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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 07:12

Un tout nouveau correspondant (qui a vite percé à jour mon identité latine) m'a envoyé, outre des documents que je lui demandais, un magnifique diaporama.

Comme je suis bien incapable de l'intégrer tel-quel au blog, j'en ai extrait les images  pour vous en faire profiter.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Published by Albocicade - dans Ecologie - théologie
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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 07:38

Ça y est, je l'ai vu.

Et pour tout dire, je suis un peu mitigé.

Est-ce parce que je connais trop bien l'histoire de Marie Heurtin ? C'est possible.

Pourtant, ce ne sont pas tant les inexactitudes historiques qui me laissent un malaise (après tout, faire un scénario de cette histoire est une gageure, et il faut bien élaguer, voire restructurer) qu'une certaine ambiance.

D'abord, quoique l'histoire se passe dans une "institution religieuse" (catholique en l'occurrence), la foi en est quasi-absente, ou plutôt plaquée de l'extérieur. Je sais bien que peu de cinéastes ont réussi à mettre la foi, la piété en image sans qu'elle devienne une dégoulinante guimauve*, mais là, franchement, on aurait pu faire mieux. Du coup, c'est plus une rousseauiste "éducation d'un bon sauvage" que vraiment la libération d'une "âme en prison" que nous montre le film. C'est là mon premier regret.

Mon second regret est plus subtil, il tient à une certaine manière de filmer, de montrer. Ainsi ces enchevêtrements de jambes nues lorsque la soeur marguerite cherche à maîtriser Marie quand celle-ci fait des crises de colère, ou la manière qu'a Marie de se blottir contre la soeur, laisse instiller l'idée – sans toutefois jamais le suggérer – qu'il aurait pu y avoir entre la religieuse et son élève "plus" que de l'affection (et j'ai effectivement entendu un critique présenter cela comme probable !). Déformation de la perception ou concession à un certain état d'esprit bien éloigné de la réalité ?

 

Pourtant, malgré ces deux regrets, je maintiens ce que j'ai écrit précédemment : c'est un film à voir ; ne serait-ce que comme une introduction aux écrits de Louis Arnould qui sont la source documentaire la plus complète sur ce sujet**.

 

Et pour compléter ma première remarque, je veux prendre quelques lignes à l'étude d'Arnould :

 

Qu'est-ce que l'âme ?

S'étant promis d'enseigner à son élève les grands traits de la vie humaine, Soeur Sainte-Marguerite ne craignit pas de lui révéler la mort. Pour cela elle profita de la fin d'une religieuse sourde-muette, qui venait d'être soudain emportée par une congestion : Marie s'était beaucoup attachée à elle, et la Soeur Joseph, c'était son nom, avait même commencé à lui tricoter une paire de bas. Soeur Sainte-Marguerite parla doucement de la morte à l'enfant, lui disant qu'elle était couchée, qu'elle ne se lèverait plus, qu'elle ne ferait plus la cuisine, qu'elle ne tricoterait plus. "Et mes bas, quand les finira-t-elle ?" fit aussitôt la pauvre enfant. On lui proposa d'aller auprès de la morte : elle y vola à travers les corridors, et elle fut très péniblement saisie par l'impression de froid du cadavre : elle le comparait à de la glace. En apprenant qu'elle mourrait, elle aussi, et qu'elle serait un jour comme la Soeur Joseph, elle se révolta encore une fois; encore une fois, il fallut toute l'autorité insinuante de la Soeur Sainte-Marguerite pour la calmer, en lui montrant qu'elle-même, la Soeur, mourrait à son tour et qu'elle était douce devant cette idée.

L'enfant se résigna encore, parce qu'il le fallait : "C'est Marguerite qui l'a dit." Elle put bien se persuader, d'ailleurs, que le cas n'était point spécial à la Soeur Joseph, car un nouveau décès s'étant produit dans la communauté, l'on prit soin de lui faire aussi tâter le corps refroidi.

