20 avril 2014 7 20 /04 /avril /2014 07:29

 

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Oui, je sais j'aurais pu l'écrire comme ça :

מרן קם מין קיברא

après tout, c'est ce que les apôtres ont dit.

(Et c'est aussi ce qui est écrit sur la pierre du tombeau, dans l'illustration*.)

Mais voila, je suis bien sûr que parmi vous, il y en aura bien un ou deux qui ne lisent pas l'araméen.

Alors, j'ai fait un effort, je l'ai mis en français.

Et si j'ai employé le codage morse  pour le dire, c'est parce que j'avais peur de bégayer, à cause de la joie.

 

Le Christ est ressuscité !

 

NB : si vous souhaitez vérifier que j'ai bien écrit ça en morse, vous pouvez le contrôler sur la page dédiée sur Lexilogos.

D'autre part, sur la pierre du tombeau, il est en fait écrit "Moran' qam min' qibra", c'est à dire : "Le Seigneur est relevé du tombeau".

 

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 07:46

(ou : "La patrie").

Dimanche dernier, jour des Rameaux.

Durant la procession autour de l'église, je médite sur l'interdiction qui avait été faite par l'émir Amr Ibn al-As que les croix soient vues en dehors des Eglises, et sur l'autorisation contraire accordée par le calife Omar, y compris pour le jour des Rameaux*.

Ainsi l'émir, comme aussi la République concordataire, voyait dans les processions une menace politique. A contrario, le calife Omar accorda toute liberté à l'évêque jacobite Gabriel, car ce dernier était "du parti des Arabes".

Est-ce à dire qu'il n'était pas patriote, cet évêque qui n'appelait pas à la lutte contre l'envahisseur ?

Je ne saurais répondre à une telle question… peut-être parce qu'elle est mal posée.

Quelle était sa "patrie" ? Etait-ce ce bout de terrain que foulaient ses sandales ? Etait-ce cette région, ces montages et ces vallées où l'on parlait un dialecte, où l'on avait une manière de vivre, de se saluer, de travailler la terre ? Sans doute, oui.

Mais pas seulement.

Sans doute aurait-il pu appeler à la Résistance… c'est tellement plus glorieux que la "collaboration". Mourir en martyr après avoir étripé ces mécréants… Mais est-ce là une mort de martyr ?

 

"Crois-tu donc que je ne pourrais pas demander à mon Père, qui m'enverrait sur le champs plus de douze légions d'anges ?" dit Jésus à Pierre qui veut le défendre par l'épée, au moment de son arrestation, le soir du jeudi saint. (Mt 26.53)

Et lorsque Pilate le questionne sur sa Royauté, Jésus répond : "Mon royaume n'est pas de ce monde" (Jean 18.36).

 

Peut-être est-ce parce qu'il savait que sa patrie c'est le Royaume du Sauveur que cet évêque n'est pas entré en guerre. Peut-être est-ce pour une autre raison, je l'ignore.

D'autres sont entrés en guerre, et je serais bien mal venu – confortablement installé dans un pays en paix – de prétendre le leur reprocher.

Juste, je regarde mon Roi : il est couronné, et sa couronne est d'épines.

 

Note

* On trouve cela dans le document que j'ai signalé dernièrement.

** Pendant que j'y pense, et parce que c'est le moment, je signale que je viens de trouver sur Bookfi le livre du Dr Pierre Barbet : "La passion de Notre seigneur Jésus-Christ selon le chirurgien". Même si je ne suis pas un inconditionnel du Suaire de Turin, je dois dire que ce livre est particulièrement intéressant.

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13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 07:30

 

Dimanche des Palmes… une des douze fêtes majeures.

Hier, la résurrection de Lazare ; aujourd'hui, l'entrée triomphale à Jérusalem.

Si je ne connaissais pas la suite, j'exulterais, je trépignerais de joie, d'un espoir énorme.

Seulement voila, je connais la suite. Et toujours, j'ai ce sentiment d'insatisfaction. Pour les raisons évoquées ici ou , mais pas seulement.

Non, en fait, il y a cette attente, ce frémissement : bientôt Pâques, la joie de la Résurrection.

