8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 06:19

Alors que le général Sa'ad ibn Abi Waqqas demandait – lors de l'invasion de la Perse par les armée musulmanes, au VIIe siècle – au calife Omar s'il pouvait distribuer aux musulmans les nombreux livres qu'ils trouvaient dans les villes conquises, il se vit opposer en guise de refus, cette réponse sans appel :

"Jette-les à l'eau ; s'ils renferment ce qui peut guider vers la vérité, nous tenons de Dieu ce qui nous y guide encore mieux ; s'ils renferment des tromperies, nous en serons débarrassés, grâce à Dieu !"

En conséquence de cet ordre, ajoute Ibn Khaldoun*, on jeta les livres à l’eau et dans le feu, et dès lors les sciences des Perses disparurent."

A vrai dire, la même phrase est attribuée au même Omar, pour réclamer la destruction de la bibliothèque d'Alexandrie, en 642.

Quoi qu'il en soit de l'historicité de la citation, dans un contexte ou dans l'autre, il convient de remarquer que ce sont trois auteurs musulmans** (et non des polémiste anti-musulmans) qui rapportent ce propos.

Bien sûr, on ne saurait réduire l'approche de la culture en milieu d'islam à ce propos ! En témoigne par exemple la "Maison de la sagesse" fondée par le calife Al-Mamun***.

N'empêche. Le slogan

"Si c'est en accord avec le coran, c'est inutile

(puisque le coran le dit déjà, et mieux)

Si c'est en désaccord avec le coran, c'est néfaste

Dans tous les cas, autant détruire les livres."

a toujours eu ses adeptes.

Et ce n'est certainement pas maintenant que ça va s'arrêter : après l'incendie de la librairie du P. Sarrouj dont je vous avais parlé il y a deux ans, il y a eu, l'an dernier la destruction de la bibliothèque de Mossoul.

Pourquoi parler de ça maintenant ? Parce que tombant sur un article de 2015... je me suis mis (une fois encore) à la recherche de la citation précise d'Ibn-Khaldoun que je cherchais depuis longtemps... et que j'ai enfin trouvée. (Et puis, pour dire vrai, je n'avais aucun billet de prêt).

 

Notes

* Le propos est rapporté dans les "Prolégomènes" d'ibn-Khaldoun, p 125 de la 3° partie dans la traduction de De Slane, 1863

** Outre Ibn Khaldoun, il s'agit de Ibn al Qifti et de ʿAbd al-Latîf al-Baghdâdî

*** Je dois reconnaître qu'Al-Mamun m'intéresse particulièrement, puisque c'est sous son califat que Théodore Abu Qurrah était évêque...

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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 06:38

Le téléphone sonne. La Grande Cigale m'a signalé que "quelqu'un, mais je n'ai pas compris qui" cherchait à me joindre.

Je décroche. Immédiatement l'homme au bout du fil me tutoie, me demande des nouvelles de ma santé, me parle de Monsieur mon père et de son tracteur... Je crois comprendre que – enfant abandonné – il avait été confié à mes parents par la DDASS il y a de nombreuses décennies, a priori pour les week-end et les vacances.

Soit.

Je lui demande son nom... Non, vraiment, ça ne me rappelle rien.

Il me précise son age. Nous avons une dizaine d'années de différence. Aussi, puisqu'il était ado, j'étais tout minot ; et – au risque de le décevoir – je ne me souviens absolument pas de lui.

Sans doute, il a été "très heureux" chez nous, pas comme dans la famille précédente où il se faisait battre ; sans doute il me nomme mes frère, soeur et parents (mais il a eu Monsieur mon père au téléphone la veille, et c'est lui qui lui donné, entre autres, mon numéro de téléphone) ; rien n'y fait. Je ne doute pas de sa sincérité, mais son histoire m'est étrangère.

Certes, il voulait renouer avec une part lointaine de son passé, mais ce passé (qui fut sans doute celui de mes parents, et peut-être celui de mes frère et soeur) n'est pas le mien.

Aussi, je l'ai longuement écouté sans me sentir vraiment concerné.

Sans doute une déception pour lui.

Dommage.

NB :

En photo, le fameux tracteur et son propriétaire, à l'époque.

