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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 07:34

Il y a quelques temps, je parlais de la prière pour les captifs. Par une curieuse conjonction, je viens (alors que je travaille sur tout autre chose) de croiser le chemin de l'un d'eux, au XVIe siècle.

Hongrois, prisonnier de guerre, il fut – treize années durant – captif, esclave en Turquie, changeant sept fois de propriétaire, affecté aux tâches les plus rudes, les plus viles.

Sa deuxième tentative d'évasion fut la bonne, même s'il lui fallut, pendant des mois, errer à l'aventure, marchant de nuit, se guidant à l'étoile polaire, se nourrissant d'herbes et de racines jusqu'à ce qu'enfin, il se retrouve entouré de chrétiens, à Jérusalem.

De là, il put revenir libre en Europe où il publia divers ouvrages dans lesquels il expose le mode de vie des Turcs, les conditions calamiteuses dans lesquels les captifs sont exploités, maltraités, mais aussi le danger que représentait, pour les nations occidentales, la volonté expansionniste de l'Empire Ottoman.

 

C'est donc à propos d'une lecture atypique d'une formule coranique que je l'ai rencontré, et puisqu'il ne disposait pas d'article dans wikipedia (enfin, si, un petit... en croate !) j'ai – pour lui – créé l'article Bartholomé Djurdjevic (mais on le connaissait sous le nom de Batholomaieus Georgiewitz)

 

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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 07:47

Les jours se succèdent sans répit, s'entrechoquent presque... A peine entamée, une semaine s'achève, remplacée par une autre. Mes diverses activités s'entremêlent...

Quel jour sommes-nous ? Je n'en sais trop rien.

Quoi ? Déjà l'Annonciation ?

Elle est arrivée sans que j'y prenne garde... et au fond, c'est normal : Marie s'attendait-elle à la visite d'un ange, ce jour là ?

Bien sûr que non.

Ce qui n'a pas empêché la rencontre d'avoir lieu, le messager* d'apporter son message, ni Marie de le recevoir.

 

Et moi, que vais-je en retenir ? Peut-être seulement le premier mot de la salutation de l'ange, le "Réjouis-toi" que nous rapporte l'Evangile** et que l'on retrouve repris à l'envi dans les homélies patristiques ou l'hymne acathiste.

Ce "réjouis-toi", je peux le prendre à mon compte, puisque si l'Annonce de l'ange ne m'est pas adressée, elle me concerne.

 

Oui, finalement, ma seule part, c'est de me réjouir de ce que Celle qui ne s'y attendait pas a accepté d'enfanter "le Sauveur de nos âmes".

Alors – même si je travaille en ce jour de fête – prendre le temps de m'arrêter un instant dans le flot de mes activités et me réjouir de ce que cet instant fut "le commencement de notre salut".

 

Notes :

* En grec, le mot Ἄγγελος  (angelos) signifie simplement "messager". Toutefois, lorsque le "messager" en question est un être spirituel envoyé par Dieu, on traduit par... ange.

 

** La salutation juive traditionnelle, "shalom lakh" (שלום לך "paix à toi", cf Jean 20.19) est non pas traduite par Luc, mais restituée avec bonheur par la salutation  grecque usuelle, Χαίρε (kéré) que l'on utilise pour dire "bonjour", mais qui signifie proprement "réjouis-toi !"

 

 

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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 07:02

Non, on n'est pas obligé de se taper dessus, ni même de se faire la tête. Surtout si on est d'accord.

C'est en substance l'idée que défend Ali ben Daoud (ou quel que soit son nom), un chrétien arabe du IXe siècle dans ce qu'on pourrait appeler un "petit traité d'oecuménisme".

 

Dans une société où ils sont tout juste acceptés, les chrétiens trouvent le moyen d'être divisés en une multitude de groupes antagonistes que l'on peut ramener à trois : les Nestoriens, les Melkites et les Jacobites.

Ce qui les divise ? Quelques rites, et surtout la question de savoir comment le Christ est – selon le témoignage des apôtres – à la fois Dieu et humain.

