21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 07:29

C'est en jetant un œil sur les coulisses du blog que je me suis rendu compte que ce billet serait le n° 666.

Bon, sur le moment ça m'a fait un petit pincement au coeur (il y a comme ça des mots, des noms chargés émotionnellement), mais ensuite, j'ai souri.

Parce que même si je sais que dans l'Apocalypse, c'est le "nombre de la Bête" (j'en avais même parlé, dans un billet en 2008), ce nombre ne me fait pas peur (d'où le titre de ce billet, bien sûr).

 

J'aurais bien aimé donner à cette occasion, quelque parole édifiante de St Eloque de Lagny, qui mourut (dit-on) en l'an 666, mais hélas, il semble que la tradition n'en ait rien conservé.

D'un autre côté, c'est peut-être aussi bien ainsi : c'est par son exemple qu'il fut éloquent, et c'est déjà un sacré rappel !

 

Aussi, je n'en dirais pas plus pour aujourd'hui.

 

 

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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 07:25

Si j'en ai refait un tout petit peu dernièrement, l'auto-stop appartient en fait profondément à mon passé. Tour de France, traversée de la Grande Bretagne, détours par l'Allemagne, les Pays-Bas ou la Belgique…

Le rencontres, bien sûr. Ce chauffeur routier qui me fit faire le trajet de Douvres à Londres en m'expliquant qu'il espérait ne pas avoir de contrôle policier à cause de sa cargaison de tabac de contrebande… se désaltérant au whisky en conduisant d'une main…

Ce type qui insistait pour que je prenne le volant de sa voiture parce qu'il était épuisé de conduire… alors que je n'avais pas le permis…

Ce représentant qui prétendait me vendre des vérins hydrauliques (je me demande bien où je les aurais mis, dans mon sac)…

Ces jeunes qui remontaient du Maroc, et ont été longuement contrôlés (en fait, sièges et portières démontés) par la douane à la recherche d'un hypothétique  paquet suspect…

Ah, le douaniers… toujours surpris quand ils trouvaient – dans la poche extérieure de mon sac – des évangiles que je leur offrais. Parce que, à l'imitation du saint patron des auto-stoppeurs – le diacre Philippe – je n'hésitais pas à témoigner du Christ. Même maladroitement, sans doute, puisqu'un jour je me suis retrouvé sur le bord de la route, jeté par un gars qui n'aimait vraiment pas ça.

L'auto-stop. Un mélange d'attente particulièrement lassante, de solitude priante (ou pas), mais aussi de rencontres humaines intense.

C'était il y a longtemps.

Je pensais que ça ne changerait jamais fondamentalement.

Aussi, quand j'ai appris qu'un robot a traversé le Canada en stop, d'est en ouest… ça m'a fichu un choc.

Pourtant, je ne pense pas être fondamentalement opposé aux progrès techniques, mais là… ça me déstabilise… je m'interroge sur l'intérêt de la chose.

Le site de Hitchbot (en anglais) est là, avec liens vers la page facebook…

 

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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 07:42

"Expériences liturgiques", c'est un livre épais quoique simple, à la couverture sobre et élégante, que j'ai reçu dernièrement. Je ne sais pas si le titre est une heureuse trouvaille (bon, sur l'image, c'est l'édition anglaise)… c'est plutôt une sorte de visite accompagnée, au sens où l'auteur – le P. Anagnostopoulos, un prêtre orthodoxe de Grèce – pénètre avec nous dans l'Eglise et par de petites explications et de nombreuses anecdotes nous introduit dans la Liturgie, expliquant tel geste, commentant telle prière, donnant le sens de tel objet liturgique, nous invitant à vivre plus profondément, plus attentivement la prière de l'Eglise.

Si on apprend beaucoup de choses au fil des pages, ce n'est toutefois pas un ouvrage académique, et on y cherchera vainement (et c'est d'ailleurs vraiment dommage) un "index des termes liturgiques" à la fin. Pour tout dire, même la bibliographie est même à peu près inexploitable.

