16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 07:33

De temps en temps je divague, envisageant de possibles inutilités.

Par exemple, si je changeais de nom ? Oh, je l'aime bien, mon "Albocicade", mais n'est-il pas trop abscons ? Si je tentais de le rendre un peu plus explicite…

Remplacer le latin "cicada" directement par "cigale", tout en gardant, pour la blancheur, albe, ou albin.

Albin Cigale, ou plutôt "Albin Cigala". Pourquoi pas.

Et puis, il faudrait quelque chose qui évoque Dieu, ou le Ciel… "Célestin", par exemple.

Et, tant qu'on y est, ajouter une particule, ça fait chic.

Célestin Albin de Cigala !

Non, en fait, je plaisante : non seulement un tel nom ne me correspond pas, mais en outre je serais un vil plagiaire.

Parce qu'il a existé, ce "Célestin Albin de Cigala".

Un abbé du début du XXe siècle, passionné entre autres de "l'Imitation de Jésus Christ" (qu'il a éditée, traduite, commentée). Mais pas seulement, il voulut aussi faire connaître, de manière ludique, les débuts du christianisme, de sorte qu'il traduisit en français le "Allons à Lui !" de Henryk Sienkiewicz, et qu'il publia "Urbi et Orbi", une suite au célèbre "Quo vadis ?" du même Sienkiewicz.

Alors, je lui laisse son nom et garde le mien.

Mais avec un nom pareil, je me devais de le signaler.

 

N'ayant pu dénicher le "Urbi et orbi" de Cigala, qu'au moins j'indique une édition du "Quo vadis ?" en français. (Et même en format audio !)

Par contre, on m'a signalé la traduction de Cigala pour le "Allons à lui !". (Il existe aussi une autre traduction en français du même texte, par Janasz.)

 

 

Published by Albocicade - dans Vie quotidienne
commenter cet article
12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 07:34

Est-ce un "bulletin" ? Non, plutôt une revue, une vraie revue.

C'est son premier numéro, à "Mouvement, "ce "journal de la jeunesse orthodoxe".

Copieux, le numéro ; 45 pages d'interviews, de reportages, de réflexions éthiques, sociétales, bibliques ou patristiques. Parce que "orthodoxe", ça ne signifie pas "coupé du monde", ou "dans une bulle spiritualiste", mais bien "vivant – chrétiens – dans notre société".

Oh bien sûr, vous ne serez pas d'accord avec tous les points de vue exprimés, d'autant que certains sont justement en dialogue, en contradiction… mais au moins, ça fait réfléchir, penser…

 

Je vous donne juste le sommaire, sachant que la revue est téléchargeable gratuitement sur ce site.

(On peut même demander à le recevoir par mail)

 

 

- Analyse d'un petit sondage réalisé entre juin et septembre 2014 sur le blog mouvementjjo.wordpress.com : les chrétiens sont-ils (forcément) réacs ?

- Une interview à deux voix, et deux points de vue assez divergents "Pour ou contre un parti politique chrétien ?"

- Interview Denys Clément, gynécologue obstétricien : comment concilie-t-il sa foi avec un métier qui exige un questionnement éthique permanent.

-  Texte de Père Cyrille Argenti : Loi morale ou Vie en Christ ?

- Michel Eltchaninoff : Réflexion sur notre rapport au temps.

- Brigitte Vilanova : ACAT… Action des chrétiens contre la torture.

- Signes du temps : les selfies

- Echanges virtuels entre un athée et un chrétien : E-mail à Diog.net

- Exposition « Monumenta » : L'Étrange Cité

- Alexandre Schmemann au repos : Reportage à Labelle

- Revue de livres :

Le Royaume, par Emmanuel Carrère

Vers la sobriété heureuse de Pierre Rabhi

- Modernité des anciens : St Jean Cassien

- Daniel Lossky : Être libéré de la « malédiction de la loi » pour vivre

- Véronique Lossky : "Aller à l'église ? Pour quoi faire ?"

- La Bible à la loupe : le Christ ressuscité et Marie Madeleine : Noli me tangere !

Published by Albocicade - dans Vie quotidienne
commenter cet article
8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 07:34

A quelques pas de mon poste de travail – juste de l'autre côté de la petite route, en fait – se dressent les murs de l'ancienne église du village.

