Au seuil de l'année.

Publié le par Albocicade

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Premier janvier… jour unique

(enfin, aussi unique que les autres jours, en fait)

Le jour où, par une sorte de nécessité vitale, il faut – du moins, pour certains – avoir mal aux cheveux, et des roulements de tambour sourds à l'intérieur du crâne.

Jour aussi des bilans sur l'année passée, des bonnes résolutions, des engagements définitifs, des décisions de changer… (et si l'on tient compte que nombre de ceux qui prennent ce type de résolutions sont dans l'état indiqué plus haut, nulle surprise à avoir si elles ne sont généralement pas tenues).

Pourtant l'idée d'un bilan, même rapide, même décevant n'est pas mauvaise en soi.

Encore faut-il savoir quoi en faire.

 

Alors, permettez-moi une petite anecdote en provenance des déserts d'Egypte, il y a bien longtemps.

 

Un moine dit un jour à l'abbé Poemen :

"Si je donne à l'un de me frères un peu de pain ou quelque autre chose, le démon gâche tout , et il me semble que j'ai agit seulement en vue d'une reconnaissance humaine."

L'ancien lui répondit :

"Même si ta bonne action n'avait été faite que dans ce but, il faut cependant donner aux frères qui sont dans le besoin".

Et il lui raconta l'histoire suivante :

"Il y avait, dans un village, deux paysans. L'un, ayant ensemencé son champ, ne recueillit qu'une récolte pauvre et misérable. L'autre oublia carrément de semer, et ne récolta rien du tout. Lequel des deux survivra en cas de famine ?"

Le frère répondit :

"Le premier, malgré l'indigence de sa récolte."

L'ancien reprit :

"Nous aussi, semons – bien que nos semailles soient pauvres et misérables – afin de ne pas mourir de faim".

 

Bonne Année 2013

 

(L'anecdote est adaptée du n° 76 dans "La sagesse du désert", un recueil d'apophtegmes réalisé par Thomas Merton)

Publié dans Cigale patristique

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