29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 07:11

Cela peut sembler une évidence, mais traduire, c'est avant tout comprendre de quoi parle un auteur, ce qu'il a voulu dire, et le restituer au mieux dans une autre langue.

Pour cela, l'emploi de vocabulaire, de grammaire n'est rien d'autre que l'usage d'outils.

Outils indispensable, bien sûr ; rigoureusement incontournables, évidemment ; mais outils insuffisants.

Ainsi, lorsque je travaillais sur "Samon de Gaza", M. le Professeur m'avait envoyé un premier jet de sa traduction : un texte bien construit, grammaticalement irréprochable sans doute, mais qui me laissait en divers endroits avec une sorte d'insatisfaction.

Aussi, lorsque je l'eus au téléphone, je le questionnais un peu.

Ça donnait quelque chose comme ça :

- Lorsque vous écrivez "vous partagez petit à petit un pain fait de farine…", est-ce que ça ne pourrait pas se traduire "vous partagez en petits morceaux un pain…" ?

- Si, effectivement, pourquoi cela ?

Je lui expliquai alors, brièvement, la préparation de saints dons, pour la communion.

- Ah, alors oui, bien sûr, dans ce contexte, c'est "en petits morceaux…"

Parce que, voilà, M. le professeur est catholique, et n'ayant aucune idée des usages liturgiques des "grecs", il n'avait rien qui l'aurait amené à choisir un terme plutôt qu'un autre. D'où, bien sûr, l'intérêt de notre collaboration.

 

Je repensais à cela, l'autre soir, lorsque nous abordions en petit groupe le prologue de l'Evangile de St Jean.

Ἐν ἀρχῇ ἦν ὁ Λόγος, καὶ ὁ Λόγος ἦν πρὸς τὸν Θεόν, καὶ Θεὸς ἦν ὁ Λόγος. Οὗτος ἦν ἐν ἀρχῇ πρὸς τὸν Θεόν. πάντα δι’ αὐτοῦ ἐγένετο, καὶ χωρὶς αὐτοῦ ἐγένετο οὐδὲ ἕν ὃ γέγονεν…

Que l'on traduit généralement de la manière suivante

Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans elle…

(Même si, pour conserver le masculin de Logos (Λόγος), je préfère traduire "le Verbe")

Un texte plein de nuances, de difficultés, aussi.

Ce qui se manifesta en particulier, lorsque la discussion porta sur

"καὶ Θεὸς ἦν ὁ Λόγος."

Si l'on avait trouvé ces quelques mots sur un fragment de papyrus isolé, ou sur quelqu'ostracon, sans pouvoir rattacher ce fragment à un contexte, on aurait été bien en peine de choisir entre

"Et le Verbe était un dieu".

ou

"Et le Verbe était Dieu".

En effet, la grammaire n'offre aucun moyen de choisir*.

Cependant, il ne s'agit pas d'un fragment isolé, et le contexte ne permet absolument pas de considérer que l'auteur de l'Evangile de Jean était un païen croyant à une multitude de divinités.

Ce qui proscrit rigoureusement la traduction "Et le Verbe était un dieu".

 

Certain, multipliant les subtilités, voudrait traduire de manière qualitative "et dieu était le Logos". J'ai un peu de mal à comprendre l'intérêt de cette formulation (pas d'article indéfini, mais pas de majuscule non plus).

Est-ce une manière de dire que le Logos est "divin" ? Comme on parlait naguère du "divin Mozart" ?

Est-ce une manière de dire que le Logos est Dieu, mais pas vraiment ?  Mais qu'est-ce qu'être "Dieu mais pas vraiment".

N'est-ce pas plutôt une manière de se préparer une porte de sortie ? Puisque l'auteur – que par ailleurs j'apprécie – ne se cache pas de ne pas croire que Dieu soit Trinité.

Comme les bons pasteurs libéraux qui avaient traduit, dans la Bible du Centenaire "le Verbe était un être divin".

Comme aussi les Témoins de Jehovah, ces modernes ariens, qui dans leur traduction donnent "et la Parole était un dieu" (et qui dans leur enseignement affirme que le Logos est une créature. Suréminente, certes, mais créature quand même).