Joie, donc.

Certes, mais cela suppose la Croix, les ténèbres du Vendredi saint.

Comment être pressé d'en arriver là, comment attendre fébrilement la joie en sachant qu'il y aura avant la souffrance indicible ?

Qu'au contraire le temps s'arrête, que jamais ces souffrances ne soient infligées…

Et ces mots du Christ : "Non pas ma volonté, mais la tienne…"

Je ne sais pas si j'ai envie de me "réjouir"… plutôt de contempler en silence cet Amour absolument sans limite.

Ou alors, si, me réjouir de cet Amour incroyable et pourtant véritable.

Belle, superbe fête des Rameaux !

*

*  *

Au fait, si j'ai choisi une fresque syriaque en illustration de ce billet, c'est pour me rappeler que j'ai récupéré et adapté en un document plus aisé le texte du "Colloque entre le patriarche syriaque Jean I et l'émir Amr ibn al-As" que je signalais en note dans le billet précédent*.

(D'ailleurs, si vous le lisez attentivement, vous verrez qu'il y est question, entre autres, de la fête des Rameaux.)

Il est donc accessible maintenant sur Archive et sur Scribd.

 

Note :

* J'ai, entre temps, modifié le lien sur le précédent billet, et ajouté des liens vers des traductions allemandes des textes d'Abu Qurrah.

 

 

9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 14:30

De temps à autres, je vous en parle. Et même, lorsque l'occasion s'en présente, je vous partage quelques-uns de ses écrits, quelques-unes de ses paroles…

Et puisque parfois je l'évoque, son nom ne vous est pas totalement inconnu.

Qui donc ? Théodore Abu Qurrah**.

Bon, je dois bien reconnaître que, vu le nombre d'autres sites qui en parlent (euh, j'en connais au moins un seul, celui de Ren') on pourrait penser que ce n'est qu'une marotte.

Aussi, j'ai eu le grand plaisir de voir qu'une session de cinq jours, du 9 au 13 juin 2014, dans le cadre du Hartford Theological Seminary est intitulée : "Dialogue islamo-chrétien, dans la théologie arabe chrétienne de Théodore Abu Qurrah".

Bon, en vrai, c'est en anglais, puisque Hartford est dans le Connecticut, USA.

Mais quand même.

 

Le programme est alléchant :

Premier jour : Contexte historique : le christianisme de langue arabe à l'ombre de l'islam, perception chrétienne de l'islam, les débuts du "kalam" chrétien.

Deuxième jour : Controverses entre chrétiens et musulmans avant Abu Qurrah : le "Dialogue du patriarche Jean I avec Amr Ibn al-As",  St Jean Damascène.

Troisième jour : suite : le "Dialogue du patriarche Timothée I avec le calife al-Mahdi", le texte "Sur la Tri-Unité de Dieu".***

Quatrième jour : Controverses islamo-chrétiennes dans les traités arabes d'Abu Qurrah : "Traité sur l'existence de Dieu et sur la vraie religion",

Cinquième jour : suite : "Traité sur la Trinité", "Traité sur la mort du Christ".

 

Il ne s'agit bien sûr pas d'étudier ces textes "pour le plaisir" ; les étudiants auront à plancher sur le thème suivant :

"Quels enseignements concernant le dialogue islamo-chrétien peut-on retenir des traités de Théodore Abu Qurrah, et en quoi ces enseignements peuvent-ils être pertinents et utiles dans les relations inter-religieuses actuelles ?"

 

Ayant eu l'occasion d'échanger une fois ou l'autre avec le prof. Awad qui animera ce séminaire, j'envie ceux qui y participeront.

Parce que – soyons réalistes – pendant que certains seront en train de d'étudier ces textes de l'autre côté de l'Océan, moi, je serais au boulot.

 

Mais si d'aventure certains d'entre vous étaient intéressés, on trouve ici l'annonce du séminaire ici, et là le programme complet.

 

Notes :

* La photo en haut de ce billet est celle d'un moine orthodoxe syriaque, que j'ai emprunté au blog catholique "Mille et une foi".

