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26 mai 2015 2 26 /05 /mai /2015 07:49

Il y a bien des années, j'avais lu "La croix et le poignard" du pasteur David Wilkerson.

Pour ceux qui ne connaissent pas ce livre, ça raconte comment un jeune pasteur américain (Wilkerson lui-même) a osé s'aventurer à Brooklyn pour témoigner de l'Evangile auprès des jeunes des gangs, et comment certains d'entre eux se sont convertis, notamment un jeune porto-ricain particulièrement violent, Nicky Cruz.

A vrai dire, c'était un récit marquant !*

 

Tout dernièrement, je viens de lire la suite. Enfin, une des suites.

C'est l'histoire d'un autre jeune, français celui-là. Un gamin à l'enfance chaotique, qui était en train de virer délinquant.

Aussi, quand on lui a dit qu'un ancien chef de gang new-yorkais allait faire une conférence dans sa région, dans le Sud de la France, il n'a pas hésité : il voulait aller l'écouter. C'était Nicky Cruz qui racontait son témoignage.

Et le gamin français, complètement retourné, décida lui aussi de suivre le Christ.**

Et lui aussi a consacré sa vie à témoigner de la miséricorde de Dieu.

 

Une nuance, toutefois : Nicky Cruz est devenu pasteur d'une église évangélique, René-Luc (c'est le français) est devenu prêtre catholique.

Et son témoignage se trouve dans son livre "Dieu en plein coeur".

 

Finalement, dans notre monde où d'innombrables voix contradictoires s'expriment haut et fort à tous propos, peut-être n'est-il pas inutile de nous rappeler que (au moins dans un certain nombre de pays, dont la France) nous avons parfaitement le droit d'annoncer l'Evangile de manière explicite.

Et comme l'écrivait l'Apôtre :

"Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. Mais comment donc invoqueront-ils celui en qui ils ne croient pas ? Et comment croiront-ils en lui s'ils n'en entendent pas parler ? Et comment en entendront-ils parler, s'il n'y a personne qui l'annonce ? "***

 

Notes complémentaires

* La conversion de Nicky Cruz date de 1958. Le livre de Wilkerson parut en 1962. En 1970 un film en fut tiré que je n'ai pas vu à l'époque, mais que je viens de dénicher (version française) sur Youtube

** Cela se passait en 1980

*** Epître aux Romains 10. 13-14

 

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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 07:32

La question me trottait dans la tête depuis plus de deux ans... en fait, depuis une discussion sur le forum du Nascas.

Quel rapport les chrétiens arabes – ou au moins, certains d'entre eux -  entretiennent-ils / ont-ils entretenu avec la formule "Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux" qui ouvre la plupart des sourates du coran et accompagne la vie quotidienne des musulmans ?

En effet, ne trouve-t-on pas certains manuscrits bibliques arabes commençant par cette phrase ?

Partant de ce qui avait été échangé* à l'époque, je me suis lancé dans une petite enquête qui m'a mis en relation avec des correspondants un peu partout dans le monde**, me plongeant dans des documents en diverses langues***.

C'est d'ailleurs au cours de cette enquête que j'ai croisé la route du croate Djurdjevic, de Paul d'Antioche et de quelques autres.

 

Le résultat a été bien au-delà de ce que j'imaginais !

Ainsi, on trouve cette formule, réputée musulmane, non seulement sur des manuscrits bibliques, mais aussi en tête de traités théologiques chrétiens, voire de courriers privés entre chrétiens. Mieux, elle est comprise comme exprimant très adéquatement la foi chrétienne, soit qu'elle soit lue comme désignant la Très Sainte Trinité ; soit que le lecteur y voie, quoique de manière masquée, l'annonce du Christ, Fils de Dieu.

 

J'ai donc rassemblé tout cela en un petit document (sorte de défrichage en attendant que quelque chercheur compétent se saisisse du sujet pour le traiter en profondeur) que j'ai intitulé

"La basmala coranique

comme formule chrétienne,

un usage méconnu."

et que j'ai placé sur Academia.

 

Notes

* J'en avais déjà touché un mot à l'époque, formulant une hypothèse qu'il m'a bien fallu abandonner.

