1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 07:25

Voila qu'en consultant certains de mes anciens articles sur ce blog, je les trouve infestés de publicités.

La dernière fois que ça m'était arrivé, c'étaient de vilains programmes qui s'étaient logés dans ma machine, sous forme d'extensions, qu'il m'avait fallu retirer à la main.

Mais là… a priori, ce n'est pas ça.

Et puis, je me suis souvenu… on m'avait signalé qu'over-blog, la plate-forme que j'utilise,  venait d'autoriser les publicités…

Il ne me restait alors plus qu'à faire appel à un spécialiste, "une" spécialiste, plutôt : la Grande Cigale (les ados ont parfois des ressources insoupçonnées).

"Ah, oui, des anti-pubs, j'en ai essayé plusieurs, mais je te conseille "Adblock", c'est celui qui marche le mieux".

Je ne sais pas s'il marche "le mieux", mais c'est efficace, et gratuit.

Donc, Adblock Plus : ils ont des systèmes pour tous les "navigateurs" : Firefox, Internet explorer, Chrome, Androïd, Opera, Safari

Par défaut (parce que c'est ce que j'ai) je vous laisse le lien vers la page pour Firefox (mais de là, on peut aller sur les autres) : ça peut servir…

 

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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 07:34

Régulièrement, que ce soit à l'Eglise ou ailleurs, les Béatitudes m'accompagnent, au point que c'est un des tout premiers textes que j'ai préparé pour mon codex.

Comment en serait-il autrement : c'est un résumé des plus drastiques de l'Evangile, un des textes les plus paradoxaux du Nouveau Testament.

N'empêche… j'ai un peu du mal à m'y retrouver, dans les Béatitudes, à m'y reconnaître. Lequel, lesquels suis-je ?

 

Pauvre en esprit, moi qui aime tout de même bien mon petit confort ? Sans rêver de yacht ou de millions, je vis tout de même dans un des pays les plus riches de la planète, et m'en accommode sans doute trop bien. Ni Jean le Miséricordieux ni François d'Assise ne me reconnaîtraient pour un de leurs disciples. Non, décidément, ce n'est pas moi.

 

Affligé ? Il y a belle lurette que l'on ne m'a pas vu pleurer. Sans doute je n'ai pas subi de grands malheurs, mais si je ne pleure pas sur moi, je ne le fais pas non plus avec ceux qui souffrent, et ma sécheresse d'yeux pourrait bien s'apparenter à une sécheresse de cœur, un manque d'empathie. Bref, là non plus, ce n'est pas moi.

 

Serai-je alors parmi les doux ? Sans être véritablement un sanguin, j'admire ceux qui savent reprendre avec douceur, écouter avec longanimité, expliquer avec patience, corriger avec délicatesse. Et admire-t-on ce que l'on fait soi-même ?

 

Affamé et assoiffé de Justice. Ce doit être ça ! Quoique… s'il est vrai que j'ai travaillé dans le social (et même bénévolement), c'est surtout parce que ça s'est présenté comme ça. J'en ai connu, des assoiffés de justice, prêts à battre le pavé chaque fois que nécessaire, à se faire "la voix des sans-voix", à mettre en œuvre des projets concrets pour les maltraités de toutes sortes… Mais moi, non… je ne suis pas de cette race là.

 

Miséricordieux, peut-être ? Sincèrement, j'espère vraiment que Dieu l'est plus que moi… sinon il y a du soucis à se faire !

 

Cœur pur ? Ah, si seulement…

 

Il reste quoi ? Pacificateur ? Si bien souvent je me retiens d'exprimer un avis, une opinion, pour ne pas rajouter de l'huile sur le feu, il y a loin entre ça et apaiser les conflits, les personnes. Non, hélas, là encore, ce n'est pas moi.

 

Alors, persécuté pour la Justice ?  Franchement, non seulement je ne le suis pas, mais en outre ça ne me tente pas du tout ! Si j'admire les martyrs, je suis terrifié par ce qu'ils ont eu à subir, et n'espère qu'une chose : c'est que me soit épargnée cette épreuve.

