Je ne sais pas si c'est clair... moi, je vais prendre un Aspro.

(Et quand on pense que pour arriver à ça, ce fut  encore beaucoup plus embrouillée...)

 

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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 07:17

24 avril 1915 – 24 avril 2015 : 100 ans.

Cent années écoulées depuis le "début" du massacre des arméniens.

Une date surtout symbolique, puisque en 1909, on pouvait lire dans un supplément illustré du "Petit journal" du mois de Mai*:

Massacre des chrétiens en Turquie.

En pays musulman, les troubles politiques entraînent presque toujours des manifestations de fanatisme religieux. Cette fois encore les chrétiens arméniens ont été massacrés en masse.

A Adana, leurs bazars ont été pillés et incendiés.

Plusieurs centaines de personnes ont été tuées. On a mutilé les femmes et les enfants d’une horrible façon. Un témoin de ces horreurs écrit que la ville ressemble à un abattoir, et que, comme elle est en partie détruite, des milliers de personnes sont sans abri, et la famine est imminente.

 

1909, c'est tout de même six ans avant 1915.

Mais 1909, ce n'est guère qu'un soubresaut d'une violence plus ancienne...

N'y a-t-il pas eu, dès 1896, de "terribles massacres d'Arménie" ? Ces massacres dont parle Chabot, un orientaliste français, dans sa critique du livre "L'Islam, Impressions et Études", un ouvrage pour le moins excessivement irénique (Je vous mets l'article de Chabot in extenso, en "note").

 

Bref, le génocide de 1915-1916 n'avait rien pour surprendre... un peu comme le génocide des "chrétiens d'Orient" qui se profile...

Et la France ? Ben la France ne semble pas vraiment concernée.

Pourtant – selon un ami d'origine arménienne – le roman français le plus célèbre n'a-t-il pas pour héros quatre étrangers : un portugais, un grec, un syriaque-araméen et un arménien ?

Ben oui, quoi, "Les trois mousquetaire"... les aventures de Portos, Athos, Aramès et Dartanian...

 

Allez, dans un siècle, on aura de quoi faire une belle commémoration du génocide des chrétiens d'Orient.

 

En attendant, et grâce à la vigilance de Laurence, j'en profite pour signaler de nouveau un document que j'avais mis en ligne en 2008 :  Quelques hymnes et extraits de textes de St Grégoire de Narek, un arménien du Xe siècle.

Notes :

* Pour l'illustration et la brève du "Petit journal" : Sources : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k716850h.image.langFR

 et http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k716850h/f2.image.langFR

 

** L'article de Chabot :

Il est parfois des écrivains qui, animés des meilleures intentions, servent mal la cause dont ils ont entrepris la défense. C'est, croyons-nous, le cas, de M. le comte Henry de Castries dans le livre qu'il vient de publier sous ce titre : L'Islam, Impressions et Études. Plusieurs revues, aimées du grand public, ont prodigué leurs éloges à l'auteur. Ces éloges émanaient de littérateurs très appréciés, et à bon titre. Mais les historiens et les orientalistes en général ne penseront sans doute pas de même. N'est-il pas singulier de voir un chrétien faire imprimer une apologie de la tolérance de l'Islam, au moment même où se perpétraient les terribles massacres d'Arménie, inspirés par le fanatisme musulman ? J'ai eu occasion de dire ailleurs ce que je pensais du livre de M. de Castries. Que les lecteurs de la Revue de l'Orient Chrétien me permettent de le leur répéter.

