De qui parle-t-on ?

Publié le par Albocicade

C'est l'histoire d'un cambrioleur qui, de nuit, pénètre à pas feutrés dans une demeure supposée vide.

Soudain, une voix un peu nasillarde le surprend : "Arrête, ou Jésus va te punir !"

Le malfaisant scrute la pénombre, le cœur battant, tend l'oreille et, n'entendant plus rien, finit par se persuader que cette voix est un effet de son imagination surchauffée.

A peine a-t-il esquissé des reprendre à tâtons sa marche déshonnête que, de nouveau surgit de la nuit une voix glapissante : "J'ai dit arrête, ou Jésus va te punir".

Terrifié,  le pillard allume sa lampe torche et, de son rond de lumière explore les ténèbres jusqu'à voir, sur un perchoir… un perroquet.

- C'est toi qui m'a parlé ?

- Oui…

- Mais, tu es un perroquet !

- Oui, c'est vrai…

- Un perroquet comme système de sécurité ! C'est nul ! Et c'est quoi ton nom ?

- Coco.

- Coco ! Y'a pas plus ridicule, pour un perroquet…

- Parce que, d'après toi, "Jésus", c'est pas ridicule pour un pitbull ?

 

*  *

*

J'ai repensé à cette histoire, dernièrement, en voyant sur une voiture stationnée à proximité de mon lieu de travail, cette affiche en très grands caractères :

J'ai

perdu

Jésus !!

Bulldog

français

noir

 

Rentré à mon poste de travail, j'ai une radio de service public en arrière fond. C'est l'heure de l'émission d'un journaliste très à gauche, nostalgique des jeunesses maoïstes ou trotskistes. Le thème du jour : la Pologne post-soviétique et (entre autres) la place que l'Eglise y tient aujourd'hui.

J'entends un chant dont je ne comprends pas le moindre mot (hé oui, "Ja nie rozumiem po polsku" *) mais heureusement une interprète traduit.

Les paroles sont :

Jésus je t'aime

Jésus je te fais confiance

Montre-moi la route…

 

Nous vivons vraiment une époque étrange.

 

Note :

* Cette phrase (ya nié rosoumiém po polskou) signifie "Je ne comprends pas le polonais". C'est la seule phrase que j'ai retenu du passage, dans mon collège, d'un jeune dont la famille fuyait le régime de la Pologne communiste pour s'installer au Canada. Ils ont transité par le gros bourg où j'étais, et durant deux semaines, j'ai été chargé de le chaperonner, étant le seul de la classe à baragouiner un peu d'anglais : nous étions en 5ème.

 

De qui parle-t-on ?

Publié dans Vie quotidienne

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Laurence 08/11/2013 22:49

Excellent!