Les murs seulement, témoignage d'un passé révolu.

Elle a connu son heure d'activité, il y a longtemps, alors que le bourg était en devenir.

"Chapelle notre Dame", elle deviendra, un temps, "Temple notre Dame", lorsque la Réforme protestante s'imposa, et les patenôtres latins firent alors place aux Pseaumes de David mis en rimes française par Clément Marot. 

Et puis… décidément, le bourg se constituait plus haut, vers le ruisseau : les uns bâtirent un temple, les autres une église ; aux deux extrémités du village, et la chapelle Notre Dame tout doucement ruina.

Les tombes du cimetière attenant se mirent à l'entourer, les herbes folles à l'envahir.

Plus d'encens, de patenôtre ou de psaume ; juste des murs récemment consolidés par une association de sauvegarde du patrimoine.

 

Parfois, je rêve que quelque liturgie vienne de nouveau résonner entre ces murs, que – oreilles attentives et cœurs vigilants – des bouches répondent "Nous les avons vers le Seigneur" lorsque le prêtre dira "Elevons notre cœur"…

Vaine rêverie, je le sais bien.

Ce n'est pas là, mais bien dans les rues du village, dans les rencontres inopinées ou organisées, par notre témoignage au gré des occasions que nous permettrons à nos concitoyens de découvrir ce que la Société ne leur dira jamais : qu'ils sont aimés de Dieu.

En effet,

Comment donc invoqueront-ils

celui en qui ils n'ont pas cru?

Et comment croiront-ils

en celui dont ils n'ont pas entendu parler?

Et comment en entendront-ils parler,

si personne ne leur en parle ? *

 

Alors, je sais bien, c'est moins facile que de rêvasser, mais c'est bien à cela que nous avons été appelés.

Note :

* Ça, ce n'est pas de moi, mais de l'apôtre St Paul.

 

Published by Albocicade - dans Vie quotidienne
commenter cet article
4 octobre 2014 6 04 /10 /octobre /2014 07:47

 

Voilà que je m'aperçois que je n'ai pas fait de récapitulatif des Documents depuis Mai !

Il est plus que temps…

 

Donc, d'abord, ceux que j'ai placé :

* "Le dialogue de "Samon de Gaza" avec le Sarrasin Ahmed" sur Archive (mais aussi, toujours sur Academia)

 

* Eloge historique de Marie-Gaëtane AGNESI, sur Archive

 

* La canonisation de St Seraphim de Sarov vue de France : Un article paru dans les Echos d'Orient, ainsi que des photos de la cérémonie. 1903 sur Scribd

 

*

*  *

Et puis tous les autres

* Sermons de St Grégoire de Nazianze. Ce sont 67 sermons dans la traduction certes ancienne, mais somme toute fidèle, de Nicolas Fontaine, 1693

Tome 1 (sermons 1 à 25) et Tome 2 (sermons 26 à 67)

 

* Philon d'Alexandrie : Commentaire allégorique des Saintes lois, 1909

ainsi que "La doctrine du Logos chez Philon", 1876

 

Dans une collection appréciée

* "Jésus, Fils unique du Père" par  Nersès Šnorhali, sur Gallica

* Commentaire du Diatessaron par St Éphrem de Nisibe, sur Gallica

 

* Epiphane de Salamine

Le Panarion (en traduction anglaise) Tome 1 (section 1 à 46) sur Bookfi

tome 2 (sections 47-80, + De Fide) Sur Scribd

Rappelons qu'une traduction française de l'Ancoratus est accessible sur le site du P. Stéphane Bigham, de même qu'une Vie de St Epiphane.

 

* Talmud

Le Michné Torah de Maïmonide en français sur Chabad

Les Lois de la maison d'élection en français sur Chabad

Midrash Rabbah sur la Genèse (en anglais), sur Archive

Pirké DeRabbi Eliezer (en anglais), sur Archive

La Jewish encyclopedia de 1906, en anglais

 

Published by Albocicade - dans Cigale bibliothécaire
commenter cet article
30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 07:05

Pour moi, d'aussi loin que je me souvienne, être français est un fait. Pas un honneur, encore moins une gloire. Un peu comme d'avoir deux bras et deux jambes.

