La cache (2)

Publié le par Albocicade


Ainsi que je l'avais mentionné, le projet de la grande cigale se déroulait en deux étapes.

Après "ceux qui ont pu fuir", ceux qui ont été arrêtés.

Pour cela, direction la Hollande.

Tout le monde a entendu parler d'Anne Franck et de sa famille. Le nom des Ten Boom est peut-être moins célèbre. Et pourtant, ces deux familles ont été broyées – pour des motifs différents – par la machine de haine qui a cherché à submerger l'Europe, il y a quelques décennies.

Otto Franck, industriel allemand résidant à Amsterdam, est contraint de se cacher avec les siens durant deux années dans un mini logement aménagé à l'arrière de son usine. Son crime ? Etre juif. Finalement déporté (après dénonciation), il sera le seul de sa famille à revenir des camps nazis, et publiera les journal que sa fille Anne avait tenu durant le temps de clandestinité.

Le vieux Casper Ten Boom, lui, n'est pas juif. Cet horloger chrétien de Haarlem (à quelques kms d'Amsterdam) a fait aménager une cache grande comme un placard dans l'appartement qu'il occupe avec ses filles, au dessus de l'horlogerie.

Une cache, parce qu'en cas de descente de police, il faut bien planquer les résistants et autres juifs qu'ils hébergent clandestinement.

Là aussi, dénonciation. La Gestapo, fouillant l'appartement , trouvera un stock de cartes de rationnement (ce qui valu aux Ten Boom d'être arrêtés pour terrorisme), mais pas les six personnes cachées derrière la fausse cloison (qui purent sortir sains et saufs… deux jours plus tard).

Seule Corrie (52 ans à l'époque de l'arrestation) survécut à la déportation, libérée par erreur du camp de Ravensbrück quelques jours à peine avant que toutes les femmes de sa classe d'âge ne soient gazées.


La grande cigale et ses amis ont donc pris un vol international direction Amsterdam pour une immersion de deux jours au pays des vélos, des canaux, des maisons penchées, des routes au cordeau et des carafes d'eau payantes…

Là, les jeunes et leur accompagnateurs ont pu visiter la maison des Ten Boom et le musée Anne Franck.

Une plongée dans une époque barbare… peut-être pas totalement révolue ?

Un regret toutefois : si le "Journal d'Anne Franck" est disponible partout sans difficulté, la version française du livre de Corrie Ten Boom, "Dieu en enfer", n'est plus édité depuis plusieurs années.

C'est un témoignage pourtant essentiel, que j'ai pu lire il y a… longtemps.

Aussi, et à la demande de ma fille, je vais contacter l'éditeur pour lui rappeler qu'il pourrait envisager une réédition… après tout, on trouve ce livre en de nombreuses traduction…mais plus en français.


Publié dans Vie quotidienne

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