 

Pour être honnête, je ne suis pas – et de très loin – un spécialiste du grec, qu'il soit biblique ou autre. Mais j'avais, il y a des années, posé la question à un ami très proche – et qui lui était un spécialiste reconnu – et ce qu'il m'avait dit était en substance :  "A moins de considérer Jean comme un polythéiste, il n'y a guère d'autre possibilité que de traduire comme on le fait habituellement, "Le verbe était Dieu".

 

Bien sûr, le langage des apôtres est encore un balbutiement : ils ont à dire l'impensable, l'inimaginable, et n'ont pas à leur disposition de modèle de pensée dans lequel ils pourraient s'insérer pour raconter ce dont ils ont été témoins.

Alors ils parlent de Jésus en disant  "le Seigneur", en l'appelant "Fils de Dieu", parce que – ils le savent – Jésus, c'est "Dieu avec nous"…

 

Et le Verbe était Dieu…

 

Petites notes explicatives.

* Certains ont prétendu que, dans cette phrase, l'absence de l'article défini [ὁ] devant [Θεὸς] équivalait à devoir choisir l'article indéfini "un". Ceci est faux dans la mesure où l'attribut ne prend jamais l'article.

Il existe, il est vrai, une forme où les deux termes reçoivent l'article, mais il s'agit alors d'une forme d'insistance lourde qui imposerait de traduire deux fois la phrase en français, en inversant les fonctions sujet-attribut dans la seconde phrase.

Par ailleurs (mais ça n'a strictement rien à voir avec le cas qui nous occupe), le mot Θεὸς (Dieu)peut, selon le cas, être considéré comme un nom commun ou comme un nom propre. En tant que nom commun, la présence ou non de l'article défini indique s'il faut un article défini ou indéfini en français. Mais en tant que nom propre, il peut avoir ou non l'article défini sans que cela change quoi que ce soit, comme pour tout nom propre : Παῦλος n'est pas moins "Paul" que ὁ Παῦλος.

25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 07:44

"Pierre, Terre... Divine Lumière", c'est le nom d'une exposition qui dure jusqu'au 10 janvier 2015, et qui a commencé il y a déjà un mois.

Ça a beau ne pas être très loin, je n'ai pas encore eu le temps de m'y rendre.

Mais faut-il vraiment que j'attende d'y être allé pour la signaler ? Sans doute non : je connais plusieurs de ces mosaïques, splendides !

Et puis, il n'y a pas seulement à voir ; il y a aussi à entendre.

Ce sera le Jeudi 13 Novembre à 20h

Conférence de Bertrand VERGELY

"Retour à l'Emerveillement"

Alors, si le cœur vous en dit, n'hésitez pas !

On trouvera les renseignements sur le site de Mosaiciel.

 

 

 

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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 07:44

Comme Sieur mon père me l'a répété de fort nombreuses fois,

"il faut toujours chercher les choses là où elles sont".

Certes, cet aphorisme frappé au coin du bon sens a valeur universelle, et je ne peux que l'approuver sans réserve.

A ceci près qu'encore faut-il savoir "où" sont les choses.

Ainsi, depuis plus de dix ans que je suis dans mon village, je m'évertue chaque année, à la saison des feuilles chancelantes à partir à la cueillette aux champignons.

Et chaque années, je me contente d'une bien maigre pitance : une petite poêlée – certes savoureuse – à se partager à trois (la jeune cigale ne s'adonnant pas à la dégustation mycologique).

Il faut dire que, comme partout, les coins à champignons, "ça ne se dit pas".

Ou si : on m'en a indiqué, à 15 ou 20 kms… sympa.

Sauf que cette année, un de mes interlocuteurs d'un instant m'a vanté son abondante récolte avec tant d'enthousiasme que lorsque j'ai laissé échapper – tel un long cri plaintif – "mais je ne connais pas de bon coins", il m'a aimablement indiqué où me rendre : pas bien loin, juste à l'opposé de mon secteur habituel.