Peut-on le considérer comme une "introduction à l'orthodoxie" ? On pourrait presque, si…

 

Si la traduction n'était pas à ce point calamiteuse !

Au vrai, ce n'est pas "grâce à la traduction", mais plutôt malgré elle que l'on accède au texte. Et si le traducteur a mis beaucoup de bonne volonté dans son travail, une chose est sûre : le français est pour lui une langue étrangère, et ce sont à chaque page des approximations, des contresens (quel éloge que de qualifier un saint prêtre de "prédicateur mielleux" !), de noms orthographiés "à la grecque" (Vavylas pour Babylas), de mots traduits littéralement (je suppose que les "Ordres apostoliques" sont les "Constitutions apostoliques", et que les "martyrs de Iahvé" sont les "Témoins de Jéhovah"), des conjugaisons douteuses, l'emploi aussi bien d'expressions populaires comme "perdre les pédales" que de termes plutôt techniques comme "obit". Il n'y a pas une page qui ne contienne son lot de navrantes inconséquences… à moins, bien sûr, que le traducteur, archimandrite facétieux, n'ait joué à exercer la sagacité des lecteurs en parsemant son travail d'énigmes, de pièges et d'incongruités… mais j'en doute.

Pour autant, faut-il s'acharner sur lui et, le chargeant d'imprécations, le vouer aux gémonies ? Ce serait bien mal le remercier du labeur – certes très imparfait – qu'il a fourni.

 

Disons qu'à mon sens, c'est plus un livre d'approfondissement, qui nécessite de déjà connaître de l'intérieur la vie de l'Eglise orthodoxe (sans quoi, il y a de quoi faire de sacrés contresens !) , et à ce titre un livre précieux !

 

Dame Cigale, qui me l'a offert, l'a trouvé à Solan, mais il est aussi disponible à la Procure.

Le livre existe aussi en traduction anglaise (mais là, je ne sais pas ce qu'elle vaut) et bien sûr en grec.

 

Addenda : après réflexion, ce livre pourrait s'appeler "Vivre la Divine Liturgie".

 

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9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 07:51

A force d'être vissé à mon poste de travail depuis des mois, à ne pouvoir faire que 50 pas dans une direction et 20 dans l'autre, de voir mon cerveau se figer dans une vigilance sans cesse renouvelée pour répondre aux attentes de mes interlocuteurs d'un instant et pallier aux défaillances des systèmes électroniques censés rendre ma tâche possible, la chose était décidée : après la Saison, dès que j'aurais un peu de vacance, je ferais une promenade.

Pas la petite promenade de quartier : non ; quelque chose d'ambitieux, de mémorable.

Après avoir scruté la carte, j'optais pour une boucle de 66 kms, avec halte au milieu, à un monastère catholique du coin, à faire sur une journée.

Que de la route (pas envie de me perdre en colline sur des sentiers que je ne connais pas !).

Dernier jour de travail, repas le soir, à la maison : demain, je ne suis pas là.

Au matin, je m'équipe… sac à dos, quatre provisions de bouche, des vêtements plus chauds (si le temps tourne) et me voilà parti, short, tee-shirt, sandales.

Oui, parce que : "vacances", quand même.

Le rythme de départ est bon, et je m'imagine, légionnaire romain chaussé de ses caligae, doublant les étapes à marche forcée.

Au bout de 4 kms, je sens un pincement sous un pied. Bougre d'andouille ! Je n'ai pas porté ces sandales depuis plus d'un an, et mes pieds sont à la forme des chaussures de sécurités qui sont mon lot 12 heures par jour, chaque jour.

2 kms plus loin, ce sont les sangles de l'autre sandale qui commencent à gentiment me déchirer la peau. Desserrer cela, ça devrait aller. Et puis, je sais qu'il y a une boutique, dans le prochain village, où je pourrais acheter des pansements.

J'avance donc, d'un pas vif, jusqu'au village en question.

