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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 07:59

Quand, en 2005, j'avais entendu parler de ce drame abominable, j'avais été scandalisé, d'autant que la manière dont il fut d'abord présenté "une moniale orthodoxe, morte de faim en Roumanie après avoir été fixée sur une croix au cours d'un exorcisme" était sans nuance. Pourtant, la réalité était plus complexe... et tout aussi désastreuse. (Voir par exemple cet article de Pascal Brukner)

 

Quand, en 2012, j'ai entendu parler du film, c'est plutôt un sentiment de dégoût qui m'avait saisi. Ce que j'en avais entendu pourrait se résumer de la sorte : un renvoi dos à dos du système hérité de Ceausescu d'une part et de l'obscurantiste religion orthodoxe d'autre part, le tout couplé à une belle histoire d'amour (entre une moniale et son amie) contrariée par un christianisme moyenâgeux. (j'ai retrouvé une de ces "critiques" ici)

 

Autant dire que je n'avais guère envie de le voir, ce film.  Et qu'après qu'il m'ait été prêté, le DVD est encore resté quelques semaines à prendre la poussière.

Et puis, finalement, j'ai essayé de le regarder... sans y parvenir vraiment : sans cesse mon attention oscillait entre la recherche de l'histoire authentique derrière le scénario, et l'inquiétude par rapport à cette "détestation de l'Eglise" qu'y avaient vu les critiques.

 

A vrai dire, à défaut d'être rigoureusement historique, le film n'a rien de la charge anti-religieuse que certains ont cru y voir. Et même, le personnage du prêtre n'est pas antipathique.

 

Il n'en reste pas moins que ce film est d'une infinie tristesse, décrivant un immense gâchis : gâchis d'une société en délabrement quinze ans après la Révolution Roumaine, gâchis d'une passion obsessionnelle qui se refuse à laisser l'autre vivre son choix (en l'occurrence le choix d'être moniale), gâchis du mensonge et du non-dit qui brouillent les pistes et empêchent tout discernement, gâchis enfin d'une communauté monastique qui – livrée à elle-même – essaie de faire au mieux... et fait mal.

Ajoutons à cela le ciel gris et bas d'un hiver roumain, et on me pardonnera peut-être de ne pas avoir vraiment aimé, même si le film est sans doute réussi.

 

 

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 07:09

"Goûtez et voyez combien le Seigneur est doux ; heureux l'homme qui espère en lui."*

J'aime beaucoup cette idée de "goûter"...

Goûter, ce n'est pas tout savoir, mais c'est déjà savoir quelque chose. Et le savoir par expérience. Bien sûr, pour goûter, il faut s'approcher : on ne goûte pas à distance, ou à travers une photo.

 

Dieu est infini et nous sommes bornés. En effet, nous ne pouvons pleinement comprendre le Dieu infini, mais il a mis en nous un sens, grâce auquel sa présence devient une joie pour l'âme.
L'Océan est si vaste que nous ne pouvons concevoir son immensité, ni découvrir les trésors qu'il recèle. Mais du bout de la langue nous sentons immédiatement qu'il est salé ! Nous sommes bien loin de connaître tous les mystères de l'Océan, mais nous avons découvert par le moyen du goût une particularité très importante de l'eau de mer
.**

 

Bien sûr, quelqu'un qui ne s'est jamais approché de l'océan n'en sait pas le goût.

Et quelqu'un qui croirait que l'océan n'existe pas, que c'est juste un récit imaginaire rapporté par quelque voyageur en quête de gloriole pourrait tout à fait nier son existence. Et s'il prétendait défendre son idée de l'inexistence de l'océan – fut-il un spécialiste reconnu dans son domaine – par des arguments tirés de la logique ou de son expérience, ça n'empêcherait pas l'océan d'exister, et d'être salé.

Ça n'empêcherait pas non plus ceux qui ont trempé leur langue dans l'océan de savoir qu'il est salé.

 

Alors, bien sûr, je n'ai pas toujours la langue dans de l'eau de mer, et – je dois le reconnaître – je ne vis pas toujours dans l'expérimentation de la proximité et de la douceur de Dieu.

Pourtant, quel pseudo savant pourrait me convaincre que l'océan n'existe pas ? Quel athée serait légitime pour m'affirmer que Dieu n'est pas, ou même qu'il n'est pas bon ?

Il l'ignore ? je ne peux le lui reprocher. Mais son affirmation est dénué de sens, centrée sur sa propre ignorance.

 

Et comme le dit le saint apôtre Jacques : "approchez-vous de lui, il s'approchera de vous..."***

 

notes

* Psaume 33.8 (34.8, dans les bibles protestantes).