 

Ainsi, je ne suis nulle part, dans les Béatitudes. Ah, si…en fait, dans la toute première phrase.

Bien sûr, elle n'est pas glorieuse , la place de celui qui s'exprime ainsi. Le tout premier qui l'ait fait était en train d'agoniser sur une croix, condamné à cause de méfaits qu'il ne niait pas.

 

Oui, c'est bien dans ces paroles que nous disons en préambule que, sans aucun doute, je me situe.

 

Dans ton Royaume, souviens-toi de nous, Seigneur.

Bienheureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux est à eux.

Bienheureux les affligés, car ils seront consolés.

Bienheureux les doux, car ils hériteront la terre.

Bienheureux les affamés et assoiffés de justice, car ils seront rassasiés.

Bienheureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.

Bienheureux les coeurs purs, car ils verront Dieu.

Bienheureux les pacificateurs, car ils seront appelés fils de Dieu.

Bienheureux les persécutés pour la justice, car le Royaume des Cieux est à eux.

Bienheureux serez-vous lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera, et qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux.

 

24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 07:47

Lui, c'est Félix, et c'est un gentil. Enfin, plutôt un indifférent. La seule chose qui l'intéresse, Félix, ce sont ses mains : il masse les gens et, disons-le, il soulage de multiples douleurs.

Du coup, il est célèbre, Félix…au moins un peu, il soigne des gens haut placés aux quatre coins de l'Europe, y compris en Allemagne, alors qu'une bande d'énergumènes vient de prendre le pouvoir.

Eux, il ne les aime pas… mais bon, il s'en fiche un peu… il n'est pas allemand. Tout ce qu'il demande, c'est de ne pas avoir affaire à eux.

Et justement, là ça coince : un de ses patients – plus un ami qu'un patient, même, un qui n'a absolument rien à voir avec la bande d'excités au pouvoir – lui demande comme un service personnel, un de ceux qu'on ne sollicite qu'une fois dans une vie, de soigner le sous-chef des méchants. Pas le sous-chef adjoint, pas le sous-fifre intérimaire… non, le vrai N° 2... le Reichsführer-SS Heinrich Himmler en personne.

 

On a beau ne pas se sentir très concerné par ce qui se passe, peut-on en conscience soulager les douleurs d'un type pour qu'il puisse mieux commettre ses méfaits ?

En fait, l'idée de l'ami solliciteur était curieuse : avec un peu de chance, Félix pourrait user de son influence bénéfique sur Himmler.

Lorsqu'on voit le résultat d'une décennie de régime "national-socialiste", sur l'Allemagne d'une part et sur le reste de l'Europe d'autre part, lorsqu'on voit surtout le nombre de décrets signés Himmler condamnant des centaines de milliers, des millions de personnes, à mort, on peut s'interroger sur l'efficacité de la méthode.

Quand on pense à la déportation massive des Juifs, des Tsiganes, des Hollandais… Ah, non… celle des Hollandais n'a pas eu lieu : Félix avait été averti du projet par le secrétaire personnel de Himmler et avait réussi, au cours d'une séance de soins, à lui arracher de reporter cela "après la victoire de l'Allemagne".

Comme aussi il réussit à lui arracher la grâce de dizaines de millier de personnes.

Parce que si Himmler vouait une obéissance et une fidélité sans faille à son "Fuhrer", il ne savait pas refuser ce que "son ami Félix", qui le soulageait si bien de ses douleurs, lui demandait.

Et Félix ne demandait jamais autre chose.

 

Alors, bien sûr, dans un monde en noir et blanc, il n'existerait pas, Félix ; mais dans le monde réel, il s'appelait Félix Kersten.

 

C'est au cours d'une émission radio de Guillaume Gallienne, sur France Inter que j'en ai entendu parler, dernièrement...

 

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20 août 2014 3 20 /08 /août /2014 07:34

 

Par définition (ou presque) un copiste écrit et commet des erreurs.