J'ai fait 12 kms, et maintenant pansé ça devrait aller. La route s'enfonce dans la campagne : parfait. Pourtant, le "vif" se déplace : ce n'est plus tant le pas, que le mal.

Je sais déjà que je ne ferais pas la boucle en entier. D'ailleurs c'était plus déraisonnable qu'ambitieux.

Je ralentis, ce n'est plus un pincement sous le pied, c'est une brûlure… Allons, du cœur au ventre ! Le rythme reprend, mais ma moyenne s'effondre. Ce n'est plus du 6 ou 7 kms heure mais plutôt du 4. A midi, j'ai fait 19 kms. Le temps d'une frugale collation, je décide d'abandonner, et repars boitant des deux pieds (ce qui, contrairement à ce qu'en affirme Brassens, ne fait pas marcher plus droit). J'avance péniblement, dans une désespérante solitude : c'est l'heure du repas, et pas une voiture ne passe à laquelle je pourrais tendre le pouce.

Enfin, alors que j'arrive devant un petit calvaire de croisée de chemin, contre lequel je m'étais appuyé un instant à la montée, j'entends un moteur.

Volte face, je tends le bras, pouce extérieur.

La voiture stoppe, me charge et la brave dame se rendant à son travail dans mon village, me ramène en moins de vingt minutes.

Il ne me restait plus qu'a rentrer et soigner, à la manière de Piquebouffigue, des ampoules de la taille d'un œuf de pigeon.

J'aurais ainsi parcourus 22 kms à pieds, mettant une heure pour les trois derniers : finalement… elle sera quand même mémorable, cette promenade !

 

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5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 07:26

Lorsque j'ai, dernièrement, abordé la question de l'existence d'une traduction française de la Bible, selon les critères de l'Eglise orthodoxe, j'ai répondu plutôt par la négative.

Pour ce qui est d'une édition papier, c'est sûr.

Tout au plus ai-je renvoyé vers mes mises en ligne de la traduction de Giguet : quatre gros volumes, avec les suppléments… pas très pratique.

En fait, ce qu'il aurait fallu que je fasse en 2011, c'est de récupérer les "fichiers textes" générés par le serveur, puis – par une relecture aussi assidue que fastidieuse – corriger les innombrables erreurs de numérisation tout en composant une mise en page cohérente (parce que le système OCR considère chaque fin de ligne imprimée comme une fin de paragraphe…) bref, entreprendre une tâche titanesque dans laquelle, petit joueur, je n'ai pas osé me lancer.

Après tout, j'avais fait ma part, que d'autres s'y mettent aussi !

D'autres ? Ils ne se bousculent pas au portillon !

Pourtant, il y en a un : le P. Cassien.

Quand j'ai connu son site (peut-être était-ce vers 2005, ou avant ?) j'ai vu qu'il proposait trois textes de la Septante : Genèse, Exode et Ruth. Aussi lui ai-je envoyé une quinzaine de fichiers (en fait, le tome trois de Giguet sauf les Psaumes) que le P. Jean-Marie Arnould m'avait communiqué après en avoir réalisé une numérisation / modernisation à partir de mon exemplaire unique.

Lors donc que j'ai placé l'ensemble de la Giguet sur internet (en 2011, donc) le P. Cassien m'a fait savoir qu'il comptait rendre tout ça plus accessible.

Fanfaronnade de sa part ? Manifestement, ce n'est pas son genre : il vient juste de terminer.

Ainsi, toute la traduction de Giguet est maintenant disponible livre par livre sur cette page.

Et lui, il a bien mérité de figurer aux côtés de mes acharnés du texte !

 

Et, pour être honnête, ça me donne envie d'entreprendre la partie suivante de la tâche : moderniser un peu la langue.

Il ne s'agit en aucun cas de faire une "révision de la Giguet" (ce dont je n'ai pas les compétences) mais plutôt d'en rendre la langue plus immédiatement accessible à un lecteur actuel : remplacer les "vouvoiement à Dieu par le tutoiement, les passé-simples pluriel (vous allâtes…) par des passé-composés, voire trouver un synonyme adapté lorsqu'un mot employé est devenu trop obsolète, tout en faisant une seconde relecture pour éliminer les dernières coquilles (il en reste toujours après une première lecture), puis équiper le tout d'introductions indiquant, entre autres, l'emploi de chacun des livres dans l'Eglise orthodoxe.