Mais sont-ils réellement en désaccord ? C'est à cette question que le chrétien Ali ibn Daoud (dont on ne sait pas, au juste, s'il était melkite, jacobite ou nestorien) apporte une réponse tout en simplicité et en élégance, sans toutefois rien sacrifier de la nécessaire exigence théologique.

 

C'est en travaillant sur un tout autre sujet* que je suis tombé sur ce petit texte**.

Disons-le tout net, je ne signale pas tous les documents qui me tombent entre les mains ! Mais là...il m'a semblé que ce serait égoïste de le garde par-devers moi.

 

Il s'agit donc du

Livre de l'unanimité de la foi des chrétiens

dans la traduction à peine amendée de G. Troupeau que j'ai placée sur Archive (et si ça ne s'affiche pas correctement, essayez là).

 

Après tout, en ce temps où les chrétiens d'Iraq, de Syrie et d'alentours sont pourchassés et muselés, peut-être n'est-il pas inutile d'écouter l'un d'entre eux...

 

Petites précisions :

* J'espère pouvoir vous livrer le fruit de ce travail bientôt... Pour le moment, j'en suis à collecter des informations en des langues diverses, grâce au concours bienveillant de nombreux correspondants.

** J'ai en effet déniché ce texte en passant par un manuscrit en garshouni et sa traduction russe ! Comme quoi la maison ne recule devant aucun sacrifice...

*** Et bien sûr, le "noun" (ن )en illustration, c'est pour rappeler que ceux qui s'en prennent aux chrétiens ne se posent pas la question de savoir s'ils sont de telle ou telle confession...

**** Et puis, bien sûr, même si ce texte n'est pas d'Abu Qurrah, je l'ai quand même placé dans "sa" catégorie...

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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 07:20

Etape 1. Depuis plusieurs années, un correspondant m'indiquait son impossibilité à accéder au blog de chez lui, alors que de la ville d'à côté, sur l'ordinateur d'un ami, il n'y avait pas de problème. Hélas, sans être aux antipodes, il habite tout de même au bout du monde, et jusque là, je n'avais pas pu formuler d'hypothèse sur cette anomalie.

 

Etape 2. Dernièrement, c'est un autre ami qui s'est plaint du même problème de blog inaccessible. Comme j'avais le bonheur d'être chez lui, je jetai un oeil à son ordinateur, faisant diverses tentatives... et ça fonctionne. Presque par erreur, je dois l'avouer : alors que mon ami utilise uniquement Internet-Explorer, j'ai aussi lancé une requête sur Chrome, et c'est celle-là qui fonctionne.

 

Etape 3. Scrogneugneu ! Voila déjà quelques temps que je ne peux plus me connecter à Archive, ce site où je place les documents que je mets en ligne et signale. Bien sûr, je peux encore y accéder comme visiteur, mais impossible d'accéder à mon compte, et donc de mettre quoi que ce soit en ligne. Pourtant, jusque là, ça fonctionnait fort bien ! Je tente même de créer un autre compte... pas mieux.

En désespoir de cause, et sans trop y croire, je lance une requête non pas avec Firefox, mais avec un autre navigateur... et là encore... ça fonctionne !

J'ai même pu télécharger un traité arabe dont je vous parlerai bientôt.

 

Conclusion. En ce qui concerne l'informatique en général, et internet en particulier, rien n'est jamais définitivement acquis. Aussi, si un site que vous appréciez vous devient subitement et sans raison inaccessible, ou vous semble dysfonctionner, c'est peut-être simplement une incompatibilité subite qui s'est mise en place. Aussi, n'hésitez pas à essayer d'y accéder par un autre navigateur (ce n'est pas ce qui manque)... des fois, c'est juste ça.

 

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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 07:30

Un peu fatigué après le passage de je ne sais quel microbe...

Alors, plutôt que de faire un billet comme à mon habitude, j'ai envie de vous partager une petite musique : "Pinson charmeur sous les charmilles" (pour l'écouter, cliquer ici). C'est juste une petite chose extraite du film "Alexandre le bienheureux" (précisément à la fin de cette scène).