** En particulier, mais pas seulement, en Russie, en Israël, en Roumanie et même au Japon.

*** La maison ne reculant devant aucun sacrifice, je ne me suis pas borné au français ou à l'anglais : il m'a aussi fallu consulter des documents en arabe, russe, garshouni, latin, allemand, italien, et ... ge'ez !

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18 mai 2015 1 18 /05 /mai /2015 07:03

8 mai, jour férié. Au travail tout de même. Je vois une collègue :

- Alors, tu es venue nous prêter main forte ?

- Oh, finalement, oui.

- Tu es trop bonne...

A peine ai-je prononcé ces mots que je me rends compte de leur potentielle inconvenance.

Parce qu'aujourd'hui, une telle expression ne renvoie plus – ou si rarement – à la bonté.

Bon, ma collègue m'avait bien compris, mais elle a bien fait rire les autres en rapportant mon propos.

 

Que des expressions perdent leur sens original n'a rien de nouveau. Ce qui est plus contrariant, c'est lorsque le sens original ne trouve plus à s'exprimer. Et la bonté semble avoir disparu de l'horizon sociologique. Et par quoi est-elle remplacée ? Serait-ce par cette solidarité tapageuse qui ne fonctionne qu'à grand renfort de shows télévisés ?

 

Mais la bonté n'est pas la seule victime de ce phénomène. Disons que cela semble toucher l'ensemble de ce que l'on appelait – naguère encore – les "qualités morales".

De fait, qui, parmi les faiseurs d'opinion, se soucie des qualités morales des responsables politiques ou des grands patrons ? Oser poser la question, c'est déjà être passéiste, rétrograde. Certes, il faut l'avouer, des qualités morales ne sont aucunement une garantie de compétence.

L'absence desdites qualités non plus.

De sorte que nous avons des dirigeants tant politiques que capitaines d'industrie pas forcément compétents, mais incontestablement avides de pouvoir et de gains, et pour qui la notion de "morale" est quelque chose de tout à fait inaccoutumée.

 

Si, selon Camus, "mal nommer les choses c'est ajouter au malheur du monde" qu'est-ce à dire quand on ne peut plus les nommer ?

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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 07:36

J'ai toujours aimé les illusionnistes.

Et détesté.

Détesté me casser la tête à échafauder des hypothèses insatisfaisantes pour tenter de comprendre comment, par quel subterfuge, le manipulateur a fait disparaître le foulard qu'il vient de glisser dans sa main fermée ; détesté me torturer les méninges pour échouer à deviner par quelle astuce il a découvert la carte que j'ai choisie dans un jeu pourtant mélangé avant et après mon choix.

C'est aussi pourquoi j'aime le moment où, étant placé là où je ne devrais pas – je découvre l'astuce si basique employée pour le foulard ; ou lorsque le magicien explique un "truc".

D'autant que je me demande jusqu'à quel point certains de ces trucs ne sont pas employés à notre détriment dans la vie quotidienne.

L'un d'eux en particulier me laisse songeur : le "choix forcé".

Bien souvent, dans les tours de carte, le manipulateur met en place une stratégie pour retrouver la carte choisie par le public, carte dont il ignore tout.

Mais il peut aussi "forcer une carte", c'est à dire décider à l'avance quelle carte sera choisie. Et le public aura l'impression (et même la certitude) d'avoir choisi librement.

Sans aller jusqu'à croire que tous nos choix sociétaux sont dictés par quelques machiavéliques manipulateurs, je dois reconnaître qu'il est salutaire de savoir qu'on peut tout à fait avoir le sentiment de décider nous-même quelque chose qui nous est en fait imposé. Ne serait-ce que pour prendre un peu de recul.

 

Aussi, en petit cadeau, je vous laisse regarder une petite vidéo montrant comment "forcer une carte"...

Et si la question vous intéresse, vous pouvez regarder l'ensemble des vidéos de Grégoire ici.

 

PS : pour les nostalgiques

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10 mai 2015 7 10 /05 /mai /2015 07:29

Après avoir croisé la route du croate Djurdjevic, c'est maintenant avec un certain "Bulus ar-raheb" (Paul le moine) que je viens de faire un brin de chemin.

Toujours dans le cadre de la même recherche...

Moine, bien sûr, il le fut. Mais aussi évêque de Saïda, au Liban... au XIIe siècle.

Un de ces évêques arabes, comme il en existait depuis des siècles.