Mais la sainte religieuse ne voulait point laisser à son élève une idée aussi matérielle et incomplète de la mort : elle avait hâte de lui faire comprendre l'existence de l'âme. Un jour, l'enfant venait de recevoir une lettre de son père, elle en était tout heureuse et elle baisa la lettre à plusieurs reprises. La Soeur s'approche aussitôt et lui tient à peu près ce langage, s'assurant à chaque pas qu'elle est bien suivie :

"Tu l'aimes bien, ton papa ? Tu les aimes bien, ta tante et ta petite soeur ? Mais avec quoi les aimes-tu ? est-ce avec tes pieds ? Non. Avec tes mains ? Non. C'est quelque chose en toi, dans ta poitrine, qui les aime. Eh bien ! ce quelque chose qui aime est dans le corps, mais ce n'est pas le corps, on l'appelle l'âme, et, au moment de la mort, le corps et l'âme se séparent. Ainsi, quand Soeur Joseph est morte, tu as tâté son corps qui était glacé, mais son âme qui t'aimait est partie ailleurs; son âme vit toujours et continue à t'aimer..."

Ainsi naquit dans l'esprit de l'enfant la notion si difficile des êtres immatériels.

 

Qui est Dieu ?

Restait à s'élever de là jusqu'au couronnement de toute éducation, jusqu'à l'existence de Dieu.

C'est le soleil qui y servit.

La Soeur Sainte-Marguerite avait soin de mener son élève, si curieuse d'apprendre, chez le boulanger de l'établissement, et de lui montrer les pains qu'il pétrissait, chez le menuisier, et de lui faire tâter les meubles qu'il façonnait, chez les maçons, et de lui faire sentir les murs qu'ils construisaient, etc. : elle ancrait ainsi profondément dans l'esprit de l'enfant l'idée de fabrication.

Or Marie, dans ses promenades, était particulièrement heureuse toutes les fois qu'elle se sentait caressée par les chauds effluves du soleil. Elle aimait le soleil et elle aurait voulu le prendre, vers lui elle tendait les mains et elle essayait de grimper aux arbres pour se rapprocher de l'astre et l'atteindre. Un jour, qu'elle était ainsi tout occupée du soleil, pleine d'admiration et de reconnaissance pour lui, la Soeur lui demanda :

"Marie, qu'est-ce qui a fait le soleil ? Est-ce le menuisier ?

Non, c'est le boulanger !" reprit-elle naïvement, rapprochant la chaleur solaire de celle du four.

— "Non, le boulanger ne peut pas faire le soleil ; Celui qui l'a fait est plus grand, plus fort, plus savant que tout le monde.

Dans une classe, la Soeur est au-dessus de toutes les petites filles, la Supérieure est au-dessus de toutes les Soeurs, M. l'Aumônier est au-dessus de la Supérieure, Mgr l'Evêque de Poitiers, qui est venu l'autre jour à Larnay, est au-dessus de M. l'Aumônier, et il a au-dessus de lui le Pape, dont je t'ai parlé, et qui habite très loin. Au-dessus même du Pape, est Celui qui a fait le soleil, et il n'a pas de corps, il est comme une âme, il te connaît, il te voit, il t'aime, et il connaît, et il voit et il aime tous les hommes, et son nom est Dieu."

C'est ainsi, par la vue de la hiérarchie des êtres connus de l'enfant, que la Soeur Sainte-Marguerite la conduisit jusqu'au degré suprême de l'échelle immense, jusqu'à Dieu.

Puis elle raconta à Marie la Création, l'émerveilla par la description des étoiles et de la lune, que l'enfant ne devait jamais voir, ni même, hélas ! toucher, et elle l'instruisit peu à peu de l'histoire sainte, qui l'intéressa vivement, comme cela arrive à tous les enfants. Le récit de la Passion l'émut avec force, et, se méprenant sur l'éloignement des temps, elle demanda aussitôt si son père était parmi les méchants qui avaient tué Jésus-Christ.

 

Une traduction simultanées

Il nous a été donné récemment d'assister à un sermon dans la chapelle de Larnay : de la table de communion, le prédicateur parlait aux aveugles. Une religieuse, montée sur une estrade et tournant le dos à l'orateur, mimait le discours pour les yeux des sourdes-muettes. Une autre Soeur l'articulait avec les lèvres pour les sourdes parlantes. Dans le bas de la chapelle, en deux endroits, des gestes étaient appliqués sur des mains : c'étaient les voisines de Marthe Obrecht et de Marie Heurtin, qui leur repassaient le sermon sur l'épiderme. Il est infiniment curieux et un peu émouvant de voir une parole humaine se transmettre presque instantanément dans ces 250 âmes, toutes plus ou moins murées du côté des sens.