* *

Je me plais, tout d'abord, à rendre hommage aux louables intentions de l'auteur, qui, après avoir vécu en Algérie, a été poussé, par un sentiment très chevaleresque, à prendre la défense des Arabes contre les procédés trop souvent blessants du fonctionnarisme implanté dans notre grande colonie africaine. Il est vrai que "ce n'est pas assez, pour une nation chrétienne et civilisée, de respecter la religion de ses sujets musulmans, mais qu'elle doit encore chercher à la connaître" (p. 12) ; mais j'avoue qu'on la connaîtrait bien mal en s'en rapportant au présent ouvrage. Si M. de Castries s'était contenté d'écrire le VII° et dernier chapitre de son livre intitulé L'islamisme en Algérie, nous n'aurions que peu de réserves à faire sur sa manière de voir. Mais, ce chapitre est précisément une réfutation pratique de la plupart des théories exprimées par l'auteur dans les pages précédentes. Nous déclarons donc franchement que nous ne partageons qu'un tout petit nombre des appréciations de M. de Castries sur l'Islam, et nous pensons que son livre est de nature à introduire de très fausses conceptions dans l'esprit de ses lecteurs, et cela d'autant plus facilement qu'il est bien écrit et d'une lecture agréable. Nous ne nous proposons pas de le réfuter. D'ailleurs, la méthode de M. de Castries ne permet pas une réfutation proprement dite. Ses théories, le plus souvent purement subjectives, étant à peine appuyées sur des petites anecdotes isolées et, parfois, sur un coup d'œil historique trop rapide et incomplet. Nous signalerons seulement quelques points pris au hasard, qui permettront de se faire une idée de l'ouvrage dans son ensemble.

Le chapitre premier : Sincérité de Mahomet, peut se résumer ainsi : "Le moyen âge a eu de très fausses idées sur le prophète de l'Islam et sur sa religion ; Mahomet était un homme très sincère". — Il est vrai que les troubadours, les historiens même qui ont écrit d'après des on-dit, se sont plu à représenter le Prophète et sa doctrine sous des aspects absolument erronés, et cela sans doute avec la même naïveté avec laquelle les peintres du moyen âge habillaient, dans leurs tableaux, les soldats romains de costumes du quinzième siècle. Faut-il beaucoup leur en vouloir pour cela ? Ils ont certes exagéré le mauvais côté des enseignements de Mahomet, attribué à sa doctrine même des conséquences qu'elle n'avait pas, chargé ses adeptes des vices dont ils étaient exempts. Mais M. de Castries va trop loin quand, pour détruire les fausses idées du moyen âge, sous lesquelles il croit que nous vivons encore, il nous représente Mahomet comme un saint dont la foi immense et la sincérité absolue sont les deux vertus caractéristiques (p. 48). Cette sincérité, l'auteur l'admet même pour la dernière partie de la vie de Mahomet, pendant laquelle le Prophète, devenu chef de nation, recevait si à propos les nouveaux feuillets du Coran qui devaient assurer le triomphe de sa politique et lui permettre d'enfreindre librement les règles tracées par lui précédemment. Ses fautes sont excusables aux yeux de M. de Castries. "Certes il fut sensuel", mais qu'est-ce que cela, "puisqu'il ne connut jamais l'avarice ni le luxe ?"

L'islamisme pendant les conquêtes et la domination arabes (chap. II) est un exposé trop superficiel de l'histoire des premières conquêtes musulmanes. Les causes qui amenèrent la défection des chrétientés d'Afrique (et de celles d'Asie qui ne disparurent pas totalement comme le laisserait croire M. de Castries) sont inexactement expliquées. Le tableau de la tolérance religieuse des musulmans n'est vrai qu'en partie, et seulement pour la période des Ommiades. Les historiens arabes et chrétiens offrent de nombreux témoignages des vexations, plus cruelles qu'une mort rapide, qui furent infligées aux chrétiens, surtout depuis l'époque des Abbassides. Est-ce donc une grande tolérance que de ne pas tuer un homme pour pouvoir le spolier, le fouetter, l'emprisonner, le torturer, dans le but de lui faire payer la libre pratique de sa religion ? C'est là ce qui eut lieu, depuis le huitième siècle, dans tous les pays conquis. Et M. de Castries nous dit : "Les Arabes n'apportèrent aucune entrave à l'exercice du christianisme" (p. 80), ce qui signifie simplement qu'on ne massacra point en masses les chrétiens qui ne furent pas pris les armes à la main. — Pourquoi dire (p. 88) que "l'on a exagéré la haine irréconciliable qui divisait les deux peuples" (arabe et espagnol), pour enseigner le contraire (p. 233) et affirmer que cette conciliation est une utopie en Algérie ? — M. de Castries oserait-il bien encore aujourd'hui nous parler de la tolérance de l'islamisme ? car j'aime à croire que son livre, paru au commencement de l'année, était déjà imprimé quand les nouvelles assurées des massacres d'Arménie sont parvenues en France.