 

S'il écrit sous la dictée, ce seront surtout des fautes auditives, soit qu'il simplifie phonétiquement des mots ("été" pour "étaient", par exemple) soit – plus problématique – que face à une phrase dont il ne comprend pas le sens, il restructure les syllabes jusqu'à recomposer… quelque chose.

Deux souvenirs me reviennent à ce propos, du temps où j'étais étudiant.

Le premier. Alors que je dictais un rapport de stage à une fort serviable secrétaire (c'était encore l'époque des machines à écrire) elle interrompt ma dictée pour me demander "C'est quoi, un Stycid ?" Le premier moment de flottement passé, je comprends sa question. Je venais de dire "Les pesticides…" et, ignorant tout de l'arsenal des produits phytosanitaires, elle s'apprêtait à écrire, à tout hasard, "L'épais stycid…". Sa question évita le pire.

Ce qui ne fut pas le cas pour un autre étudiant qui vint un jour me solliciter pour quelques précisions sur je ne sais plus quel cours. A vrai dire, ce qu'il en avait retenu était si confus que, saisi d'un doute, je lui demandais de me montrer ses prises de notes. Il me sortit plusieurs feuilles d'une écriture plutôt soignée d'un texte sans queue ni tête, duquel émergeait, parfois, quelques mots en rapport avec le thème du cours.

Ce n'est qu'après avoir lu à haute voix quelques lignes de ce fatras, dont il m'affirmait sans rire que c'était bien ce que le prof avait dit, que je compris enfin qu'il avait effectivement copié intégralement toutes les paroles du prof, agglomérant les sons comme il venaient, réservant à "plus tard" de comprendre ce qu'il avait écrit.

 

Si par contre le copiste suit un modèle placé devant lui, les risques ne seront pas moindres, qu'il soit d'ailleurs scrupuleusement vigilant ou quelque peu fatigué.

Le négligent, ou fatigué, risque d'omettre un morceau de phrase (voire plus) pour peu que, le texte qu'il copie ait – à relativement peu de distance l'un de l'autre – plusieurs fois le même mot important : c'est ce que l'on appelle le "saut du même au même". Il peut aussi, bien sûr, omettre un bout de phrase pour peu qu'il quitte des yeux son modèle pour copier une partie qu'il connaît par cœur… ou presque.

Toutefois, malgré cela, le scrupuleux est plus redoutable encore.

Lui, ce qu'il aime, c'est de rendre un travail impeccable, attitude louable, sans aucun doute, mais…

Soit il va rigoureusement respecter son modèle, quitte à conserver des erreurs pourtant manifestes, soit il va vouloir le corriger, et là… tout est possible.

Trouve-t-il une forme grammaticale un peu rare un peu archaïque, le voilà qui modernise son texte, le modifiant au passage (et bienheureux lorsqu'il n'introduit pas un contresens au passage).

Y a-t-il dans la marge quelques mots ? Le voilà qui soupçonne le copiste précédent d'avoir omis ces mots dans le texte, de s'en être rendu compte à posteriori et de les avoir hâtivement notés en marge. Lui donc, ouvrier appliqué, les inscrit à ce qu'il pense être leur place, intégrant alors dans le texte ce qui n'était qu'une glose.

Se trouve-t-il enfin devant un texte qui lui semble – il en est certain – lacunaire, le voilà qui écrit soigneusement les mots qui manquent… Mots qui existent bien, c'est vrai, mais ailleurs, plus loin, ou dans un autre texte…

 

Et quand on sait qu'un copiste scrupuleux peut aussi être fatigué…

 

C'est pour cela que pour "mon" codex, je multiplie les brouillons. Non seulement pour trouver une mise en page qui convienne, mais encore pour bien me familiariser avec le textes à copier.

J'ai ainsi préparé, pour l'insérer plus loin dans mon codex, le texte des Béatitudes. Choix des couleurs, mise en page, notation musicale inspirée de la psaltique byzantine, jusqu'à obtenir une brouillon "parfait" que je n'aurais plus qu'à recopier proprement le moment venu.

Voire !