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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 06:17

Oui, encore un mois de passé.

Il y a quelques années, j'étais tombé sur le "Grand calendrier et compost* des bergers", édition de ... 1529.

 

Et que disait** ce "calendrier" à propos du mois écoulé ?

Je me fais appeler Janvier

Le plus froid de toute l'année.

Et je peux bien me vanter

Que ma saison fut approuvée,

Puisque la foi y fut ordonnée.

Car c'est en mon temps fut circoncis

Jésus, et aussi fut montrée

Aux trois rois l'étoile de prix.

 

Bon, pour ce qui est du mois le plus froid de l'année, il a été plus que doux, ce Janvier.

Et que nous réserve le mois qui s'ouvre ?

Je suis Février le très hardi.

Mois durant lequel la Vierge royale

Alla au Temple des Juifs

Faire l'offrande très spéciale

De Jésus-Christ, lumière très royale

Le plaçant dans les bras de Syméon.

Prions sa Majesté royale

qu'elle protège le nom de la France

 

Bon, on verra bien ce que nous réserve ce mois dont on dit qu'il est "le plus court, mais pas le plus courtois".

Et, de toutes façons, bonne fête de la Présentation du Christ au Temple !

 

Notes :

* Compost : comput

** Bon, j'ai sévèrement modernisé la langue

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27 janvier 2016 3 27 /01 /janvier /2016 06:29

Allez, l'année est entamée, il est temps de faire un petit point sur les Documents.

A vrai dire, je n'ai pas mis grand chose en ligne, juste un curieux texte, fort connu en occident durant des siècles et qui raconte l'histoire des douze apôtres. C'est ce document que j'ai recomposé (en pdf image seulement, désolé)

"Histoire du combat des apôtres" par Abdias, premier évêque de Babylone : Vies et martyres des apôtres Pierre, Paul, André, Jacques le Majeur, Jean, Jacques le Mineur, Simon, Jude, Matthieu, Barthélémy, Thomas et Philippe ; avec en outre une notice sur le Pseudo-Abdias. Sur Archive.

*

*  *

Quelques documents mis en ligne par le tertullianiste britannique Ian Balfour. Ces documents présentent une particularité : Balfour y a introduit une traduction partielle en anglais, pour son usage personnel.

Ecrits de Tertullien :

Traité de la prescription contre les hérétiques (1957)

Le premier livre "Ad Nationes" (1968)

Traité du Baptême (1952)

Bien sûr, ces traités se trouvent aussi en traduction française (plus ancienne, il est vrai) sur le "Tertullian project".

Etudes

La Catéchèse aux Premier Siècles (1968) (Daniélou)

Le Christ et l'Ancien Testament chez Tertullien (1972) (van der Geest)

L'évolution religieuse de Tertullien (1923) (Guilloux)

L'excommunication ecclésiastique d’après les écrits de Tertullien (1935) (Chartier)

 

A partir de la page de Balfour, on a aussi accès à d'autres livres... en allemand (mais aussi avec trad. anglaise)

*

*  *

En passant, je signale Le livre de Jonas, hébreu-français interlinéaire sur "la Bible.net"

*

*  *

Enfin, revenons à la série des ouvrages Christian-Muslim Relations; A Bibliographical History. (ouvrages de référence s'il en est).

 

J'avais, dans un précédent billet, signalé les tomes 1, 3 et 4.

J'ai enfin réussi à mettre la main sur d'autres volumes Donc :

Volume 1 (600-900) sur Bookfi

volume 2 (900 – 1050) sur BooksGoogle en version à consulter (et incomplète, mais c'est déjà ça. Mais si quelqu'un repère le vol 2, je suis intérressé).

Volume 3 (1050-1200) sur Bookfi

Volume 4 (1200-1350) sur Scribd

Volume 5 (1350 – 1500) sur Bookzz

Volume 6 (1500-1600, western Europe) sur Bookzz

 

 

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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 06:39

Tous les ans, à cette période de janvier, a lieu la "Semaine de prière pour l'unité des chrétiens", avec ses rencontres plus ou moins informelles. Cette année, une soirée a été consacrée au film "L'île" de Pavel Lounguine, projeté à la salle des fêtes du village*.

