3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 05:35

 

Retour de la grande ville, loin, où la Grande Cigale vient de s'installer pour ses études.

Bien sûr, je quitte trop tôt l'autoroute, et me retrouve en pleine campagne, dans un coin que je ne connais pas.

Allons, bon ! le plus logique serait de reprendre l'autoroute et aller jusqu'à la bonne sortie, mais voila, s'égarer un peu c'est peut-être l'occasion de découvrir quelque chose... D'ailleurs, qui à dit "Ne demande jamais ton chemin à quelqu'un qui le connaît, tu risquerais de ne pas t'égarer..." ?

Bref, je prends un peu au pif une des routes qui se présente devant moi, espérant trouver, plus loin des indications pour me remettre sur le bon chemin.

C'est comme ça que je suis tombé face aux panneaux de la photo.

Oh, je ne suis pas certain que les employés de la voirie qui les ont installé en auront saisi tout le sens, toute la saveur, mais pour moi, j'ai trouvé cet assemblage tout à fait pertinent.

Déjà, des noms de communes comme "St Sauveur", ça me met le coeur en fête.

Les gens n'y sont sans doute pas plus chrétiens qu'ailleurs, mais c'est quand même un témoignage de la foi de ceux qui ont bâti le village, un témoignage qui interpelle.

Mais... les panneaux en dessous ?

Hé bien, ils m'ont bien plu, les panneaux en dessous.

En effet, ce Jésus-Christ, ce Saint Sauveur* auquel il est fait référence, n'est-il pas Celui auprès de qui nous pouvons venir avec tout ce qui nous encombre, tout ce qui doit être jeté ?

Et après avoir déversé tous nos "déchets" au pied de la Croix, encore faut-il être nettoyé, purifié.

Enfin, le panneau suivant nous indique que là, nous pouvons être nourris, reprendre des forces.

Si quelqu'un s'avisait d'interpréter ces trois panneaux "Déchetterie", "Station d'épuration" et "Restaurant" comme désignant le Repentir, le Baptême et la Communion... je ne saurais le lui reprocher.

 

Enfin, tout en bas, il y a encore un panneau indiquant une "industrie". Qu'est-ce à dire ?

Simplement que si nous croyons au Sauveur, si nous sommes dans l'Eglise, ce n'est pas pour nous y comporter comme des vacanciers, mais bien pour servir. Car c'est bien ainsi que nous sommes désignés depuis notre baptême : le "serviteur de Dieu untel", la "servante de Dieu unetelle"... et sans doute nous faut-il être industrieux au service de notre Dieu

 

Bonne, sainte et bénie

nouvelle année liturgique !

Note :

* D'autant que le nom de cette commune fait précisémment référence au Christ, et non à tel ou tel saint du nom de "Sôtir" ou "Salvator", ce qui signifie "sauveur" en grec ou latin (il y en a). En effet, une légende, transmise de génération en génération, rapporte que des bateliers en perdition sur la rivière en crue, auraient fait le vœu, s'ils étaient sauvés, d'édifier une chapelle là où ils accosteraient. Le courant les dirigea contre la rive droite du torrent, et purent ainsi échapper au naufrage. Ils firent donc construire en ce lieu une chapelle qu'ils dédièrent au Sauveur....

 

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 05:47

Mardi après-midi, relâche.

Armé de deux sacs plastiques, je prends la petite route qui monte. A peine sorti du village, je commence la cueillette des mures de ronce... deux poignées, trois tout au plus.

Plus loin, un vieux pommier en bord de champs se laisse prendre une dizaine de pommes : le sol est jonché de fruits blets, signe certain que l'arbre est délaissé par le propriétaire.

Je continue ma marche, et de pauvres vignes retournées sauvages me tendent quelques maigres grappes.

Encore après, je récolte quelques prunes bleues; et en fin de parcours, contre des masures en ruines, ce sont des figues qui vont dans mon sac.

Toute une petite récolte  qui fut ensuite transformée en quelques pots de "confiture d'automne".

 

*  *  *

Ailleurs, très loin, c'est "monoculture".

Des centaines, des milliers d'hectares* de [au choix] amandiers, pamplemoussiers, orangers...