** Saddhou Sundar Singh : Religion et Réalité p 29-30

*** St Jacques 4.8

 

20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 07:47

Il faut croire que l'attaque contre Charlie Hebdo n'a pas fini d'avoir des suites inattendues.

Ainsi, ce blog de crayonnés que je viens de découvrir : "Les gribouillages de Léon".

De fait, "gribouillages" convient assez, parce qu'on ne peut pas dire que le trait soit élégant.

Pourtant, son "slogan" me plait assez :

"Parce que l'église de Walnut Grove servait aussi d'école (et inversement)"

 

Bon, j'avoue, j'aime beaucoup "La petite maison dans la prairie", je pense même que c'est une des rares séries TV qui aide vraiment à grandir, au bon sens du terme.

Mais le reste de son argument me convient aussi :

    Parce qu'on peut être en désaccord sans s'insulter mutuellement,

    Parce que le vivre ensemble passe par le respect de l'autre,

    Parce que si être croyant n'est pas gage de tolérance, être athée non plus...

    Parce que plein d'autres chose...

Bref, même si les dessins sont plus que basiques, j'ai tenu à vous le signaler : allez savoir combien de temps un blog comme ça va durer ?

 

Et pourquoi ai-je choisi précisément le dessin que j'ai mis en haut de ce blog ? Ben, pour une fois qu'on parle des orthodoxes, je n'allais pas me priver !

 

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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 07:12

C'est un vieil ordinateur, qui fonctionne fort bien d'ailleurs. Seul point faible, il est sous "Windows XP". C'est bien, "XP", juste un peu obsolète puisque Microsoft a décidé de ne plus assurer sa maintenance.

Mais un système stable, il n'y a pas de raison qu'il dysfonctionne, n'est-ce pas ?

Enfin, ça, c'était sans compter sans la malveillance.

 

L'autre soir, tandis que je l'éteins, je vois qu'il télécharge une mise à jour. (Tiens, je croyais que Microsoft avait arrêté d'en faire). Lorsque, quelques jours plus tard je veux le réutiliser, je trouve qu'il a un redémarrage difficile.. En fait, il s'ouvre normalement, puis plante et recommence en indiquant qu'il a récupéré d'une erreur sérieuse, puis replante... Allons bon !

D'où venait cette "mise à jour automatique" ? Je n'en sais fichtre rien. Juste, elle a totalement déstabilisé mon système d'exploitation.

 

C'es alors que je pense à Linux.

A partir d'un autre ordinateur, je me lance en recherche. La version actuelle s'appelle Ubuntu.

Premièrement, télécharger le logiciel (je prends la version 32 bits, puisque mon ordo est ancien) : plusieurs heures de téléchargement pour les 900 Mo.

Puis, créer une clé USB de démarrage. Facile avec Linuxlive.

Enfin, brancher ma clé USB, et démarrer mon ordinateur en panne. Zut ! ça ne fonctionne pas...

Au moment où il se relance, je vais jeter un oeil dans le "Setup" (ouai, même que je sais faire ça !) : la "séquence de boot" passe par le lecteur DVD et le disque dur, pas par les USB.

Bon, plutôt que de tenter de la modifier (pas envie de tout planter définitivement), je m'adapte.

Il me faut graver l'image du fichier "iso" que j'ai téléchargé (le logiciel Ubuntu) sur un DVD, rien de bien compliqué (même si j'ai du télécharger un petit logiciel approprié, puisque mon ordinateur ne sait pas faire ça).

Enfin (de nouveau !) je mets le DVD en place et démarre la machine en panne... ça marche.

Dans un premier temps, je choisis "Essayer Ubuntu", afin de pouvoir sauvegarder mes données sur un support externe, puis – quand tout est en sûreté – je l'installe.

Installation complète, qui supprime tous mes fichiers, mais aussi mon Windows corrompu. Un gros nettoyage en quelques sortes.

Reste maintenant à m'habituer à ce nouvel environnement, mais au final, même si j'y ai passé un peu de temps, j'ai de nouveau un ordinateur fonctionnel, et ça ne m'aura pas coûté un sou...

Au fait, qui donc m'a dernièrement traité – affectueusement – de vieux grigou barbu ?

 

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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 07:18

Après une semaine éprouvante, actualité oblige, nous sommes montés à l'Eglise.

Ce dimanche, report de la fête de la Théophanie, il pleuviote. Finalement, c'est normal...

Je pénètre dans l'église quasi vide, prosternation devant l'icône du Sauveur, devant les portes royales, devant l'icône de la Théotokos.