L'autre dimanche, comme il n'y avait pas de liturgie, nous prenions en famille un temps pour lire l'Evangile, prier et, comme d'usage, chanter les Béatitudes. En plus du livret habituel, je pris donc mon beau brouillon avec, avouons-le, une certaine satisfaction.

Et là, miséricorde ! c'est catastrophique : j'ai réussi le tour de force – dans un texte aussi court – de faire une omission "du même au même" (il manque "Bienheureux les cœurs purs, car ils verront Dieu") et d'oublier deux mots un peu plus loin (Bienheureux serez-vous lorsqu'on vous outragera, vous persécutera, et dira…). Heureusement que ce n'est qu'un brouillon !

 

Quand je vous dis qu'à cette époque de l'année, je suis épuisé…

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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 07:25

Fichue usure !

Voilà des mois, des années même, que la portière conducteur de la voiture (je veux dire, la vieille voiture, qui a plus de 20 ans et sert surtout à aller chercher du bois) est capricieuse.

D'abord, elle a eu du mal à fermer en hiver, lorsqu'il gelait, puis à s'ouvrir, quelle que soit la saison.

Je l'avais déjà démonté pour insérer, dans le mécanisme, un système de ma fabrication, histoire de compenser le jeu créé par l'usure des pièces mobiles. Effeicace, sans doute… enfin, pour quelques mois seulement. Mais là, il faut se rendre à l'évidence : même la petite claque sur la portière, pour débloquer le mécanisme (et qui au fil du temps ressemble de plus en plus à un coup de poing) n'a plus la moindre efficacité.

Il va falloir envisager de faire les Casses Automobiles pour acheter un autre mécanisme… ou plutôt même, une portière d(occasion.

Alors, sachant cela, pourquoi me suis-je mis, un soir, à démonter de nouveau la garniture de la portière ? Quelle lubie m'a donc poussé à cela, puisque je sais que ce qui est en cause, c'est l'usure des pièces mobiles ? A quoi bon cette bombe de dégrippant et ce pot de graisse mécanique ? Sans doute l'espoir imbécile de repousser de quelques petits jours le moment fatidique…

Stupidement, donc, j'ôte une par une les vis nécessaires, puis envoie du gras sur les ressorts, les jointures, un peu partout, juste pour ne pas me reprocher, plus tard, de n'avoir pas tout tenté.

Et, de fait, voilà que ça se remet à fonctionner : il n'était pas usé, mais grippé. Fortement grippé, il est vrai, mais plus j'envoyais de graisse dans les recoins les plus inaccessibles, plus le mécanisme déclenchait avec légèreté, avec subtilité…

 

En fait, ceci se passait fin janvier, et depuis ce moment, c'est juste un plaisir que d'ouvrir cette portière que j'envisageais alors de jeter à la casse.

 

Au fait, pourquoi parler de cela maintenant ? Allez savoir… peut-être parce que je n'ai pas eu le courage de faire un billet sur les relations humaines, ou la politique internationale…

 

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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 07:23

 

J'ai reçu, il y a quelques jours, un commentaire sur le blog avec la demande suivante:

"Pouvez vous, s'il vous plait, me dire où puis-je trouver une Bible orthodoxe en Français – King James ou autre – pourvu qu'elle soit bien orthodoxe. Merci à l'avance."

 

Quoique la question soit simple, la réponse l'est moins.

En effet, que demande-t-on à une traduction de la Bible ?

Que, basée sur un texte source le plus assuré possible, elle nous restitue dans une langue familière un texte qui nous est peu accessible parce que rédigé en grec ou en hébreu.

Mais ce n'est pas tout : encore faut-il que cette traduction permette au lecteur – fut-ce au moyen de notes de bas de page – de ne pas se laisser aller à des contresens liés au fait de l'écart historique et culturel entre le moment où ce texte a été écrit et celui où il est lu.

 

Sans entrer dans les détails techniques, les traductions orthodoxes de la bible existantes sont basées pour l'Ancien Testament sur la Septante, et pour le Nouveau Testament sur le texte dit "byzantin".