Et quand je dis "des siècles", je veux dire "des siècles avant que Mahomet ne se mette à prêcher", puisque – souvenez-vous – le premier évêque arabe connu fut l'ermite Moïse, vers 370 ! (Allez, si, je vous en avais parlé ici...)

Mais à l'époque de Bulus ar-raheb ; ou appelons-le plutôt "Paul d'Antioche", puisque c'est sous ce nom qu'il est maintenant (fort peu) connu ; Mahomet était déjà de l'histoire ancienne.

Histoire présente, pourtant ; trop présente même puisque les chrétiens étaient devenus des citoyens de seconde zone, à qui l'on faisait grief de ne pas embrasser la "religion du prophète".

Mais, auraient-ils du le faire ?

Je veux dire, pas d'un point de vue chrétien, d'un point de vue musulman.

Etait-ce là ce qui était écrit dans le Livre référence de l'islam, le Coran ?

C'est précisément à cette question que – à grand renfort de citation du Coran – Paul d'Antioche s'efforce de répondre en un court traité présenté comme une "Lettre à un ami musulman".

Aussi, après lui avoir créé une toute petite page sur wikipedia, j'ai aussi préparé une "édition spéciale" de cette "Lettre" : 

"Lettre à un ami musulman, ou "Les chrétiens doivent-ils devenir musulmans ?"

 sur Archive. (Ou, comme ceci)

 

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6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 22:50

L'autre jour était l'un de ces rares moments que l'on ne peut pas qualifier de "non-anniversaire" pour Monsieur mon Père.

Aussi, avec la jeune Cigale, nous avons franchi les nombreuses lieues qui séparent notre campagne de sa montagne, histoire de passer un peu de temps avec lui.

Au fil des discussions et autres évocations du passé, je lui demande : "Tu te souviens de la Tatan qui, à 80 ans, sautait à la corde ?"

C'était un souvenir datant d'une quinzaine d'années. Bien sûr, qu'il s'en souvenait !

"Et maintenant, tu en es où, question saut à la corde ?"

Ben, il avait encore le matériel, en faisait encore un peu...

"Alors, si tu nous montrait ça ?"

De bonne grâce, il va chercher sa corde, revient et se met à sauter :

1 – 2 – 3 – 4 – 5  ... 16 – 17 ... 27 – 28 – 29 ...

Il continua jusqu'à 35.

Un peu essoufflé, il me tendit la corde. Je ne pouvais pas y couper...

Je sauvais l'honneur en sautant jusqu'à 36.

N'empêche... 79 ans, le Pépé !

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2 mai 2015 6 02 /05 /mai /2015 07:21

Durant la liturgie pascale, à un moment donné, je me suis retrouvé seul dans le sanctuaire. Est-on jamais seul dans une église ? Devant moi – en fresques – divers saints entourent le Christ en gloire. Parmi eux, un syrien : St Jean de Damas. Une sorte de tristesse, d'angoisse m'étreint : tandis que nous, ici, célébrons dans la sécurité d'un pays en paix la résurrection du Sauveur ; là bas, c'est dans la crainte, la persécution, la souffrance qu'ils prient...

Ma prière tente de monter pour eux, désemparée, chaotique...

St Jean Damascène me regarde, je le regarde et vois le texte qu'il tient à la main :

"Il règne, le Seigneur notre Dieu !"

Il a écrit ça, lui qui vivait sous la domination de l'islam, qui fut condamné à avoir la main tranchée suite à une dénonciation calomnieuse....

J'en suis à méditer en silence sur cela lorsque j'entend, comme venant du choeur une voix, une voix seule, pas tout à fait hésitante, mais presque trop discrète, qui chante :

Al-Massih Qam Minbaïnilamouat

Oua Ouati Almaout Bilmaout

Oua Ouahab Alhaïat

Liladina Fil Qoubour !

 Trois fois. Le tropaire de la résurrection en arabe*...

 

Alors, j'ai repensé à ces "chrétiens d'Orient" qui vivent sous la menace, mais ma prière était plus confiante...**

 

* * *

 

Après la liturgie, alors que nous partagions des mets aussi festifs que caloriques, j'échangeai quelques mots avec notre "chantre solitaire improvisé". Entre autres, nous avons parlé de ces "martyrs de l'islam" qui se font une gloire d'entraîner avec eux le plus de victimes possibles dans la mort... ce qui est très différent du sens du "martyr" chrétien.