 

Après la mort de soeur Sainte-Marguerite : une lettre de Marie Heurtin***.

Notre Dame de Larnay, 17 avril 1910.

Monsieur le Vicaire général.

Votre lettre si pleine de bonté m'a consolé grandement dans l'épreuve que le Bon Dieu m'envoie...

Oui, je suis désolée, je pleure et je sens la perte que je fais.

Mais je sens au fond de mon âme l'espérance de trouver au ciel ma Maîtresse bien-aimée, la chère Soeur Sainte-Marguerite. Le Bon Dieu a voulu trop tôt récompenser son grand dévouement pour moi.

A Larnay, je reste entourée de l'affection de ma bonne mère Marie-Sidonie. Elle a déjà conquis mon coeur pas sa charité compatissante. J'affectionne beaucoup toutes les soeurs de la Maison qui connaissent mon langage des signes et avec qui je peux communiquer comme avec ma chère Soeur Sainte-Marguerite...

Depuis la mort de ma bien chère Mère Sainte Marguerite je suis allée souvent prier sur sa tombe. Là je respire le parfum du ciel et je sens qu'il fait bon mourir après avoir consacré sa vie au service de Dieu dans ses membres souffrants...

Votre humble enfant

Marie Heurtin

 

Notes :

* Un film qui, à mon sens, "montre" la foi sans mièvrerie ni caricature est "L'île" (OCTPOB)

** J'espère pouvoir, un jour mettre en ligne les compléments que Louis Arnould a ajouté au fil des années dans les éditions successives de"âmes en prison". En attendant, il y a toujours l'édition de 1904 que j'ai déjà signalée.

*** Les trois premiers passages sont déjà dans l'édition de 1904, par contre j'ai extrait la lettre de l'édition de 1942.

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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 08:18

Il y a des choses que l'on refait régulièrement, d'autres pas.

Ainsi, j'ai fait l'an dernier un historique de l'évolution du calendrier orthodoxe que je propose, je ne le referais donc pas cette année.

Par contre, le calendrier, il a bien fallu en faire un nouveau.

Sa thématique, pour cette année, est résumée en deux versets :

D'une part :

Il s'est fait obéissant jusqu'à la mort sur la Croix.

Philippiens 2.8

Et d'autre part :

Marie dit aux serviteurs :

"Faites tout ce qu'Il vous dira"

Jean 2.5

Tout un programme...

Il est téléchargeable sur Archive.

 

NB : je rappelle que ce calendrier est "Nouveau style", c'est à dire que c'est celui suivi par les patriarcats de Constantinople, d'Alexandrie et d'Antioche, ainsi que par les Églises orthodoxes de Grèce, Chypre, Roumanie, Pologne, Bulgarie.

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 07:58

C'est un vieux conte russe. Un conte avec sa petite pique en direction de l'Institution ecclésiale, celle des grands monastères, des liturgies trop parfaites, des églises trop dorées. Celle des gens installés.

C'est l'histoire de trois hommes, qui ... et puis non, je ne vais pas la raconter : vous n'avez qu'à la lire. Parce qu'il n'est pas long, ce conte.

Ou plutôt, parce que l'adaptation filmée qui en a été faite est vraiment réussie, c'est le film que je vous recommande. (Il devrait s'afficher en bas de page, mais si le sous-titrage ne s'affiche pas, il faut alors prendre directement le lien).

Un petit quart d'heure, pas plus ; en russe sous-titré français : ça ne se refuse pas.

Et si vous voulez vraiment lire le texte de Tolstoï, on le trouve sur Biblisem.

 

Bonne fête de St Nicolas !

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 07:17

Non, il ne s'agit pas ici de vous parler de pédicure, et moins encore de "soins" que le simple bon sens réprouve.

 

Non, il s'agit plutôt d'une beauté... intérieure, une beauté d'action.

C'est du moins ce que m'évoque ce passage du prophète Esaïe :

"Qu'ils sont beaux sur les montagnes,

les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles,

qui annonce la paix !

De celui qui apporte de bonnes nouvelles,

qui annonce le salut!

De celui qui dit à Sion: ton Dieu règne !" *

Parmi les "arpenteurs de monts" au service du Christ, il en est deux qui ont en mon coeur une place spéciale.