Silence.

J'entre dans le sanctuaire, prends mon sticharion, le plie croix au-dessus, le présente au prêtre qui vient me donner la bénédiction pour m'en vêtir.

Gestes actuels, gestes immuables depuis des siècles.

Le prêtre commence la préparation des saints dons. De mon côté, j'allume l'encensoir.

Aller rajouter des cierges ; je passe devant les fresques... beauté, sens... elles disent le vrai par le beau.

Retour au sanctuaire, face au Christ avec les disciples d'Emmaüs.

C'est le moment du premier encensement. Placer l'encens sur le charbon, présenter l'encensoir.

Geste antique, actuel, de toujours ou presque.

Respirer, vivre... je prie ; du fond de moi, je prie.

Joie, douceur, jubilation intérieure faite de paix, de soulagement, d'apaisement... douceur de Dieu...

 

La liturgie se poursuit, priante. Mots des Prophètes, des Apôtres, des Pères de l'Eglise, mots du Christ. Présence aussi.

Ton baptême dans le Jourdain, Seigneur, nous montre l'adoration due à la Trinité.

La voix du Père t'a rendu témoignage, elle t'a nommé "Fils Bien-aimé"

et l'Esprit, sous la forme d'une colombe, a confirmé l'inébranlable vérité de cette parole.

Christ-Dieu, Tu es apparu, Tu as illuminé l'univers, gloire à Toi !

C'est la Théophanie.

 

La prière continue, monte, s'étend aux extrémités du monde, présente à Dieu toute détresse, toute douleur.

Et pourtant, elle reste paisible, par-delà toute l'agitation.

 

A un moment, je pense au regard moqueur que m'auraient jeté les caricaturistes de "Charlie Hebdo" en me voyant à côté de mon encensoir, face aux fresques, dans l'Eglise. C'est donc contre ça que ces artistes du crayon luttent ? C'en est pitoyable.

 

J'ai vu, sur Facebook, une image du Christ du Corcovado avec en surimpression "Je suis Charlie". Je comprends l'idée, si "être Charlie" signifie liberté, dialogue, non-violence, mais aussi bienveillance et respect de l'autre ; si "être Charlie" signifie lutte contre le fanatisme et contre la bêtise ; si "être Charlie" est un autre nom pour dire la fraternité. Alors, si c'est ça, pourquoi pas. Mais est-ce cela ?

 

Et puis, il est tellement plus que ça, le Christ,  il a tellement plus à offrir à notre monde en souffrance. Et quand je regarde la statue du Corcovado, j'entends le Christ nous dire "Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos..."

Et, allez savoir pourquoi, c'est Lui que je choisis.

Published by Albocicade - dans Côté iconostase
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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 15:06

 

Bon, ce n'est pas un journal que je lisais régulièrement, c'est sûr, mais à chaque fois que je suis tombé dessus, je n'ai pas aimé. Il ne me faisait pas rire, pas même sourire.

D'abord, je n'aime pas leur "trait", leur style de graphisme.

Ensuite, je les trouvais souvent injustes, méprisants, volontairement blessants lorsque – au nom d'une prétendue "lutte contre la connerie" – ils s'en prenaient en un immonde amalgame à tout ce qui peut être religieux, du "catho de base" au djihadiste, ne connaissant que l'outrance comme mode d'expression.

Aussi, pour tout dire, si ce journal – qui connaissait des difficultés financières – avait simplement cessé de paraître, ça ne m'aurait fait ni chaud ni froid.

 

Mais voila... ça ne s'est pas passé comme ça.

Il y a eu cet assassinat de groupe par deux "vengeurs de prophète"...

 

Et non ! Même si je n'aimais pas Charlie Hebdo, même si leur insolence dirigée m'a souvent blessé et blessé des personnes pour qui j'ai de l'estime, même si je trouve que leurs gribouillages ne valaient pas tripette, même si leur "génie" m'a souvent semblé ne pas dépasser le niveau du "pipi-caca" de maternelle, même si je trouvais qu'ils avaient le rire méchant de ceux qui "rient de" et non "avec", même si tout ça et sans doute plus encore,

on ne tue pas des gens pour ça !

D'ailleurs, "on ne tue pas des gens".

 

Alors, je n'ai pas mis "Je suis Charlie" sur mon Facebook ; ce n'aurait pas été juste.

Mais c'est comme si je l'avais mis.

Parce que je suis du même côté de la kalashnikov qu'eux... pas du côté de la gâchette, de l'autre.

