Vu, pas vu

Publié le par Albocicade

 

 

Du plateau, j'aperçois la ville en contrebas. Ou plutôt, des clochers. L'un, octogonal, élancé, gothique retient l'oeil de manière agréable. L'autre est nettement plus massif, lourd. Puisque j'ai un peu de temps devant moi, je décide d'y aller voir. Hélas, la cathédrale, surmontée du premier clocher, est totalement inaccessible, fermée de lourdes grilles, et je dus me contenter d'en faire le tour.
Par contre, plus bas, l'église "Notre Dame du Camp" est ouverte. La façade est effectivement massive, immense. Sorte de fortification perdue en ville. J'entre dans l'espèce de vestibule qui sépare la nef de la rue. La porte est là, sur la droite.
Porte ? Oui, mais bien plus encore. Car la porte est encadrée d'une belle inscription[1], agrémentée de volutes et d'oiseaux du plus bel effet byzantin :
Venez à moi / vous qui ployez sous le fardeau / car je suis doux et humble de coeur.
Et, surmontant la porte, une icône du Sauveur. Et, ce qui ne gâche rien, cette icône est magnifique. Ce n'est plus une porte, c'est une invitation. Ce n'est pas dans une église que l'on entre, mais dans le coeur du Christ.
Je regarde longuement, m'emplis les yeux et le coeur de cette invite inattendue, pestant toutefois in petto contre cette négligence qui fait que je suis là sans appareil photo, sans même un téléphone pour prendre un cliché : je suis devant cette icône, et je regrette de ne pouvoir vous partager ce que je vois et qui m'évoque irrépressiblement une autre église, russe celle-là...
 
De retour au lieu où je passe deux jours en Ariège (oui, cette église est à Pamiers), je me lance dans une recherche sur internet : il n'est pas question de renoncer si facilement. Hélas, rien, bernique, ouallou, que tchi... il semble que je sois le seul à avoir remarqué cette icône. En tous cas, je n'en trouve trace nulle part[2].
 
Par contre, ce que je trouve me laisse sans voix. Pas très loin de là se trouve une église entièrement fresquée. Je ne parle pas de l'église rupestre de Vals, aux fresques romanes du XII° siècle[3], non, mais de l'église de l'église des Issards, recouverte de fresques byzantines, juste à côté. Voila des années que je passe dans les parages, sans en avoir jamais entendu parler. Et comme c'est sur la route du retour...
Las ! Arrivé aux Issards, je me heurte à porte close. La personne supposée détenir la clef, juste à côté de l'église, est décédée. Toutefois, on m'indique une autre maison où sonner : là du moins, on devrait pouvoir m'ouvrir. Manque de chance, la personne en question est absente. De cette église, je n'ai vu qu'un extérieur banal : c'est donc partie remise, ce qui me laissera le temps d'en savoir un peu plus sur cet étonnant Nicolaï Greschny, auteur de dizaines[4] de fresques à travers la France.
Peut-être même y en a-t-il près de chez vous !
Notes :
[1] Je cite de mémoire.
[2] Il faudra que je me renseigne
[3] J'en ai parlé une fois, mais pas moyen de retrouver ce billet !
[4] L'excellent Moinillon en avait mis une liste bien pratique en ligne, il y a quelques années

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Laurence 07/03/2017 14:22

Ah Greschny! De mes 13 années dans le Tarn, je garde le souvenir ébloui de ses fresques et icônes!
Si d'aventure tu réussis à entrer dans cette église, dis le nous!

Albocicade 07/03/2017 17:29

Si l'occasion s'en présente, je n'y manquerai pas !

Belcikowski 07/03/2017 08:27

Bonjour,
Je suis heureuse que vous parliez de Notre Dame du Camp et de l'église des Issards.
Je publie ici quelques photos prises dans l'église des Issards :
http://belcikowski.org/ladormeuseblogue/?p=9535

Et ici quelques photos prises à Notre Dame du Camp :
http://belcikowski.org/ladormeuseblogue/?p=4369

Bien cordialement,
Christine Belcikowski

Albocicade 07/03/2017 17:28

Un grand merci pour ces liens, d'autant que, si mes souvenirs sont bons, c'est à vous que j'avais emprunté des clichés de l'église de Vals...