Nous y sommes allés avec la jeune cigale (qui, si elle ne mange pas, ramasse avec plaisir) et en une heure de temps avons récolté plus de pinets (comme on les appelle ici) que je n'avais ramené de champignons divears au cours des cinq dernières années.

J'y suis retourné le lendemain : rebelotte, avec en prime des craterelles

C'est dire qu'à courir la campagne, je n'ai guère eu le temps de préparer un billet pour le blog.

Le prochain sera mieux, sans doute.

 

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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 07:33

De temps en temps je divague, envisageant de possibles inutilités.

Par exemple, si je changeais de nom ? Oh, je l'aime bien, mon "Albocicade", mais n'est-il pas trop abscons ? Si je tentais de le rendre un peu plus explicite…

Remplacer le latin "cicada" directement par "cigale", tout en gardant, pour la blancheur, albe, ou albin.

Albin Cigale, ou plutôt "Albin Cigala". Pourquoi pas.

Et puis, il faudrait quelque chose qui évoque Dieu, ou le Ciel… "Célestin", par exemple.

Et, tant qu'on y est, ajouter une particule, ça fait chic.

Célestin Albin de Cigala !

Non, en fait, je plaisante : non seulement un tel nom ne me correspond pas, mais en outre je serais un vil plagiaire.

Parce qu'il a existé, ce "Célestin Albin de Cigala".

Un abbé du début du XXe siècle, passionné entre autres de "l'Imitation de Jésus Christ" (qu'il a éditée, traduite, commentée). Mais pas seulement, il voulut aussi faire connaître, de manière ludique, les débuts du christianisme, de sorte qu'il traduisit en français le "Allons à Lui !" de Henryk Sienkiewicz, et qu'il publia "Urbi et Orbi", une suite au célèbre "Quo vadis ?" du même Sienkiewicz.

Alors, je lui laisse son nom et garde le mien.

Mais avec un nom pareil, je me devais de le signaler.

 

N'ayant pu dénicher le "Urbi et orbi" de Cigala, qu'au moins j'indique une édition du "Quo vadis ?" en français. (Et même en format audio !)

Par contre, on m'a signalé la traduction de Cigala pour le "Allons à lui !". (Il existe aussi une autre traduction en français du même texte, par Janasz.)

 

 

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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 07:34

Est-ce un "bulletin" ? Non, plutôt une revue, une vraie revue.

C'est son premier numéro, à "Mouvement, "ce "journal de la jeunesse orthodoxe".

Copieux, le numéro ; 45 pages d'interviews, de reportages, de réflexions éthiques, sociétales, bibliques ou patristiques. Parce que "orthodoxe", ça ne signifie pas "coupé du monde", ou "dans une bulle spiritualiste", mais bien "vivant – chrétiens – dans notre société".

Oh bien sûr, vous ne serez pas d'accord avec tous les points de vue exprimés, d'autant que certains sont justement en dialogue, en contradiction… mais au moins, ça fait réfléchir, penser…

 

Je vous donne juste le sommaire, sachant que la revue est téléchargeable gratuitement sur ce site.

(On peut même demander à le recevoir par mail)

 

 

- Analyse d'un petit sondage réalisé entre juin et septembre 2014 sur le blog mouvementjjo.wordpress.com : les chrétiens sont-ils (forcément) réacs ?

- Une interview à deux voix, et deux points de vue assez divergents "Pour ou contre un parti politique chrétien ?"

- Interview Denys Clément, gynécologue obstétricien : comment concilie-t-il sa foi avec un métier qui exige un questionnement éthique permanent.

-  Texte de Père Cyrille Argenti : Loi morale ou Vie en Christ ?

- Michel Eltchaninoff : Réflexion sur notre rapport au temps.

- Brigitte Vilanova : ACAT… Action des chrétiens contre la torture.