Et si quelqu'un sait où trouver la partition de ce petit bijou (ou si quelqu'un saurait la transcrire... je suis intéressé...)

 

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 07:36

En 2011, j'avais fait un petit billet à propos des détenus, les mettant en lien avec une prière de la Liturgie durant laquelle on supplie "Pour ceux qui sont en mer et dans les airs, les voyageurs, les malades, les prisonniers, pour tous ceux qui peinent..."

Un docte commentateur m'avait alors fait remarquer que cette demande qui emploie le terme "αιχμάλωτος", vise en fait et spécifiquement "le captif, le prisonnier de guerre, l'homme capturé par les barbares, qui se trouve détenu en attendant d'être libéré contre rançon" et non les détenus de droit communs (pour lesquels on emploie l'expression οι εν φυλακαις : "ceux en prisons").

Et le commentateur ajoutait, à propos des captifs rançonnés : "Cette industrie fleurissait dans l'antiquité et semble reprendre aujourd'hui ses activités un peu partout dans le monde."

De fait, aujourd'hui, ce sont par centaines que des chrétiens sont arrêtés injustement (il n'y a hélas, pas que Asia Bibi...), pris en otage (par exemple les 250 assyro-chaldéens), voire vendus comme esclaves (comme les étudiantes kidnappées par Boko Haram)...

Ainsi, cette expression, sorte de vestige archéologique  conservé dans la Liturgie, reprend-elle dramatiquement tout son sens, puisque nous voici – semble-t-il – revenus des siècles en arrière.

A vrai dire, j'avais à peu près oublié ce détail, et ce n'est pas l'actualité qui me l'a rappelé. Non, c'est que j'ai appris, il y a quelques jours, le décès de ce docte commentateur, le hiéromoine Nicolas.

Quoiqu'habitant dans le même département, nous ne nous sommes jamais rencontrés. Mais – bienfaits d'internet – nous avons à différentes reprises échangé sur des thèmes bibliques ou patristiques. Mieux, il avait même rendu visite à un de mes amis pour bénéficier de ses lumières à propos d'une traduction qu'il avait en cours. Et, lorsque cet ami  est mort, le hiéromoine Nicolas avait ajouté – au billet que je lui consacrai - un petit commentaire  tout en profondeur.

Aujourd'hui, c'est donc le Hm Nicolas qui a pris le chemin d'En-Haut : que Dieu lui accorde la mémoire éternelle.

Et quant à nous, lorsque durant les prochaines liturgies, nous prierons "pour les prisonniers", puissions-nous nous souvenir de quels "captifs" il s'agit.

Cela, nous le devrons au "commentateur". Même si, parce que l'Evangile, le Sauveur lui-même, nous y invite, notre prière se porte aussi vers tous ceux qui sont en prison.

 

NB. Petite précision sur l'image qui illustre ce billet : puisque c'est le diacre qui dit cette prière, j'ai choisi un tableau d'Andreï Riaboutchkine  montrant un diacre russe récitant une ecténie. Il tient le bout de son orarion dans la main droite et le lève à la fin de chaque supplication.

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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 07:22

Oui, je sais le titre est curieux, mais il s'explique aisément par la suite.

Dans un récent billet, je citais un orateur musulman affirmant que Mahomet est nommé dans le cantique des cantiques, assimilant le terme hébreu "maḥamadim" au nom de Mahomet, et justifiant la terminaison en "im" comme étant une "marque de respect", ce que je récusais, expliquant que "maḥamadim" est un pluriel (la terminaison "im" est la marque du pluriel masculin et non une "marque de respect comme le prétend abusivement l'orateur).

Suite à ce billet, j'ai eu le plaisir de recevoir cette remarque laconique d'une amie : "la terminaison  "im " est à la fois la marque du masculin pluriel ET la marque du pluriel de majesté, cf ELOHIM".