A terme, il y aurait même moyen de faire un lectionnaire…

 

Alors s'il y a des volontaires, n'hésitez pas à me faire signe !

 

Et le Nouveau Testament ?

On trouvera, toujours chez le P. Cassien, les péricopes des Evangiles (et bien d'autres choses encore !)

Mais si on veut aborder le Nouveau Testament en entier, dans une traduction qui soit proche du texte byzantin, je pense que la traduction d'Oltramare est peut-être ce qui correspond le mieux… Mais là encore, si je veux mener à bien le projet d'une "Bible orthodoxe" en français sur le net… il y a du boulot !

 

1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 07:25

Voila qu'en consultant certains de mes anciens articles sur ce blog, je les trouve infestés de publicités.

La dernière fois que ça m'était arrivé, c'étaient de vilains programmes qui s'étaient logés dans ma machine, sous forme d'extensions, qu'il m'avait fallu retirer à la main.

Mais là… a priori, ce n'est pas ça.

Et puis, je me suis souvenu… on m'avait signalé qu'over-blog, la plate-forme que j'utilise,  venait d'autoriser les publicités…

Il ne me restait alors plus qu'à faire appel à un spécialiste, "une" spécialiste, plutôt : la Grande Cigale (les ados ont parfois des ressources insoupçonnées).

"Ah, oui, des anti-pubs, j'en ai essayé plusieurs, mais je te conseille "Adblock", c'est celui qui marche le mieux".

Je ne sais pas s'il marche "le mieux", mais c'est efficace, et gratuit.

Donc, Adblock Plus : ils ont des systèmes pour tous les "navigateurs" : Firefox, Internet explorer, Chrome, Androïd, Opera, Safari

Par défaut (parce que c'est ce que j'ai) je vous laisse le lien vers la page pour Firefox (mais de là, on peut aller sur les autres) : ça peut servir…

 

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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 07:34

Régulièrement, que ce soit à l'Eglise ou ailleurs, les Béatitudes m'accompagnent, au point que c'est un des tout premiers textes que j'ai préparé pour mon codex.

Comment en serait-il autrement : c'est un résumé des plus drastiques de l'Evangile, un des textes les plus paradoxaux du Nouveau Testament.

N'empêche… j'ai un peu du mal à m'y retrouver, dans les Béatitudes, à m'y reconnaître. Lequel, lesquels suis-je ?

 

Pauvre en esprit, moi qui aime tout de même bien mon petit confort ? Sans rêver de yacht ou de millions, je vis tout de même dans un des pays les plus riches de la planète, et m'en accommode sans doute trop bien. Ni Jean le Miséricordieux ni François d'Assise ne me reconnaîtraient pour un de leurs disciples. Non, décidément, ce n'est pas moi.

 

Affligé ? Il y a belle lurette que l'on ne m'a pas vu pleurer. Sans doute je n'ai pas subi de grands malheurs, mais si je ne pleure pas sur moi, je ne le fais pas non plus avec ceux qui souffrent, et ma sécheresse d'yeux pourrait bien s'apparenter à une sécheresse de cœur, un manque d'empathie. Bref, là non plus, ce n'est pas moi.

 

Serai-je alors parmi les doux ? Sans être véritablement un sanguin, j'admire ceux qui savent reprendre avec douceur, écouter avec longanimité, expliquer avec patience, corriger avec délicatesse. Et admire-t-on ce que l'on fait soi-même ?

 

Affamé et assoiffé de Justice. Ce doit être ça ! Quoique… s'il est vrai que j'ai travaillé dans le social (et même bénévolement), c'est surtout parce que ça s'est présenté comme ça. J'en ai connu, des assoiffés de justice, prêts à battre le pavé chaque fois que nécessaire, à se faire "la voix des sans-voix", à mettre en œuvre des projets concrets pour les maltraités de toutes sortes… Mais moi, non… je ne suis pas de cette race là.

