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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 07:38

En ces temps troublés, je vous entends parler de DAECH et d'Al-Qaïda, pour en dénoncer la barbarie, et je ne peux vous donner tort. Tout comme vous, je suis effaré par les décapitation d'otages filmées et diffusées sur internet, les massacres de populations civiles, les menaces de conversions forcées ou d'expulsions contre les chrétiens ou les yézidis de Syrie, les destructions de monuments anciens, témoins du patrimoine de l'humanité. Oui, tout comme vous, j'en suis bouleversé.

Mais lorsque vous dites que c'est là l'expression ultime de la religion, je ne peux vous suivre.

Le mal est plus profond. Oh, il me serait facile de dire que cette barbarie, c'est l'aboutissement ultime de l'islam, mais serais-je juste en disant cela ? Et surtout, une telle barbarie que vous opposez à la Raison républicaine, est-elle réellement d'essence religieuse ?

Parce qu'enfin, la décapitation fut, en son temps, une spécificité française  - la tête sur le billot, un coup de hache, et le tour était joué ; avant qu'un médecin de bonne volonté n'invente une machine pour faciliter les exécutions et limiter les souffrances des condamnés – et ces décapitations étaient publiques. Et qui nous convaincra – vous et moi – que toutes les victimes de la terreur révolutionnaire méritaient leur sort ?

Massacres de populations civiles parce qu'elles n'adhèrent pas à l'idéologie des nouveaux "maîtres des lieux" ? Mais n'avons-nous pas eu, nous, les massacres de Vendée ?

Conversion forcée ou expulsion... Comme cela me rappelle l'obligation pour le clergé de prêter serment au régime, sous peine de déchéance de la nationalité française, de déportation ou de mort. Sans parler des confiscation de monastères et d'expulsion des moines...

Quant à la destruction du patrimoine... Lorsque j'étais étudiant, deux ans durant, à Charlieu (Loire), j'ai vu comment de nobles défenseurs des Lumières avaient massacrés à coup de marteau les sculptures des tympans des églises de l'abbaye. Des sculptures du XIIe siècle. (Et Charlieu n'est qu'un cas parmi beaucoup d'autres)

Tout ça, bien sûr, au nom d'une "idéologie de paix et de liberté".

 

Alors, bien sûr, les "fous d'Allah" qui bouleversent le monde en ce moment sont religieux ; mais qu'étaient-ils donc, nos vaillants révolutionnaires, exhibeurs de têtes coupées, persécuteurs de chrétiens et destructeurs de patrimoine ?

 

Oh, je sais bien, vous allez me dire que c'était il y a longtemps, que l'humanité a évolué depuis, qu'il faut tenir compte de la rudesse des temps d'alors pour ne pas faire d'anachronisme. Soit.

 

Toutefois, expliquez-moi une chose, une seule.

Après l'assassinat filmé de 21 coptes en Lybie, par des membres de DAESH, l'Elysée a fait, le 15 janvier 2015, un communiqué.

Lorsque ce sont des juifs qui sont visés, cela est – à juste titre – dénoncé. De même, lorsque des actes ont lieu contre les musulmans, cela est précisé, et c'est normal.

Dans la mesure où les coptes représentent environ 10 % de la population égyptienne et que sur les 21 "otages" assassinés ce jour là il n'y a aucun musulman, on est en droit de penser que c'est bien un assassinat de chrétiens qui est perpétré là, d'autant que le porte-parole sur la vidéo l'exprime explicitement.

Alors, pourquoi le communiqué de l'Elysée fait-il seulement mention de "ressortissants égyptiens ?

Pourquoi "escamoter" le fait que ce sont des coptes, des chrétiens qui sont ainsi spécifiquement visés ? N'y aurait-il pas là comme un relent fétide de cette idéologie qui prétend exclure les chrétiens de l'espace public ?

 

Un copte a fait cette icône...

 

NB : Précisons, puisqu'il le faut sans doute, que je ne suis absolument pas nostalgique de je ne sais quel "Ancien Régime" ou d'une quelconque "France fille aînée de l'Eglise", pas plus que je ne cherche à minimiser l'horreur de ce qui est commis en terme de massacres, violences et dictatures par un islam expansionniste. Mais l'Histoire comporte des leçons qu'il convient de ne pas oublier.

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 07:06

Séance à l'ordinateur : des mails en retard, des documents à lire, mettre à jour les remarques sur la relecture du livre...