- Signes du temps : les selfies

- Echanges virtuels entre un athée et un chrétien : E-mail à Diog.net

- Exposition « Monumenta » : L'Étrange Cité

- Alexandre Schmemann au repos : Reportage à Labelle

- Revue de livres :

Le Royaume, par Emmanuel Carrère

Vers la sobriété heureuse de Pierre Rabhi

- Modernité des anciens : St Jean Cassien

- Daniel Lossky : Être libéré de la « malédiction de la loi » pour vivre

- Véronique Lossky : "Aller à l'église ? Pour quoi faire ?"

- La Bible à la loupe : le Christ ressuscité et Marie Madeleine : Noli me tangere !

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 07:34

A quelques pas de mon poste de travail – juste de l'autre côté de la petite route, en fait – se dressent les murs de l'ancienne église du village.

Les murs seulement, témoignage d'un passé révolu.

Elle a connu son heure d'activité, il y a longtemps, alors que le bourg était en devenir.

"Chapelle notre Dame", elle deviendra, un temps, "Temple notre Dame", lorsque la Réforme protestante s'imposa, et les patenôtres latins firent alors place aux Pseaumes de David mis en rimes française par Clément Marot. 

Et puis… décidément, le bourg se constituait plus haut, vers le ruisseau : les uns bâtirent un temple, les autres une église ; aux deux extrémités du village, et la chapelle Notre Dame tout doucement ruina.

Les tombes du cimetière attenant se mirent à l'entourer, les herbes folles à l'envahir.

Plus d'encens, de patenôtre ou de psaume ; juste des murs récemment consolidés par une association de sauvegarde du patrimoine.

 

Parfois, je rêve que quelque liturgie vienne de nouveau résonner entre ces murs, que – oreilles attentives et cœurs vigilants – des bouches répondent "Nous les avons vers le Seigneur" lorsque le prêtre dira "Elevons notre cœur"…

Vaine rêverie, je le sais bien.

Ce n'est pas là, mais bien dans les rues du village, dans les rencontres inopinées ou organisées, par notre témoignage au gré des occasions que nous permettrons à nos concitoyens de découvrir ce que la Société ne leur dira jamais : qu'ils sont aimés de Dieu.

En effet,

Comment donc invoqueront-ils

celui en qui ils n'ont pas cru?

Et comment croiront-ils

en celui dont ils n'ont pas entendu parler?

Et comment en entendront-ils parler,

si personne ne leur en parle ? *

 

Alors, je sais bien, c'est moins facile que de rêvasser, mais c'est bien à cela que nous avons été appelés.

Note :

* Ça, ce n'est pas de moi, mais de l'apôtre St Paul.

 

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4 octobre 2014 6 04 /10 /octobre /2014 07:47

 

Voilà que je m'aperçois que je n'ai pas fait de récapitulatif des Documents depuis Mai !

Il est plus que temps…

 

Donc, d'abord, ceux que j'ai placé :

* "Le dialogue de "Samon de Gaza" avec le Sarrasin Ahmed" sur Archive (mais aussi, toujours sur Academia)

 

* Eloge historique de Marie-Gaëtane AGNESI, sur Archive

 

* La canonisation de St Seraphim de Sarov vue de France : Un article paru dans les Echos d'Orient, ainsi que des photos de la cérémonie. 1903 sur Scribd

 

*

*  *

Et puis tous les autres

* Sermons de St Grégoire de Nazianze. Ce sont 67 sermons dans la traduction certes ancienne, mais somme toute fidèle, de Nicolas Fontaine, 1693

Tome 1 (sermons 1 à 25) et Tome 2 (sermons 26 à 67)

 

* Philon d'Alexandrie : Commentaire allégorique des Saintes lois, 1909

ainsi que "La doctrine du Logos chez Philon", 1876

 

Dans une collection appréciée

* "Jésus, Fils unique du Père" par  Nersès Šnorhali, sur Gallica

* Commentaire du Diatessaron par St Éphrem de Nisibe, sur Gallica

 

* Epiphane de Salamine

Le Panarion (en traduction anglaise) Tome 1 (section 1 à 46) sur Bookfi

tome 2 (sections 47-80, + De Fide) Sur Scribd

Rappelons qu'une traduction française de l'Ancoratus est accessible sur le site du P. Stéphane Bigham, de même qu'une Vie de St Epiphane.