On peut discuter sur les mérites comparés de la Septante et du Texte Massorétique, ou encore entre les éditions critiques du NT et le texte "byzantin", ce n'est pas le propos de ce billet..

Disons au moins que c'est ce type de texte que les Pères ont lu et commenté.

 

Alors, existe-t-il une Bible orthodoxe en français ?

A ma connaissance, non.

Qu'a-t-on qui s'en rapprocherait le plus ?

Pour l'Ancien Testament, on trouvera en librairie les volumes de la Bible d'Alexandrie. Mais, outre qu'il s'agit d'une traduction scientifique et non d'un texte paroissial, cela représente un coût financier non négligeable, et ce n'est en tous cas pas une bible de poche.

Il y a d'autre part, la traduction de Pierre Giguet que j'ai mise en ligne (avec quelques compléments). A vrai dire, et malgré tout le bien que j'en pense (j'ai tout de même passé plusieurs années à la traquer pour la rendre accessible), elle a aussi ses défauts : la langue en est quelque peu ancienne, Giguet était un helléniste classique (traducteur d'Homère) la langue de la septante a nombre de spécificités qui n'ont été étudiées qu'au XXe siècle. Enfin, Giguet – tout bon catholique qu'il fut – ne fréquentait guère les Pères de l'Eglise, et sa traduction est quelque peu pauvre en notes.

Enfin on trouvera, dans les livres liturgiques les traductions des péricopes lues à l'occasion de fêtes et solennités. (Il y a quelques années, un projet de lectionnaire orthodoxe pour l'Ancien Testament, basé sur la Septante et porté par la Société Biblique a failli voir le jour, avant d'être abandonné…).

Pour le Nouveau Testament, la question peut sembler plus simple, puisque toutes les traductions modernes sont réalisées sur le grec. Toutefois l'établissement d'un texte critique a parfois fait disparaître tel bref passage, tel mot qui était passé dans le Texte Byzantin et que tel ou tel père aura commenté…

Sans doute faut-il s'armer de patience, compulser diverses traductions…

 

Mais au fait, est-ce qu'une "Bible orthodoxe" (souhaitable à bien des égards) règlerait tous les problèmes ?

Déjà, lire et comprendre (au sens de "prendre avec" soi) l'Evangile est un chemin de toute une vie, et sans doute une Bible de pèlerin est déjà mieux que rien. Plus que la traduction que l'on a sous les yeux, ce sont les yeux que nous utilisons qui donnent sens à ce que nous lisons. (A ce propos, j'avais aussi écrit un billet sur "comment lire l'Evangile")

Car au fond, la seule traduction orthodoxe qui compte, c'est "comment est-ce que nous traduisons en actes dans la vie réelle les paroles que nous lisons dans la Bible, ou entendons à l'Eglise"…

*

*  *

Quant à la "King James", cette fameuse version anglaise datée de 1611 correspond à ce cahier des charges ?

Disons-le de suite, j'ai une certaine affection pour cette traduction, que j'ai pas mal lue durant mes années d'études. Mais peut-elle être considérée comme un modèle de "traduction orthodoxe" ?

En fait, elle est basée, pour l'Ancien Testament, sur le texte hébreu "massorétique" (qui, pour un certain nombre de passage ne correspond pas au texte de la Septante), et pour le Nouveau Testament, sur le texte d'Erasme (qui ne correspond que partiellement au texte "byzantin"), et a pour caractéristique de ne comporter aucune note d'érudition. Donc il n'y a aucune raison de la prendre comme base ou comme modèle de traduction orthodoxe.

 

8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 07:13

De retour d'une semaine au Royaume-Unis, la grande Cigale a offert à chacun un petit souvenir.

C'est ainsi que je reçus un objet atypique, une sorte de gros carnet.

Carnet ? A vrai dire, à peine l'avais-je entre les mains que je fus frappé par la ressemblance avec certains manuscrits anciens, en particulier ceux de Nag Hammadi.

C'est donc un codex en 5 cahiers de 24 folios de 11 par 15 cm (soit 240 pages), en papier de type artisanal, non ligné, relié de cuir frappé d'un lion.