Soudain, une odeur. Ténue, subtile, mais présente. Je me tourne vers Dame Cigale : "c'est quoi cette odeur ?".

Elle ne sent rien, n'a rien senti.

D'ailleurs, moi non plus, je ne sens plus rien.

Quelques minutes encore, et de nouveau, je sens... comme une note épicée, ou citronnée, je ne sais pas. Serait-ce sur mes mains ? Non.

Viendrait-elle de la cheminée ? Non, s'il m'arrive de brûler des bois qui "sentent", ça n'a rien à voir.

D'ailleurs, elle est fugace, cette odeur.

Je me lève et approche mon nez des deux icônes qui encadrent le bureau. Non, l'odeur ne vient pas de là.

C'est un vrai mystère, d'autant que Dame Cigale m'affirme n'avoir rien mis à brûler.

 

Oh, j'en vois qui ont froncé les sourcils... pourquoi donc ai-je "reniflé" les icônes ?

Ben... pour savoir si l'odeur venait de là, tiens !

Oui, je sais, cela peut paraître curieux, voire aberrant, et pourtant c'est rigoureusement logique : j'ai une icône sculptée de St Seraphim de Sarov, offerte par un ami, qui exhale parfois un parfum  étonnant. Léger, subtil, certes, et pourtant indéniablement présent. Un parfum qui n'a rien à voir avec le bois utilisé (du pin), ni avec l'huile de lin qu'elle a reçu. Un parfum sans aucun doute descriptible... encore faut-il disposer du langage approprié, ce qui n'est pas mon cas.

Alors, certes, je ne sais pas comment cela se produit, mais l'ayant à plusieurs reprises constaté, je sais que "c'est possible"... et c'est pourquoi, logiquement, je me suis demandé si l'odeur que je sentais à mon bureau ne provenait pas de ces autres icônes. Après tout, l'attitude anti-scientifique eut été de ne pas les "renifler" au prétexte que ce n'est pas "possible"...

 

Pendant ce temps, dans la pièce au dessus, la Grande cigale bûchait un devoir de philo sur "raison et religion"...

 

J'ai eu l'explication de cette odeur le lendemain : Dame cigale passe à coté de moi, avec cette même odeur, assez forte. Je la questionne.

"Oui, c'est un mélange d'huiles essentielle que je viens de prendre avec une cuillère de miel..."

"Et hier ?"

"Ah, oui, tu as raison, j'en avais pris aussi..."

 

Bon carême à chacun !

Et si le Royaume de Dieu n'est pas le manger et le boire (Rom 14.17), il n’empêche que ces deux choses font partie de la vie, et comme le carême est un temps "à part" à ce niveau, je rappelle deux pages de ressources :
D'une part chez le Pravoslave irénique, et d'autre part chez le Hiéromoine Cassien.

 

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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 07:12

 

Ils sont nombreux, massés sur les gradins du "palais des congrès", nombreux à être venus écouter l'orateur principal (en l'occurrence le Dr Zakir Naik), de cette journée, de ce congrès des musulmans.

Sa conférence est terminée, c'est maintenant le moment des questions du public.

Un homme se lève pour demander le micro. Christopher, c'est un chrétien.

"La bible dit qu'il faut obéir à Jésus pour avoir la vie éternelle ; le coran dit qu'il faut obéir à Mahomet... est-ce que Jésus s'est trompé ?"

Il l'a préparée, sa question, comme un piège pour coincer l'orateur, ou du moins l'embarrasser, lui faire perdre contenance.

L'orateur l'a écouté et, souriant, lui répond. Non, Jésus – paix soit sur lui – ne s'est pas trompé. Jésus – paix soit sur lui – est un grand prophète, un envoyé de Dieu, comme Mahomet – paix soit sur lui.

Le ton est courtois, la manière avenante. Il poursuit. Non, c'est l'Eglise qui s'est trompée, car Jésus n'a jamais dit qu'il est Dieu. Non, il a dit "Le Père est plus grand que moi" (Jn 14.28), "le Fils ne peut rien faire de lui-même" (Jn 5.19) ... Le débit est rapide, il enchaîne les citations de l'évangile, références à l'appui, comme autant de coups qu'il porte aux certitudes de Christopher, ne lui laissant pas le temps de respirer.

