Côté cuisine

Publié le par Albocicade

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Elle m'en avait fait la remarque, Dame Cigale, avant le départ : "Tu pourrais faire un effort, côté vêtements, tout de même…"

Peut-être, mais pour moi, un bon jeans, un pull nickel, ça me convient bien. Alors, arrivé à l'Eglise pour Pâques, je n'avais rien changé.

Pourtant (mais qui l'aurait prédit ?) elle a vu ses souhaits exaucés.

A peine entré dans l'Eglise, avant la Liturgie, voici que le prêtre de notre paroisse me demande si j'accepterais de lui servir d'acolyte. Et me voilà donc, pour la première fois, revêtu d'un sticharion doré constellé de croix brodées.

Je n'ai pas la moindre idée de ce que j'aurais à faire, mais au moins, je suis bien habillé !

 

Puis, tout au long des heures qui suivent, je découvre "l'envers du décor".

 

Moi qui suis habitué à me laisser porter par la liturgie, à entrer dans la prière commune (et parfois à m'en échapper distraitement), à savourer le banquet de la foi ; ce qui me frappe en premier lieu, derrière l'iconostase, c'est la vigilance de chaque instant. Pas question de laisser son esprit vagabonder.

 

Qu'y a-t-il de commun entre des commensaux attablés, convives d'un joyeux festin, et des cuisiniers – du dernier marmiton au chef étoilé – s'activant autours des fourneaux en arrière-plan ? Tout, puisque qu'ils sont deux aspects d'une même réalité, et que les uns sans les autres seraient un non-sens.

D'autant que, pour poursuivre la métaphore, ce qui est servi là c'est du Bocuse, c'est à faire saliver Curnonsky, et en tous cas, ce n'est certainement pas du Mac-Donald.

 

A vrai dire, acolyte de circonstance, je n'ai pas fait grand chose : principalement entretenir l'encensoir, le tenir prêt pour le donner au prêtre aux moments opportuns…

"Que ma prière monte vers Toi comme l'encens…"

Et là, une règle, une seule, mais impérative : pour que le "grain" d'encens puisse fumer, il faut que le charbon soit vraiment brûlant. Froid, rien ne se passe ; brûlant mais recouvert de cendre, non plus. Mais s'il est incandescent, alors la fumée s'élève en volutes… comme la prière.

 

De ma place, je regarde le prêtre. Je le vois à la fois, vigilance et prière. Corps et âme. Un corps qui – sciatique rebelle aidant – se manifeste d'ailleurs,  l'obligeant parfois à aller s'asseoir un court instant tandis que le chœur chante le canon pascal de St Jean Damascène.

 

Et une gratitude rétroactive grandit en moi pour toutes ces liturgies auxquelles – sans vraiment prendre conscience que "côté cuisine" certains s'activaient  sans relâche – j'ai participé de tout cœur, convive comblé du festin de la foi.

 

Et puisque j'ai, en passant, évoqué un peu pêle-mêle la figure de St Jean Damascène et les fast-food, je voudrais terminer par une vidéo prise dans une cafétéria à Beyrouth et qui eut probablement réjoui le moine de St Sabbas, comme aussi mon cher Théodore Abu Qurrah.

 

 

Si la vidéo ne fonctionne pas cliquer sur le lien.

 

 

 

Publié dans Côté iconostase

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Albocicade 01/05/2011 23:05




Oui, j'avais été très impressionné par cette "flash-mob"...


Celle de Moscou, en Janvier, n'avait pas été mal non plus :


http://www.dailymotion.com/video/xgmy6i_orthodox-flash-mob-in-moscow_news




laurence 01/05/2011 21:19



ce qui se passe derrière les portes royales et l'iconostase est souvent pour nous les fidèles "objet de curiosité" et de spéculation (bienveillante)...j'observe parfois les allers et venues
des pieds des célébrants et je me dis qu'ils ont l'air bien actifs!


merci pour le lien vers la vidéo. Elle a son pendant avec le même scénario (pour Noël) dans un fast food américain et une chorale chantant le Messie de Haendel.


http://www.youtube.com/watch?v=SXh7JR9oKVE