D'une part, il y a le P. Constantin, ce prêtre orthodoxe se définissant comme un "cheval du bon Dieu", qui de jour comme de nuit, été comme hiver quittait son modeste presbytère pour se rendre à pieds, chaussé de mauvais godillots, auprès de ses paroissiens parfois éloignés de plus de 10 kms. Dans une vie dénuée de tout superflu (et parfois du nécessaire), il était celui  vers qui on se tournait, et qui avec rien devait être le porteur de l'Evangile au milieu de gens aussi dénué que lui. C'était en Roumanie, et c'est son fils, l'écrivain (et aussi prêtre comme son père, son grand-père...) Virgil Gheorghiu qui en trace le portrait dans "De la vingt cinquième heure à l'heure éternelle".

D'autre part, c'est  Félix Neff. Ce pasteur (qui ne fut jamais "légalement" institué) qui lui aussi portait la Bonne Nouvelle à ses paroissiens isolés d'une vallée des Hautes Alpes, un siècle plus tôt, et qui mourut d'épuisement à 32 ans.

Une des caractéristiques de Neff, c'est qu'il aimait plus le Christ que les querelles de clocher, se refusant à prendre partie dans les controverses qui déchiraient le protestantisme d'alors. Pire (ou plutôt, "mieux"), il ne craignait pas de discuter fraternellement avec des catholiques (non pour les "protestantiser", mais pour avancer ensemble à la suite du Christ) et même à prier avec eux... ce qui n'était vraiment pas à la mode à l'époque ! Mais s'il n'avait rien de cassant, de rigide, il ne se perdait pas non plus dans les brumes théosophiques ou spiritualisantes d'un mélangisme de mauvais aloi : il avait juste une foi simple, qu'il exprimait en des mots simples... ce qui est parfois rafraîchissant.

 

Si pour le P. Constantin nous ne disposons que du témoignage de son fils, en revanche, en ce qui concerne Neff (qui ne fut pourtant guère populaire de son vivant hors de sa paroisse) une littérature relativement abondante est disponible, et il m'a pas semblé inopportun de la rendre accessible sur la page wikipedia qui lui est consacrée.

 

Ces deux là quoique n'ayant pas publié de gros volumes dans des langues barbares sont de la même trempe que les TischendorfGenoude, Robert Estienne, Migne, Nau, Denis Guillaume et tant d'autre : les uns ont dépensé un labeur considérable au service du Christ par le texte, les autres ont été au service du même Christ, et l'ont servi avec le même acharnement, la même persévérance par leur pieds !

 

Notes :

* La citation est Esaïe 52.7. J'ai suivi, par habitude, le texte hébreu.

La Septante donne "Me voici, comme le printemps sur les montagnes, comme les pieds de celui qui annonce la bonne nouvelle de la paix, comme celui qui annonce les biens; car je publierai ton salut, disant : Sion, ton Dieu va régner !"

 

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 07:14

L'autre jour, par quelle voie imprévisible me suis-je retrouvé - sur un site catho-intégriste - devant une page sur la corrida ? Je n'en sais rien.

Mais ce que j'y ai lu m'a laissé perplexe.

je cite :

"nous déclarons simplement, par delà les aspects purement spectaculaires de l’art tauromachique, que le décorum, les éléments quasi sacrés qui entourent la corrida (vêtements de lumière, sens du sacrifice, dévotion et sentiment religieux, etc.), sont un motif de nature à susciter respect et sympathie à l’égard de cette tradition singulière qui a tissé au fil des siècles des liens très étroits avec le catholicisme."

 

Pour ce qui est du "décorum", je veux bien les croire. Mais est-ce suffisant ?

Est-ce le "décorum" qui donne sa véracité à un événement ? Que penseraient ces "cathos intégristes" d'une "messe" à Notre Dame de Paris interprétée par une troupe folklorique devant un parterre de touristes*.

Quoiqu'ils seraient encore capables de trouver cela très bien, puisqu'ils voient dans la corrida le sens du sacrifice.

Or, de quel "sacrifice" parle-t-on, dans une Liturgie ? Celui du Christ, qui nous donne la vie, pas celui d'un taureau qui n'est là que pour l'excitation collective... que ces gens curieux appellent une "dévotion".

Je ne sais pas trop pourquoi je parle de cela... peut-être parce qu'en lisant ces lignes, me revenaient en mémoire des paroles enflammées de St Jean Chrysostome...

