Un dimanche, simplement.

Publié le par Albocicade

Après une semaine éprouvante, actualité oblige, nous sommes montés à l'Eglise.

Ce dimanche, report de la fête de la Théophanie, il pleuviote. Finalement, c'est normal...

Je pénètre dans l'église quasi vide, prosternation devant l'icône du Sauveur, devant les portes royales, devant l'icône de la Théotokos.

Silence.

J'entre dans le sanctuaire, prends mon sticharion, le plie croix au-dessus, le présente au prêtre qui vient me donner la bénédiction pour m'en vêtir.

Gestes actuels, gestes immuables depuis des siècles.

Le prêtre commence la préparation des saints dons. De mon côté, j'allume l'encensoir.

Aller rajouter des cierges ; je passe devant les fresques... beauté, sens... elles disent le vrai par le beau.

Retour au sanctuaire, face au Christ avec les disciples d'Emmaüs.

C'est le moment du premier encensement. Placer l'encens sur le charbon, présenter l'encensoir.

Geste antique, actuel, de toujours ou presque.

Respirer, vivre... je prie ; du fond de moi, je prie.

Joie, douceur, jubilation intérieure faite de paix, de soulagement, d'apaisement... douceur de Dieu...

 

La liturgie se poursuit, priante. Mots des Prophètes, des Apôtres, des Pères de l'Eglise, mots du Christ. Présence aussi.

Ton baptême dans le Jourdain, Seigneur, nous montre l'adoration due à la Trinité.

La voix du Père t'a rendu témoignage, elle t'a nommé "Fils Bien-aimé"

et l'Esprit, sous la forme d'une colombe, a confirmé l'inébranlable vérité de cette parole.

Christ-Dieu, Tu es apparu, Tu as illuminé l'univers, gloire à Toi !

C'est la Théophanie.

 

La prière continue, monte, s'étend aux extrémités du monde, présente à Dieu toute détresse, toute douleur.

Et pourtant, elle reste paisible, par-delà toute l'agitation.

 

A un moment, je pense au regard moqueur que m'auraient jeté les caricaturistes de "Charlie Hebdo" en me voyant à côté de mon encensoir, face aux fresques, dans l'Eglise. C'est donc contre ça que ces artistes du crayon luttent ? C'en est pitoyable.

 

J'ai vu, sur Facebook, une image du Christ du Corcovado avec en surimpression "Je suis Charlie". Je comprends l'idée, si "être Charlie" signifie liberté, dialogue, non-violence, mais aussi bienveillance et respect de l'autre ; si "être Charlie" signifie lutte contre le fanatisme et contre la bêtise ; si "être Charlie" est un autre nom pour dire la fraternité. Alors, si c'est ça, pourquoi pas. Mais est-ce cela ?

 

Et puis, il est tellement plus que ça, le Christ,  il a tellement plus à offrir à notre monde en souffrance. Et quand je regarde la statue du Corcovado, j'entends le Christ nous dire "Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos..."

Et, allez savoir pourquoi, c'est Lui que je choisis.

Publié dans Côté iconostase

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triay 25/08/2015 17:12

Bonjour,
Existe t il un saint kabyle,hors saint augustin,qui aurait légué des écrits connus,ou plutôt traduits??

Albocicade 25/08/2015 18:44

Peut-on considérer St Cyprien comme un kabyle ? Il était semble-t-il de famille berbère...