"L'île", un film qu'à vrai dire j'aime beaucoup et que – la part étant faite du tragique de l'histoire – je trouve jubilatoire.

Pourtant, lors de cette projection, ce qui me frappe, c'est le silence qui plane. Un silence épais.

Après l'extinction du projecteur, l'explication arrive : si pour certains ce silence était l'expression d'un effort d'attention soutenue, pour d'autres, il correspondait à une forme d'incompréhension profonde... voire même de rejet.

Une personne, en effet, reconnaît qu'elle n'a pas du tout aimé le film, le personnage du P. Anatoly lui étant profondément antipathique, un être mentalement dérangé qui devrait voir un psy et qui fait plus de tort que de bien à ses visiteurs...

Ceux à l'attention soutenue – pour la plupart des catholiques, mais pas seulement – étaient déjà un peu familiarisés avec l'Eglise orthodoxe, ses pratiques, ses prières, ses fols-en-christ... et il leur fallait rassembler leurs connaissances pour arriver à suivre les tenants et aboutissants de l'histoire.

Enfin, il y avait les autres, généralement protestants, totalement déroutés par cet univers dont ils ne maîtrisent à peu près aucun des codes. Ou plutôt – et c'est encore plus difficile – ils ont une sorte de méfiance instinctive contre moines et monastères, icônes et grandes liturgies... Le seul point qui leur soit positivement familier, c'est l'usage de la Bible : beaucoup ont remarqué que le P. Anatoly cite les psaumes à de nombreuses reprises... mais c'est tout de même insuffisant pour se sentir spontanément à l'aise.

En fait, il faut le reconnaître, "L'île" est – de manière admirable – une illustration de l'imaginaire orthodoxe russe, et mille détails, dénués de sens pour le profane, sont autant d'allusions à des récits, des événements, des personnages connus et authentiques. De son côté, l'imaginaire protestant, peuplé de colporteurs de bibles, de pasteurs missionnaires, d'austères théologiens et d'assemblées "du désert" ne trouve guère à s'accorder avec les tourments du P. Anatoly qui (pour reprendre le mot de Bernanos)  "donnait à pleine mains cette paix dont il était vide".

 

Mais, au fond, n'est-ce pas cela, le but de ces rencontre oecuméniques ? Découvrir l'autre non pas comme identique à soi, mais bel et bien différent. Puis, se heurter à ces différences... et cheminer... avec le Christ.

 

Notes :

* Et je ne suis absolument pour rien dans cette programmation, dont je n'ai été informé que peu de jours avant.

 

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19 janvier 2016 2 19 /01 /janvier /2016 06:31

Nous connaissons tous ces histoires de lettres égarées au fond de quelque improbable Centre de Tri Postal, et qui ne parviennent que plusieurs années (ou décennies) plus tard à leur destinataire... lorsque celui-ci vit encore à a même adresse.

Heureusement, cela ne risque plus d'arriver avec les nouvelles technologies de communication, je veux dire SMS et MMS.

Quoique...

L'autre jour, j'envoie une question aux deux jeunes cigales par SMS groupé. L'une me répond, l'autre pas.

Quelques heures plus tard, alors que nous sommes ensemble, mon téléphone vibre : un message de la jeune cigale ; sa réponse. Je pense à une blague de sa part, mais son air d'évidente sincérité me trouble : elle affirme avoir répondu immédiatement, grosso-modo en même temps que sa soeur. Le message aurait donc mis plusieurs heures avant de me parvenir.

Pire ! Peu après, Dame Cigale reçoit un SMS d'une amie lui signalant un décès. Or ce décès remontait à plus de deux mois, deux mois durant lesquels a erré, s'est égaré en quelque méandre numérique avant de finalement arriver à sa destinataire.

Et contrairement aux lettres d'antan qui étaient datées et tamponnées au moment de l'expédition, le message numérique arrive avec ses dates et heures de réception...

Autant dire que ce n'est pas encore tout à fait au point !

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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 06:37

Quoiqu'il ne fasse guère froid, j'ai sorti mon bonnet. Un bête bonnet noir, sans grâces ni fioritures, juste parce que le matin, quand même, on aurait facilement les oreilles qui frisent.

Mais je me demande... n'est-ce pas risqué ?

