Le boulevard du temps qui passe

Publié le par Albocicade

Lucien, jeune et vieux, par Margerin

 

On ne s'était pas donné "rendez-vous dans dix ans"…

On aurait pu, mais à l'époque, nous n'y pensions pas : dix ans… c'est le bout du monde !

Nous nous voyions tous les jours ou presque. Pas le week-end ou les vacances, mais tous les autres jours. Chaque matin, nous nous levions avant "les autres" pour nous retrouver dans une petite salle afin d'ouvrir la Bible et prier, accompagnant notre réflexion des commentaires de la LLB.

Puis, nous allions prendre le petit déjeuner.

"Nous" : trois garçons et une fille, lycéens, en internat.

J'étais le dernier venu, tout nouvellement converti, découvrant avec étonnement un univers dont on ne m'avait pas parlé à l'école.

Ça a duré quelques mois, en fin de terminale.

Des semaines d'une "formation" peu commune, finalement.

Et puis, les études nous ont séparé, la vie professionnelle aussi. Nous nous sommes revus, les uns ou les autres, de loin en loin. Enfin, les trois gars, en fait.

 

Mais cette fois, c'était différent.

Pour la première fois depuis bien longtemps, nous étions tous les trois ensemble. Avec femmes et enfants. Pour un repas. Pas une "réunion d'anciens combattants", mais un temps de retrouvaille en simplicité. Moments riches.

Et, comme dit la chanson,

L'un de nous perdait ses cheveux

Et l'autre avait les tempes grises…

 

Oui, parce que, nos années lycées… c'était il y a presque trente ans…

Et puis, ce que nous chantions alors, n'en déplaise à Brassens, n'avait rien de slogans "contre les vieux, les mous, les gras" : nous piochions plutôt dans le "JEM".

A vrai dire, je n'ai pas de nostalgie de cette époque, juste une immense reconnaissance.

 

Publié dans Vie quotidienne

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