**Outre les billets où je parle d'Abu Qurrah, et qui sont groupés là (y compris celui-ci), on peut jeter un œil à l'article que je lui consacre sur Wikipedia.

*** On peut trouver l'ensemble de ces textes sur le net :

- En français : le "Dialogue du patriarche Jean I" (nouveau document), le chapître de St Jean Damascène "Sur l'islam" (dans un site polémiste) ainsi qu'un extrait du traité d'Abu qurrah "sur l'existence du Créateur".

- En anglais "Dialogue de Timothée I", "Sur la Tri-Unité de Dieu", et même le début du traité "Sur l'existence de Dieu" (intitulé ici "Theologus autodidactus).

- En allemand, on trouve (sauf erreur de ma part) les trois Traités d'Abu Qurrah étudiés : "Sur l'existence de Dieu et sur la vraie religion", "Sur la Trinité" et "Sur la mort du Christ".

 

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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 14:20

Deux ans et demi : c'est le temps qu'il aura duré.

Ce matin, en le démarrant, je vois comme une tache d'encre qui coule à l'intérieur de l'écran, à partir de l'angle  en haut à gauche. Et d'ailleurs, on ne voit rien, dans cet angle : l'écran est cassé à cet endroit.

Hier, il était soigneusement rangé dans sa housse, sur la banquette arrière de la voiture, et je soupçonne quelqu'un de s'être assis dessus, par mégarde.

A vrai dire, ça ne l'empêche pas de fonctionner, il faut juste s'adapter ; au besoin, retrouver les vieux "raccourcis claviers". Mais ce n'est guère pratique.

Aussi, je me suis renseigné, pour savoir ce que ça me coûterait de faire changer juste l'écran.

J'appelle la boite qui soigne mes machines, lorsque celles-ci défaillent. La réponse tombe tel un couperet : "Il vaut mieux racheter un ordinateur : ça vous reviendra moins cher." Le ton est calme, désabusé : il n'a rien à gagner à me dire ça, c'est juste comme ça.

Il me va donc falloir mettre des sous de côté, pour réinvestir ; et en attendant, faire avec.

En espérant que ça ne va pas trop s'aggraver avec le temps.

 

 

 

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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 14:10

Dernièrement, il était prévu que j'aille expliquer un peu ce que c'est que l'Eglise orthodoxe à un groupe de jeunes protestants de ma région, dont certains doivent se rendre en Grèce cet été.

Finalement, cette rencontre a été reportée à une date indéterminée… C'est donc, peut-être, partie remise.

Mais que leur aurai-je dit, à ces jeunes Réformés ?

Sans doute quelque chose un peu comme ça.

Mais tenter de dire qui l'on est demeure un exercice délicat.

Insister un peu trop sur les différences, c'est risquer l'incompréhension , voire se dénaturer ; insister trop sur les points communs, c'est prendre le risque de la confusion…

Confusion dommageable à plusieurs égards : non seulement la vérité n'y trouve pas son compte, mais encore nos interlocuteurs peuvent se sentir désorientés, trahis, lorsqu'ils se rendent compte que la réalité ne correspond pas à l'image qu'ils s'en était faite.

 

C'est le genre de mésaventure qui est arrivée à Cyrille Loukaris, patriarche de Constantinople au XVIIe siècle.

A l'époque, les orthodoxes sont pris entre de multiples feux : sous domination musulmane (qui interdit, par exemple, que les chrétiens puissent imprimer des livres sur leurs territoires), ils sont dépendants des catholiques tant pour l'imprimerie que pour la formation théologique (combien d'évêques et de théologiens orthodoxes ont – à l'époque – été formés à Padoue ou Venise !). Les catholiques – de leur côté –  ne rêvent que d'une chose : réaliser l'Union ratée de Florence, ou, pour le dire plus simplement, faire rentrer dans le bercail du Pape ces brebis orientales égarées… Et l'Union de Brest sonne comme un coup de tonnerre dans le ciel de Constantinople.