Oh, bien sûr, j'apprécie d'avoir ces bras et ces jambes, mais pas au point de mépriser manchots et culs-de-jatte.

Et puis, si je parle, lis, et écrits majoritairement en français, il m'arrive aussi de me plonger dans des ouvrages aux lettres étranges, ou de contacter des correspondants aux divers coins du globe, dans des langues qui ne doivent rien à Molière ; de sorte que j'ai toujours eu vis à vis des chauvinismes, nationalismes et autres crispations identitaires une profonde méfiance.

 

Pourtant, voici que dernièrement, au-delà du fait d'être français, je me suis senti français. Oh, je ne me suis pas réveillé un matin avec la Marseillaise dans la tête, grand Dieu, non !

Mais le fait est qu'un homme – tout le monde connaît maintenant son nom – a été kidnappé dans le but de l'assassiner parce qu'il était français, et uniquement à cause de cela. Egorgé comme un mouton* uniquement à cause de sa nationalité, de ma nationalité.

Qui il était, ce qu'il pensait, ce qu'il avait fait ou non n'avait aucune importance : il était français, peut-être ni plus ni moins que moi, et c'était suffisant pour qu'il soit assassiné.

Alors, je ne suis pas devenu "patriote", n'exagérons rien, mais il faut bien le reconnaître, moi aussi, je suis français.

 

Un mot concernant les excités à l'index levé de l'Etat islamique.

J'ai dernièrement entendu, lors d'une diffusion de l'émission Envoyé Spécial, un imam de France vantant l'islam et les innombrables bienfaits qu'il a apporté à la civilisation, expliquer que les gens du "Califat" sont des fous, à l'instar de Anders Breivik, et qu'ils n'ont absolument rien à voir avec l'islam. Cette dénégation me semble dangereuse : Breivik était seul, ils sont légion. C'est déjà un détail de poids. Mais surtout, il suffit de les écouter, de les voir pour se convaincre d'une chose : ils se réclament de l'islam, du coran et de Muhammad. Et le brave imam invité sur le plateau de l'émission (qui n'est d'ailleurs pas visualisable "pour des questions de droits") aurait été mieux avisé de dénoncer une dérive intolérable de l'islam, un fanatisme qui se sert du Coran pour créer une dictature, voire appeler à une décision unanime des responsables de l'islam pour édicter un jugement (une fatwa, comme on dit) dénonçant comme "apostats" les membres du Califat, bref dire ce qu'il voulait, mais pas prétendre qu'ils "n'ont rien à voir avec l'islam".

Parce que, c'est vrai, ces furieux n'ont rien à voir avec les musulmans que j'ai pu côtoyer et apprécier** et il serait stupide de faire l'amalgame, et plus stupide encore de reprocher aux uns les massacres des autres. Mais ce sont – jusqu'à preuve du contraire – des musulmans.

Alors, comme certains musulmans en Syrie et ailleurs, ont entouré les Eglises pour protéger les chrétiens des fanatiques musulmans, peut-être aurons-nous à protéger nos voisins musulmans de fanatiques qui voudraient leur faire un sort : on trouve de ces excités aussi bien dans l'extrême droite que parmi les admirateurs du "Califat".

 

 

* Ayant vu la vidéo qui a été mise en ligne par les assassins, je n'ai pas d'autre manière de décrire comment il a été égorgé : "comme un mouton".

** J'en ai aussi rencontré qui tenaient des discours certes moins virulents, mais pour qui il était évident qu'à moyen terme, l'avenir de l'Europe, ce serait l'islam…Sans doute se réjouissent aujourd'hui du chaos qui progresse.

 

Deux mots, encore : le site d'Hervé Gourdel, et la lettre de "sales français", comme moi (mais musulmans) sur le blog de Ren.

 

Published by Albocicade - dans Cigale en colère
commenter cet article
26 septembre 2014 5 26 /09 /septembre /2014 07:38

La guide qui nous a conduit à travers les dédales de ruelles de la ville basse, expliquant telle façade ornementée du XVIe siècle, telle maison aux fondations du XII siècle, nous fait pénétrer dans la petite cathédrale, dans la ville haute. Elle nous explique la fondation de l'évêché au Ve siècle, l'évêque jureur lors de la Révolution française, les tapisseries des Gobelins qui ornent l'intérieur de l'édifice, mais passe très rapidement, comme gênée,  sur le grand crucifix accroché au mur. Bon, c'est une "Journée du patrimoine", d'accord, mais tout de même…

Pourtant, il arrête le regard, ce crucifix, il retient l'attention. Il a même un détail que je n'avais jamais rencontré jusque là.