Il poursuit. En fait, ce sont les musulmans qui aiment vraiment Jésus – paix soit sur lui – pas les chrétiens : Jésus – paix soit sur lui – ne mangeait pas de porc, les musulmans non plus ; Jésus – paix soit sur lui – était circoncis, les musulmans aussi... et toujours avec références bibliques à l'appui.

Le public est ravi, enchanté, enthousiaste ; l'ambiance est bon-enfant, sympathique, mais l'orateur enfonce le clou. Si vous pouvez me convaincre par les Ecritures que Jésus – paix soit sur lui – a dit qu'il était Dieu, alors je suis prêt à devenir chrétien. Sinon il vous faut devenir musulman.

Et l'orateur poursuit par l'annonce, par Jésus lui-même – paix soit sur lui –, de la venue d'un "autre consolateur" (Jean 14.16), qui n'est autre que Mahomet – paix soit sur lui. Prudent, il ne s'aventure pas à affirmer que ce texte prédirait le "nom" de Mahomet, mais conteste qu'il désigne le Saint-Esprit. La charge a été vive, fougueuse. L'orateur s'adresse à Christopher : croit-il, maintenant ?

Quoique bien secoué, Christopher répond que non, qu'il ne croit pas que Mahomet soit un prophète. Il tente même de renverser la charge en faisant remarquer que la Bible ne nomme pas Mahomet comme prophète à venir.

Et l'orateur qui n'attendait que ça porte le coup d'estoc. Bien sûr que si, Mahomet – paix soit sur lui – est nommé. Dans le Cantique des cantiques, chapitre 5 verset 16... je vous cite le verset en hébreu... "Hiqo mamtaqim vekoulo mouhamadim..." Vous entendez, "Mouhammad", c'est son nom, la terminaison "im" est une forme pour le respect... c'es traduit par "bien aimé"...

Christopher est livide... il n'a jamais entendu parler de ça, il ne peut accuser l'orateur – toujours affable – de mensonge.

Que compte-t-il faire ? Vérifier.

Veut-il demander à l'Eglise ? Non, il veut juste vérifier.

 

Le triomphe de l'orateur est total, absolu.

Oh, bien sûr, il ne compte pas vraiment que Christopher devienne musulman, à la limite, ce n'est pas cela l'important : il a affermi son public dans la conviction que la bible et le coran sont en parfait accord, et que cet accord, c'est la religion musulmane. Il a démontré que l'on peut – avec aisance et élégance – vaincre les chrétiens avec leur propres textes. Mieux ! Nul, parmi les centaines de personnes présentes – hommes et femmes -  n'aura désormais la curiosité de chercher dans la Bible des réponses à d'éventuelles questions, puisque l'orateur – si érudit qu'il peut citer la bible en hébreu – les renvoie vers le coran.

Et même si Christopher revenait le lendemain pour lui tenir enfin tête (au risque de se faire de nouveau laminer), le mal est fait.

 

Pourtant, la lutte (dans laquelle Christopher s'est jeté tout seul) était inégale puisque l'orateur avait l'avantage du micro et décidait du moment où il donnait la parole à Christopher, ce qu'il faisait quand il l'avait bien entraîné dans un tourbillon de citations, avant de vite reprendre la parole sans lui laisser le temps de retrouver ses esprits.

 

Mais Christopher aurait-il pu répondre ?

Dans ce contexte, c'est peu probable. Mais à vrai dire, à tête reposée, ça ne pose guère de problèmes.

Je ne vais pas en faire l'analyse complète, juste relever trois des points sur lesquels l'orateur a basé sa "démonstration".

- Car, en fait, qu'a démontré l'orateur ? Que Jésus était un homme ? Nul ne le conteste. Mais est-ce là tout ce qu'il y a à dire sur Jésus ?

Jésus a-t-il dit "Je suis Dieu" ? Non, sans doute. Mais lorsqu'il dit "le Fils ne peut rien faire de lui-même", il ajoute immédiatement : "il ne fait que ce qu'il voit faire au Père; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement." (Jn 5.19)

Quel prophète pourrait faire "tout ce que Dieu fait" ?

Mais bien sûr, l'orateur s'est bien gardé de citer le verset complet.

Car s'il est vrai que Jésus dit "Le Père est plus grand que moi", il parle en tant qu'humain. Mais quel humain ressuscite des morts, arrête des tempêtes, donne sa vie pour la reprendre, annonce sa résurrection ? Aussi les Pères de l'Eglise (cette Eglise que l'orateur accuse de s'être trompé) ont-ils longuement médité sur les textes qui montrent l'humanité du Christ en parallèle de ceux qui montrent sa divinité avant d'exprimer au Concile de Chalcédoine la synthèse de cette lecture attentive, paisible, en une formule parlant de la "double nature du Christ", pleinement Dieu et pleinement homme.

