Dimanche du fils prodigue 2017

Publié le par Albocicade

Nous voici aux portes du carême, une fois encore.
Demain est le "dimanche du fils prodigue".
"Prodigue" ! Que voila un mot peu courant, qui sent bon son XIXe siècle. Aujourd'hui, on dirait plutôt "gaspilleur", "dépensier"...
Un coup d'oeil au grec va un peu plus loin "Κυριακὴ τοῦ Ἀσώτου Υἱοῦ"... le terme "asôtos" (άσωτος) signifie littéralement "qui ne peut être sauvé", et plus couramment "perdu", "détestable", "misérable", voire "libertin". Et l'adverbe "asôtôs" (ασώτως) signifie bien "en gaspilleur", "en libertin".
Ce qui, incontestablement, colle bien au fils de la parabole.
Il y a quelques années, j'avais entendu – qui ? je ne m'en souviens plus – dire que cette parabole était bien mal nommée, qu'on devrait l'appeler la "Parabole du Père aimant".
Sans doute, cela est vrai... quoique.
Si Jésus – réaliste – nous montre Dieu en père aimant, à la patience inlassable ; il nous montre aussi – toujours réaliste – l'homme (c'est à dire, nous-même) tel qu'il est... et ce n'est pas brillant.
Et, comme nous avons une furieuse tendance à nous surévaluer ("Quand je me regarde, je me désole, mais quand je me compare, je me console"), il ne me semble pas inapproprié que cette parabole – et le dimanche qui lui est associé – nous rappelle en premier lieu, par son "titre", notre condition. Car ce n'est qu'en nous découvrant "perdu" que nous aurons le désir de revenir auprès du Père aimant et infiniment patient.
 
NB : pour ceux qui auront pris soin de regarder soigneusement l'icône en haut de ce billet : la scène représente bien l'accueil du fils prodigue par son père, mais ce père... c'est le Christ qui accueille le pécheur repentant...
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