 

J'ai toujours aimé l'univers de l'écrit (n'ai-je pas, il y a longtemps, entrepris une sorte de parcours de l'écriture, de la tablette d'argile à l'impression à caractères mobiles, en passant par la fabrication du papier, l'écriture au calame et la gravure de tampons d'imprimerie en bois) : c'est donc l'occasion de devenir… copiste.

Simple copiste, donc, et non calligraphe ou enlumineur, il ne faut rien exagérer.

Mais déjà ça, ce n'est pas rien.

Il faut déterminer les réglures, choisir les encres, sélectionner les textes à copier… et faire une multitude d'essais, de brouillons avant de passer à la réalisation finale.

J'ai déjà une petite idée de textes à insérer dans "mon" manuscrit, en diverses langues et alphabets.

Le premier est inspiré de la couverture. Il provient de l'Apocalypse, et donne le ton du recueil, l'idée directrice :

Et

dixit mihi

unus de senioribus

Ne fleveris: ecce vicit

Leo de tribu Iuda,

Radix David

ce qui se traduit

"Et un des Anciens me dit :

ne pleure pas, voici qu'il est vainqueur,

le Lion de la tribu de Juda,

la Racine de David"

A suivre…

 

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4 août 2014 1 04 /08 /août /2014 07:15

Depuis 2008, régulièrement, je place des documents sur internet : livres que je récupère sur d'improbables et inaccessibles bibliothèques numériques, articles que j'extrais de revues aussi anciennes que dignes d'intérêt, voire documents que je compose (compilations de textes jusque là épars, ou créations, comme les calendriers).

Tout ceci constitue la plus grosse part des Documents.

Depuis cette époque, je déposais toutes ces indispensables pages sur deux sites : le convivial Scribd, et le plus technique Archive.

Mais voila… Scribd, sur lequel une inscription gratuite était nécessaire, est en train de devenir payant.

Et, comment dire, je veux bien passer – gratis pro deo – d'innombrables heures à préparer ces documents, mais ce n'est pas pour que les lecteurs soient contraints à payer pour les consulter.

Alors, tant pis. Je ne mettrai plus rien sur Scribd.

De toutes façons, il y a encore Archive (dont les fonctionnalités ont plutôt bien évolué), et il me reste à voir du côté d'autres sites.

 

Mais une question me tracasse (enfin, un peu) : serait-ce le début de la fin de l'internet convivial et participatif, cette immense médiathèque internationale, accessible de tout ordinateur connecté, où l'on peut mettre gratuitement à disposition de tout autre le fruit de ses recherches ?

A moins qu'il ne faille, simplement, envisager de nouvelles stratégies.

 

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31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 07:05

Comme dit précédemment, je travaille actuellement sur des homélies d'un auteur que je vous présenterai bientôt.

Disons seulement, pour l'instant, qu'il fut évêque de Jableh, au Ve siècle et que ses homélies, pour être amples, n'en sont pas pourtant dénuées d'intérêt.

Aussi, ai-je décidé de vous en donner, en avant-première, un aperçu.

 

Vous connaissez tous le passage, dans le livre de la Genèse (chap 3), où le serpent tente Eve. Voici un petit bout de ce que notre auteur en tire (j'abrège un peu).

 

Le diable avait dit : "Le jour où vous mangerez de ce fruit, vos yeux seront ouverts" ; il se trouva qu'il avait dit vrai. …/…

Remarquez bien sa malice. Comment avait-il su que, le fruit une fois mangé, les yeux de nos premiers parents seraient ouverts ? Étaient-ils donc aveugles ? Pourtant l'Écriture, avant qu'ils aient mangé ce fruit fatal, dit : "La femme vit l'arbre." La femme n'était donc pas aveugle. "La femme vit que l'arbre était beau à la vue." Elle voit d'abord, puis elle mange.