 

Je ne citerai qu'une phrase prise d'une homélie célèbre, dans laquelle St Jean s'offusquant des clameurs qui lui étaient parvenues du cirque deux jours auparavant s'adresse à ses paroissiens :

"Les uns, dans les gradins du haut, se donnaient en spectacles, les autres, dans les places du bas acclamaient les cochers en vociférant. Mais que pourrions-nous dire, quelle excuse avancer si un étranger indigné nous prenait à partie, disant "Est-ce bien là une ville qui a été visité par un apôtre ? Est-ce vraiment cette ville qui a été enseignée ? Est-ce donc là une conduite digne d'un peuple dévoué au Christ ?"

Et pourtant, il ne s'agissait que de courses de chevaux. Qu'aurait-il dit pour des mises à mort d'animaux ?

 

Je renvoie les curieux vers trois textes de Chrysostome sur les spectacles :

l'homélie sur les jeux du cirque (à laquelle j'ai emprunté ma citation), mais aussi une homélie sur Lazare, et même une sur St Matthieu (à la fin de l'homélie).

 

Quant à ceux qui pensent que ces spectacles sont des réunions pacifiantes... je renvoie vers un ancien billet...

 

Note

* Cette idée de "liturgie factice" est tirée d'un livre de Callebaut qui, derrière un titre racoleur ("Rites et mystères au Proche-Orient", 1973) recèle une mine d'informations.

Dans un chapitre présentant les derviches, ce groupe musulman qui fut interdit par Mustafa Kemal, et qui n'existent plus que dans une certaine clandestinité, Callebaut fait un parallèle avec cette "fiction sur la France", puisque les "derviches" que l'on peut voir  en Turquie sont des acteurs payés pour leur prestation..

La citation exacte (p 145) est "Imaginez une messe de minuit, autorisée exceptionnellement par les successeurs de Clemenceau, interprétée par une troupe folklorique locale devant un parterre de Japonais et d'Arabes".

 

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22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 07:25

Travaillant sur un petit projet (et j'espère pouvoir faire aboutir une première tranche pour Noël), j'ai voulu me familiariser avec l'environnement de Théodore Abu Qurrah.

N'ayant pu me rendre sur place, j'ai du arpenter les méandre d'internet (et en particulier sur le site d'Arvi) pour dénicher quelques clichés.

Et comme l'architecture de la région de Harran est tout à fait particulière, je vous laisse apprécier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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18 novembre 2014 2 18 /11 /novembre /2014 07:35

 

Dernièrement, je tombe – sur Facebook – sur une proposition d'un imam présentée comme "un très bon projet s'il y a des personnes motivées et intéressées par le dialogue inter-religieux" puisqu'il s'agit de "relever tout ce qu'il y a dans la bible (ancien et nouveau testament) comme points communs et comme contradiction avec la foi musulmane" et de les classer selon les thèmes en fonction des convergences et des divergences.

 

La chose peut effectivement être intéressante, et j'avais moi-même – il y a plusieurs années – consacré quelques semaines à étudier ce que le Coran dit de Jésus ; cherché à comprendre la manière dont le fondateur de l'islam (considéré comme un prophète par les musulmans) voit le fondateur du christianisme (considéré comme le Sauveur par les chrétiens).

Bref, la proposition semblant intéressante, je poursuivis ma lecture :

En se basant sur les principes suivants

- Les anciennes révélations proviennent à l'origine de Dieu.

- Elles ont subit des altérations et des erreurs de transmission.

- Elles peuvent contenir la vérité mais aussi l'erreur.

- Le Coran et la Sunna authentique sont la référence sur les questions de la foi.

- Ce qui ne contredit pas le Coran et la Sunna authentique peut être considéré comme source.

 

Les principes de travail sont clairement énoncés. Mais quelles sont leurs implications ?

Et d'ailleurs, que désignent les mots "les anciennes révélations" ?

On serait tenté, dans un premier temps, de penser que cela désigne la Bible (Ancien et Nouveau Testament) ainsi que le Coran.

Pourtant, est-ce bien là la pensée du rédacteur ?

Quoique plusieurs versets du Coran soient considérés comme ayant été abrogés par des "révélations coraniques ultérieures", je n'ai jamais lu dans la littérature musulmane que le Coran aurait subi "des altérations et des erreurs de transmission"* et moins encore qu'il pourrait contenir "la vérité mais aussi l'erreur".