Certes, Elohim  (Dieu ou dieux) est un pluriel, qui a selon le contexte, une valeur de pluriel ou de singulier ; avec un verbe au singulier, c'est "le vrai Dieu", tandis qu'avec un verbe au pluriel ce sont "les faux dieux" des nations païennes qui ne "respirent pas, ne parlent pas etc". (Et en l'absence de verbe, c'est le contexte qui indique s'il s'agit du "vrai Dieu" ou des "faux dieux"...)
 

Toutefois, ma remarque ne portait pas sur l'existence en hébreu de pluriels à valeur de singulier, ce que je ne conteste pas, mais sur l'assertion qu'en hébreu, l'emploi d'une terminaison du pluriel pour un nom propre indiquerait une marque de respect.

Or, une telle règle n'existe pas, et nulle part, il n'est question dans la Bible de David, de Salomon, d'Abraham ou de Jacob avec un "pluriel de majesté".

Or, pour se réclamer d'une règle, il faut tout de même que cette règle, que cet usage existe.

Enfin, quant à supposer que cette règle existerait, la phrase citée par l'orateur serait, encore, dénuée de sens. Car que pourrait signifier "Sa personne est pleine de Mahomet" ?

 

Fondamentalement, il est tout aussi stupide de chercher Mahomet dans le Cantique des Cantiques  (et malhonnête de prétendre qu'il y soit) que de clamer trouver Astérix et Obélix dans un ouvrage consacré aux textes bibliques originaux, dans lequel on lit* pourtant ce qui suit :

 

"Quod etiam in Hexaplorum voluminibus, Astericis Obelisque notavit, supletis quae deerant ex Hebraeo juxta Theodotionis potissimum Versionem, et quae redudabant, obelisco confosit. De Asteriscorum et Obelorum usu apud veteres grammaticos disputavimus jam supra lib. 2 parte 1, cap 4 §7."

 

Il est question, là de signes diacritiques ("étoiles", "astérisques" de diverses formes et "broches" ou "obèles") dont Origène se servait pour indiquer la source des multiples variantes qu'il insérait dans son édition en six colonnes (les Hexaples)... rien à voir avec un petit gaulois moustachu et son copain un peu bas de poitrine.

 

Notes :

* Ma jolie citation latine est extraite du tome IV du "De bibliorum textibus originalibus, versionibus graecis, et latina vulgata" publié en 1705

** Pour ceux qui veulent fouiller un peu plus, je ne peux que renvoyer aux grammaires hébraïques, par exemple à partir de cette page du site de Didier Fontaine. Une amie bibliste, spécialiste de l'hébreu biblique m'a d'ailleurs confirmé qu'une telle "marque de respect" n'existe pas en hébreu "Sauf si une nouvelle grammaire que je ne connais pas vient de le dire !".

 

 

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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 07:38

En ces temps troublés, je vous entends parler de DAECH et d'Al-Qaïda, pour en dénoncer la barbarie, et je ne peux vous donner tort. Tout comme vous, je suis effaré par les décapitation d'otages filmées et diffusées sur internet, les massacres de populations civiles, les menaces de conversions forcées ou d'expulsions contre les chrétiens ou les yézidis de Syrie, les destructions de monuments anciens, témoins du patrimoine de l'humanité. Oui, tout comme vous, j'en suis bouleversé.

Mais lorsque vous dites que c'est là l'expression ultime de la religion, je ne peux vous suivre.

Le mal est plus profond. Oh, il me serait facile de dire que cette barbarie, c'est l'aboutissement ultime de l'islam, mais serais-je juste en disant cela ? Et surtout, une telle barbarie que vous opposez à la Raison républicaine, est-elle réellement d'essence religieuse ?

Parce qu'enfin, la décapitation fut, en son temps, une spécificité française  - la tête sur le billot, un coup de hache, et le tour était joué ; avant qu'un médecin de bonne volonté n'invente une machine pour faciliter les exécutions et limiter les souffrances des condamnés – et ces décapitations étaient publiques. Et qui nous convaincra – vous et moi – que toutes les victimes de la terreur révolutionnaire méritaient leur sort ?