Enfin, il y a les protestant. Nouveaux venus sur la scène internationale, ils possèdent leurs Etats, un dynamisme impressionnant, et sont, au final fort sympathiques. Ne pourraient-ils pas être ces alliés dont Constantinople a besoin face à la Domination musulmane et la convoitise latine ?

Et de fait, Cyrille entretient une importante correspondance avec des amis protestants avec qui il se sent en confiance. Non qu'il se fasse des illusions sur les différences, voire divergences entre le calvinisme  et l'Eglise orthodoxe, mais parce qu'il a bien conscience de tout ce qu'il y a de commun entre les uns et les autres. Avec leur aide, il installe une imprimerie à Constantinople, et y fait imprimer le Nouveau Testament en "grec moderne". A-t-il été imprudent dans ses formulations, s'est-il fait trop "protestants avec les protestants", comme Paul se faisait "juif avec les juifs" ? A-t-il été trop "diplomate", plus que nécessaire ? Ou, de leur côté, certains de ses amis genevois n'ont-ils entendu que ce qu'ils voulaient entendre ? Toujours est-il qu'en 1629 parait à Genève, en latin, une "confession de foi" tout à fait calviniste… sous le nom de Loukaris. Une vraie bombe.

Fut-il un crypto-calviniste, comme le clamèrent alors les protestants ? C'est douteux. Plutôt fut-il seulement enthousiasmé par les perspectives qu'une collaboration avec les puissances protestantes d'Europe lui permettait d'entrevoir en ces temps fort troublés pour l'Eglise orthodoxe ? Mais cela ne devait pas durer, puisqu'après avoir été déposé et réinstallé quatre fois comme Patriarche, il est finalement arrêté sur ordre du Sultan, étranglé et jeté dans le Bosphore.

Le problème, c'est que durant plus de trois siècles, le nom de Loukaris est resté quelque peu suspect, même si le "Concile de Jérusalem" de 1672 l'avait réhabilité au mieux.

Aussi, je suis extrêmement heureux d'apprendre (avec un peu de retard) que le Patriarcat d'Alexandrie a reconnu (en 2009 !) que le patriarche Cyrille Loukaris est un authentique hiéromartyr.

Et, bien sûr, je n'ai pas manqué de compléter l'article wikipédia.

 

 

 

Deux articles en anglais de John Sanidopulos sur ce sujet : ici et ici.

Et par ailleurs, un fort intéressant article de Mme Congourdeau (en français) : "Pourquoi les Grecs ont rejeté l'Union de Florence".

 

 

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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 14:26

Allons bon ! Voila que j'ai raté la fête de l'Annonciation.

Bien sûr, je travaillais ce jour là, mais je n'ai pas même pensé à anticiper un petit billet pour le jour dit.

N'empêche…

Le lendemain, j'étais de nouveau au travail.

Une de mes interlocutrice d'un instant me demande la date.

Je répond : "Le 26", et j'ajoute, l'air de rien : "Le lendemain de l'Annonciation".

Un peu surprise, elle lâche un "Ah, ben on est sauvé, alors…"

Comme ça, histoire de dire, de se donner une contenance.

Je lui réponds alors, presque sans réfléchir : "Disons que ça y a bien participé !"

 

En effet, cette visite du Messager, l'archange Gabriel, n'est-elle pas – ainsi que le dit la Liturgie – l'aurore de notre Salut ?

La prophétie faite dans le prophète Esaïe (7.14) qui devient réalité : "Voici que la vierge devient enceinte…"

Quoi ? On me dit que dans le texte hébreu, ce n'est pas "vierge" (Betulah), mais "jeune femme" (Almah) ; que le mot "vierge" vient de la Septante ? C'est vrai, et alors ? Si la "jeune femme" désignée par Esaïe est une épouse dûment mariée, quel "signe" doit on voir dans le fait que Mme Untel a accouché ? Et si elle n'est pas mariée, alors ne rejoint-elle pas la triste cohorte des jeunes femmes trahies par quelqu'amoureux prétendument transi de passion ? Là non plus, il n'y a pas de "signe" annonciateur. Aussi, dans la société israélienne de l'époque d'Esaïe, il n'y a pas la moindre ambiguïté possible : cette "jeune femme" ne peut qu'être vierge.