Dans le chapitre suivant, M. de Castries étudie la Polygamie à laquelle il ne voit pas grand mal. La morale du Coran lui semble assez élevée. Il constate que dans les pays chrétiens les mœurs ne sont pas meilleures et valent souvent moins que chez les Musulmans; mais il oublie de faire remarquer que les chrétiens agissent alors contre la morale chrétienne tandis que les musulmans peuvent vivre de la sorte tout en restant de parfaits croyants. — Si M. de Castries pense avec Renan (p. 33) "qu'il n'y a pas dans toute l'histoire de la civilisation un tableau plus gracieux, plus aimable que celui de la vie arabe avant l'islamisme", c'est sans doute qu'il n'a jamais lu les poètes antéislamiques que dans des éditions expurgées.

Dans les chapitres IV (Le paradis musulman) et V (Fatalisme), M. de Castries, pour dissiper nos préjugés sur la doctrine des Arabes, fait de spécieux rapprochements entre diverses locutions des commentateurs du Coran et certaines opinions des théologiens catholiques. On nous excusera de ne pas le suivre sur ce terrain, car il nous faudrait commencer par faire un exposé métaphysique un peu ardu et traiter à nouveau les plus difficiles questions de la théologie. Nous ne croyons pas, comme l'auteur qu'il suffit de les effleurer du bout de la plume ni qu'on puisse en donner un aperçu en quelques lignes.

Le chapitre VI est intitulé : Expansion de l'Islam depuis les conquêtes arabes; mais, de fait, il n'expose que ses progrès actuels dans le centre de l'Afrique, parmi les tribus fétichistes. M. de Castries conclut (p. 252) que nous devons nous borner à diriger cette propagande au mieux de nos intérêts, l'Islam ayant pour résultat de transformer ces idolâtres en monothéistes et d'élever ainsi leur niveau moral (p. 251). Nous ne partageons pas cette manière de voir. L'introduction de l'Islam chez ces peuplades pose un obstacle infranchissable à tout progrès civilisateur. Les fétichistes sont susceptibles d'éducation morale et de progrès, les musulmans ne le sont en aucune façon. Au lieu de surveiller cette propagande, l'intérêt de la civilisation commande de la prévenir en favorisant le développement des missions chrétiennes qui luttent d'activité avec les missionnaires musulmans. Je parle, on le voit, en historien impartial. J'aurais bien des choses à ajouter encore, si je me plaçais au point de vue catholique. Je ne l'ai pas fait, afin qu'on ne puisse m'accuser de m'être laissé entraîner à juger trop sévèrement cet ouvrage par un excès de zèle religieux. Les lecteurs me pardonneront cette réserve.

Dr J.-B. Chabot.

Source : Revue de l'Orient Chrétien

1896 : 1° année, N° 4, p 499-502

Source internet : https://archive.org/stream/revuedelorientch11896pari#page/498/mode/2up

Le livre critiqué est : L'Islam, Impressions et Études, par le comte Henri de Castries; Paris, 1896. A. Colin, éditeur, in-12; 359 p.

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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 07:04

Quelques jours avant Pâques, alors que je manie avec acharnement massette, burins, disqueuse et échafaudages (oui, un petit chantier en cours dans la demeure) le drelin-drelin de la porte m'appelle.

Le facteur me remet un petit paquet que, incontinent*, j'ouvre.