Et ce vendredi, j'irais rejoindre le groupe de ceux qui se rassembleront à cause de ça, dans mon village.

Officiellement, c'est le maire du village qui a lancé l'initiative locale. En vrai, elle lui a été soufflée par un pasteur protestant. Parce qu'on est comme ça, nous les "bigots", les "culs-bénits", les "religieux", ceux que l'équipe de Charlie méprisait avec tant de morgue : on est avec eux ; on est ensemble, avec eux.

J'espère que - si le journal reparaît - ceux qui prendront la suite sauront s'en souvenir.

 

Published by Albocicade - dans Cigale en colère
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6 janvier 2015 2 06 /01 /janvier /2015 07:37

Comme tous les 6 janviers, c'est la fête de la sainte Théophanie, la "manifestation divine" du Christ face au monde.

L'occident le rappelle – dans la fête de l'Epiphanie – qui commémore entre autres la visite des Mages et les noces de Cana ; l'Eglise orthodoxe le fait avec le baptême du Sauveur, lorsque la Voix du Père désigna Jésus comme le Fils bien aimé.

 

Pourtant, le baptême du Christ posa quelques questions.

Par exemple, celui qui sanctifie n'est-il pas supérieur à celui qui est sanctifié ? Et si tel est le cas, Jean n'est-il pas supérieur au Christ ?

On trouve la question ainsi formulée par un musulman en un texte – attribué à tort par les éditeurs à Théodore Abu Qurrah.

Le chrétien répond comme suit : "Lorsque tu vas au hammam accompagné de ton esclave afin qu'il te lave, lequel est, selon toi, le plus grand ?  Ce pauvre esclave acheté à prix d'argent, ou toi, qui es purifié par lui ?". La réponse suffit à l'interlocuteur.

 

C'est aussi ce que l'on trouve développé à l'envi dans une homélie de St Hyppolite de Rome qu'il faudra que je vous donne in extenso un de ces jours :

Jean le précurseur, aussitôt qu'il sut que le Christ était vraiment le Seigneur, criait à ceux qui étaient venus vers lui pour se faire baptiser :

"Race de vipères, pourquoi courez-vous ainsi vers moi ?

Ce n'est pas moi qui suis le Christ, je ne suis que le serviteur.

Je ne suis pas le maître, je suis le sujet, et non le Roi.

Je suis la brebis, un autre est le pasteur.

Je suis l'homme, un autre est le Dieu.

Ma mère a cessé d'être stérile pour m'enfanter.

Je suis venu de la terre, je ne suis pas descendu du ciel.

J'ai lié la langue de mon père, mais je ne suis pas l'auteur de la grâce.

J'ai été reconnu pour le précurseur par ma mère, mais je n'ai pas été comme le Christ annoncé par une étoile.

Je suis petit et faible, et voilà que celui qui est bien avant moi vient après moi ; après moi, dans l'ordre des temps ; avant moi, sous le rapport de sa divinité ineffable, inaccessible.

Il est venu, plus puissant que moi qui ne suis pas digne de dénouer le cordon de sa chaussure.

C'est lui qui vous baptisera par le Saint-Esprit et par le feu.

Pour moi, je suis soumis à la puissance ; c'est lui qui possède en lui-même la toute-puissance.

Moi, je suis sujet au péché ; lui, il a le pouvoir de l'effacer.

Moi, je ne puis que montrer la loi ; lui fait briller le flambeau de la grâce.

Moi, j'enseigne ce que j'ai reçu l'ordre d'enseigner ; pour lui, il juge en juge souverain.

Moi, j'ai à peine un réduit pour m'abriter ; lui a les cieux pour demeure.

Moi, je baptise par le baptême de la pénitence ; lui, il accorde la grâce par sa seule volonté.

Cessez donc de vous adresser à moi ; car ce n'est pas moi qui suis le Christ."

 

 

Published by Albocicade - dans Cigale patristique
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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 07:43

Pour débuter cette année 2015, je voudrais vous partager un petit texte qui a retenu mon attention tandis que je préparais le site "Marie Heurtin et les autres".

Il s'agit du soin pris pour offrir aux jeunes filles qui sont accueillies à l'institution de Larnay un accès à la beauté, qui leur donne comme un avant-goût de la beauté de Dieu.

 

Ainsi, puisqu'on y accueillit d'abord des jeunes sourdes,

"M. de Larnay, d'accord avec le P. Dalin, jette, en 1850, le plan de la chapelle. Cette chapelle dont les colonnes et les chapiteaux s'élèveront comme une fleur qui s'épanouit et où les vitraux verseront une belle lumière variée."