Par contre, pour traduire le sens dans la société hellénisée et quelque peu dépravée d'Egypte, il faut nécessairement préciser, et c'est en parfaite connaissance de cause que le brave Shymeon, qui traduisit en grec le Livre du prophète, choisit le mot "parthenos"… que l'on retrouve dans l'Evangile.

 

Ceci étant posé, qui dira dans quel abîme de doute fut plongé Joseph !

On en trouve un exemple dans une homélie (attribuée à Proclus de Constantinople et que j'ai placée dans un petit volume sur internet) que je vous livre ci après.

 

La grossesse de Marie se fit visible, et cette vue causa une douleur profonde dans le cœur de Joseph ; voyant les signes de cette grossesse il crut que sa fiancée l'avait trompé. Ces circonstances le jetaient dans un trouble et dans une agitation inconcevable. Il vit distinctement qu'elle était enceinte et ne douta pas qu'elle ait trahi son devoir. Le soupçon qu'il eut de l'infidélité de son épouse fut plutôt un effet de son incrédulité qu'un manque de connaissance, puisque L'Ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit "Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ton épouse".

Mais cette apparition ne le guérit pas entièrement de ses doutes : "Je ne croirais pas qu'elle ait conçu, dit-il, jusqu'à ce que je voie l'accouchement, les ténèbres de mon ignorance ne seront dissipées que lorsque je verrais la lumière. Je ne rejetterai pas les pensées que j'ai à l'esprit et qui me troublent jusqu'à ce que je voie son enfant premier-né. Et puisque je ne peux me défaire de ces pensées affligeantes, il faut donc que je songe à la répudier pour échapper aux moqueries et aux insultes des hommes : par ce moyen, ma fiancée échappera au supplice dont elle est menacée par la rigueur de la Loi".

Et ne pouvant ajouter foi aux divins oracles qui lui avaient été révélés par l'Ange du Seigneur, il lui parla de la sorte : "Eloigne-toi de ta famille et de la Judée, puisque par ton impureté tu ressembles à une païenne."

La vierge sainte répliqua avec beaucoup de douceur et de modestie à un reproche si douloureux : "Les signes de ma grossesse te donnent des soupçons concernant ma fidélité."

- "Une honnête femme, dit Joseph, ne fait jamais rien contre l'honneur ni contre la piété."

- "Tu crois, répliqua Marie, que j'ai trahi mon devoir, mais tu ne me donnes pas le temps de me justifier".

- "Penses-tu qu'en niant les faits, tu puisses rendre douteux les signes visibles qui t'accusent ?" répondit Joseph.

- "Mais, reprit Marie, si tu examines avec soin les oracles des prophètes, tu y apprendras qu'il y est question de la naissance miraculeuse du Messie".

- "Tu ne t'es pourtant guère soucié d'observer les saintes lois du mariage, et tu n'as pas cru que ta conduite devait être examinée avec tant d'exactitude."

- "Crois-tu, répliqua Marie, qu'il faille condamner sur un simple soupçon celle qui n'a jamais rien fait contre son devoir ?"

- "Ma probité, dit Joseph, m'empêchera peut-être de t'abandonner aux mains de ceux à qui il appartient de juger de ces sortes de crimes".

- "Le Seigneur, répartit Marie, sera mon Juge ! Il est descendu dans mon sein de la manière que lui seul connaît".

- "Mais, répliqua Joseph, les indices manifestes de ta grossesse ne te troublent-ils pas ? Comment prétends-tu les accorder avec ta pureté ?"

- "Patiente, dit Marie, le temps que l'Enfant doit demeurer dans mon ventre, et tu verras que cet enfantement est tout saint et tout miraculeux".

- "Te flatterais-tu, répliqua Joseph, de m'éblouir et de me tromper par des paroles et des promesses si magnifiques ?"

- "Ce que je te dis, répliqua. Marie, te paraît nouveau et surprenant, et tu ne me croiras pas jusqu'à ce que les événements aient justifié mes paroles."