J'en extrais un petit sépher תהלים bilingue, deux jolies serviettes en papier décorées l'une d'un שבת שלום, et l'autre de חג שמח.**

Celui qui m'envoie cela vient de fêter Pessah, la Paque juive. De mon côté j'attend le samedi suivant avec impatience, pour la vigile pascale ? Oui, ce sera un "bon samedi" (שבת שלום) ! Et aussi une "joyeuse fête" (חג שמח) que cette célébration du Sauveur ressuscité.

L'a-t-il fait exprès ? Il en serait capable, le bougre. De toutes façons, je reçois cela avec plaisir.

Enfin, du fond du paquet, je sors une kippa. Une jolie kippa en velours bordeaux, brodée de cinq lettres : כ.ה.ת.י.ה.

Et là, je cale. Oh, bien sûr, rien de compliqué pour lire les lettres... "kaf, hé, tav, yod, hé" mais qu'est-ce que ça signifie ? C'est probablement un acronyme, mais de quoi ?

Je reprend mon chantier, l'interrogation en tête (mais en faisant quand même attention à ce que je fais !).

A la pause que je m'octroie généreusement, je tente une recherche internet... autant souffler dans un violon !

Le soir venu, je ne suis pas plus avancé (mon chantier, si).

Le lendemain, j'envoie un message à mon expéditeur qui répond illico : c'est l'acronyme du dernier verset du livre des Psaumes :

כֹּ֣ל הַ֭נְּשָׁמָה תְּהַלֵּ֥ל יָ֗הּ הַֽלְלוּ־יָֽהּ׃

Kol Haneshama Tehalèl Yah, HallelouYah

Que tout ce qui respire loue le Seigneur, Alleluia !

Comment ne pas me réjouir ?

Une question se pose toutefois : cette kippa, que vais-je en faire ? Je ne peux guère la porter dans la rue, au travail ou à l'Eglise. Et où vais-je la ranger ? En fait, ça je le sais : elle a sa place, toute sa place... dans mon coeur.

Alors, merci à toi, דָּן, merci de tout coeur !

 

Notes :

* On est prié de prendre le terme "incontinent" dans le sens de "sans attendre". merci.

** Petite leçon de prononciation : שבת שלום se dit "shabat' shalom", et  חג שמח se dit "rhag saméarh".

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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 07:47

Il y a longtemps que je n'ai pas signalé les nouveaux documents.

De fait, il n'y en a qu'un que j'ai mis en ligne depuis plusieurs mois.

 

Quinze homélies de Sévérien de Gabala en traduction française. Sur Academia et sur Archive.

 

Qu'à cela ne tienne, il y a ceux que je me contente de signaler :

 

Le Coran et la Bible à la lumière de l'histoire et de la science du Dr William Campbell sur Archive.

 

Le Repertorium pseudochrysostomicum  de J.A. de Aldama, 1965, un outil classique et un peu daté, mais toujours utile, sur le site d'Alin Suciu (ou directement)

 

Le débat de Théodore Abu Qurrah en présence d'Al Mamun, texte arabe, traduction anglaise de Bertaina sur Academia (j'avais déjà signalé une autre traduction anglaise)

 

Theodore Abu Qurrah translated by John Lamoreaux sur Scribd  c'est à dire, la traduction anglaise (américain) de presque toutes les œuvres d'Abu Qurrah !

 

Et dans une collection réputée (sur Scribd) :

 

Clément d'Alexandrie : Extraits de Théodote

 

Dhuoda : Manuel pour mon fils

 

Grégoire le Grand : Morales sur Job 1et 2

 

Léon le Grand : Sermons 1

 

Tertullien : Traité sur le baptême

 

Hydace : Chronique tome 1 et tome 2

 

Chrysostome : Lettres à Olympias

 

Lactance : De la mort des persécuteurs

 

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12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 07:40

Que les chrétiens offrent un sacrifice de louanges

à Celui qui fut mis à mort à Pâques.

 

C'est l'Agneau qui a racheté les brebis,

Jésus-Christ innocent a réconcilié les pécheurs avec son Père.

Il s'est livré un combat mémorable entre la mort et la vie;

l'auteur de la vie est mort, et le voici qui règne vivant.

