Rencontre inopinée

Publié le par Albocicade


On fait parfois d'étonnantes rencontres en chemin.

Ainsi, entraîné par Abu Qurrah, St Jean Damascène  puis Ghévond aux confins de l'Arménie (souvenez-vous, c'était là) , je me trouve nez à nez avec … le chancelier Gerson de Paris.

En effet, Félix Nève ne trouva rien de mieux à faire que de clore son étude sur "l'invocation du Saint-Esprit dans la liturgie arménienne" par une prière tirée d'un sermon du chancelier français pour la Pentecôte. Après tout, il a bien fait.

Comme je ne suis pas trop mauvais bougre (et en cherchant un petit peu), je vous ai épargné l'orthographe d'époque (que les curieux trouveront ici), tout en modernisant au strict minimum le texte de cette prière pour le rendre accessible.


Seigneur

descendez maintenant en votre pauvre hôtel de mon âme,

défendez votre logis, c'est votre droit.

et quant vous serez dedans entré,

confortez cette âme déconfortée,

enseignez-la, elle qui est folle,

nourrissez-la, elle qui meurt de faim ;

échauffez-la du feu de votre amour, elle qui, plus que glace, est froide à bien faire;

vêtez-la de belles robes de vertus, elle qui est honteusement nue.

Réédifiez et établissez non son pauvre logis, mais le vôtre,

par les sept piliers et colonnes de vos sept dons,

et gardez que point ne soit enflammé et brûlé cet hôtel de Dieu,

hôpital du Saint Esprit,

par les domageuses flammes des faux désirs et convoitises,

afin que toujours mon âme vive avec vous sans partage,

en joyeuse franchise, et en sobre liesse,

en ce monde par grâce

et en l'autre par gloire.


O dévot peuple chrétien,

en cette manière, ou semblable,

chacune âme peut et doit appeler le benoît Saint Esprit

en sa maison spirituelle, ou logis de son coeur, pour y demeurer et habiter.

Et ceci est fait par la première chambrière et demoiselle,

que je nomme Oraison.



Publié dans Cigale en prière

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