- "Je ne veux pas, dit Joseph, me séparer de toi à cause de la parenté et de l'alliance qui nous lie, mais je ne peux pas non plus me résoudre à faire quelque chose qui m'éloigne si peu que ce soit de la Loi".

- "Crois, ajouta Marie, que la racine de Jessé a produit une fleur immortelle !"

- "Quand j'aurai vu, dit Joseph, la naissance du Messie, je dissiperai ces pensées qui me remplissent l'esprit d'inquiétudes".

 - "La Loi, répliqua Marie, m'oblige à t'aimer comme mon Epoux. Cependant, prends garde d'offenser Dieu par les soupçons injustes que les signes de ma grossesse font naître en toi".

- "C'est ce qui m'a empêché jusqu'à maintenant, répliqua Joseph, de me séparer de toi".

-"Souviens-toi toujours, dit Marie, du temps marqué pour la naissance du Sauveur, et tu te libèreras de cette incrédulité que l'esprit mauvais t'a inspiré".

- "Ta beauté, reprit Joseph, et les agréments de ta personne ont fait naître en moi le soupçon qui me tourmente".

- "Prends donc patience encore pour quelque temps, répartit Marie, si tu veux mériter les récompenses que Dieu te prépare".

- "J'attendrai, dit Joseph, jusqu'à ce que j'aie le bonheur de voir le Messie".

- "Alors, répondit Marie, tout le monde dira que nous sommes bienheureux quand on nous regardera comme le père et la mère du Sauveur des hommes".

 

Petit rappel :

le petit volume "Proclus de Constantinople : Homélies pour les fêtes", que j'ai mis en ligne l'an dernier est toujours accessible sur Archive et sur Scribd

 

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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 14:29

Il y a quelques temps, naviguant sur les ondes virtuelles de la mer internet, j'eu envie de jeter un œil à la "Mosaïque des Quatre Fleuves"… celle-là même que j'ai placé en haut de ce billet.

J'ai passé des années à quelques centaines de mètres de cette mosaïque… sans cependant saisir l'occasion d'aller la voir (il faut dire qu'à l'époque, le bâtiment qui l'abritait faisait office de tribunal d'instance). Bien sûr, cette mosaïque  ne pouvait manquer de m'évoquer le musée archéologique local, que par contre j'avais visité,  bien jeune encore, en compagnie du conservateur de l'époque… qui n'était autre que mon prof de latin.

 

De tous les enseignants que j'ai eu, il en est peu qui m'auront suffisamment marqué pour que je me souvienne vraiment d'eux : il fait partie de ceux-là.

 

Au fait, ce professeur, qu'était-il devenu, depuis tout ce temps ? Autant que je pouvais en juger à l'époque, il ne devait pas être loin de la retraite, alors maintenant…

Par désoeuvrement, je lançais une recherche sur son nom, et – outre diverses publications d'épigraphie latine – arrivais à ses coordonnées. Se pourrait-il que…

Dès le lendemain, je composai à tout hasard ce numéro de téléphone.

Une voix aigrelette, âgée et pourtant vive répond. C'est lui.

Je me présente… il se souvient de moi… nous papotons, et je propose de passer le voir lorsque d'aventure quelqu'occasion me portera dans ses parages. Il en est enchanté.

Il avait enseigné le latin et le grec (enfin, pas de grec à mon époque) et j'eus l'idée, en attendant de pouvoir passer le voir, de lui envoyer un texte à la fois curieux et intéressant sur lequel je planchais.

Quelques jours plus tard, il m'appelait pour me remercier, trouvant effectivement le texte intéressant, mais s'excusait – étant donné son grand âge – de ne pouvoir envisager de le traduire.  (Ce que je ne lui avais d'ailleurs pas demandé).

Quelques jours encore, re-coup de téléphone : "Allez, je vous le traduis !"

Nous nous sommes alors lancé dans l'aventure. Lui avec sa connaissance du grec, moi lui resituant le texte dans un contexte liturgique orthodoxe (c'est important de comprendre le contexte, pour traduire…)

Et puis, de mon côté, la recherche des sources de ce texte. Et aussi, tenter de démêler dans l'histoire de ce texte, ce qui relève des faits avérés de ce qui n'est qu'hypothèse quelque peu hasardeuse.