 

Dis-nous, Marie, ce que tu as vu en chemin?

 

J'ai vu le tombeau de Jésus-Christ, lui qui est revenu à la vie,

et j'ai vu la gloire de sa résurrection ;

j'ai vu les Anges qui en ont été les témoins,

j'ai vu son suaire et ses linceuls.

 

Jésus, mon espérance, est ressuscité;

il vous précédera en Galilée.

Il vaut mieux croire la véridique Marie

que la foule menteuse des chefs des Juifs.

 

Nous savons que Jésus-Christ est véritablement ressuscité d'entre les morts !

ô Toi, Roi victorieux, aies pitié de nous.

*

*  *

Christ est Ressuscité !

 

*

*  *

Hymne de St Notker "le bègue", moine de St Gall (Suisse), vers 880.

(Traduction modernisée)

source : Les poètes chrétiens depuis le IVe siècle jusqu'au XVe : morceaux choisis ...

 par Félix Clément, 1857

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 07:01

Petite méditation à deux voix pour le Vendredi saint

D'abord, tiré du Panarion* de St Epiphane de Salamine :

"Pourquoi ce nom de "lieu du crâne" donc, si ce n'est parce que le crâne du premier homme formé et ses restes ont été déposé pour reposer ici, d'où ce nom de "du crâne". Ayant été crucifié au-dessus d'eux, notre Seigneur Jésus Christ montra mystiquement notre salut, par l'eau et le sang qui coula de son côté percé, et commençant par le commencement de la masse (humaine) commença à asperger les restes de notre ancêtre…"

 

Puis, des écrits grecs attribuables à Théodore Abu Qurrah**

L'incroyant : Le Christ a déclaré : "Quiconque n'est pas né d'eau et d'Esprit n'entrera pas dans le Royaume des cieux". Qu'en est-il des justes qui, ayant vécu avant sa venue, n'ont pas été baptisés ? Comment peuvent-ils y entrer ?

Le chrétien : Le Christ a été baptisé pour eux, de même qu'il est mort pour tous. Il a dit "Je me sanctifie moi-même pour eux". A ce moment, eux aussi ont été physiquement baptisés.

L'incroyant : Comment est-ce possible ?

Le chrétien : Ne sais-tu pas que ceux qui meurent ne sont pas complètement détruits, mais qu'ils se désagrègent en particules, celles dont ils étaient constitués.

L'incroyant : Effectivement..

Le chrétien : Il est écrit que, lorsqu'il fut percé au côté par la lance, du sang et de l'eau ont coulé de son côté.

L'incroyant : Oui, c'est ce qui est écrit.

Le chrétien : Aussi, quand cette eau s'est mélangée aux particules, il sanctifia toutes choses et baptisa ceux qui avaient été dispersé et décomposés en ces particules.

L'incroyant : Dans ce cas, les incroyants, et d'une manière générale tous ceux qui ont vécu avant sa venue ont été baptisés.

Le chrétien : Pas du tout, mais seulement les corps des croyants dont les âmes ont cru au Christ lorsqu'il est descendu – en fait, son âme sainte – au séjour des morts. Il en est comme d'un canal, un torrent à l'eau vivifiante bordé de nombreux arbres, certains complètement morts et desséchés, les autres encore vivants. Qu'en penses-tu ? Lorsque l'eau les atteindra, est-ce que tous les arbres en profiteront en aspirant l'eau et la vie, ou seulement qui ont la capacité de la recevoir ou de l'aspirer ? Ceux qui sont complètement secs ne profiteront en rien de l'eau. De la même manière, les incroyants ne profiteront en rien de cette eau qui a imbibé les particules.

 

Notes

* Epiphane de Salamine : Panarion 46.5

** Texte grec : PG 97, col 1542

 

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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 07:26

L'autre jour, à mon poste de travail, une personne s'approche de moi pour me demander : "Est-ce que vous lisez le copte ?"