Des cultures méthodiquement soignées avec ce que la science et la technique offre de "mieux" en terme de protection phytosanitaire : lutte contre les insectes ravageurs, contre les plantes adventices, contre les maladies cryptogamiques... Ceci afin d'obtenir les meilleures récoltes, les plus beaux fruits, les rendement optimaux.

Oh, bien sûr, ça nuit quelque peu à la biodiversité.

 

Imaginez une abeille qui – parce qu'elle a une santé de fer – parvienne à survivre aux épandages de pesticides. Elle sera néanmoins (elle et sa ruche, bien sûr) condamnée à mourir de faim. Parce que, pour faire les réserves de miel nécessaires au nourrissement de la colonie durant la saison froide, il faut plus que les quelques jours de floraison d'une espèce, fut-elle en abondance.

Or, là il n'y a QUE des pamplemoussiers (ou que des amandiers, ou que des orangers...) à des dizaines de kilomètres à la ronde.

Donc rien pour se nourrir (si on est abeille) après la floraison, rien pour nourrir le couvain, rien pour que la ruche tienne jusqu'à la floraison suivante.

Une sorte de désert qui produit des fruits.

Enfin... "qui produit des fruits" si les arbres sont pollinisés.

Et ça, la pollinisation, c'est le boulot des abeilles.

Qui ne sont pas là.

Alors, au moment de la floraison, c'est à coup de dizaines milliers de ruches, sur des semi-remorques, que les abeilles sont amenées – travailleurs immigrés, simples maillons de la "chaîne de production" – le temps de polliniser, avant d'être emmenées ailleurs, et ailleurs encore...

 

*  *  * 

C'est curieux, en commençant ce billet, je n'y pensais pas, mais mardi prochain, c'est le premier septembre.

Le début de l'années liturgique.

Et aussi, le jour de l'Office pour la sauvegarde de la création

 

 

Note

Rappelons qu'un hectare correspond à un carré de 100 m de côté. Donc, un terrain de 1 km de côté, c'est 100 hectares.

 

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26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 05:16

Midi et demi, une heure peut-être ; le téléphone sonne.

A peine ai-je eu le temps de dire "Allo" qu'une voix de jeune femme débite avec la conviction nécessaire un argument dont je saisis à peu près le principal : il s'agit de voyance par téléphone.

Je sais que, nécessairement, elle finira par se taire, alors j'attend.

Enfin, elle termine par :

"Donc, êtes-vous intéressé par une séance de voyance gratuite, maintenant ?"

Je répond :

"Non, vous devriez le savoir."

Et je raccroche.

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22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 05:34

Je vous ai déjà parlé de Sébastien Faure, ce propagandiste anarchiste qui sillonnait la France en tous sens pour démontrer l'inexistence de Dieu : un spectacle bien rodé qui faisait toujours son petit effet. Car il ne manquait pas d'imagination, le conférencier, pour trouver l'argument qui fait mouche, l'exemple qui frappe l'imagination.

Et même si ses démonstrations ne valaient pas tripette, encore fallait-il oser lui donner la contradiction, et surtout le faire avec suffisamment de brio pour entraîner l'adhésion des auditeurs.

On sait comment Louis Arnould lui répondit à Poitiers, démontrant la vacuité des "preuves" de Faure.

 

Mais voila que, dans le Nord – pays de mines et de terrils – notre conférencier mit en scène un nouvel argument : la preuve par la montre.

A un moment quelconque de sa conférence il plaçait sur la table, où se trouvaient déjà carafe et verre d'eau, un réveil. Un gros réveil de ménage, bien visible, qu'il remontait cérémonieusement avant de tendre un poing rageur vers le ciel et de lancer quelques invectives bien senties contre Celui qui est censé y trôner.

Puis, se tournant vers l'auditoire, il expliquait :

"Chers amis, je viens de régler ce réveil pour qu'il sonne dans trois minutes. Or, avec ce que je viens de dire à Dieu – si toutefois il existe – il ne peut me laisser impuni et, puisque je l'ai défié, il se doit de me foudroyer sur le champs pour restaurer son honneur. Je vous propose donc d'attendre pour voir ce qui va se passer, et chacun pourra en tirer les conclusions qui s'imposent."