Que je croise quelque cinglé, aussi échauffé que bigleux, ne pourrait-il pas prendre mon bonnet pour une kippa et m'assener force coups de machette, simplement pour m'apprendre à vivre ?

Parce que – faut bien l'avouer – physiquement, je ressemble furieusement à un juif : deux oreilles, deux yeux, un nez, une bouche... on pourrait s'y méprendre.

Et, on l'a vu dernièrement, être juif, cela peut suffire pour se faire agresser, en France.

Faut-il, comme le suggère le président du Consistoire de Marseille, que les juifs fassent profil bas, se rendent invisibles dans la cité, adoptent un code vestimentaire inspiré par la crainte ?

Personnellement, je ne le pense pas : la France est un pays de droit, dans lequel rien n'interdit à un juif de porter une kippa, ou à un moine de déambuler en soutane dans la rue et il est hors de question de laisser des fanatiques de la haine s'ériger en maître des lois et usages en France.

Alors, pour le moment, je garde mon bonnet sur la tête.

Et si un jour – par solidarité – il faut mettre une kippa, je le ferai... d'autant que j'en ai déjà une.

 

PS :

J'avais déjà rédigé ce billet lorsque j'ai appris qu'un appel avait été lancé (entre autre par un prof de NT de Louvain) invitant les chrétiens à mettre une kippa, demain, samedi 16 janvier. Alors, bon, ça risque d'être compliqué au travail, mais je vais voir comment je peux le faire.

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 06:03

Arrivés à l'Eglise. J'entre et, après les bienfaisantes métanies devant l'icône du Sauveur, je me dirige vers le sanctuaire, accès de gauche (porte Nord).

Là, ayant pris le sticharion qui m'attend accroché à son cintre, je le plie et le présente – croix dessus – au prêtre qui le bénit.

Ensuite, mais ensuite seulement, je m'en revêt.

"Encore tout ce décorum !" m'avait dit, un jour, un ami pasteur.

Non. Pas décorum.

Comme tout élément liturgique, il a un sens, une signification.

Et le porter n'a, en soi, rien d'enviable : ce n'est en aucun cas une marque de dignité... au contraire.

Dans l'Evangile*, Jésus explique que le Royaume des cieux est comparable à un roi qui, célébrant les noces de son fils, envoya ses serviteurs pour appeler à la noce les invités. Or, aucun de ceux-ci ne daigna venir. Le roi envoya de nouveau ses serviteurs aux invités, disant "Voilà : le festin est prêt : venez au repas de noce." Mais ceux-ci n'en tenant aucun compte s'en allèrent, l'un à son champ, l'autre à son commerce ; certains même saisissant les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent. Le roi, en colère, envoya ses troupes pour faire périr les meurtriers et brûler leur ville.

Puis, il dit à ses serviteurs : "Le repas de noce est prêt, mais les invités n'en étaient pas dignes. Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous rencontrerez, invitez-les au repas de noce." Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu'ils rencontrèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives.

Le roi entrant, dans la salle de noce pour voir les convives, y vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce,et lui dit : "Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ?" Mais l'autre garda le silence. Alors le roi dit aux serviteurs : "Jetez-le, pieds et poings liés, dehors dans les ténèbres ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents."

 

Ainsi, quand je porte ce sticharion, je sais que je suis à cette place alors que rien de ce que j'ai pu faire ne m'en donne le droit : je ne suis qu'un de ces vagabonds, de ces va-nu-pieds ramassé au bord du chemin parce que les premiers invités n'ont pas daigné venir. Une sorte de deuxième choix.

Et même là, ce n'est pas moi qui choisis ma vêture : je dois la recevoir du prêtre, comme l'invité du festin doit la recevoir d'un serviteur pour entrer légitimement dans la salle de noce.

Ainsi, aucun décorum dans cette tenue d'apparat... juste un vêtement qui me rappelle que si je suis là, à préparer l'encensoir dans le sanctuaire, c'est par pure grâce, malgré mon indignité.

 

Note :

Matthieu 22,1-14

 

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6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 06:22

 

Il y a un an avaient lieu les "attentats contre Charlie Hebdo" : deux mercenaires du jihad qui canardaient l'équipe de rédaction d'un journal aussi grossier que moribond afin de venger le fondateur de l'islam.