Mon interlocuteur me fit alors remarquer qu'en arabe, c'est pourtant bien le même mot, shaïd (شهيد ) qui est employé.

Et il est vrai que cette confusion des termes n'est pas d'aujourd'hui, ainsi qu'en témoigne ce passage du "Risalat Al-Kindi", un échange de lettres, qui date grosso-modo de l'époque d'Abu Qurrah, entre le musulman Al-Hashimi et le chrétien Al-Kindi que je cite dans la traduction du pasteur Georges TARTAR***.

Ce passage est tiré de la réponse que fait Al-Kindi à son ami Al-Hashimi :

 

"Je t'invite donc - plaise à Dieu de te faire honneur ! - à examiner ce problème d'une manière équitable, avec conviction et jusqu'au fond, et à procéder à cet examen avec notre raison, la sincérité de notre conscience et en renonçant à toute passion.

Lequel mérite réellement le titre de "martyr" et dont on peut déclarer qu'il est mort dans la voie de Dieu ?

Celui qui s'est offert en sacrifice pour sa religion, parce qu'on lui avait ordonné d'adorer la lune et le soleil, ou les autres idoles d'or, d'argent ou de bois fabriquées par les hommes, de les prendre pour des divinités en dehors de Dieu, d'abandonner l'adoration de Dieu, de son "Verbe" et de son "Esprit", qui a repoussé cet ordre et refusé de s'y soumettre, préférant sacrifier son âme et son sang, sa vie et ses biens, sa famille et ses enfants ?

Ou bien celui qui est parti pour piller et voler, dépouiller les gens et prendre captifs les enfants, violer les femmes - ce qui est illicite - opérer des incursions, qualifiant cela de "guerre sainte" dans la voie de Dieu et déclarant : "Celui qui tue ou qui est tué va au paradis" ?

Sois donc équitable, mon cher !

Voilà deux hommes devant toi, et entre lesquels il faut te prononcer. Quelle sera ta sentence, si tu veux respecter la vérité, rechercher la justice et l'équité ? Voilà un voleur qui s'est introduit dans une maison pour voler. Un mur s'écroule sur lui, ou il tombe dans un puits, ou le propriétaire le surprend et lui donne un coup qui lui fait perdre la vie. Imposerais-tu le versement d'une indemnité a ce voleur? Je ne puis croire, ô juge! que tu le ferais. Comment donc accorderais-tu le paradis à celui qui se jette sur des gens paisibles et tranquilles dans leurs demeures, qu'il ne connaît pas et qui ne le connaissent pas, pour les voler et les piller, les tuer et violer leurs femmes ?

Puis au lieu d'en rester là, si tu le faisais, au lieu de le regretter pour revenir à Dieu déplorant ta faute, demandant pardon et te repentant de ce que tu as fait, au lieu de cela tu ajoutes : "Celui qui tue ou qui meurt va au paradis", et tu le qualifies de "martyr" dans la voie de Dieu. Or si ta sentence est telle, celle de Satan, ennemi d'Adam et de sa postérité, serait moins grave que la tienne. Je suis convaincu, cependant, que ta raison t'empêchera de prononcer une sentence pareille et ne te le permettra pas."

 

Notes

* Pour une transcription plus académique de ce tropaire, je vous invite à aller sur cette page que j'ai récemment créée sur wikipedia ; et pour ceux qui veulent le réentendre... je ne me lasse pas de cet époustouflant "flash-mob"

** Dans ce genre de situation, je repense toujours à la devise bénédictine "ora et labora", "prie et travaille"... pas seulement "prie", ni seulement "travaille". L'un et l'autre sont comme les deux ailes d'un oiseau...Et nos actions (pétitions, articles, appel à une mobilisation internationale en faveur des "chrétiens d'Orient"...) ne sont pas non plus inutiles (ou alors, essayez d'imaginer un oiseau qui essaie de s'envoler avec une seule aile...)

*** Pasteur Georges TARTAR : Dialogue islamo-chrétien sous le calife Al-Mamûn : les épitres d'Al-Hashimi et d'Al-Kindi, 1985

 

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28 avril 2015 2 28 /04 /avril /2015 07:29

J'ai beau préparer un calendrier orthodoxe depuis des années, je ne me suis jamais posé la question du calcul de la date de Pâques.