Pas le crâne et les tibias, non. Ça, même si on ne le rencontre plus très fréquemment, c'est quelque chose de classique, ça renvoie au récit évangélique :

Ils conduisirent Jésus au lieu nommé Golgotha,

ce qui signifie lieu du crâne,

et là, ils le crucifièrent.

(cf Mc 15.22-24 ; Jn 19.17-18).

Et si le lieu s'appelle le "lieu du crâne", c'est – rapporte une très ancienne tradition* – parce qu'à cet endroit furent ensevelis les restes d'Adam (dont son crâne) par Melchisédech. Ainsi, le Christ est crucifié au-dessus du crâne d'Adam, et le sang et l'eau qui coulent de son côté percé par la lance descendent jusqu'au crâne du premier homme. Le symbole est parlant : tous les humains, depuis Adam, sont concernés par la mort (et la résurrection) du Christ.

Le détail qui me surprend n'est pas non plus le globe terrestre sur lequel est planté la Croix du Sauveur, forme habituelle pour rappeler que l'ensemble du monde habité est concerné par le salut de Dieu.

Ce n'est pas non plus le serpent qui rampe sur le monde, mais qui est écrasé par la croix.

Non, ce qui m'a surpris, c'est une sorte de grosse boule, devant le serpent. J'ai d'abord cru que c'était la tête tranchée de l'animal, mais à y regarder de plus près, la bestiole a encore bien sa tête. Par contre, devant lui, c'est… la pomme. Le fruit qui a causé la chute d'Adam, et que le serpent vaincu recrache…

Bon, ce n'est pas un cas unique –voir par exemple ici – mais ce ne me semble guère être fréquent !

 

 

* Cette tradition se retrouve chez de nombreux pères, tans grecs que latins ; j'y reviendrais sans doute un de ces jours. On retrouve ce thème longuement développé, par exemple, dans "le Combat d'Adam" ou la "Pénitence d'Adam", voir le tome 1 du  Dictionnaire des apocryphes édité par Migne (1856) col 368-370.

 

 

Published by Albocicade - dans Vie quotidienne
commenter cet article
21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 07:29

C'est en jetant un œil sur les coulisses du blog que je me suis rendu compte que ce billet serait le n° 666.

Bon, sur le moment ça m'a fait un petit pincement au coeur (il y a comme ça des mots, des noms chargés émotionnellement), mais ensuite, j'ai souri.

Parce que même si je sais que dans l'Apocalypse, c'est le "nombre de la Bête" (j'en avais même parlé, dans un billet en 2008), ce nombre ne me fait pas peur (d'où le titre de ce billet, bien sûr).

 

J'aurais bien aimé donner à cette occasion, quelque parole édifiante de St Eloque de Lagny, qui mourut (dit-on) en l'an 666, mais hélas, il semble que la tradition n'en ait rien conservé.

D'un autre côté, c'est peut-être aussi bien ainsi : c'est par son exemple qu'il fut éloquent, et c'est déjà un sacré rappel !

 

Aussi, je n'en dirais pas plus pour aujourd'hui.

 

 

Published by Albocicade - dans Vie quotidienne
commenter cet article
17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 07:25

Si j'en ai refait un tout petit peu dernièrement, l'auto-stop appartient en fait profondément à mon passé. Tour de France, traversée de la Grande Bretagne, détours par l'Allemagne, les Pays-Bas ou la Belgique…

Le rencontres, bien sûr. Ce chauffeur routier qui me fit faire le trajet de Douvres à Londres en m'expliquant qu'il espérait ne pas avoir de contrôle policier à cause de sa cargaison de tabac de contrebande… se désaltérant au whisky en conduisant d'une main…

Ce type qui insistait pour que je prenne le volant de sa voiture parce qu'il était épuisé de conduire… alors que je n'avais pas le permis…

Ce représentant qui prétendait me vendre des vérins hydrauliques (je me demande bien où je les aurais mis, dans mon sac)…

Ces jeunes qui remontaient du Maroc, et ont été longuement contrôlés (en fait, sièges et portières démontés) par la douane à la recherche d'un hypothétique  paquet suspect…

Ah, le douaniers… toujours surpris quand ils trouvaient – dans la poche extérieure de mon sac – des évangiles que je leur offrais. Parce que, à l'imitation du saint patron des auto-stoppeurs – le diacre Philippe – je n'hésitais pas à témoigner du Christ. Même maladroitement, sans doute, puisqu'un jour je me suis retrouvé sur le bord de la route, jeté par un gars qui n'aimait vraiment pas ça.