 

Miséricordieux, peut-être ? Sincèrement, j'espère vraiment que Dieu l'est plus que moi… sinon il y a du soucis à se faire !

 

Cœur pur ? Ah, si seulement…

 

Il reste quoi ? Pacificateur ? Si bien souvent je me retiens d'exprimer un avis, une opinion, pour ne pas rajouter de l'huile sur le feu, il y a loin entre ça et apaiser les conflits, les personnes. Non, hélas, là encore, ce n'est pas moi.

 

Alors, persécuté pour la Justice ?  Franchement, non seulement je ne le suis pas, mais en outre ça ne me tente pas du tout ! Si j'admire les martyrs, je suis terrifié par ce qu'ils ont eu à subir, et n'espère qu'une chose : c'est que me soit épargnée cette épreuve.

 

Ainsi, je ne suis nulle part, dans les Béatitudes. Ah, si…en fait, dans la toute première phrase.

Bien sûr, elle n'est pas glorieuse , la place de celui qui s'exprime ainsi. Le tout premier qui l'ait fait était en train d'agoniser sur une croix, condamné à cause de méfaits qu'il ne niait pas.

 

Oui, c'est bien dans ces paroles que nous disons en préambule que, sans aucun doute, je me situe.

 

Dans ton Royaume, souviens-toi de nous, Seigneur.

Bienheureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux est à eux.

Bienheureux les affligés, car ils seront consolés.

Bienheureux les doux, car ils hériteront la terre.

Bienheureux les affamés et assoiffés de justice, car ils seront rassasiés.

Bienheureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.

Bienheureux les coeurs purs, car ils verront Dieu.

Bienheureux les pacificateurs, car ils seront appelés fils de Dieu.

Bienheureux les persécutés pour la justice, car le Royaume des Cieux est à eux.

Bienheureux serez-vous lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera, et qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux.

 

24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 07:47

Lui, c'est Félix, et c'est un gentil. Enfin, plutôt un indifférent. La seule chose qui l'intéresse, Félix, ce sont ses mains : il masse les gens et, disons-le, il soulage de multiples douleurs.

Du coup, il est célèbre, Félix…au moins un peu, il soigne des gens haut placés aux quatre coins de l'Europe, y compris en Allemagne, alors qu'une bande d'énergumènes vient de prendre le pouvoir.

Eux, il ne les aime pas… mais bon, il s'en fiche un peu… il n'est pas allemand. Tout ce qu'il demande, c'est de ne pas avoir affaire à eux.

Et justement, là ça coince : un de ses patients – plus un ami qu'un patient, même, un qui n'a absolument rien à voir avec la bande d'excités au pouvoir – lui demande comme un service personnel, un de ceux qu'on ne sollicite qu'une fois dans une vie, de soigner le sous-chef des méchants. Pas le sous-chef adjoint, pas le sous-fifre intérimaire… non, le vrai N° 2... le Reichsführer-SS Heinrich Himmler en personne.

 

On a beau ne pas se sentir très concerné par ce qui se passe, peut-on en conscience soulager les douleurs d'un type pour qu'il puisse mieux commettre ses méfaits ?

En fait, l'idée de l'ami solliciteur était curieuse : avec un peu de chance, Félix pourrait user de son influence bénéfique sur Himmler.

Lorsqu'on voit le résultat d'une décennie de régime "national-socialiste", sur l'Allemagne d'une part et sur le reste de l'Europe d'autre part, lorsqu'on voit surtout le nombre de décrets signés Himmler condamnant des centaines de milliers, des millions de personnes, à mort, on peut s'interroger sur l'efficacité de la méthode.