Massacres de populations civiles parce qu'elles n'adhèrent pas à l'idéologie des nouveaux "maîtres des lieux" ? Mais n'avons-nous pas eu, nous, les massacres de Vendée ?

Conversion forcée ou expulsion... Comme cela me rappelle l'obligation pour le clergé de prêter serment au régime, sous peine de déchéance de la nationalité française, de déportation ou de mort. Sans parler des confiscation de monastères et d'expulsion des moines...

Quant à la destruction du patrimoine... Lorsque j'étais étudiant, deux ans durant, à Charlieu (Loire), j'ai vu comment de nobles défenseurs des Lumières avaient massacrés à coup de marteau les sculptures des tympans des églises de l'abbaye. Des sculptures du XIIe siècle. (Et Charlieu n'est qu'un cas parmi beaucoup d'autres)

Tout ça, bien sûr, au nom d'une "idéologie de paix et de liberté".

 

Alors, bien sûr, les "fous d'Allah" qui bouleversent le monde en ce moment sont religieux ; mais qu'étaient-ils donc, nos vaillants révolutionnaires, exhibeurs de têtes coupées, persécuteurs de chrétiens et destructeurs de patrimoine ?

 

Oh, je sais bien, vous allez me dire que c'était il y a longtemps, que l'humanité a évolué depuis, qu'il faut tenir compte de la rudesse des temps d'alors pour ne pas faire d'anachronisme. Soit.

 

Toutefois, expliquez-moi une chose, une seule.

Après l'assassinat filmé de 21 coptes en Lybie, par des membres de DAESH, l'Elysée a fait, le 15 janvier 2015, un communiqué.

Lorsque ce sont des juifs qui sont visés, cela est – à juste titre – dénoncé. De même, lorsque des actes ont lieu contre les musulmans, cela est précisé, et c'est normal.

Dans la mesure où les coptes représentent environ 10 % de la population égyptienne et que sur les 21 "otages" assassinés ce jour là il n'y a aucun musulman, on est en droit de penser que c'est bien un assassinat de chrétiens qui est perpétré là, d'autant que le porte-parole sur la vidéo l'exprime explicitement.

Alors, pourquoi le communiqué de l'Elysée fait-il seulement mention de "ressortissants égyptiens ?

Pourquoi "escamoter" le fait que ce sont des coptes, des chrétiens qui sont ainsi spécifiquement visés ? N'y aurait-il pas là comme un relent fétide de cette idéologie qui prétend exclure les chrétiens de l'espace public ?

 

Un copte a fait cette icône...

 

NB : Précisons, puisqu'il le faut sans doute, que je ne suis absolument pas nostalgique de je ne sais quel "Ancien Régime" ou d'une quelconque "France fille aînée de l'Eglise", pas plus que je ne cherche à minimiser l'horreur de ce qui est commis en terme de massacres, violences et dictatures par un islam expansionniste. Mais l'Histoire comporte des leçons qu'il convient de ne pas oublier.

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Published by Albocicade - dans Cigale en colère
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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 07:06

Séance à l'ordinateur : des mails en retard, des documents à lire, mettre à jour les remarques sur la relecture du livre...

Soudain, une odeur. Ténue, subtile, mais présente. Je me tourne vers Dame Cigale : "c'est quoi cette odeur ?".

Elle ne sent rien, n'a rien senti.

D'ailleurs, moi non plus, je ne sens plus rien.

Quelques minutes encore, et de nouveau, je sens... comme une note épicée, ou citronnée, je ne sais pas. Serait-ce sur mes mains ? Non.

Viendrait-elle de la cheminée ? Non, s'il m'arrive de brûler des bois qui "sentent", ça n'a rien à voir.

D'ailleurs, elle est fugace, cette odeur.

Je me lève et approche mon nez des deux icônes qui encadrent le bureau. Non, l'odeur ne vient pas de là.

C'est un vrai mystère, d'autant que Dame Cigale m'affirme n'avoir rien mis à brûler.