L'auto-stop. Un mélange d'attente particulièrement lassante, de solitude priante (ou pas), mais aussi de rencontres humaines intense.

C'était il y a longtemps.

Je pensais que ça ne changerait jamais fondamentalement.

Aussi, quand j'ai appris qu'un robot a traversé le Canada en stop, d'est en ouest… ça m'a fichu un choc.

Pourtant, je ne pense pas être fondamentalement opposé aux progrès techniques, mais là… ça me déstabilise… je m'interroge sur l'intérêt de la chose.

Le site de Hitchbot (en anglais) est là, avec liens vers la page facebook…

 

Published by Albocicade - dans Vie quotidienne
commenter cet article
13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 07:42

"Expériences liturgiques", c'est un livre épais quoique simple, à la couverture sobre et élégante, que j'ai reçu dernièrement. Je ne sais pas si le titre est une heureuse trouvaille (bon, sur l'image, c'est l'édition anglaise)… c'est plutôt une sorte de visite accompagnée, au sens où l'auteur – le P. Anagnostopoulos, un prêtre orthodoxe de Grèce – pénètre avec nous dans l'Eglise et par de petites explications et de nombreuses anecdotes nous introduit dans la Liturgie, expliquant tel geste, commentant telle prière, donnant le sens de tel objet liturgique, nous invitant à vivre plus profondément, plus attentivement la prière de l'Eglise.

Si on apprend beaucoup de choses au fil des pages, ce n'est toutefois pas un ouvrage académique, et on y cherchera vainement (et c'est d'ailleurs vraiment dommage) un "index des termes liturgiques" à la fin. Pour tout dire, même la bibliographie est même à peu près inexploitable.

Peut-on le considérer comme une "introduction à l'orthodoxie" ? On pourrait presque, si…

 

Si la traduction n'était pas à ce point calamiteuse !

Au vrai, ce n'est pas "grâce à la traduction", mais plutôt malgré elle que l'on accède au texte. Et si le traducteur a mis beaucoup de bonne volonté dans son travail, une chose est sûre : le français est pour lui une langue étrangère, et ce sont à chaque page des approximations, des contresens (quel éloge que de qualifier un saint prêtre de "prédicateur mielleux" !), de noms orthographiés "à la grecque" (Vavylas pour Babylas), de mots traduits littéralement (je suppose que les "Ordres apostoliques" sont les "Constitutions apostoliques", et que les "martyrs de Iahvé" sont les "Témoins de Jéhovah"), des conjugaisons douteuses, l'emploi aussi bien d'expressions populaires comme "perdre les pédales" que de termes plutôt techniques comme "obit". Il n'y a pas une page qui ne contienne son lot de navrantes inconséquences… à moins, bien sûr, que le traducteur, archimandrite facétieux, n'ait joué à exercer la sagacité des lecteurs en parsemant son travail d'énigmes, de pièges et d'incongruités… mais j'en doute.

Pour autant, faut-il s'acharner sur lui et, le chargeant d'imprécations, le vouer aux gémonies ? Ce serait bien mal le remercier du labeur – certes très imparfait – qu'il a fourni.

 

Disons qu'à mon sens, c'est plus un livre d'approfondissement, qui nécessite de déjà connaître de l'intérieur la vie de l'Eglise orthodoxe (sans quoi, il y a de quoi faire de sacrés contresens !) , et à ce titre un livre précieux !

 

Dame Cigale, qui me l'a offert, l'a trouvé à Solan, mais il est aussi disponible à la Procure.

Le livre existe aussi en traduction anglaise (mais là, je ne sais pas ce qu'elle vaut) et bien sûr en grec.

