Epitaphios

Publié le par Albocicade

Nous voici au Samedi saint et… je n'y suis pas.

On a beau dire, mais "église" "ekklesia", ça veut quand même dire rassemblement, assemblée. Et une "assemblée dispersée", ça ressemble à quoi ?

 

Oh, je sais, il y a des retransmissions d'Offices sur internet. Du grec, pour qui en veut, du slavon pour d'autres, et puis d'autres langues encore. Quelques ensoutanés qui célèbrent "portes closes", avec une bonne volonté évidente, avec le désir de donner au moins quelque chose, de porter la prière des absents… je n'arrive pas à y entrer.

La liturgie, on y participe (plus ou moins bien selon l'humeur du moment, les soucis ou les joies…) on y participe, mais on n'y assiste pas.

Regarder une liturgie comme on regarde un film, un spectacle ?

 

Avec cette histoire de confinement, je n'ai rien préparé : ni koulitch, ni paskha… ni même (comme on disait au XIX° siècle) mon âme : il n'y aura pas de Liturgie de Pâques, et pas même question d'aller m'arrêter un instant à l'église1 pour y "déposer les soucis du monde", alors à quoi bon ?2

 

Ce matin, je traîne à me lever, lis quelques notices sur les "martyrs de Cordoue" en particulier St Perfectus, qui est précisément fêté le 18 avril.

Un "pouet-pouet" (oui, ma sonnerie pour les notifications de message fait "pouet-pouet", et alors?) me fait lever la tête.

Je regarde : deux photos. Deux photos de notre chapelle, là-bas, si loin.

Deux petites photos sur mon petit écran de téléphone.

Deux photos de l'épitaphios.

 

Je ne peux pas aller à l’Église… c'est l'église qui vient à moi.

Mon coeur se regonfle.

Je peux m'arrêter, venir là, devant le Christ qui a donné sa vie et qui maintenant gît au tombeau.

Le temps s'arrête, l'éternité s'avance.

Aujourd'hui, le silence et le froid : il est là pour ceux qui sont au tombeau.

Ce soir, c'est Pâques.

 

Message personnel :

Merci, du fond du coeur, Merci à toi, Marie-No, pour ces photos.

 

Et les notes...

1Le fameux rayon d'un kilomètre pour une sortie jugée non indispensable est très nettement dépassé dans ce cas...

2Pour les tatillons du vocabulaire : un mien ami avait eu un jour cette réflexion : l'acédie, c'est quand on en vient à se dire "A quoi bon ?"

Publié dans Cigale en prière

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