Comment donc leurs yeux ont-ils été ouverts ? Soyez attentifs, je vous prie ; là est le point capital de la question. Le diable était un de ceux qui étaient tombés et avaient cherché à dépasser son rang : il savait donc ce qui lui était arrivé après son crime, et ce qui devait conséquemment arriver à ceux qui faisaient ainsi ; car le sort de ceux-là est toujours le même. Aujourd'hui aussi, quand nous péchons, nous le faisons en aveugles, et nous ne voyons ce que nous avons fait que lorsque la faute est commise.

Si l'on demande, par exemple, à l'auteur d'une faute "Pourquoi avez-vous agi de la sorte ?" il mettra la nécessité en avant. En vérité, dira-t-il, je ne voyais pas ce que je faisais. Non pas qu'il fût aveugle ; mais la raison s'obscurcit devant le péché : on est tout entier à ce que l'on fait, et, tout en le faisant, on est aveuglé. Ensuite seulement on voit dans sa conscience l'action qu'on a commise. …/…

Le diable donc étant tombé, — car je ne perds pas de vue mon sujet, — et sachant ce qui s'était passé en lui après la chute, n'oubliait pas qu'alors seulement il avait compris ce qu'il avait fait. Instruit par sa propre expérience, il dit à nos premiers parents : "Si vous mangez de ce fruit, vos yeux seront ouverts" comme les miens l'ont été, pensait-il ; le péché commis, alors je vis ce que j'avais fait, ce que j'avais perdu. "Ensuite ils mangèrent, et leurs yeux furent ouverts, et ils connurent qu'ils étaient nus." Auparavant ils étaient nus aussi, mais ils n'en rougissaient pas. Quand ils se furent dépouillés de l'immortalité, ils perdirent leur ceinture de gloire, et le corps apparaissant dans sa nudité, ne fut plus qu'une masse de terre.

 

27 juillet 2014 7 27 /07 /juillet /2014 07:30

C'est un thème récurrent des émissions scientifiques : existe-t-il de la vie ailleurs que sur "notre" terre, en dehors de "notre" système solaire ?

Et si oui, existe-t-elle sous une forme intelligente, socialement organisée ?

Et enfin, y a-t-il quelqu'espoir de pouvoir – un jour – communiquer avec certains de ses représentants ?

 

Entre la sonde Pioneer et les radiofréquences émises et écoutées à longueur d'année, les diverses agences gouvernementales dépensent temps et argent pour…

Pour quoi, au juste ?

J'écoutais dernièrement – avec intérêt – une de ces émissions, et – comme à chaque fois –m'est venue cette pensée, comme une évidence :

Peu m'importe que la vie existe en dehors de la terre*, la question n'est pas là puisque, déjà, sur terre nous rencontrons la vie sous une variété indénombrable de formes, certaines nous semblant peu intelligentes (bactéries, vers, végétaux…) d'autres se montrant socialement organisées (et là, les exemples abondent, que ce soit parmi les insectes, les oiseaux, les poissons et les mammifères). Bref, tout ce que nos experts chercheurs espèrent un jour découvrir, nous l'avons déjà devant nous, à nos côtés.

Or, quand je vois comment nous, les humains_intelligents_vivant_en_société sur terre traitons les autres êtres vivants de notre planète (exploitation éhontée, destruction des habitats naturels par profit ou négligence, déstructuration du patrimoine génétique, et j'en passe) je n'ai qu'une suggestion à faire aux hypothétiques êtres vivants extra-terrestres :

Pour votre survie et votre sécurité, tenez-vous loin de nous…

Ou, comme on le disait dans un sympathique dessin animé :

Que l'homme t'ignore !

 

Note

J'avais lu, il y a quelque temps, qu'un théologien orthodoxe n'excluait pas cette possibilité, je vois qu'un jésuite fait de même. Au passage, j'en profite pour répondre à une question de l'article cité juste avant : "Si des extraterrestres existaient, faudrait-il les baptiser ?" La réponse me semble bien simple : "pour qu'ils soient baptisés, encore faudrait-il que ces extraterrestres soient humains : on en baptise ni les plantes, ni les chats, ni les canaris… ni les anges".

Published by Albocicade - dans Ecologie - théologie
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