 

Addenda : après réflexion, ce livre pourrait s'appeler "Vivre la Divine Liturgie".

 

Published by Albocicade - dans Côté iconostase
commenter cet article
9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 07:51

A force d'être vissé à mon poste de travail depuis des mois, à ne pouvoir faire que 50 pas dans une direction et 20 dans l'autre, de voir mon cerveau se figer dans une vigilance sans cesse renouvelée pour répondre aux attentes de mes interlocuteurs d'un instant et pallier aux défaillances des systèmes électroniques censés rendre ma tâche possible, la chose était décidée : après la Saison, dès que j'aurais un peu de vacance, je ferais une promenade.

Pas la petite promenade de quartier : non ; quelque chose d'ambitieux, de mémorable.

Après avoir scruté la carte, j'optais pour une boucle de 66 kms, avec halte au milieu, à un monastère catholique du coin, à faire sur une journée.

Que de la route (pas envie de me perdre en colline sur des sentiers que je ne connais pas !).

Dernier jour de travail, repas le soir, à la maison : demain, je ne suis pas là.

Au matin, je m'équipe… sac à dos, quatre provisions de bouche, des vêtements plus chauds (si le temps tourne) et me voilà parti, short, tee-shirt, sandales.

Oui, parce que : "vacances", quand même.

Le rythme de départ est bon, et je m'imagine, légionnaire romain chaussé de ses caligae, doublant les étapes à marche forcée.

Au bout de 4 kms, je sens un pincement sous un pied. Bougre d'andouille ! Je n'ai pas porté ces sandales depuis plus d'un an, et mes pieds sont à la forme des chaussures de sécurités qui sont mon lot 12 heures par jour, chaque jour.

2 kms plus loin, ce sont les sangles de l'autre sandale qui commencent à gentiment me déchirer la peau. Desserrer cela, ça devrait aller. Et puis, je sais qu'il y a une boutique, dans le prochain village, où je pourrais acheter des pansements.

J'avance donc, d'un pas vif, jusqu'au village en question.

J'ai fait 12 kms, et maintenant pansé ça devrait aller. La route s'enfonce dans la campagne : parfait. Pourtant, le "vif" se déplace : ce n'est plus tant le pas, que le mal.

Je sais déjà que je ne ferais pas la boucle en entier. D'ailleurs c'était plus déraisonnable qu'ambitieux.

Je ralentis, ce n'est plus un pincement sous le pied, c'est une brûlure… Allons, du cœur au ventre ! Le rythme reprend, mais ma moyenne s'effondre. Ce n'est plus du 6 ou 7 kms heure mais plutôt du 4. A midi, j'ai fait 19 kms. Le temps d'une frugale collation, je décide d'abandonner, et repars boitant des deux pieds (ce qui, contrairement à ce qu'en affirme Brassens, ne fait pas marcher plus droit). J'avance péniblement, dans une désespérante solitude : c'est l'heure du repas, et pas une voiture ne passe à laquelle je pourrais tendre le pouce.

Enfin, alors que j'arrive devant un petit calvaire de croisée de chemin, contre lequel je m'étais appuyé un instant à la montée, j'entends un moteur.

Volte face, je tends le bras, pouce extérieur.

La voiture stoppe, me charge et la brave dame se rendant à son travail dans mon village, me ramène en moins de vingt minutes.

Il ne me restait plus qu'a rentrer et soigner, à la manière de Piquebouffigue, des ampoules de la taille d'un œuf de pigeon.

J'aurais ainsi parcourus 22 kms à pieds, mettant une heure pour les trois derniers : finalement… elle sera quand même mémorable, cette promenade !

 

Published by Albocicade - dans Vie quotidienne
commenter cet article

Présentation

  • : Les cigales éloquentes
  • Les cigales éloquentes
  • : Des cigales qui parlent de la nature, de la vie, et, bien sûr, de Celui qui donne la vie...
  • Contact

Fréquence

En moyenne : un billet tous les 4 jours

Recherche

Qui sont les Cigales ?

Etre informé ?

Pour être informé par e-mail (automatique) de la parution des billets, pensez à inscrire votre adresse dans le module "newsletter"

Commentaires récents

Visiteurs

Mis en place le 5 janvier 2009
 free counters
Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest
Suivre ce blog