 

Oh, j'en vois qui ont froncé les sourcils... pourquoi donc ai-je "reniflé" les icônes ?

Ben... pour savoir si l'odeur venait de là, tiens !

Oui, je sais, cela peut paraître curieux, voire aberrant, et pourtant c'est rigoureusement logique : j'ai une icône sculptée de St Seraphim de Sarov, offerte par un ami, qui exhale parfois un parfum  étonnant. Léger, subtil, certes, et pourtant indéniablement présent. Un parfum qui n'a rien à voir avec le bois utilisé (du pin), ni avec l'huile de lin qu'elle a reçu. Un parfum sans aucun doute descriptible... encore faut-il disposer du langage approprié, ce qui n'est pas mon cas.

Alors, certes, je ne sais pas comment cela se produit, mais l'ayant à plusieurs reprises constaté, je sais que "c'est possible"... et c'est pourquoi, logiquement, je me suis demandé si l'odeur que je sentais à mon bureau ne provenait pas de ces autres icônes. Après tout, l'attitude anti-scientifique eut été de ne pas les "renifler" au prétexte que ce n'est pas "possible"...

 

Pendant ce temps, dans la pièce au dessus, la Grande cigale bûchait un devoir de philo sur "raison et religion"...

 

J'ai eu l'explication de cette odeur le lendemain : Dame cigale passe à coté de moi, avec cette même odeur, assez forte. Je la questionne.

"Oui, c'est un mélange d'huiles essentielle que je viens de prendre avec une cuillère de miel..."

"Et hier ?"

"Ah, oui, tu as raison, j'en avais pris aussi..."

 

Bon carême à chacun !

Et si le Royaume de Dieu n'est pas le manger et le boire (Rom 14.17), il n’empêche que ces deux choses font partie de la vie, et comme le carême est un temps "à part" à ce niveau, je rappelle deux pages de ressources :
D'une part chez le Pravoslave irénique, et d'autre part chez le Hiéromoine Cassien.

 

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Published by Albocicade - dans Vie quotidienne
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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 07:12

 

Ils sont nombreux, massés sur les gradins du "palais des congrès", nombreux à être venus écouter l'orateur principal (en l'occurrence le Dr Zakir Naik), de cette journée, de ce congrès des musulmans.

Sa conférence est terminée, c'est maintenant le moment des questions du public.

Un homme se lève pour demander le micro. Christopher, c'est un chrétien.

"La bible dit qu'il faut obéir à Jésus pour avoir la vie éternelle ; le coran dit qu'il faut obéir à Mahomet... est-ce que Jésus s'est trompé ?"

Il l'a préparée, sa question, comme un piège pour coincer l'orateur, ou du moins l'embarrasser, lui faire perdre contenance.

L'orateur l'a écouté et, souriant, lui répond. Non, Jésus – paix soit sur lui – ne s'est pas trompé. Jésus – paix soit sur lui – est un grand prophète, un envoyé de Dieu, comme Mahomet – paix soit sur lui.

Le ton est courtois, la manière avenante. Il poursuit. Non, c'est l'Eglise qui s'est trompée, car Jésus n'a jamais dit qu'il est Dieu. Non, il a dit "Le Père est plus grand que moi" (Jn 14.28), "le Fils ne peut rien faire de lui-même" (Jn 5.19) ... Le débit est rapide, il enchaîne les citations de l'évangile, références à l'appui, comme autant de coups qu'il porte aux certitudes de Christopher, ne lui laissant pas le temps de respirer.

Il poursuit. En fait, ce sont les musulmans qui aiment vraiment Jésus – paix soit sur lui – pas les chrétiens : Jésus – paix soit sur lui – ne mangeait pas de porc, les musulmans non plus ; Jésus – paix soit sur lui – était circoncis, les musulmans aussi... et toujours avec références bibliques à l'appui.