Quand on pense à la déportation massive des Juifs, des Tsiganes, des Hollandais… Ah, non… celle des Hollandais n'a pas eu lieu : Félix avait été averti du projet par le secrétaire personnel de Himmler et avait réussi, au cours d'une séance de soins, à lui arracher de reporter cela "après la victoire de l'Allemagne".

Comme aussi il réussit à lui arracher la grâce de dizaines de millier de personnes.

Parce que si Himmler vouait une obéissance et une fidélité sans faille à son "Fuhrer", il ne savait pas refuser ce que "son ami Félix", qui le soulageait si bien de ses douleurs, lui demandait.

Et Félix ne demandait jamais autre chose.

 

Alors, bien sûr, dans un monde en noir et blanc, il n'existerait pas, Félix ; mais dans le monde réel, il s'appelait Félix Kersten.

 

C'est au cours d'une émission radio de Guillaume Gallienne, sur France Inter que j'en ai entendu parler, dernièrement...

 

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20 août 2014 3 20 /08 /août /2014 07:34

 

Par définition (ou presque) un copiste écrit et commet des erreurs.

 

S'il écrit sous la dictée, ce seront surtout des fautes auditives, soit qu'il simplifie phonétiquement des mots ("été" pour "étaient", par exemple) soit – plus problématique – que face à une phrase dont il ne comprend pas le sens, il restructure les syllabes jusqu'à recomposer… quelque chose.

Deux souvenirs me reviennent à ce propos, du temps où j'étais étudiant.

Le premier. Alors que je dictais un rapport de stage à une fort serviable secrétaire (c'était encore l'époque des machines à écrire) elle interrompt ma dictée pour me demander "C'est quoi, un Stycid ?" Le premier moment de flottement passé, je comprends sa question. Je venais de dire "Les pesticides…" et, ignorant tout de l'arsenal des produits phytosanitaires, elle s'apprêtait à écrire, à tout hasard, "L'épais stycid…". Sa question évita le pire.

Ce qui ne fut pas le cas pour un autre étudiant qui vint un jour me solliciter pour quelques précisions sur je ne sais plus quel cours. A vrai dire, ce qu'il en avait retenu était si confus que, saisi d'un doute, je lui demandais de me montrer ses prises de notes. Il me sortit plusieurs feuilles d'une écriture plutôt soignée d'un texte sans queue ni tête, duquel émergeait, parfois, quelques mots en rapport avec le thème du cours.

Ce n'est qu'après avoir lu à haute voix quelques lignes de ce fatras, dont il m'affirmait sans rire que c'était bien ce que le prof avait dit, que je compris enfin qu'il avait effectivement copié intégralement toutes les paroles du prof, agglomérant les sons comme il venaient, réservant à "plus tard" de comprendre ce qu'il avait écrit.

 

Si par contre le copiste suit un modèle placé devant lui, les risques ne seront pas moindres, qu'il soit d'ailleurs scrupuleusement vigilant ou quelque peu fatigué.

Le négligent, ou fatigué, risque d'omettre un morceau de phrase (voire plus) pour peu que, le texte qu'il copie ait – à relativement peu de distance l'un de l'autre – plusieurs fois le même mot important : c'est ce que l'on appelle le "saut du même au même". Il peut aussi, bien sûr, omettre un bout de phrase pour peu qu'il quitte des yeux son modèle pour copier une partie qu'il connaît par cœur… ou presque.

Toutefois, malgré cela, le scrupuleux est plus redoutable encore.

Lui, ce qu'il aime, c'est de rendre un travail impeccable, attitude louable, sans aucun doute, mais…

Soit il va rigoureusement respecter son modèle, quitte à conserver des erreurs pourtant manifestes, soit il va vouloir le corriger, et là… tout est possible.

Trouve-t-il une forme grammaticale un peu rare un peu archaïque, le voilà qui modernise son texte, le modifiant au passage (et bienheureux lorsqu'il n'introduit pas un contresens au passage).

Y a-t-il dans la marge quelques mots ? Le voilà qui soupçonne le copiste précédent d'avoir omis ces mots dans le texte, de s'en être rendu compte à posteriori et de les avoir hâtivement notés en marge. Lui donc, ouvrier appliqué, les inscrit à ce qu'il pense être leur place, intégrant alors dans le texte ce qui n'était qu'une glose.