 

- Ensuite, il est question de l'annonce de la venue de Mahomet par Jésus. Mais le texte de St Jean ne permet pas de voir dans ce "consolateur" un homme.

En effet, le texte cité par l'orateur ne se limite pas à annoncer la venue d'un Consolateur. Il précise qu'il s'agit de l'Esprit de Vérité, et qu'il demeurera éternellement en eux et aussi que les apôtres le connaissent déjà.

" Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu'il demeure éternellement avec vous, l'Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le voit pas et ne le connaît pas; mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous, et il sera en vous. "

Or, incontestablement, les apôtres ne connaissaient pas Mahomet, qui d'ailleurs ne demeure pas avec, et encore moins "en" ses disciples.

 

- A la toute fin du débat, il y a la prétendue "prophétie" tirée du Cantique des cantiques.

Sa validité est du même tonneau. Le texte dit " Son palais n'est que douceur, et sa personne est pleine de charmes."

Certes, le mot "מַחֲמַדִּ֑ים" ("maḥamadim") ressemble au nom de Mahomet en hébreu (Mouḥamad "מוחמד", on trouve même la graphie "מֻחַמַּד"), mais ce n'est pas l'annonce de qui que ce soit ; c'est juste une assonance. Mieux, si l'on suppose qu'il s'agit d'un nom propre, la phrase n'a alors plus aucun sens ("Sa personne est pleine de Mahomets").

Car "maḥamadim" est un pluriel (la terminaison "im" est la marque du pluriel masculin et non une "marque de respect comme le prétend abusivement l'orateur). Y aurait-il plusieurs "Mahomets" ?

Enfin, "maḥamadim" signifie "charmes", "attraits", "ce qui est plaisant" et non pas "bien aimé" (ça, c'est le mot "dodi", un peu plus loin).

Bref, rien à voir, ni de près ni de loin avec Mahomet, même si cette fantaisie (déjà signalée par Pfander, en 1835) se répand dans les milieux musulmans...

 

NB :

Si j'ai rendu, au mieux que j'ai pu, ce petit débat dont j'ai vu la vidéo sur FB, c'est afin de rendre perceptible la manière dont – avec une érudition de pacotille et un peu de talent – on peut déstabiliser un contradicteur. Je dois avouer que j'étais moi-même perturbé en la regardant, ne parvenant pas à mettre mes idées en ordre sous le feu roulant des références assénées. Juste, je pensais à mon bon Théodore Abu Qurrah, qui était familier de ce genre de débats, et qui y était préparé.

A ce propos, je vous donne un petit extrait tiré du recueil grec du "diacre Jean", en rappelant que le verset dont il est question ci après est : "le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu'il voit faire au Père; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement."

 

*

*  *

Le sarrasin : Le Christ a dit : "le Fils ne peut rien faire de par soi même, s'il ne le voit pas faire par le Père". Comment peut-il donc être Dieu, celui qui – selon vous - ne peut rien faire par lui-même ?

 Théodore : Peux-tu voler dans les airs ?

Le sarrasin : Non

Théodore : Si voyant un aigle voler dans les airs, tu pouvais toi aussi de la même manière t'élever dans les airs et voler comme lui, lequel de vous deux provoquerai plus d'étonnement : toi ou l'aigle ?

Le sarrasin : Moi

Théodore : Par conséquent le Christ est plus surprenant que ton Dieu.

 

*

*  *

Je terminerai en signalant une traduction française à télécharger du "Mizanu'l Haqq" (La Balance de vérité") du pasteur Pfander, un ouvrage de 1835 qui compare christianisme et islam. (Et que je n'ai pas encore lu...)

17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 09:20

J'ai quelques jours de vacances, et avec les deux jeunes cigales, nous avons étés invités... (Dame Cigales est invitée aussi, mais comme elle n'a pas de congés en ce moment...)

Si la grande est plutôt casanière, et risque de mettre relativement peu le nez dehors, je vous laisse deviner ce qu'avec la jeune cigale, nous allons faire ...

En indice, un dessin gracieusement offert par Léon, qui poursuit avec acharnement son blog de gribouillages.

