La requête

Publié le par Albocicade

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Incontestablement, il connaît le protocole.

Il sait qu'on ne se présente pas devant le Souverain les mains dans les poches, qu'on ne l'interpelle pas sans un minimum de préambule au cours d'une audience officielle.

Il le sait d'autant mieux que lui-même règne tant bien que mal sur un "petit" territoire, et que c'est en tant que vassal qu'il s'adresse à son Suzerain.

 

Et pour le coup, le titre de "Roi des rois", si cher aux monarques orientaux, conviendrait bien.

Cependant, il ne l'utilisera pas : éviter tout ce qui pourrait ressembler à de la flagornerie. D'autant qu'il y a d'autres titres, au moins aussi justes, dont il peut faire usage.

Ne pas se perdre en ces généralités qui, à force d'être répétées, en deviennent banales. Ne dire que ce qui correspond à son Maître, et à nul autre : voila son préambule.

 

Puis la requête. Elle sera brève. Dire l'essentiel en peu de mots.

Deux suffiront :  il sera toujours temps d'entrer dans les détails lors d'une de ces audiences privées qui, il le sait bien, ne lui sont jamais refusées.

 

Cette requête est parvenue jusqu'à nous. Mieux, liturgie après liturgie, elle est chantée par le chœur.

Sans doute, la plupart de ceux qui la chantent ignorent-ils que cette "requête" est généralement attribuée à l'empereur Justinien (*).

Mais quelle importance ?

Elle a son sens parce qu'elle est chantée avec foi.

En effet, si Justinien a vécu au VIe siècle, Celui à qui il s'adressait règne toujours…


Christ Tronant en gloire

 

Fils unique et Verbe de Dieu,

toi qui es immortel,

et qui daignas pour notre salut

t’incarner de la Sainte Mère de Dieu et toujours Vierge Marie,

et qui sans changement te fis homme

et fus crucifié, ô Christ Dieu,

par la mort ayant vaincu la mort,

étant l’Un de la Sainte Trinité,

glorifié avec le Père et le Saint-Esprit :

Sauve-nous !

 

 

Et en grec :

 

Ὁ μονογενὴς Υἱὸς καὶ Λόγος τοῦ Θεοῦ,

ἀθάνατος ὑπάρχων καὶ καταδεξάμενος διὰ τὴν ἡμετέραν σωτηρίαν,

σαρκωθῆναι ἐκ τῆς ἁγίας Θεοτόκου καὶ ἀειπαρθένου Μαρίας,

ἀτρέπτως ἐνανθρωπήσας σταυρωθείς τε, Χριστὲ ὁ Θεός,

θανάτῳ θάνατον πατήσας,

εἷς ὢν τῆς ἁγίας Τριάδος,

συνδοξαζόμενος τῷ Πατρὶ καὶ τῷ Ἁγίῳ Πνεύματι,

σῶσον ἡμᾶς

 

 

Notes :

* J'ai toujours vu ce texte attribué à Justinien, et c'est d'ailleurs ce qui est indiqué sur la wikipédia russe sur laquelle j'ai récupéré le texte grec (voir, à ce propos, le parallèle avec la lettre Justinien au Pape Jean). J'ai toutefois eu la surprise de voir que la wikipédia anglaise l'attribue à Athanase.


Publié dans Côté iconostase

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