Naissance de Qui ?

Publié le par Albocicade

J'emprunte à Louis Veuillot, qui fut journaliste au XIX° siècle ce "portrait" du Christ, qu'il plaça en conclusion à son ouvrage "La vie de N. S. Jésus-Christ" :

 

Jésus-Christ est le Fils unique du Dieu unique.

Il est la puissance, la sagesse et la splendeur incréées de l'Incréé.

Il est le Dieu de la terre et du ciel, le Roi éternel, tout-puissant comme son Père et ne faisant qu'un avec lui dans l'indivisible Trinité.

Par un mystère qui passe tout entendement et qui satisfait toute raison, Dieu l'a donné à la terre, et en le donnant il s'est donné lui-même.

Ce Jésus ainsi donné est Fils de l'Homme et Fils de Dieu, homme et Dieu tout ensemble :

Homme né sous la Loi, Dieu pour consommer et accomplir la Loi;

Homme pour servir, Dieu pour affranchir;

Homme pour plier sous le fardeau, Dieu pour vaincre;

Homme pour mourir, Dieu pour triompher de la mort.

Et telle est cette merveille que les yeux de notre esprit peuvent voir la Divinité à travers l'humanité, la puissance qui a créé le monde et vaincu l'enfer à travers l'infirmité que l'iniquité humaine a clouée sur la croix.

Car Jésus est un être divin composé de deux natures bien différentes:

l'une divine, l'autre humaine;

l'une incréée, l'autre créée;

l'une éternelle, l'autre temporelle.

Par cet ouvrage, par ce miracle, la divinité vit en l'homme et l'homme subsiste en Dieu; l'homme et Dieu se retrouvent sans cesse en Jésus-Christ.

Il est né, mais d'une vierge.

Ce n'est qu'un enfant pauvre dans un berceau d'emprunt, mais une étoile l'annonce, les Anges le saluent d'un cantique qui renferme en deux mots toute sagesse, les Saints le bénissent, les rois de la science viennent l'adorer, les tyrans ont peur.

Il fuit, mais enveloppé d'une garde invisible.

Il vit dans l'humilité, mais souverain maître de tout; dans l'infirmité, mais sa parole guérit les malades, ressuscite les morts, chasse les démons, arrête la sève des plantes, commande aux éléments. Il paye le tribut, mais en rendant la mer tributaire.

Il souffre sur la croix, mais à l'heure prédite et comme il l'a voulu.

Il expire, mais le centurion le reconnaît sur le bois infamant où il meurt, comme les bergers et les Mages l'ont reconnu dans la crèche où il est né.

Il est enseveli mort, et il écarte lui-même la pierre de son sépulcre, et il en sort vivant.

 

Est-ce Dieu? est-ce l'homme?

Où est le Dieu dans ces abaissements, dans ces souffrances et dans ces misères?

Où est l'homme dans ces merveilles?

Ni le Dieu ni l'homme n'est seul nulle part.

Jésus a si bien lié sa divinité et son humanité que toute scission le rend inexplicable.

S'il n'est pas Dieu, il n'est qu'un imposteur; s'il n'est pas homme, l'œuvre de Dieu ne se conçoit plus et la divinité même disparaît. Dieu seul rend compte de l'homme, l'homme seul rend compte de Dieu, et c'est partout l'Homme-Dieu.

En l'Homme-Dieu tout est logique et convenance en même temps que divinité.

Partout il dépasse la raison humaine, il ne la viole nulle part; il la confond sans cesse, il ne l'épouvante jamais.

Publié dans Cigale en prière

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