Bref, ce petit amusement a abouti à un document que je suis en train de finaliser et – qu'avec son accord – je devrais pouvoir rendre accessible dans un délai raisonnable : patience. 

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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 14:39

A peu de distance de mon poste de travail, il y a un champs que mes activités m'amènent à côtoyer de temps à autre.

Dernièrement, j'y vois se promener un grand corbeau.

Discrètement, je ne peux m'empêcher de le saluer : "Salut à toi, ami du prophète !" Discrètement, parce que d'une part, je ne tiens pas à l'effrayer ; et que d'autre part je passerais pour définitivement cintré si quelqu'un m'entendait m'adresser ainsi à l'oiseau noir.

 

Oui, j'ai beau savoir qu'il traîne derrière lui une sale réputation, c'est bien ce qu'il m'évoque : la manière dont quelques-uns de ses lointains ancêtres furent députés* auprès du prophète Elie pour lui apporter casse-croûte et réconfort.

Oh, certes, il y a l'épisode de l'Arche, lorsqu'un corbeau est revenu penaud de n'avoir pu trouver de terre ferme tandis que la brave colombe a rapporté une feuille d'olivier.

Bien sûr, il y a ce cri "Crās, Crās !"par lequel, nous dit-on, il annonce quelque malheur pour le lendemain, ou prétend nous détourner de nous appliquer aujourd'hui aux choses essentielles… Mais depuis quand les corbeaux parlent-ils latin ?**

Effectivement, il a cette réputation de charognard. Comme si le charognard n'était pas le nettoyeur par excellence, celui qui limite les risque de propagation d'épidémie.

On pourrait ainsi multiplier les "raisons" de ne pas l'aimer ; mais pour moi, le corbeau est un rappel de la délicatesse de Dieu envers un de ses serviteurs "fatigués"… un rappel de sa délicatesse envers chacun de nous.

 

Notes :

* Comme quoi, il y a eu au moins quelques députés à faire correctement leur travail.

** Oui, parce que "Crās" veut dire "Demain" en latin…

16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 14:13

Vacances ! Vacances imprévues, dans un cadre idyllique, immérité.

Nous n'avions pas envisagé de venir, mais la neige – bonne copine – nous a quand même attendue.

Le soir, je feuillette le spoutnik du P. Denis Guillaume qui nous attendait là, sur une étagère. Oui, le "spoutnik", ce livre qui contient des textes d'offices et de prières pour un peu tous les temps de l'année.

C'est vrai qu'il en a traduit, des offices, ce moine catholique devenu orthodoxe. Un véritable acharné auquel tous les orthodoxes francophones sont peu ou prou redevables.

Du coup, je me suis demandé si on peut trouver de ses textes sur internet.

Une rapide recherche me mène sur un site qui en propose à la pelle. Je ne sais pas si l'on doit s'offusquer de voir ainsi son travail quelque peu pillé, ou au contraire se réjouir de voir qu'il sert et continuera à servir…

Il n'y a pas que des textes traduits par le P. Denis, sur ce site, et la qualité de numérisation laisse bien souvent à désirer. Mais bon, il ne m'a pas semblé inutile de les signaler.

 

Ouvrages traduits par le P. Denis Guillaume

 

Grand Euchologe : Un volume

Arkhiératikon, ou Pontifical : Un volume.

Les Ménées : Septembre ; Octobre ; Novembre ; Décembre ; Janvier ; Février ; Mars ; Avril ; Mai ; Juin ; Juillet ; Août.

Le Paraclitique : Tome 1 , Tome 2

Le Pentecostaire : Un volume.

 

Traductions non précisées

Le Hiératikon : Un volume

La divine Liturgie  Un volume.

Le Grand Horologion : Un volume.

Le Triode de carême : Un volume

 

Et aussi

La Prière de Jésus selon l'évêque Ignace Briantchaninoff, par Emile Simonod : Un volume.

 

L'eucharistie, par le P. Alexandre Schmemann : Un volume.

 

 

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