Commençait un long compte à rebours, marqué par le tic-tac du réveil, et les commentaires de Faure : "plus que deux minutes !... plus qu'une minute !"

Et lorsqu'enfin le réveil sonnait, le conférencier s'exclamait – remportant un franc succès :

"Sébastien Faure est vivant, donc Dieu n'existe pas !"

 

Comment contrer une telle démonstration ?

Henri Nick, un pasteur qui avait déjà eu maille à partir avec le propagandiste athée, trouva enfin.

Un soir, alors que Faure venait de régler son réveil et d'expliquer le compte à rebours, le "père Nick" monta sur scène. Sébastien Faure l'invita donc, d'un ton affable, à se presser car :

"si vous avez raison, dans moins de deux minutes je ne serais plus là pour vous écouter".

Pour toute réponse, Monsieur Nick sortit de sa poche – sous les yeux incrédules du public – un pistolet... qu'il tendit au conférencier avec ces mots :

"Faites attention, il est chargé".

Puis il lui servit quelques "gentillesses" que la postérité n'a pas conservé, suffisantes pour terminer par ces mots :

"Et maintenant, tirez ! Mais si dans dix secondes le père Nick n'est pas mort, c'est que Sébastien Faure n'existe pas !"

 

Puis, tirant une montre à gousset de son gilet, il égrena :

"Dix, neuf, huit, sept, six, cinq, quatre, trois, deux, un !"

Puis, reprenant l'arme des mains du conférencier éberlué, il se tourna vers le public en clamant :

"La preuve est faite, Sébastien Faure n'existe pas !"

 

 

La stupéfaction se mua en un tonnerre d'applaudissement.

 

 

Notes:

J'avais déjà placé une version de cet anecdote, que m'avait signalé le pasteur de mon village, en note du billet sur Sébastien Faure et Louis Arnould. Mais qui l'aura vu ? Aussi il m'a semblé judicieux de la remettre en avant.

 

 

 

 

 

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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 05:37

Il a plu cette nuit.

Au matin, il fait meilleur, presque frais, et – comme on dit – "on respire un peu !"

Pourtant, à mon poste de travail, j'ai l'impression de manquer d'air, épuisement estival oblige.

Comme il a plu, c'est un peu calme... Je regarde l'icône qui décore mon bureau. Oui, c'est ça, qui "décore".

J'ai tout un tas de travaux* en cours... lequel vais-je essayer d'avancer ? Rien ne vient.

De nouveau, mon regard se pose sur l'icône, croise le regard du Christ... Prier ?

 

Oui, sortir la tête de l'eau, respirer ; au milieu d'une zone aride, plonger les lèvres dans l'unique source et boire à long traits ; après des heures de marche ininterrompue, s'asseoir et poser le sac... prier.

 

Je prends le manuscrit derrière moi, l'ouvre. Il n'y a que quelques pages d'écrites, et pourtant, chacune est un élixir de vie.

Aussi, interrompu autant que nécessaire par mes interlocuteurs d'un instant, je lis ces mots choisis : prières de l'Eglise, fragments de psaumes, tropaires...

Je lis en français, en grec, en latin, en hébreu, en arabe, au gré des langues que j'ai employé pour copier. Il y a même du syriaque (ah, oui, je me souviens pourquoi j'ai copié ces mots ainsi)... que je lis en français.

Car si mes vêtements sont sobres, communs, j'aime à ce que ma prière soit (du moins, linguistiquement parlant) une sorte de manteau d'Arlequin.

Que je chante le tropaire de la résurrection, il prendra des "teintes" différentes, se chargera de souvenirs spécifiques selon que je le chante en français, en grec, en slavon ou en arabe. De même, si je laisse tel fragment d'homélie en grec, ou telle citation en latin, c'est parce que...

Bref, chaque parole est chargée – en plus de son sens direct – de tout un vécu autours, avec.

Une manière de saisir ces mots pluri-séculaires et d'en faire "ma" prière... une manière aussi de me laisser saisir par ces mêmes mots et d'entrer dans la prière de l'Eglise.