Jamais jusqu'à cette année, du moins, quand une personne m'a interpellé sur l'écart d'une semaine entre les Pâques catholiques et orthodoxes.

Selon elle, en raison de l'écart de 13 jours entre les calendriers juliens et grégoriens, il ne devrait y avoir que deux possibilités : soit Pâques en même temps, soit 5 semaines d'écart.

Je dois avouer que j'ai été bien en peine d'émettre la moindre réponse.

De retour à la maison, je me suis souvenu d'un post sur Facebook par le P. Georges Leroy qui célèbre en Abitibi, quelque part dans les neiges canadiennes.

 

Il commence en expliquant le calcul des 40 jours de Grand Carême, qui débute le lendemain du Dimanche du Pardon et s'achève le vendredi veille du samedi de Lazare (et donc avant-veille des Rameaux)... la Semaine de la Passion ne faisant pas à proprement parler du Carême.

 

Puis, il poursuit sur le calcul de Pâques proprement dit.

Le principe global est que la date de Pâque est calculée en fonction de la première pleine lune qui suit l'équinoxe de printemps.

 

Ainsi, cette année 2015, l'équinoxe du printemps se situe le 21 mars et la pleine lune qui suit tombe le samedi 4 avril. La fête de Pâques est le dimanche qui suit la pleine lune - qui elle-même suit l'équinoxe de printemps, soit le dimanche 5 avril. C'est pourquoi les catholiques et protestants ont célébré Pâques le 5 avril.

Mais ce calcul est basé sur le calendrier grégorien (ou calendrier civil).

 

L'Eglise orthodoxe suit, pour le cycle pascal, le calendrier julien, qui a un décalage de 13 jours avec la calendrier grégorien.

L'équinoxe tombe donc le "21 mars + 13", soit le 3 avril. La pleine lune qui suit est, cette année, le lendemain, soit 4 avril.

Mais dira-t-on, le dimanche qui suit est bien le 5 avril, comme pour les catholiques et protestants !

Oui, mais... non.

Car en fait, l'église orthodoxe suit en outre le "comput alexandrin" selon lequel (parce que lors du concile de Nicée, la pleine lune eut lieu trois jours plus tard qu'elle ne fut annoncée par les calculs) il faut ajouter trois jours à la date de la première pleine lune du printemps, et ne célébrer la fête de Pâques que le premier dimanche après ces trois jours.

Or, le dimanche 5 avril 2015 fait partie des trois jours qui suivent la première pleine lune de printemps, durant lesquels il n'est pas permis de célébrer la fête de Pâques. Celle-ci est donc reportée au dimanche suivant, qui est, en cette année 2015, le 12 avril.

 

Donc, si j'ai à peu près compris, la règle de calcul est 21 mars + 13 jours = 3 avril + pleine lune + 3 jours + dimanche qui suit = Pâques orthodoxe...

 

Je ne sais pas si c'est clair... moi, je vais prendre un Aspro.

(Et quand on pense que pour arriver à ça, ce fut  encore beaucoup plus embrouillée...)

 

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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 07:17

24 avril 1915 – 24 avril 2015 : 100 ans.

Cent années écoulées depuis le "début" du massacre des arméniens.

Une date surtout symbolique, puisque en 1909, on pouvait lire dans un supplément illustré du "Petit journal" du mois de Mai*:

Massacre des chrétiens en Turquie.

En pays musulman, les troubles politiques entraînent presque toujours des manifestations de fanatisme religieux. Cette fois encore les chrétiens arméniens ont été massacrés en masse.

A Adana, leurs bazars ont été pillés et incendiés.

Plusieurs centaines de personnes ont été tuées. On a mutilé les femmes et les enfants d’une horrible façon. Un témoin de ces horreurs écrit que la ville ressemble à un abattoir, et que, comme elle est en partie détruite, des milliers de personnes sont sans abri, et la famine est imminente.

 

1909, c'est tout de même six ans avant 1915.

Mais 1909, ce n'est guère qu'un soubresaut d'une violence plus ancienne...