 

* Talmud

Le Michné Torah de Maïmonide en français sur Chabad

Les Lois de la maison d'élection en français sur Chabad

Midrash Rabbah sur la Genèse (en anglais), sur Archive

Pirké DeRabbi Eliezer (en anglais), sur Archive

La Jewish encyclopedia de 1906, en anglais

 

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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 07:05

Pour moi, d'aussi loin que je me souvienne, être français est un fait. Pas un honneur, encore moins une gloire. Un peu comme d'avoir deux bras et deux jambes.

Oh, bien sûr, j'apprécie d'avoir ces bras et ces jambes, mais pas au point de mépriser manchots et culs-de-jatte.

Et puis, si je parle, lis, et écrits majoritairement en français, il m'arrive aussi de me plonger dans des ouvrages aux lettres étranges, ou de contacter des correspondants aux divers coins du globe, dans des langues qui ne doivent rien à Molière ; de sorte que j'ai toujours eu vis à vis des chauvinismes, nationalismes et autres crispations identitaires une profonde méfiance.

 

Pourtant, voici que dernièrement, au-delà du fait d'être français, je me suis senti français. Oh, je ne me suis pas réveillé un matin avec la Marseillaise dans la tête, grand Dieu, non !

Mais le fait est qu'un homme – tout le monde connaît maintenant son nom – a été kidnappé dans le but de l'assassiner parce qu'il était français, et uniquement à cause de cela. Egorgé comme un mouton* uniquement à cause de sa nationalité, de ma nationalité.

Qui il était, ce qu'il pensait, ce qu'il avait fait ou non n'avait aucune importance : il était français, peut-être ni plus ni moins que moi, et c'était suffisant pour qu'il soit assassiné.

Alors, je ne suis pas devenu "patriote", n'exagérons rien, mais il faut bien le reconnaître, moi aussi, je suis français.

 

Un mot concernant les excités à l'index levé de l'Etat islamique.

J'ai dernièrement entendu, lors d'une diffusion de l'émission Envoyé Spécial, un imam de France vantant l'islam et les innombrables bienfaits qu'il a apporté à la civilisation, expliquer que les gens du "Califat" sont des fous, à l'instar de Anders Breivik, et qu'ils n'ont absolument rien à voir avec l'islam. Cette dénégation me semble dangereuse : Breivik était seul, ils sont légion. C'est déjà un détail de poids. Mais surtout, il suffit de les écouter, de les voir pour se convaincre d'une chose : ils se réclament de l'islam, du coran et de Muhammad. Et le brave imam invité sur le plateau de l'émission (qui n'est d'ailleurs pas visualisable "pour des questions de droits") aurait été mieux avisé de dénoncer une dérive intolérable de l'islam, un fanatisme qui se sert du Coran pour créer une dictature, voire appeler à une décision unanime des responsables de l'islam pour édicter un jugement (une fatwa, comme on dit) dénonçant comme "apostats" les membres du Califat, bref dire ce qu'il voulait, mais pas prétendre qu'ils "n'ont rien à voir avec l'islam".

Parce que, c'est vrai, ces furieux n'ont rien à voir avec les musulmans que j'ai pu côtoyer et apprécier** et il serait stupide de faire l'amalgame, et plus stupide encore de reprocher aux uns les massacres des autres. Mais ce sont – jusqu'à preuve du contraire – des musulmans.

Alors, comme certains musulmans en Syrie et ailleurs, ont entouré les Eglises pour protéger les chrétiens des fanatiques musulmans, peut-être aurons-nous à protéger nos voisins musulmans de fanatiques qui voudraient leur faire un sort : on trouve de ces excités aussi bien dans l'extrême droite que parmi les admirateurs du "Califat".

 

 

* Ayant vu la vidéo qui a été mise en ligne par les assassins, je n'ai pas d'autre manière de décrire comment il a été égorgé : "comme un mouton".

** J'en ai aussi rencontré qui tenaient des discours certes moins virulents, mais pour qui il était évident qu'à moyen terme, l'avenir de l'Europe, ce serait l'islam…Sans doute se réjouissent aujourd'hui du chaos qui progresse.