 

Bref, lorsque j'eus fini, j'étais toujours aussi fatigué, mais avec au coeur de la joie, de la reconnaissance, une forme de soulagement.

 

Et quand je regardais à nouveau l'icône, sur mon bureau, elle ne le "décorait" pas ; elle était là, rappel discret de la présence de Dieu...

 

 

Notes

* Quand je parle de "travaux", ce sont des choses comme l'Homélie d'Astérios, que je tente d'avancer au gré de fragments d'instants libres, entre deux "interlocuteurs"...

PS : pour l'illustration de ce billet, j'ai vraiment manqué d'inspiration... que voulez-vous, la fatigue...

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14 août 2015 5 14 /08 /août /2015 05:56

Une fois encore, j'aurais vu passer les fêtes fixes au loin, de mon poste de travail.

D'abord, il y a eu l'Annonciation, puis la Transfiguration, et maintenant... la Dormition.

Le genre de fête qui ne survient que "parfois" un dimanche, et pour tout dire, "pas souvent".

Alors, entre deux "interlocuteurs d'un instant" – et dans la mesure où la chose en carton bouilli qui me tient lieu de cerveau me le permet* – je médite en pointillé sur la fête.

 

La Dormition de la mère de Dieu...

"Encore une fête à Marie !" me disait naguère une amie protestante pour qui une telle solennité est au mieux hermétique, pour ne pas dire franchement scandaleuse, faute d'en percevoir le lien organique avec l'ensemble de l'oeuvre du salut.

 

La faute à des représentations catholiques, mariales au point d'en escamoter la présence du Christ ? Sans doute, au moins pour une bonne part.

La faute à une hyper réactivité protestante qui obture les oreilles, fait dresser les poils sur les bras et sortir les griffes dès qu'il est question de Marie ? Sans doute aussi.

 

Or, que nous montre l'icône de la fête ?

Le Christ en gloire venant chercher – tel un enfant nouveau né – l'âme de Marie défunte.

 

Marie... la "Mère de Dieu" ? Oui, celle qui a enfanté celui qui, par nature , est "véritablement Dieu et véritablement homme"**.

Marie... la "Toute sainte" ? Oui, celle qui, aussi, proclame que Dieu est son sauveur***.

Marie... "Plus vénérable que les chérubins et incomparablement plus glorieuse que les séraphins " ?  Oui, puisque sa participation à l'oeuvre du salut [n'a t-t-elle pas porté en elle Celui que les Cieux ne peuvent contenir ?] lui donne une dignité unique. Mais aussi – et la théologie orthodoxe ne s'y est jamais trompée – une créature, un être humain parmi les autres. Un destin exceptionnel, certes, mais qui ne la retire pas de notre condition commune.

 

Alors, Marie, mortelle, meurt.

Et inversant les rôles, c'est son Fils (et son Dieu) qui vient porter cette âme, qui la fait passer "de la vie à la Vie".

 

Et ce qu'il advient de Marie, c'est aussi ce qui nous doit nous advenir. La Dormition, c'est tout à la fois la proclamation de la victoire du Christ sur la mort, et la promesse de notre propre accueil dans le paradis de Dieu.

 

Alors, belle et sainte fête à tous.

(avec, pour certains, une petite treizaine de jours d'avance)

 

 

Notes

* Oui, l'été reste un temps éprouvant pour moi, au boulot.

** Définition du Concile de Chalcédoine

*** Evangile de Luc 1.47

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9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 05:30

Ils sont fous, ces Roumains !

Non, je ne me prends pas pour Obélix, mais...

A plusieurs reprises, je vous avais signalé des volumes des Pères de l'Eglise, dans une collection appréciée. Et déjà, une fois ou l'autre, j'avais pu remarquer que les comptes à l'origine de ces mises en ligne avaient pour détenteurs des roumains.

Ce coup-ci, c'est au seau, à la brouette !

Il y a des textes de Jean Chrysostome, de Basile le Grand, d'Origène, de Sozomène, de Théodoret, de Grégoire le Théologien, de Jean Cassien et de plein d'autres encore !