Il faut donc considérer que "les anciennes révélations" (mentionnées sans majuscule) désignent "la bible (ancien et nouveau testament)" (sans majuscule non plus).

 

Mais à quelles "altérations et erreurs de transmission" est-il fait référence ? S'agit-il de tenir compte des variantes textuelles dues soit à une erreur de copiste, ou au passage d'une langue dans une autre ? Ou – au contraire – est-ce une allusion à l'idée répandue dans les milieux musulmans selon laquelle "les juifs et les chrétiens" auraient "changé leurs écritures" afin de dissimuler le "fait" qu'elles auraient annoncé la venue de Mahomet ?

Or, si la question des variantes est bien documentée et sérieusement étudiée, l'idée que "les juifs et les chrétiens auraient falsifié la Révélation" ne repose absolument sur rien, tant au niveau historique que scientifique, et ne saurait servir de base de travail.

C'est pourtant sur cette base que le rédacteur énonce que "les anciennes révélations peuvent contenir la vérité mais aussi l'erreur" puisqu'il ne propose, pour comme guide pour y voir clair que "le Coran et la Sunna authentique".

Ainsi, selon ces principes, "ce qui ne contredit pas le Coran et la Sunna authentique peut être considéré comme source", et ce qui le contredit sera considéré comme falsifié… puisque "les anciennes révélations proviennent à l'origine de Dieu" et que Dieu ne  saurait se contredire.

 

En clair, on prend dans la Bible les passages que l'on peut faire coller au Coran (indépendamment du contexte, bien sûr) en affirmant que c'est la preuve de la continuité de la Révélation, et on rejette ceux qui sont trop en opposition au Coran, en rappelant que les Ecritures des Juifs et des Chrétiens ont été falsifiées… Méthode vieille comme l'islam.

 

Ce qui m'étonne, c'est qu'avec de tels "principes", l'imam termine sur ces mots : "Si le dialogue inter-religieux ne vous intéresse pas, vous avez le droit, passez votre chemin."

 

Or, il ne s'agit pas de dialogue inter-religieux, mais uniquement d'une lecture musulmane de la Bible, et d'un tri subjectif dans les textes bibliques.

Aussi, je "passe mon chemin", préférant à ce faux semblant la rigueur de pensée du prof. Campbell dans son "Le Coran et la Bible à la lumière de l'histoire et de la science" que l'on trouve sur Archive.

 

NB : L'image est une calligraphie du Notre Père, en arabe, bien sûr.

Notes

* Concernant d'éventuelles erreurs dans le Coran, il faut se rappeler que, dans la mesure où les textes du Coran étaient écrits à l'origine sans points diacritiques, des erreurs ont bien pu se produire lors de la fixation de la lecture du texte. D'autre part, l'établissement du texte définitif du Coran par Othman s'est fait en excluant des lectures et des verset qui furent alors déclarés "non canoniques", mais qui avaient circulés jusque là. Toutes les copies antérieures furent alors détruites sur ordre d'Othman.

 

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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 07:22

J'avais évoqué l'existence du projet en passant, il y a plus d'un an.

A l'époque, je venais (enfin !) de mettre en ligne un document présentant l'apprentissage de Marie Heurtin.

 

Et voilà que le film sort en salle.

Que vaut-il ? A vrai dire, je n'en sais rien, ne l'ayant pas encore vu. Notons toutefois que la bande annonce est plutôt engageante, et que le film à déjà reçu un prix.

Mais – à mon sens – le film vaut surtout à cause de l'histoire : comment la "sœur Marguerite" osa imaginer et inventer un langage tactile, une forme spéciale de dactylologie, pour communiquer avec la jeune Marie Heurtin enfermée dans un monde totalement opaque : sourde-muette-aveugle.

Et pour ceux qui ne pourraient pas aller le voir, il y a toujours le document que j'ai mis en ligne.

Mais il y a des chances que vous pourrez le voir : il va même passer dans mon village ! (en décembre)

10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 07:58

 

Qui se souvient du drame poldève ?

La supplique déchirante du petit peuple de Poldévie – cette modeste nation des Balkans exploité par d'immondes grands propriétaires dénués de scrupules – adressée aux députés progressistes de France.

L'histoire fit rire dans la mesure où quelques dignes membres du Parlement, amis et soutiens des prolétaires de tous pays, se précipitèrent au secours de ces malheureux, appuyant de leur nom et de leur autorité morale leur demande.