En effet, puisqu'elles sont privées de l'ouie,  qu'au moins leurs yeux emplissent leur âme de splendeur !

"Plus tard, en 1859, quand les aveugles y seront venus, il faudra un orgue d'où s'échapperont des flots d'harmonie." Puisque vitraux, colonnades et chapiteaux ne leurs sont d'aucun attrait, il leur faut, à elles aussi, un accès au Beau.

Plus précisément, "il faut que la splendeur du culte divin leur révèle la beauté du temple intérieur de leur âme et la sublimité de Celui qui est l'hôte du cœur et de l'Eglise."

D'autant qu'il a dans l'idée de leur permettre de rester à vie dans cette institution où elles seraient mieux qu'à devoir chercher à gagner leur vie dans la société des "valides", au risque d'y être exploitées, déconsidérées, méprisées...

 Alors que, travaillant dans un contexte adapté, entourées de compréhension, elles arriveront "à sentir l'espérance d'immortalité que tout esprit porte en soi ; et la suavité de Dieu mettra un sourire inexprimable sur des existences qui semblaient avoir dit adieu à toutes les joies.
Quiconque a connu le sourire de Marie Heurtin sait ce que je veux dire
."*

 

Si les moyens mis en oeuvre sont purement humains**, cette préoccupation, ce soin donné me fait irrépressiblement penser à la "philocalie"***, cet "amour du Beau". Pas "amour de l'esthétique", mais bien de ce "Beau" véritable qui se confond avec le "Bon" et le "Vrai".

 

Bonne et Belle année 2015

 

Notes

* Les quatre extraits proviennent du discours du P. Morineau, pour le centenaire de Larnay.

** Et on peut aimer ou non l'architecture de la grande chapelle de Larnay ou le chant de l'orgue.

*** Philocalie : "amour du Beau". Ce mot sert de titre à deux recueils de texte. Si l'on connaît surtout, actuellement, la Philocalie des Pères neptiques, cette anthologie de textes sur la prière, réalisée en grec, en 1782, par St Nicodème l'Hagiorite et St Macaire de Corinthe ; il ne faudrait pas oublier l'existence la Philocalie d'Origène qui est une anthologie du théologien alexandrin réalisée par St Basile le Grand et St Grégoire le Théologien.

 

 

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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 07:04

A force d'en parler, de temps à autres, l'idée me trottait dans la tête de faire mieux, plus durable...

Oui, mais quoi, et comment.

Finalement, c'est un petit site que j'ai intitulé "Marie Heurtin et les autres".

Un site basé majoritairement sur le livre de Louis Arnould, mais pas seulement.

Mais plutôt que de faire un long descriptif, je vous laisse aller y jeter un oeil.

En espérant qu'il sera utile.

(Euh, en fait, il n'est pas totalement achevé, mais il y a déjà de la matière !)

 

Et puisque nous arrivons à l'achèvement de 2014...

Bonne année 2015

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25 décembre 2014 4 25 /12 /décembre /2014 05:40

Du point où le soleil se lève

Jusqu'aux limites de la terre,

Chantons le Christ notre prince

Né de la Vierge Marie.

 

Le bienheureux créateur du monde

Revêt un corps d'esclave ;

Par sa chair il libère toute chair

Afin de ne pas perdre ce qu'il a créé.

 

La grâce du ciel pénètre le sein maternel scellé ;

Le ventre d'une vierge

Porte des mystères

Qu'elle ne connaissait pas.

 

La demeure de son cœur très pur

Devient soudain le temple de Dieu ;

Sans le contact d'aucun homme,

D'une parole elle conçoit son Fils.

 

La Mère met au monde celui que

Gabriel avait annoncé,

Et que, tressaillant dans le sein maternel,

Jean reconnaissait.

 

Il a supporté de coucher sur la paille,

Il n'a pas refusé la crèche ;

Il s'est nourri d'un humble lait,

Lui qui rassasie même les oiseaux.

 

Les chœurs d'en-haut se réjouissent

Et les anges chantent Dieu,

Le pasteur, créateur de tout,

Se montre à des pasteurs.

 

Gloire à toi, Jésus,

Qui es né de la Vierge,

Comme au Père et à l'Esprit bienfaisant

Dans les siècles éternels. Amen.

 

 

Belle et sainte fête

de la

Nativité du Sauveur

 

Note :

Ce petit "poème" correspond aux sept premières strophes (la dernière est un ajout) d'une hymne alphabétique en latin (le "A solis ortus cardine") de  Coelius Sedulius, vers 430.

Ce chant est chanté en latin : ici ou ici

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