Le public est ravi, enchanté, enthousiaste ; l'ambiance est bon-enfant, sympathique, mais l'orateur enfonce le clou. Si vous pouvez me convaincre par les Ecritures que Jésus – paix soit sur lui – a dit qu'il était Dieu, alors je suis prêt à devenir chrétien. Sinon il vous faut devenir musulman.

Et l'orateur poursuit par l'annonce, par Jésus lui-même – paix soit sur lui –, de la venue d'un "autre consolateur" (Jean 14.16), qui n'est autre que Mahomet – paix soit sur lui. Prudent, il ne s'aventure pas à affirmer que ce texte prédirait le "nom" de Mahomet, mais conteste qu'il désigne le Saint-Esprit. La charge a été vive, fougueuse. L'orateur s'adresse à Christopher : croit-il, maintenant ?

Quoique bien secoué, Christopher répond que non, qu'il ne croit pas que Mahomet soit un prophète. Il tente même de renverser la charge en faisant remarquer que la Bible ne nomme pas Mahomet comme prophète à venir.

Et l'orateur qui n'attendait que ça porte le coup d'estoc. Bien sûr que si, Mahomet – paix soit sur lui – est nommé. Dans le Cantique des cantiques, chapitre 5 verset 16... je vous cite le verset en hébreu... "Hiqo mamtaqim vekoulo mouhamadim..." Vous entendez, "Mouhammad", c'est son nom, la terminaison "im" est une forme pour le respect... c'es traduit par "bien aimé"...

Christopher est livide... il n'a jamais entendu parler de ça, il ne peut accuser l'orateur – toujours affable – de mensonge.

Que compte-t-il faire ? Vérifier.

Veut-il demander à l'Eglise ? Non, il veut juste vérifier.

 

Le triomphe de l'orateur est total, absolu.

Oh, bien sûr, il ne compte pas vraiment que Christopher devienne musulman, à la limite, ce n'est pas cela l'important : il a affermi son public dans la conviction que la bible et le coran sont en parfait accord, et que cet accord, c'est la religion musulmane. Il a démontré que l'on peut – avec aisance et élégance – vaincre les chrétiens avec leur propres textes. Mieux ! Nul, parmi les centaines de personnes présentes – hommes et femmes -  n'aura désormais la curiosité de chercher dans la Bible des réponses à d'éventuelles questions, puisque l'orateur – si érudit qu'il peut citer la bible en hébreu – les renvoie vers le coran.

Et même si Christopher revenait le lendemain pour lui tenir enfin tête (au risque de se faire de nouveau laminer), le mal est fait.

 

Pourtant, la lutte (dans laquelle Christopher s'est jeté tout seul) était inégale puisque l'orateur avait l'avantage du micro et décidait du moment où il donnait la parole à Christopher, ce qu'il faisait quand il l'avait bien entraîné dans un tourbillon de citations, avant de vite reprendre la parole sans lui laisser le temps de retrouver ses esprits.

 

Mais Christopher aurait-il pu répondre ?

Dans ce contexte, c'est peu probable. Mais à vrai dire, à tête reposée, ça ne pose guère de problèmes.

Je ne vais pas en faire l'analyse complète, juste relever trois des points sur lesquels l'orateur a basé sa "démonstration".

- Car, en fait, qu'a démontré l'orateur ? Que Jésus était un homme ? Nul ne le conteste. Mais est-ce là tout ce qu'il y a à dire sur Jésus ?

Jésus a-t-il dit "Je suis Dieu" ? Non, sans doute. Mais lorsqu'il dit "le Fils ne peut rien faire de lui-même", il ajoute immédiatement : "il ne fait que ce qu'il voit faire au Père; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement." (Jn 5.19)

Quel prophète pourrait faire "tout ce que Dieu fait" ?

Mais bien sûr, l'orateur s'est bien gardé de citer le verset complet.