Certains que j'avais signalé à partir d'autres comptes, mais une bonne quarantaine que je n'avais encore jamais vu (et aussi, bien sûr, pleins de documents en... roumain)

Au point que je ne vais pas détailler la liste de ce qu'il y a, mais vous laisser aller voir sur le compte de "Sava Cristi", sur Scribd.

En général, ça ne reste pas très longtemps disponible...

 

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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 05:36

Tout autours de mon poste de travail, les cigales s'en donnent à coeur-joie, stridulant à qui mieux-mieux afin de me rappeler – si besoin en était – qu'il me faut avancer ma présentation de l'homélie d'Astérios.

D'ailleurs je m'y suis attelé. Allant des "anciens" (Aristote, Elien, Avianus et bien d'autres) aux modernes (relire les notes de Fabre est un vrai plaisir), je me plonge dans l'univers mythique, poétique et scientifique de la bestiole... rien de bien compliqué.

 

D'un autre côté, je tombe, dans l'homélie, sur cette phrase :

Lutte de ton mieux, nouveau baptisé, que la cigale ne te dépasse pas, que Dieu n'ait pas à te dire: "La tourterelle, la cigale et l'hirondelle, tous les volatiles des champs ont su reconnaître le temps de leur arrivée, mais ce peuple ne m'a pas connu"

avec cette référence : Jérémie 8.7.

C'est curieux, je ne me souvenais pas qu'il y fut question de cigale. D'ailleurs, elle ne s'y trouve pas.

Ah, bien sûr ! Astérios utilise la Septante. Oui, mais...là non plus, pas l'ombre d'un Tettix. (Oui, parce que τέττιξ [tettix = cigale] est masculin en grec).

Ce bougre d'Astérios aurait-il subrepticement ajouté une cigale à sa citation, histoire de mieux entraîner son auditoire ?

Déconcerté, je tente – un peu au hasard – une dernière recherche : "septuagint + τέττιξ".

Et là... bingo !

Dans ce qui semble être une concordance, je trouve l'indication "τέττιξ Jer. 8:7 Sy". Il est donc bien question, au moins quelque part, de cigale dans ce verset... mais que désigne "Sy" ? Astérios se serait-il basé sur une traduction syriaque du livre de Jérémie ? Comment savoir, puisque je n'ai pas accès aux pages d'introduction ?

Bon, j'ai au moins une piste.

A force de recherches, je finis par tomber sur une autre concordance... guère plus accessible. Là, je trouve : "τέττιξ  [Sm. Je. 8.7]".

Qu'est-ce que c'est que cette affaire ? Il serait question de cigale dans une version samaritaine du Livre de Jérémie ?Mais d'abord, il n'existe à ma connaissance pas de traduction samaritaine  de Jérémie...

Pour le coup, j'ai accès à l'introduction : deux pages dans lesquelles aucune nomenclature claire n'est indiquée... juste est-il indiqué que la concordance est basée sur les codex Alexandrinus [A], Vaticanus [B], Sinaiticus [S] ainsi que l'édition Sixtine de 1587 [R].

Et si "Sm" signifiait "correction en marge dans le Sinaiticus" ?

Quelques clics, et me voila en train de consulter le célèbre manuscrit. Mais j'ai beau scruter le parchemin, aucune correction de ce type sur le folio en question.

Retour à l'introduction de la concordance ou, en peu de mot il est question des Hexaples. Nom de NOM ! Les hexaples, l'édition critique d'Origène pour l'Ancien Testament, dans laquelle il avait mis en colonnes parallèles les traductions des Septante, de Théodotion, d'Aquila, de Symmaque...

Il ne me reste donc plus qu'à consulter ces fameuses Hexaples, du moins telles qu'elles ont été reconstituées...

C'est bien ça ! Tettix est indiqué comme se trouvant dans le texte de Symmaque (ce qui est plus précis que le "X+ τέττιξ" [ce qui se traduit "certain(s) manuscrit(s) ajoute(nt) τέττιξ] de la polyglotte de Vigouroux)

 

Ainsi donc, Astérios n'a pas inventé son allusion à la cigale dans sa citation, mais l'a trouvée dans une des traductions qu'il utilisait (ce n'est manifestement pas la seule)... celle de Symmaque !