Se trouve-t-il enfin devant un texte qui lui semble – il en est certain – lacunaire, le voilà qui écrit soigneusement les mots qui manquent… Mots qui existent bien, c'est vrai, mais ailleurs, plus loin, ou dans un autre texte…

 

Et quand on sait qu'un copiste scrupuleux peut aussi être fatigué…

 

C'est pour cela que pour "mon" codex, je multiplie les brouillons. Non seulement pour trouver une mise en page qui convienne, mais encore pour bien me familiariser avec le textes à copier.

J'ai ainsi préparé, pour l'insérer plus loin dans mon codex, le texte des Béatitudes. Choix des couleurs, mise en page, notation musicale inspirée de la psaltique byzantine, jusqu'à obtenir une brouillon "parfait" que je n'aurais plus qu'à recopier proprement le moment venu.

Voire !

L'autre dimanche, comme il n'y avait pas de liturgie, nous prenions en famille un temps pour lire l'Evangile, prier et, comme d'usage, chanter les Béatitudes. En plus du livret habituel, je pris donc mon beau brouillon avec, avouons-le, une certaine satisfaction.

Et là, miséricorde ! c'est catastrophique : j'ai réussi le tour de force – dans un texte aussi court – de faire une omission "du même au même" (il manque "Bienheureux les cœurs purs, car ils verront Dieu") et d'oublier deux mots un peu plus loin (Bienheureux serez-vous lorsqu'on vous outragera, vous persécutera, et dira…). Heureusement que ce n'est qu'un brouillon !

 

Quand je vous dis qu'à cette époque de l'année, je suis épuisé…

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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 07:25

Fichue usure !

Voilà des mois, des années même, que la portière conducteur de la voiture (je veux dire, la vieille voiture, qui a plus de 20 ans et sert surtout à aller chercher du bois) est capricieuse.

D'abord, elle a eu du mal à fermer en hiver, lorsqu'il gelait, puis à s'ouvrir, quelle que soit la saison.

Je l'avais déjà démonté pour insérer, dans le mécanisme, un système de ma fabrication, histoire de compenser le jeu créé par l'usure des pièces mobiles. Efficace, sans doute… enfin, pour quelques mois seulement. Mais là, il faut se rendre à l'évidence : même la petite claque sur la portière, pour débloquer le mécanisme (et qui au fil du temps ressemble de plus en plus à un coup de poing) n'a plus la moindre efficacité.

Il va falloir envisager de faire les Casses Automobiles pour acheter un autre mécanisme… ou plutôt même, une portière d'occasion.

Alors, sachant cela, pourquoi me suis-je mis, un soir, à démonter de nouveau la garniture de la portière ? Quelle lubie m'a donc poussé à cela, puisque je sais que ce qui est en cause, c'est l'usure des pièces mobiles ? A quoi bon cette bombe de dégrippant et ce pot de graisse mécanique ? Sans doute l'espoir imbécile de repousser de quelques petits jours le moment fatidique…

Stupidement, donc, j'ôte une par une les vis nécessaires, puis envoie du gras sur les ressorts, les jointures, un peu partout, juste pour ne pas me reprocher, plus tard, de n'avoir pas tout tenté.

Et, de fait, voilà que ça se remet à fonctionner : il n'était pas usé, mais grippé. Fortement grippé, il est vrai, mais plus j'envoyais de graisse dans les recoins les plus inaccessibles, plus le mécanisme déclenchait avec légèreté, avec subtilité…

 

En fait, ceci se passait fin janvier, et depuis ce moment, c'est juste un plaisir que d'ouvrir cette portière que j'envisageais alors de jeter à la casse.

 

Au fait, pourquoi parler de cela maintenant ? Allez savoir… peut-être parce que je n'ai pas eu le courage de faire un billet sur les relations humaines, ou la politique internationale…

 

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