N'y a-t-il pas eu, dès 1896, de "terribles massacres d'Arménie" ? Ces massacres dont parle Chabot, un orientaliste français, dans sa critique du livre "L'Islam, Impressions et Études", un ouvrage pour le moins excessivement irénique (Je vous mets l'article de Chabot in extenso, en "note").

 

Bref, le génocide de 1915-1916 n'avait rien pour surprendre... un peu comme le génocide des "chrétiens d'Orient" qui se profile...

Et la France ? Ben la France ne semble pas vraiment concernée.

Pourtant – selon un ami d'origine arménienne – le roman français le plus célèbre n'a-t-il pas pour héros quatre étrangers : un portugais, un grec, un syriaque-araméen et un arménien ?

Ben oui, quoi, "Les trois mousquetaire"... les aventures de Portos, Athos, Aramès et Dartanian...

 

Allez, dans un siècle, on aura de quoi faire une belle commémoration du génocide des chrétiens d'Orient.

 

En attendant, et grâce à la vigilance de Laurence, j'en profite pour signaler de nouveau un document que j'avais mis en ligne en 2008 :  Quelques hymnes et extraits de textes de St Grégoire de Narek, un arménien du Xe siècle.

Notes :

* Pour l'illustration et la brève du "Petit journal" : Sources : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k716850h.image.langFR

 et http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k716850h/f2.image.langFR

 

** L'article de Chabot :

Il est parfois des écrivains qui, animés des meilleures intentions, servent mal la cause dont ils ont entrepris la défense. C'est, croyons-nous, le cas, de M. le comte Henry de Castries dans le livre qu'il vient de publier sous ce titre : L'Islam, Impressions et Études. Plusieurs revues, aimées du grand public, ont prodigué leurs éloges à l'auteur. Ces éloges émanaient de littérateurs très appréciés, et à bon titre. Mais les historiens et les orientalistes en général ne penseront sans doute pas de même. N'est-il pas singulier de voir un chrétien faire imprimer une apologie de la tolérance de l'Islam, au moment même où se perpétraient les terribles massacres d'Arménie, inspirés par le fanatisme musulman ? J'ai eu occasion de dire ailleurs ce que je pensais du livre de M. de Castries. Que les lecteurs de la Revue de l'Orient Chrétien me permettent de le leur répéter.

* *

Je me plais, tout d'abord, à rendre hommage aux louables intentions de l'auteur, qui, après avoir vécu en Algérie, a été poussé, par un sentiment très chevaleresque, à prendre la défense des Arabes contre les procédés trop souvent blessants du fonctionnarisme implanté dans notre grande colonie africaine. Il est vrai que "ce n'est pas assez, pour une nation chrétienne et civilisée, de respecter la religion de ses sujets musulmans, mais qu'elle doit encore chercher à la connaître" (p. 12) ; mais j'avoue qu'on la connaîtrait bien mal en s'en rapportant au présent ouvrage. Si M. de Castries s'était contenté d'écrire le VII° et dernier chapitre de son livre intitulé L'islamisme en Algérie, nous n'aurions que peu de réserves à faire sur sa manière de voir. Mais, ce chapitre est précisément une réfutation pratique de la plupart des théories exprimées par l'auteur dans les pages précédentes. Nous déclarons donc franchement que nous ne partageons qu'un tout petit nombre des appréciations de M. de Castries sur l'Islam, et nous pensons que son livre est de nature à introduire de très fausses conceptions dans l'esprit de ses lecteurs, et cela d'autant plus facilement qu'il est bien écrit et d'une lecture agréable. Nous ne nous proposons pas de le réfuter. D'ailleurs, la méthode de M. de Castries ne permet pas une réfutation proprement dite. Ses théories, le plus souvent purement subjectives, étant à peine appuyées sur des petites anecdotes isolées et, parfois, sur un coup d'œil historique trop rapide et incomplet. Nous signalerons seulement quelques points pris au hasard, qui permettront de se faire une idée de l'ouvrage dans son ensemble.