Le choc émotionnel avait été immense, ce n'étaient pas seulement une équipe de rédaction qui avait été attaquée, c'était la "Liberté d'expression" qui avait été frappée.

 

J'avais alors réagi, comme j'avais pu, dans l'émotion moi aussi.

Pour dire que, non, décidément, je n'aimais pas cette revue, mais que tuer n'est pas une réponse.

Et que, à cause de cela, je me joindrais au rassemblement prévu dans le village, "parce qu'on est comme ça, nous les "bigots", les "culs-bénits", les "religieux", ceux que l'équipe de Charlie méprisait avec tant de morgue : on est avec eux ; on est ensemble, avec eux."

et j'ajoutais :

"J'espère que - si le journal reparaît - ceux qui prendront la suite sauront s'en souvenir."

Naïf que j'étais.

C'était sans compter sans la haine profonde, viscérale, qui anime ces intégristes de l'athéisme d'Etat qui se parent des doux termes de "laïcité" et de "liberté d'expression" pour vomir leur bile sur tout croyant.

Voila qu'un an après paraît le numéro anniversaire, avec en couverture "L'assassin court toujours".

Pourtant, les assassins sont morts dans l'assaut de l'imprimerie où ils s'étaient retranchés.

De quel assassin s'agit-il alors ?

Quel est donc ce vieillard barbu, sandale au pieds et kalachnikov en bandoulière qui fuit, les mains et la tunique tachées de sang ?

C'est Dieu.

Mais l'image va plus loin : rien dans cette image n'évoque l'islam dont se réclamaient les deux porte-flingues. Non, ce qui est représenté en Une de ce numéro spécial, c'est le Dieu du christianisme, puisque sa tête s'orne d'une sorte d'auréole triangulaire, symbole de la Trinité, représentation classique dans l'Eglise catholique encore au siècle dernier (et régulièrement dans les dessins du journal en question).

Bref, c'est bien les chrétiens (ou leur Dieu, mais les chrétiens sont ses complices) qui sont rendus responsables des attentats de janvier dernier.

Lamentable. Comme toujours.

Aussi, tant qu'à faire de regarder des dessins faits sans talents, je suis retourné jeter un coup d'oeil sur la série des "Gribouillages de Léon"... au moins, il y a plus à penser.

 

Et dimanche, j'irais à l'Eglise, pour fêter la Théophanie.

Dans ce monde de mensonges et de brutalités, Dieu se manifeste comme Trinité, au Jourdain.

Pas pour exhaler haine ou meurtre, mais pour nous dire qu'il a envoyé son Fils bien aimé afin que nous l'écoutions.

 

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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 06:35

Parmi les innombrables cadeaux reçus à Noël, j'ai trouvé – bien empaqueté – un album de bande dessinée, le plus récent opus des "Tuniques bleues", le tome 59, intitulé "Les quatre évangélistes".

Il reprend, en l'adaptant à la thématique de la série, une anecdote curieuse de la guerre de sécession.

En ces temps troublés, un pasteur épiscopalien, William Pendleton,  sert dans l'armée sudiste comme chef d'artillerie. Jusque là, rien que de très (trop ?) commun.

Plus curieux, le digne homme d'église reconverti artilleur en chef  donna à ses quatre canons les noms des Evangélistes, faisant tour à tour parler Mathieu, Marc, Luc ou Jean, et semer la mort dans les rangs Unionistes.

Et franchement, cela me laisse rêveur... ou plutôt cauchemardeux.

 

Bon, à la base, je ne suis pas spécialement un acharné du conflit armé. Mais que l'on aille affubler des canons du nom des Evangélistes ! C'est comme si on étiquetait St Seraphim de Sarov "protecteur de la force de frappe nucléaire russe" ! Quoique ça aussi, ça a déjà été fait !

 

Alors, en ce début d'année,

Que Dieu ait pitié de tous

car tous nous sommes en péril !

 

ou pour le dire autrement

" Bon an, mal an, Dieu soit céans ! "

 

NB :

L'histoire de Pendleton est authentique, et pour ceux qui ne connaissent pas "Les tuniques bleues", il est possible d'y jeter un oeil ici.

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