Allons bon. Pourtant, rigoureusement rien dans mon environnement professionnel, n'invite à se poser ce type de question.

Elle poursuit : "Voila, on m'a remis une icône copte, et j'aimerai savoir ce qui est écrit dessus".

Mes notions de coptes étant à peu près équivalentes à mes compétences en syriaque (c'est à dire quasi nulles) j'acceptai néanmoins de l'aider et lui proposai de regarder son icône.

Le lendemain, elle était là, et me tendit trois photos, le Christ en gloire tenant un livre ouvert.

Au premier coup d'oeil, elle n'est pas copte, probablement russe.

Un regard à l'inscription confirme ma première impression : c'est du slavon.

Et maintenant ?

Comme le slavon m'est encore plus hermétique que le copte (j'ai un mal fou à différencier certaines lettres avec les fioritures dont elles sont ornementées) je fais ce qui me semble le plus naturel : je demande l'aide d'un ami pour qui, je le sais, cela ne posera aucun problème.

Scan de la photo, mail... voila, c'est envoyé.

Le lendemain, j'ai sa réponse.

Sans surprise, c'est bien du slavon.

Il précise : "il me semble que c'est du slavon récent (l'icône est du type XIXème siècle) un slavon plus ancien aurait des abréviations. Le texte dit :

"C'est un commandement nouveau que je vous donne,

que vous aimiez"

D'habitude c'est écrit plus petit pour qu'on puisse lire" les uns les autres".

 

Alors que protestants et catholiques (mais aussi les orthodoxes de Finlande !) ont déjà célébré la Résurrection du Sauveur, tandis que nous autres entrons seulement dans la semaine de la Passion, il me semble que les paroles du Christ, gravées sur cette icône, sont (comme toujours d'ailleurs) d'une réelle actualité.

 

Notes :

Puisque nous venons juste de passer le Dimanche des palmes, j'ai choisi de mettre cette icône copte, histoire de permettre de voir à quel point les styles russe et copte sont différents.

Et derechef un grand MERCI à Sacha !

 

PS : Durant la Liturgie, au moment de la lecture de l'Evangile aux matines, un enfançon se mit à lancer de nompbreux "Aouia, ayouia, Aéouia..." et même des "Aléouia"... Le père, craignant que le babil enfantin ne gêne les fidèles cherchait à lui suggérer un peu plus de retenue. Il y renonça, sous les sourires approbateurs des paroissiens, lorsque le prêtre arriva au passage "Mais les principaux sacrificateurs et les scribes furent indignés, à la vue des choses merveilleuses qu'il avait faites, et des enfants qui criaient dans le temple: Hosanna au Fils de David! Ils lui dirent: Entends-tu ce qu'ils disent? Oui, leur répondit Jésus. N'avez-vous jamais lu ces paroles: Tu as tiré des louanges de la bouche des enfants et de ceux qui sont à la mamelle? " (Mt 21.15-16)

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2 avril 2015 4 02 /04 /avril /2015 07:39

Le trajet que je suis pour me rendre au travail enjambe une rivière. Enfin, plutôt un ruisseau : 3 m de large, 15 cm de fond, pas de quoi se hausser du col...

Dernièrement, alors que pour la première fois depuis longtemps un soleil un peu chaud incitait à la flânerie, je fis une halte sur la passerelle.

Là, tandis qu'immobile je me laissais gagner par la douce chaleur, je les vis – sous mes pieds – qui faisaient de même.

Alignés, bien parallèles, eux aussi se réchauffent, immobiles : des dizaines de petits poissons de rien du tout.

Immobiles ? Voire ! Oh, bien sûr, ils semblent ne pas bouger, restant exactement sur place. Mais justement, ne font-ils pas face au courant qui charrie brindilles et feuilles ?

S'ils étaient aussi immobiles que ça, ne se feraient-ils pas – eux aussi – emporter par le courant ?

Ainsi, leur immobilité apparente est le résultat d'un effort constant, parfaitement calé sur la vitesse de l'eau. Et lorsque l'un d'eux se relâche, il est emporté vers l'aval, avant de reprendre position face au courant...