Bon, il y a aussi un livre passionnant dont je dois faire la relecture... Il me reste un peu plus de 300 pages... J'espère pouvoir vous annoncer qu'il est en librairie dans quelques mois.

Bref, des vacances sportives et studieuse... en espérant revenir en un seul morceau.

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 07:13

Ça faisait longtemps que rien ne s'était passé, que les choses étaient "normales". Aussi, l'autre matin, en voyant devant le siège passager de la voiture des clefs, une paire de ciseaux et quelques autre incongruités, je me suis demandé ce que mes filles avaient bien fichu avec l'auto. Pas longtemps, d'ailleurs, à peine une seconde ou deux, le temps de voir la colonne de direction à nu, les fils pendouillant... Non, pour sûr, ce n'étaient pas elles.

Oui, mais qui ?

 

C'est alors que ma pensée fit un petit excursus.

Ces derniers temps, je suis allé par curiosité visiter les pages Facebook de quelques athées militants. Leurs propos, qui visent en particulier les chrétiens, peuvent se résumer comme suit :

1. Le fait de croire en Dieu (qu'ils décrivent comme un "ami invisible") montre que les croyants sont totalement incapables d'accéder à un esprit scientifique.

2. Les athées – contrairement aux croyants – n'ont jamais cherché à imposer leur athéisme aux autres.

3. A la différence des croyants, qui ne feraient le bien que poussés par la crainte de l'enfer, les athées sont dotés d'une morale naturelle, ce qui en fait des êtres au final plus recommandables que les croyants.

S'il suffit de connaître un peu l'Histoire pour se rendre compte de l'ineptie et de la fausseté des deux premières propositions*, la troisième retint mon attention.

Les croyants seraient-ils ces êtres vils et dénués de cette moralité qui abonderait dans le coeur des athées ? Et dans ce cas, vers qui devraient se tourner mes soupçons concernant la tentative de vol de ma voiture ?

Seraient-ce les grenouilles de bénitier de la paroisse catholique, qui dévotement viennent s'asseoir, dimanche après dimanche sur les bancs trop froids de l'Eglise ?

Devrais-je au contraire suspecter les austères Réformés, qui se retrouvent pieusement dans leur Temple, à l'autre bout de la rue principale du village ?

A moins, bien sûr, que ce ne soit un coup de la poignée d'Evangéliques qui s'assemblent – encore un peu plus loin – pour chanter des cantiques sur des airs de guitare ?

 

M'ouais... pourquoi ai-je du mal à trouver cette hypothèse convaincante ?

Peut-être parce que j'ai connu d'anciens voleurs qui avaient arrêté leurs méfaits – non par crainte, mais par reconnaissance, et pour conformer leur vie à l'enseignement du Christ – lorsqu'ils sont devenus chrétiens...

Peut-être aussi parce que parmi tous les chrétiens que je connais, il ne viendrait à l'idée d'aucun de "piquer une bagnole"...

Peut-être enfin parce que, selon le mot de Dostoïevski, "si Dieu n'existe pas, tout est permis"**

Que l'on ne se méprenne pas, je ne tomberai pas dans la caricature qui ne verrait dans tout athée que des êtres vils et amoraux : il me suffit de regarder autours de moi , parmi mes amis, pour me convaincre du contraire. D'ailleurs, n'en déplaise aux militants du nihilisme, 2000 ans de christianisme occidental – tout imparfait qu'il ait été – ça laisse des traces.

Mais ceci dit, je ne serai guère surpris – si jamais on met la main sur mes incompétents voleurs de voiture – que l'on se rende compte qu'il s'agissaient de jeunes sans foi ni loi livrés à leur "morale naturelle...

Bon, c'est pas le tout, il va falloir réparer les dégâts maintenant.

 

 

Notes.

* Je dois reconnaître que j'ai été effaré par leur ignorance de l'Histoire, en  particulier ce qui concerne l'athéisme politique et les dictatures politiques qu'il a engendré au XXe siècle, mais aussi concernant le fait que nombre des plus grands scientifiques occidentaux étaient des chrétiens convaincus... Mais après tout, ce refus de l'Histoire ne se trouve-t-il pas déjà dans l'Internationale... "Du passé, faisons table rase..."

** La phrase "Si Dieu n'existe pas, tout est permis" est placée par Dostoïevski dans la bouche d'Ivan dans "Les frère Karamazov".