 

Deux mots, encore : le site d'Hervé Gourdel, et la lettre de "sales français", comme moi (mais musulmans) sur le blog de Ren.

 

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26 septembre 2014 5 26 /09 /septembre /2014 07:38

La guide qui nous a conduit à travers les dédales de ruelles de la ville basse, expliquant telle façade ornementée du XVIe siècle, telle maison aux fondations du XII siècle, nous fait pénétrer dans la petite cathédrale, dans la ville haute. Elle nous explique la fondation de l'évêché au Ve siècle, l'évêque jureur lors de la Révolution française, les tapisseries des Gobelins qui ornent l'intérieur de l'édifice, mais passe très rapidement, comme gênée,  sur le grand crucifix accroché au mur. Bon, c'est une "Journée du patrimoine", d'accord, mais tout de même…

Pourtant, il arrête le regard, ce crucifix, il retient l'attention. Il a même un détail que je n'avais jamais rencontré jusque là.

Pas le crâne et les tibias, non. Ça, même si on ne le rencontre plus très fréquemment, c'est quelque chose de classique, ça renvoie au récit évangélique :

Ils conduisirent Jésus au lieu nommé Golgotha,

ce qui signifie lieu du crâne,

et là, ils le crucifièrent.

(cf Mc 15.22-24 ; Jn 19.17-18).

Et si le lieu s'appelle le "lieu du crâne", c'est – rapporte une très ancienne tradition* – parce qu'à cet endroit furent ensevelis les restes d'Adam (dont son crâne) par Melchisédech. Ainsi, le Christ est crucifié au-dessus du crâne d'Adam, et le sang et l'eau qui coulent de son côté percé par la lance descendent jusqu'au crâne du premier homme. Le symbole est parlant : tous les humains, depuis Adam, sont concernés par la mort (et la résurrection) du Christ.

Le détail qui me surprend n'est pas non plus le globe terrestre sur lequel est planté la Croix du Sauveur, forme habituelle pour rappeler que l'ensemble du monde habité est concerné par le salut de Dieu.

Ce n'est pas non plus le serpent qui rampe sur le monde, mais qui est écrasé par la croix.

Non, ce qui m'a surpris, c'est une sorte de grosse boule, devant le serpent. J'ai d'abord cru que c'était la tête tranchée de l'animal, mais à y regarder de plus près, la bestiole a encore bien sa tête. Par contre, devant lui, c'est… la pomme. Le fruit qui a causé la chute d'Adam, et que le serpent vaincu recrache…

Bon, ce n'est pas un cas unique –voir par exemple ici – mais ce ne me semble guère être fréquent !

 

 

* Cette tradition se retrouve chez de nombreux pères, tans grecs que latins ; j'y reviendrais sans doute un de ces jours. On retrouve ce thème longuement développé, par exemple, dans "le Combat d'Adam" ou la "Pénitence d'Adam", voir le tome 1 du  Dictionnaire des apocryphes édité par Migne (1856) col 368-370.

 

 

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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 07:29

C'est en jetant un œil sur les coulisses du blog que je me suis rendu compte que ce billet serait le n° 666.

Bon, sur le moment ça m'a fait un petit pincement au coeur (il y a comme ça des mots, des noms chargés émotionnellement), mais ensuite, j'ai souri.

Parce que même si je sais que dans l'Apocalypse, c'est le "nombre de la Bête" (j'en avais même parlé, dans un billet en 2008), ce nombre ne me fait pas peur (d'où le titre de ce billet, bien sûr).

 

J'aurais bien aimé donner à cette occasion, quelque parole édifiante de St Eloque de Lagny, qui mourut (dit-on) en l'an 666, mais hélas, il semble que la tradition n'en ait rien conservé.

D'un autre côté, c'est peut-être aussi bien ainsi : c'est par son exemple qu'il fut éloquent, et c'est déjà un sacré rappel !

 

Aussi, je n'en dirais pas plus pour aujourd'hui.

 

 

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