Comment ne pas voir, dans ces petits poissons (n'ai-je pas, il y a quelque temps, déjà parlé de ces pisciculi* ?) une image de notre condition, surtout lorsque ces poissons se réchauffent au "Soleil de justice", un peu comme certaines cigales.

Note

* Pisciculi (petits poissons) est le mot employé par Tertullien dans son Traité sur le baptême

** J'avais, pour illustrer ce billet, emprunté une image à un autre blog, avant de pouvoir mette les miennes. Il est justice que je je continue à indiquer ce joli site.

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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 07:34

Il y a quelques temps, je parlais de la prière pour les captifs. Par une curieuse conjonction, je viens (alors que je travaille sur tout autre chose) de croiser le chemin de l'un d'eux, au XVIe siècle.

Hongrois, prisonnier de guerre, il fut – treize années durant – captif, esclave en Turquie, changeant sept fois de propriétaire, affecté aux tâches les plus rudes, les plus viles.

Sa deuxième tentative d'évasion fut la bonne, même s'il lui fallut, pendant des mois, errer à l'aventure, marchant de nuit, se guidant à l'étoile polaire, se nourrissant d'herbes et de racines jusqu'à ce qu'enfin, il se retrouve entouré de chrétiens, à Jérusalem.

De là, il put revenir libre en Europe où il publia divers ouvrages dans lesquels il expose le mode de vie des Turcs, les conditions calamiteuses dans lesquels les captifs sont exploités, maltraités, mais aussi le danger que représentait, pour les nations occidentales, la volonté expansionniste de l'Empire Ottoman.

 

C'est donc à propos d'une lecture atypique d'une formule coranique que je l'ai rencontré, et puisqu'il ne disposait pas d'article dans wikipedia (enfin, si, un petit... en croate !) j'ai – pour lui – créé l'article Bartholomé Djurdjevic (mais on le connaissait sous le nom de Batholomaieus Georgiewitz)

 

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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 07:47

Les jours se succèdent sans répit, s'entrechoquent presque... A peine entamée, une semaine s'achève, remplacée par une autre. Mes diverses activités s'entremêlent...

Quel jour sommes-nous ? Je n'en sais trop rien.

Quoi ? Déjà l'Annonciation ?

Elle est arrivée sans que j'y prenne garde... et au fond, c'est normal : Marie s'attendait-elle à la visite d'un ange, ce jour là ?

Bien sûr que non.

Ce qui n'a pas empêché la rencontre d'avoir lieu, le messager* d'apporter son message, ni Marie de le recevoir.

 

Et moi, que vais-je en retenir ? Peut-être seulement le premier mot de la salutation de l'ange, le "Réjouis-toi" que nous rapporte l'Evangile** et que l'on retrouve repris à l'envi dans les homélies patristiques ou l'hymne acathiste.

Ce "réjouis-toi", je peux le prendre à mon compte, puisque si l'Annonce de l'ange ne m'est pas adressée, elle me concerne.

 

Oui, finalement, ma seule part, c'est de me réjouir de ce que Celle qui ne s'y attendait pas a accepté d'enfanter "le Sauveur de nos âmes".

Alors – même si je travaille en ce jour de fête – prendre le temps de m'arrêter un instant dans le flot de mes activités et me réjouir de ce que cet instant fut "le commencement de notre salut".

 

Notes :

* En grec, le mot Ἄγγελος  (angelos) signifie simplement "messager". Toutefois, lorsque le "messager" en question est un être spirituel envoyé par Dieu, on traduit par... ange.

 

** La salutation juive traditionnelle, "shalom lakh" (שלום לך "paix à toi", cf Jean 20.19) est non pas traduite par Luc, mais restituée avec bonheur par la salutation  grecque usuelle, Χαίρε (kéré) que l'on utilise pour dire "bonjour", mais qui signifie proprement "réjouis-toi !"

 

 

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Published by Albocicade - dans Cigale en prière
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