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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 07:40

Entre les assassinats du 7 janvier (et suivants), les meurtres d'otages dans le "califat" ou le sort peu enviable réservé à un blogueur en Arabie Saoudite, l'islam – ou au moins une certaine expression de l'islam – se fait remarquer pas sa brutalité.

Bien sûr, ce n'est certainement pas là le tout de l'islam, ni sa seule expression possible ; c'en est cependant une bien réelle qu'il serait irresponsable de nier.

Sans doute y a-t-il dans la Bible (en particulier dans l'Ancien Testament) des passages aussi violents que ceux que l'on trouve dans le coran, mais où voit-on, de par le monde, des groupes de terroristes juifs ou chrétiens assassiner au cri de "vengeons Moïse" ou de "Seigneur Jésus, fils de Dieu, Sauveur"* ? Je ne prétends pas que, parfois, ça ne démange pas quelques fanatiques (on trouve des cinglés partout), mais force est de constater que ce n'est pas ce qui encombre l'actualité.

Alors ?

Alors, sans doute y a-t-il dans l'islam quelque chose qui n'est pas encore suffisamment digéré, et qui dégénère en haine et violence**. Et en écrivant cela, je ne pense pas seulement aux persécutions dont peuvent être victimes les chrétiens dans les pays musulmans, j'ai aussi en tête – de manière obsédante – ce que j'ai vu dans une vidéo qui m'a été envoyée dernièrement.

Une femme, manifestement musulmane, qui est interpellée par un groupe d'hommes, sermonnée puis abattue en pleine rue ... tout ça parce que, par dessus sa tenue noire réglementaire, elle avait mis un anorak rouge.

 

Et en France ?

Il y a pas mal de temps, j'avais rendu compte du livre "La mosquée Notre Dame de Paris" dans lequel l'auteur imagine la France de 2048 devenue une sorte de république islamique...

Plus récemment, c'est le livre de Houellebecq***, "Soumission", qui imagine quelque chose d'approchant pour 2022....

 

Notes

* Je suis tétanisé lorsque j'entends ces meurtriers expliquer qu'ils font cela "au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux"

** A ce propos, je ne peux que souscrire à ce que dit l'imam de Brooklyn.

*** Livre qu'à vrai dire, je n'ai pas lu.

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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 07:21

Tous les archéologues vous le diront, un des terrains de fouille les plus prolifiques ce sont les "décharges publiques". Souvent des ravins à quelques distances des villages, où l'on se débarrassait de ce qui était devenu inutilisable, brûlant ce qui pouvait l'être en une sorte de "feu permanent"*, laissant le reste s'accumuler en couches successives que les modernes fouilleurs dégagent au pinceau et décrivent dans de savants mémoires.

 

De nos jours – du moins en France – ce type de décharge à ciel ouvert est devenu interdit... tout doit être trié ou incinéré. Cependant l'étape précédente existe toujours : la poubelle.

Elle est un "témoin" de notre société.

N'y avais-je pas trouvé naguère deux livres absolument neufs... que j'y avais laissé...

 

Cette fois, c'est une icône, ou plutôt une de ces reproductions plastifiées, format carte bancaire que je trouvais en vidant la poubelle.

Une petite carte-icône représentant le Sauveur, portant au dos le texte du Notre Père, ainsi qu'une dédicace peu lisible, au feutre.

Elle avait été offerte... et jetée.

Pour le coup, je l'ai récupéré, nettoyé, et elle est maintenant dans mon poste de travail.

Cette carte-icône, je l'ai tiré de la poubelle, mais le regard peint qui me fixe me renvoie vers Celui qui y est représenté, Lui qui me tire vers le haut...

 

Note

* Le "dépotoir" le plus connu du grand public – qui souvent n'en connaît que le nom – est la "Géhenne".

1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 07:28

Il y a quelques temps, je vous avais parlé de la revue "Mouvement"...

Voila qu'ils proposent un petit sondage en ligne sur la "laïcité à la française".

Pas inintéressant à faire..... bref, je vous invite à aller sur le site de la MJO, pour répondre à quelques questions...

C'est pour le bien commun.