Des malheureux inventés pour l'occasion par un membre de l'Action Française.

 

De fait, l'empathie, la compassion ou l'enthousiasme pour une cause sont d'excellents moteurs dans la vie, mais ils ne sauraient se substituer à l'intelligence et au contrôle des informations, sous peine de se perdre en une vaine agitation.

 

Pourquoi évoquer aujourd'hui cette vieille histoire ?

Parce qu'il ne se pas quasiment pas une semaine sans que je croise – parfois ayant transité par des sites théoriquement fiables – une information, un scoop ou un appel à l'indignation n'ayant d'autre origine que le canular, ou la mauvaise foi avérée.

 

Ainsi en est-il de la fatwa que le prétendu calife Al-Baghdadi aurait lancé contre son propre frère qui serait devenu chrétien.

Ainsi la découverte (dans les archives du Vatican, évidemment) parmi les écrits en latin de l'historien romain Marcus Velleius Paterculus du récit par un témoin oculaire d'un miracle accompli par un certain Iēsous de Nazarenus.

Ainsi encore le kidnapping de deux moines de Ste Catherine du Mont Sinai par des djihadistes, et qui auraient été rendus contre une très forte rançon.

Ainsi toujours la prétendue Bible datant de 1500 ans dans laquelle serait annoncée la venue de Mahomet.

Ainsi d'un texte de St Nicolas Velimirovic contre halloween

Ainsi de beaucoup d'autres qui allient le détestable à l'ignoble (comme ces dizaines de chrétiens brûlés vifs par des djihadistes, ou cette jeune chrétienne torturée et retrouvée avec une croix plantée dans la gorge dont la photo a circulée accompagnée d'une lettre de sa mère…)

FAUX ! Tout cela est faux !

 

* Les deux premiers proviennent du site parodique "world news daily report" (ici et ici), dans lequel pas un mot n'est vrai, et il est affligeant que des sites "sérieux" aient relayé l'information.

* Le troisième, quoique peu crédible, a circulé dans les médias égyptiens d'abord, puis de manière virale, avant qu'un démenti ne vienne du monastère. Quel est l'imbécile qui a lancé la rumeur ?

* Le quatrième est un manuscrit ayant non pas 1500 ans, mais dont le colophon indique qu'il a été copié "en l'an 1500 de Notre Seigneur". Quant au contenu, s'agit-il réellement d'un texte "chrétien" annonçant la venue de Mahomet ? Dans ce cas, il s'agirait de "l'Evangile de Barnabé", une production pseudo-chrétienne médiévale postérieure à l'islam, et qui ne doit par conséquent rien à l'apôtre Barnabé. Le scoop serait alors qu'on en aurait un exemplaire en syriaque. Mais est-ce même cela ? A ma connaissance, aucune étude universitaire du "manuscrit" n'a été publiée à ce jour, et ce qu'ont écrit l'un ou l'autre des syriacisants qui se sont exprimés à partir des clichés disponibles n'ont pas confirmé cette hypothèse.

* Pour ce qui est du texte contre halloween, John Sanidopoulos a établi la supercherie

* Quant aux deux derniers exemples, j'ai retrouvé la source des photos d'une part dans un dramatique accident en RDC (un camion citerne qui a explosé après s'être renversé, tandis que des dizaines de personnes venaient récupérer de l'essence gratis), et d'autre part… dans un film atrocement gore (et franchement, pas la peine de mettre le lien). Et je me demande encore quel esprit démoniaque peut oser détourner sciemment des photos pour attiser la haine.

 

Alors, face à cette avalanche de fakes, comment faire ?

Je n'ai pas de méthode infaillible, mais bien souvent des détails trahissent l'origine frauduleuse, mais pour s'en rendre compte il faut accepter de regarder le texte ou les images la tête froide, sans se laisser envahir par l'émotion.

Et puis, sourcer, vérifier ; ne pas à priori faire crédit à celui qui nous a transmis l'info (mais qui a pu être abusé de bonne foi). Certains de mes correspondants le savent, à qui régulièrement je fais part de mes doutes, puis de mes certitudes étayées.

C'et le prix à payer pour se libérer de ceux qui veulent nous précipiter dans un univers de mensonge et de haine.

 

PS: l'image provient de Tintin "Le lotus bleu"…

 

 

 

 

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