Le chapitre premier : Sincérité de Mahomet, peut se résumer ainsi : "Le moyen âge a eu de très fausses idées sur le prophète de l'Islam et sur sa religion ; Mahomet était un homme très sincère". — Il est vrai que les troubadours, les historiens même qui ont écrit d'après des on-dit, se sont plu à représenter le Prophète et sa doctrine sous des aspects absolument erronés, et cela sans doute avec la même naïveté avec laquelle les peintres du moyen âge habillaient, dans leurs tableaux, les soldats romains de costumes du quinzième siècle. Faut-il beaucoup leur en vouloir pour cela ? Ils ont certes exagéré le mauvais côté des enseignements de Mahomet, attribué à sa doctrine même des conséquences qu'elle n'avait pas, chargé ses adeptes des vices dont ils étaient exempts. Mais M. de Castries va trop loin quand, pour détruire les fausses idées du moyen âge, sous lesquelles il croit que nous vivons encore, il nous représente Mahomet comme un saint dont la foi immense et la sincérité absolue sont les deux vertus caractéristiques (p. 48). Cette sincérité, l'auteur l'admet même pour la dernière partie de la vie de Mahomet, pendant laquelle le Prophète, devenu chef de nation, recevait si à propos les nouveaux feuillets du Coran qui devaient assurer le triomphe de sa politique et lui permettre d'enfreindre librement les règles tracées par lui précédemment. Ses fautes sont excusables aux yeux de M. de Castries. "Certes il fut sensuel", mais qu'est-ce que cela, "puisqu'il ne connut jamais l'avarice ni le luxe ?"

L'islamisme pendant les conquêtes et la domination arabes (chap. II) est un exposé trop superficiel de l'histoire des premières conquêtes musulmanes. Les causes qui amenèrent la défection des chrétientés d'Afrique (et de celles d'Asie qui ne disparurent pas totalement comme le laisserait croire M. de Castries) sont inexactement expliquées. Le tableau de la tolérance religieuse des musulmans n'est vrai qu'en partie, et seulement pour la période des Ommiades. Les historiens arabes et chrétiens offrent de nombreux témoignages des vexations, plus cruelles qu'une mort rapide, qui furent infligées aux chrétiens, surtout depuis l'époque des Abbassides. Est-ce donc une grande tolérance que de ne pas tuer un homme pour pouvoir le spolier, le fouetter, l'emprisonner, le torturer, dans le but de lui faire payer la libre pratique de sa religion ? C'est là ce qui eut lieu, depuis le huitième siècle, dans tous les pays conquis. Et M. de Castries nous dit : "Les Arabes n'apportèrent aucune entrave à l'exercice du christianisme" (p. 80), ce qui signifie simplement qu'on ne massacra point en masses les chrétiens qui ne furent pas pris les armes à la main. — Pourquoi dire (p. 88) que "l'on a exagéré la haine irréconciliable qui divisait les deux peuples" (arabe et espagnol), pour enseigner le contraire (p. 233) et affirmer que cette conciliation est une utopie en Algérie ? — M. de Castries oserait-il bien encore aujourd'hui nous parler de la tolérance de l'islamisme ? car j'aime à croire que son livre, paru au commencement de l'année, était déjà imprimé quand les nouvelles assurées des massacres d'Arménie sont parvenues en France.

Dans le chapitre suivant, M. de Castries étudie la Polygamie à laquelle il ne voit pas grand mal. La morale du Coran lui semble assez élevée. Il constate que dans les pays chrétiens les mœurs ne sont pas meilleures et valent souvent moins que chez les Musulmans; mais il oublie de faire remarquer que les chrétiens agissent alors contre la morale chrétienne tandis que les musulmans peuvent vivre de la sorte tout en restant de parfaits croyants. — Si M. de Castries pense avec Renan (p. 33) "qu'il n'y a pas dans toute l'histoire de la civilisation un tableau plus gracieux, plus aimable que celui de la vie arabe avant l'islamisme", c'est sans doute qu'il n'a jamais lu les poètes antéislamiques que dans des éditions expurgées.

Dans les chapitres IV (Le paradis musulman) et V (Fatalisme), M. de Castries, pour dissiper nos préjugés sur la doctrine des Arabes, fait de spécieux rapprochements entre diverses locutions des commentateurs du Coran et certaines opinions des théologiens catholiques. On nous excusera de ne pas le suivre sur ce terrain, car il nous faudrait commencer par faire un exposé métaphysique un peu ardu et traiter à nouveau les plus difficiles questions de la théologie. Nous ne croyons pas, comme l'auteur qu'il suffit de les effleurer du bout de la plume ni qu'on puisse en donner un aperçu en quelques lignes.