 

Et "Sm" ou "Sy" ? Ben, deux abbréviations pour "Symmaque", comme cela s'est confirmé lorsque j'ai pu finalement dénicher un exemplaire complet et accessible de la première concordance consultée.

 

Petit récapitulatif

 

La septante : texte grec et traduction française

 

Concordance grecque de la LXX par Hatch et Redpath

 

Concordance grecque de la LXX par Morrish

 

Les Hexaples d'Origène : Tome 1 et tome 2

 

Le site du codex Sinaiticus

 

La Bible polyglotte de Vigouroux : Tome 1, Tome 2, Tome 3, Tome 4, Tome 5, Tome 6, Tome 7, Tome 8

 

 

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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 05:30

En relisant quelques lignes de Synésius de Cyrène, je tombais - dans sa première hymne - sur cette méditation dont le fond n'est pas sans évoquer la pensée du Livre des Proverbes (chap 30. 8-9), mais dont la chute me fit sourire.

Oui, il avait bien raison... les choses simples...

 

 

La force, la beauté, la fortune, la renommée, l'éclat de la royauté, qu'est-ce que tout cela, au prix de la méditation qui recherche Dieu ?

Qu'un autre soit habile à diriger un coursier ou à tendre l'arc; qu'un autre amasse des richesses et veille sur des monceaux d'or; qu'un autre, fier de sa chevelure qui flotte sur ses épaules, soit vanté pour ses attraits parmi les jeunes gens et les jeunes filles.

Pour moi, qu'il me soit donné de couler en paix des jours obscurs ! Qu'ignoré du reste des hommes je connaisse les choses de Dieu ! Que j'aie pour compagne la sagesse : précieuse dans le jeune âge, précieuse dans les vieux ans, elle l'emporte sur la richesse.

La sagesse, en souriant, me fera supporter aisément la pauvreté, inaccessible aux amers soucis de la vie. Puissé-je seulement avoir assez pour n'aller rien demander à la chaumière du voisin, pour n'être pas courbé, dans la détresse, sous le poids des cruelles inquiétudes.


Écoute le chant de la cigale qui boit la rosée du matin.

 

 

 

Notes :

J'avais placé, en 2008, les 10 hymnes de Synésius sur Archive : elles y sont toujours.

Et, la photo... je l'ai juste trouvée sur internet.

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28 juillet 2015 2 28 /07 /juillet /2015 05:06

La jeune cigale a pris des ailes pour passer l'océan. Pas les siennes, bien sûr, celles d'un avion.

Parce que pour aller au Canada, c'est soit allongé sur un matelas pneumatique, en se propulsant avec les bras (mais c'est long et aléatoire) ; soit en avion.

Sauf que l'avion, il y a des gens que cela met mal à l'aise... très mal à l'aise. Et la jeune cigale en fait partie.

- Vous ferez quoi de mes affaires, si mon avion s'écrase ?

- Je sais qu'il y a peu de risque que mon avion s'abîme en mer... mais ça peut arriver, non ?

- etc

 

Alors, sur un bout de papier, je lui ai copié la prière du voyageur* et lui ai remis.

 

Ô Sauveur,

Toi qui a marché avec Luc et Cléopas

en chemin vers Emmaüs,

Accompagne tes serviteurs et servantes

qui sont en route

ou se préparent à partir,

Et garde-les de tout mal.

Amen

 

Rien à voir avec un talisman, grigri ou autre amulette.

Simplement, il est juste de se remettre à la garde de Dieu, y compris pour voyager.

Et aussi, au cas où elle se sentirait un peu anxieuse, plutôt que de laisser son cerveau s'empêtrer dans des idées morbides (on sait à quel point l'imagination ne rechigne jamais à ajouter son grincelle** quand on ne lui demande rien) ; l'aider à tourner ses pensées, puis son coeur vers Celui qui non seulement peut la garder du mal, mais aussi lui donner la paix.

 

Notes

* Il en existe plusieurs variantes... c'est donc celle que j'utilise.

** Je ne résiste pas à l'envie d'utiliser ce faux néologisme, signalé sur Bescherelle ta mère, et qui n'est qu'un involontaire détournement de "grain de sel".

 

 

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