Noël 2017

Publié le par Albocicade

Cette année, un peu comme les autres années, j'avais dans l'idée de trouver un écrit ancien, une homélie de qualité, un texte qui mette dans le coeur, dans les yeux, dans la vie quelque chose de bon, de riche, de nourrissant pour le foi.

Allons, quoi, ce n'est pas tous les jours Noël, pas tous le jours que l'on célèbre la Naissance du Fils de Dieu.

Καὶ ὁ Λόγος σὰρξ ἐγένετο

Et la Parole s'est faite chair

Cette parole, ce "Logos" qui était "au commencement auprès de Dieu" et qui "était Dieu".

καὶ ἐσκήνωσεν ἐν ἡμῖν

Et il a habité parmi nous.

Evénement unique, déraisonnable (mais qui a prétendu que Dieu devait se limiter à notre raison, Lui dont la folie est plus sage que les hommes, et dont la faiblesse est plus forte que les hommes.)

Bref, j'étais sur le point de me plonger dans une de mes bibliothèques numériques habituelles, lorsque je me suis souvenu d'un "détail".

Non, ce n'est pas que pour la célébration de la "Nativité de notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus Christ" que l'on tourne les regards vers la pauvre grotte de Bethlehem, qui abrita une certaine nuit quelques bêtes, quelques pauvres humains et – dans une pauvre mangeoire – le Sauveur de l'humanité naissant humain.

C'est à chaque liturgie.

Oh, bien sûr, le paroissien, la paroissienne qui vient à l'Eglise le dimanche ne le sait pas forcément. Et pourtant !

Il est vrai que la Divine Liturgie est principalement centrée sur le Sacrifice de la Croix, l'Ageau immolé qui donne sa vie pour la vie du monde, sur le Christ ressuscité, vainqueur de la mort, sur le Sauveur Tout-Puissant qui règne avec le Père et la Saint-Esprit.

Mais, au détours d'une prière, d'un geste, on rappelle clairement l'incarnation.

 

Ainsi, durant la Proscomidie (donc, la préparation des Saints Dons, avant le "début" de la Liturgie[1]), alors que le prêtre a préparé l'Agneau sur le diskos survient  cette phrase tirée de l'Evangile (Mt 2.9), au moment où il place l'astérisque par dessus :

"Et l’étoile vint s’arrêter au-dessus du lieu où se trouvait l’enfant. "

On était au Golgotha, nous voici à Bethléhem, puisque c'est bien le même Christ qui est ici et là.

 

Plus tard, durant la "Liturgie des catéchumènes, est rappelée incidemment cette naissance, dans la prière de Justinien :

"Fils unique et Verbe de Dieu, toi qui es immortel,

et qui daignas pour notre salut t’incarner de la sainte Mère de Dieu

et toujours Vierge Marie, et qui sans changement te fis homme,

et fus crucifié, ô Christ Dieu, par la mort ayant vaincu la mort,

étant l’Un de la Sainte Trinité, glorifié avec le Père et le Saint Esprit,

sauve-nous."

 

 Ensuite, c'est au début de la Liturgie des Fidèles que l'on retrouve cette mention, au moment de la Grande Entrée[2], le prêtre prie :

"Aucun de ceux qui sont liés par les désirs et les passions charnelles n’est digne de venir à toi, de t’approcher, de t’offrir un sacrifice, ô Roi de gloire, car te servir est chose grande et redoutable même aux puissances célestes. Cependant, par ton ineffable et incommensurable bonté, tu t’es fait homme, sans changement ni mutation de ton Être, tu t’es fait notre Grand Prêtre et tu nous as confié le ministère du sacrifice liturgique et non sanglant, ô Maître de toutes choses."

 

Enfin, il y a le Symbole de la foi, que tous – clergé, choeur et fidèles – disent qui rappelle :

"Je crois en un seul Dieu, le Père Tout-Puissant,

Créateur du ciel et de la terre, et de toutes les choses visibles et invisibles.

Et en un seul Seigneur, Jésus-Christ, Fils Unique de Dieu,

né du Père avant tous les siècles, Lumière de Lumière,

Vrai Dieu de Vrai Dieu, engendré, non créé,

consubstantiel au Père, par qui tout a été fait,

qui pour nous, hommes, et pour notre salut est descendu des cieux,

s’est incarné du Saint Esprit et de Marie, la Vierge,

et s’est fait homme.

Il a été crucifié pour nous sous Ponce Pilate,

a souffert et a été enseveli ;

et il est ressuscité le troisième jour selon les Écritures,

et il est monté au ciel et siège à la droite du Père ;

et il reviendra en gloire juger les vivants et les morts ;

son règne n’aura point de fin.

Et en l’Esprit Saint, Seigneur, qui donne la vie, qui procède du Père,

qui est adoré et glorifié avec le Père et le Fils,

qui a parlé par les prophètes.

En l’Église, une, sainte, catholique et apostolique.

Je confesse un seul baptême en rémission des péchés.

J’attends la résurrection des morts et la vie du siècle à venir. Amen."

 

Alors, bonne fête de Noël à tous,

pour ce jour spécial, mais aussi à chaque Liturgie...

Notes:

[1] En fait, la Liturgie commence par la Proscomidie, mais cette parte se fait entièrement derrière l'iconostase, et les fidèles ont l'impression que la Liturgie débute ensuite.

[2] C'est à dire lorsque le clergé amène le Calice à l'autel en passant par la nef'

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