Le chapitre VI est intitulé : Expansion de l'Islam depuis les conquêtes arabes; mais, de fait, il n'expose que ses progrès actuels dans le centre de l'Afrique, parmi les tribus fétichistes. M. de Castries conclut (p. 252) que nous devons nous borner à diriger cette propagande au mieux de nos intérêts, l'Islam ayant pour résultat de transformer ces idolâtres en monothéistes et d'élever ainsi leur niveau moral (p. 251). Nous ne partageons pas cette manière de voir. L'introduction de l'Islam chez ces peuplades pose un obstacle infranchissable à tout progrès civilisateur. Les fétichistes sont susceptibles d'éducation morale et de progrès, les musulmans ne le sont en aucune façon. Au lieu de surveiller cette propagande, l'intérêt de la civilisation commande de la prévenir en favorisant le développement des missions chrétiennes qui luttent d'activité avec les missionnaires musulmans. Je parle, on le voit, en historien impartial. J'aurais bien des choses à ajouter encore, si je me plaçais au point de vue catholique. Je ne l'ai pas fait, afin qu'on ne puisse m'accuser de m'être laissé entraîner à juger trop sévèrement cet ouvrage par un excès de zèle religieux. Les lecteurs me pardonneront cette réserve.

Dr J.-B. Chabot.

Source : Revue de l'Orient Chrétien

1896 : 1° année, N° 4, p 499-502

Source internet : https://archive.org/stream/revuedelorientch11896pari#page/498/mode/2up

Le livre critiqué est : L'Islam, Impressions et Études, par le comte Henri de Castries; Paris, 1896. A. Colin, éditeur, in-12; 359 p.

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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 07:04

Quelques jours avant Pâques, alors que je manie avec acharnement massette, burins, disqueuse et échafaudages (oui, un petit chantier en cours dans la demeure) le drelin-drelin de la porte m'appelle.

Le facteur me remet un petit paquet que, incontinent*, j'ouvre.

J'en extrais un petit sépher תהלים bilingue, deux jolies serviettes en papier décorées l'une d'un שבת שלום, et l'autre de חג שמח.**

Celui qui m'envoie cela vient de fêter Pessah, la Paque juive. De mon côté j'attend le samedi suivant avec impatience, pour la vigile pascale ? Oui, ce sera un "bon samedi" (שבת שלום) ! Et aussi une "joyeuse fête" (חג שמח) que cette célébration du Sauveur ressuscité.

L'a-t-il fait exprès ? Il en serait capable, le bougre. De toutes façons, je reçois cela avec plaisir.

Enfin, du fond du paquet, je sors une kippa. Une jolie kippa en velours bordeaux, brodée de cinq lettres : כ.ה.ת.י.ה.

Et là, je cale. Oh, bien sûr, rien de compliqué pour lire les lettres... "kaf, hé, tav, yod, hé" mais qu'est-ce que ça signifie ? C'est probablement un acronyme, mais de quoi ?

Je reprend mon chantier, l'interrogation en tête (mais en faisant quand même attention à ce que je fais !).

A la pause que je m'octroie généreusement, je tente une recherche internet... autant souffler dans un violon !

Le soir venu, je ne suis pas plus avancé (mon chantier, si).

Le lendemain, j'envoie un message à mon expéditeur qui répond illico : c'est l'acronyme du dernier verset du livre des Psaumes :

כֹּ֣ל הַ֭נְּשָׁמָה תְּהַלֵּ֥ל יָ֗הּ הַֽלְלוּ־יָֽהּ׃

Kol Haneshama Tehalèl Yah, HallelouYah

Que tout ce qui respire loue le Seigneur, Alleluia !

Comment ne pas me réjouir ?

Une question se pose toutefois : cette kippa, que vais-je en faire ? Je ne peux guère la porter dans la rue, au travail ou à l'Eglise. Et où vais-je la ranger ? En fait, ça je le sais : elle a sa place, toute sa place... dans mon coeur.

Alors, merci à toi, דָּן, merci de tout coeur !

 

Notes :

* On est prié de prendre le terme "incontinent" dans le sens de "sans attendre". merci.

** Petite leçon de prononciation : שבת שלום se dit "shabat' shalom", et  חג שמח se dit "rhag saméarh".

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