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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 07:59

Quand, en 2005, j'avais entendu parler de ce drame abominable, j'avais été scandalisé, d'autant que la manière dont il fut d'abord présenté "une moniale orthodoxe, morte de faim en Roumanie après avoir été fixée sur une croix au cours d'un exorcisme" était sans nuance. Pourtant, la réalité était plus complexe... et tout aussi désastreuse. (Voir par exemple cet article de Pascal Brukner)

 

Quand, en 2012, j'ai entendu parler du film, c'est plutôt un sentiment de dégoût qui m'avait saisi. Ce que j'en avais entendu pourrait se résumer de la sorte : un renvoi dos à dos du système hérité de Ceausescu d'une part et de l'obscurantiste religion orthodoxe d'autre part, le tout couplé à une belle histoire d'amour (entre une moniale et son amie) contrariée par un christianisme moyenâgeux. (j'ai retrouvé une de ces "critiques" ici)

 

Autant dire que je n'avais guère envie de le voir, ce film.  Et qu'après qu'il m'ait été prêté, le DVD est encore resté quelques semaines à prendre la poussière.

Et puis, finalement, j'ai essayé de le regarder... sans y parvenir vraiment : sans cesse mon attention oscillait entre la recherche de l'histoire authentique derrière le scénario, et l'inquiétude par rapport à cette "détestation de l'Eglise" qu'y avaient vu les critiques.

 

A vrai dire, à défaut d'être rigoureusement historique, le film n'a rien de la charge anti-religieuse que certains ont cru y voir. Et même, le personnage du prêtre n'est pas antipathique.

 

Il n'en reste pas moins que ce film est d'une infinie tristesse, décrivant un immense gâchis : gâchis d'une société en délabrement quinze ans après la Révolution Roumaine, gâchis d'une passion obsessionnelle qui se refuse à laisser l'autre vivre son choix (en l'occurrence le choix d'être moniale), gâchis du mensonge et du non-dit qui brouillent les pistes et empêchent tout discernement, gâchis enfin d'une communauté monastique qui – livrée à elle-même – essaie de faire au mieux... et fait mal.

Ajoutons à cela le ciel gris et bas d'un hiver roumain, et on me pardonnera peut-être de ne pas avoir vraiment aimé, même si le film est sans doute réussi.

 

 

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 07:09

"Goûtez et voyez combien le Seigneur est doux ; heureux l'homme qui espère en lui."*

J'aime beaucoup cette idée de "goûter"...

Goûter, ce n'est pas tout savoir, mais c'est déjà savoir quelque chose. Et le savoir par expérience. Bien sûr, pour goûter, il faut s'approcher : on ne goûte pas à distance, ou à travers une photo.

 

Dieu est infini et nous sommes bornés. En effet, nous ne pouvons pleinement comprendre le Dieu infini, mais il a mis en nous un sens, grâce auquel sa présence devient une joie pour l'âme.
L'Océan est si vaste que nous ne pouvons concevoir son immensité, ni découvrir les trésors qu'il recèle. Mais du bout de la langue nous sentons immédiatement qu'il est salé ! Nous sommes bien loin de connaître tous les mystères de l'Océan, mais nous avons découvert par le moyen du goût une particularité très importante de l'eau de mer
.**

 

Bien sûr, quelqu'un qui ne s'est jamais approché de l'océan n'en sait pas le goût.

Et quelqu'un qui croirait que l'océan n'existe pas, que c'est juste un récit imaginaire rapporté par quelque voyageur en quête de gloriole pourrait tout à fait nier son existence. Et s'il prétendait défendre son idée de l'inexistence de l'océan – fut-il un spécialiste reconnu dans son domaine – par des arguments tirés de la logique ou de son expérience, ça n'empêcherait pas l'océan d'exister, et d'être salé.

Ça n'empêcherait pas non plus ceux qui ont trempé leur langue dans l'océan de savoir qu'il est salé.

 

Alors, bien sûr, je n'ai pas toujours la langue dans de l'eau de mer, et – je dois le reconnaître – je ne vis pas toujours dans l'expérimentation de la proximité et de la douceur de Dieu.

Pourtant, quel pseudo savant pourrait me convaincre que l'océan n'existe pas ? Quel athée serait légitime pour m'affirmer que Dieu n'est pas, ou même qu'il n'est pas bon ?

Il l'ignore ? je ne peux le lui reprocher. Mais son affirmation est dénué de sens, centrée sur sa propre ignorance.

 

Et comme le dit le saint apôtre Jacques : "approchez-vous de lui, il s'approchera de vous..."***

 

notes

* Psaume 33.8 (34.8, dans les bibles protestantes).

** Saddhou Sundar Singh : Religion et Réalité p 29-30

*** St Jacques 4.8

 

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