La puce de Jean Baptiste

Publié le par Albocicade

 

Au fait, en parlant de musique... Voilà bien un domaine d'une neutralité absolue.

Il existe des musiques religieuses et d'autres totalement a-religieuses (voire même anti-religieuses).

Le solfège, la gamme - tels que nous les connaissons en Occident - sont des principes mathématiques qui n'ont que faire d'une quelconque référence chrétienne.

 

Voire...

 

Do, ré, mi, fa, sol, la, si, do,
Gratte-moi la puce que j'ai dans l'dos
Si tu l'avais grattée plus tôt,
Elle ne s'rait pas montée si haut !

 

C'est ainsi que, petit, j'ai appris les "bases" du solfège : le nom des notes, et leur place dans la gamme.

Pour les nostalgiques, on peut l'écouter en cliquant ici.

 

Et pourtant, le nom des notes de notre gamme, qui peuvent s'écrire et se lire, provient directement de l'hymne de vêpres de la Nativité du prophète, précurseur et baptiste Jean (ou, comme on dit en occident : "St Jean-Baptiste") composé au VIIIe siècle par un moine du Mont Cassin : Paul Diacre.

Ut queant laxis / Resonare fibris / Mira gestorum / Famuli tuorum / Solve polluti / Labii reatum / Sancte Iohannes


L'histoire se poursuit (ou plutot, débute) au XIe siècle, avec le bénédictin Guido d'Arezzo qui prit la première syllabe de chaque vers (sans aucun rapport, d'ailleurs, avec la mélodie de l'hymne en question) pour nommer les notes :

 

Ut queant laxis

Resonare fibris

Mira gestorum

Famuli tuorum

Solve polluti

Labii reatum

Sancte Iohannes

 

Le "Si" fut ajouté au XVIe siècle, sur la même base, en prenant les lettres initiales de " Sancte Iohannes "

 

Le Ut, ne se terminant pas par une voyelle, était peu apte à être chantée. C'est pourquoi on la remplaça par le Do de Dominus (Seigneur, en latin).

Ainsi est née la gamme telle que nous la connaissons.

 

Quoi d'autre ?

Une traduction de l'hymne en question

Hymne à Saint Jean Baptiste

Que tes serviteurs chantent
d'une voix vibrante
les admirables gestes
de tes actions d'éclat.
Absous des lourdes fautes,
de leurs langues hésitantes
nous t'en prions, saint Jean.

 

Et bien sûr, l'hymne lui-même, chanté en Grégorien






Publié dans Vie quotidienne

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