Car s'il est vrai que Jésus dit "Le Père est plus grand que moi", il parle en tant qu'humain. Mais quel humain ressuscite des morts, arrête des tempêtes, donne sa vie pour la reprendre, annonce sa résurrection ? Aussi les Pères de l'Eglise (cette Eglise que l'orateur accuse de s'être trompé) ont-ils longuement médité sur les textes qui montrent l'humanité du Christ en parallèle de ceux qui montrent sa divinité avant d'exprimer au Concile de Chalcédoine la synthèse de cette lecture attentive, paisible, en une formule parlant de la "double nature du Christ", pleinement Dieu et pleinement homme.

 

- Ensuite, il est question de l'annonce de la venue de Mahomet par Jésus. Mais le texte de St Jean ne permet pas de voir dans ce "consolateur" un homme.

En effet, le texte cité par l'orateur ne se limite pas à annoncer la venue d'un Consolateur. Il précise qu'il s'agit de l'Esprit de Vérité, et qu'il demeurera éternellement en eux et aussi que les apôtres le connaissent déjà.

" Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu'il demeure éternellement avec vous, l'Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le voit pas et ne le connaît pas; mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous, et il sera en vous. "

Or, incontestablement, les apôtres ne connaissaient pas Mahomet, qui d'ailleurs ne demeure pas avec, et encore moins "en" ses disciples.

 

- A la toute fin du débat, il y a la prétendue "prophétie" tirée du Cantique des cantiques.

Sa validité est du même tonneau. Le texte dit " Son palais n'est que douceur, et sa personne est pleine de charmes."

Certes, le mot "מַחֲמַדִּ֑ים" ("maḥamadim") ressemble au nom de Mahomet en hébreu (Mouḥamad "מוחמד", on trouve même la graphie "מֻחַמַּד"), mais ce n'est pas l'annonce de qui que ce soit ; c'est juste une assonance. Mieux, si l'on suppose qu'il s'agit d'un nom propre, la phrase n'a alors plus aucun sens ("Sa personne est pleine de Mahomets").

Car "maḥamadim" est un pluriel (la terminaison "im" est la marque du pluriel masculin et non une "marque de respect comme le prétend abusivement l'orateur). Y aurait-il plusieurs "Mahomets" ?

Enfin, "maḥamadim" signifie "charmes", "attraits", "ce qui est plaisant" et non pas "bien aimé" (ça, c'est le mot "dodi", un peu plus loin).

Bref, rien à voir, ni de près ni de loin avec Mahomet, même si cette fantaisie (déjà signalée par Pfander, en 1835) se répand dans les milieux musulmans...

 

NB :

Si j'ai rendu, au mieux que j'ai pu, ce petit débat dont j'ai vu la vidéo sur FB, c'est afin de rendre perceptible la manière dont – avec une érudition de pacotille et un peu de talent – on peut déstabiliser un contradicteur. Je dois avouer que j'étais moi-même perturbé en la regardant, ne parvenant pas à mettre mes idées en ordre sous le feu roulant des références assénées. Juste, je pensais à mon bon Théodore Abu Qurrah, qui était familier de ce genre de débats, et qui y était préparé.

A ce propos, je vous donne un petit extrait tiré du recueil grec du "diacre Jean", en rappelant que le verset dont il est question ci après est : "le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu'il voit faire au Père; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement."

 

*

*  *

Le sarrasin : Le Christ a dit : "le Fils ne peut rien faire de par soi même, s'il ne le voit pas faire par le Père". Comment peut-il donc être Dieu, celui qui – selon vous - ne peut rien faire par lui-même ?

 Théodore : Peux-tu voler dans les airs ?

Le sarrasin : Non

Théodore : Si voyant un aigle voler dans les airs, tu pouvais toi aussi de la même manière t'élever dans les airs et voler comme lui, lequel de vous deux provoquerai plus d'étonnement : toi ou l'aigle ?

Le sarrasin : Moi

Théodore : Par conséquent le Christ est plus surprenant que ton Dieu.

 

*

*  *

Je terminerai en signalant une traduction française à télécharger du "Mizanu'l Haqq" (La Balance de vérité") du pasteur Pfander, un ouvrage de 1835 qui compare christianisme et islam. (Et que je n'ai pas encore lu...)

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