Un ours, des crêpes et des bougies.

Publié le par Albocicade



Le 2 février est le jour des crêpes... et de l'ours.

Oh, peut-être pas partout, mais dans mon village, si.

Chacun sait que le jour de la Chandeleur, l'ours - gros animal flemmard et hibernant - sort de sa grotte pour voir le temps qu'il fait.

S'il aperçoit son ombre (autrement dit, si le soleil brille), le timide plantigrade - effarouché par cette forme menaçante -  retourne se coucher... et il s'en faut d'au moins 40 jours que le froid ne desserre son étau.

Si par contre le temps est couvert, et pour tout dire s'il fait mauvais, c'est alors le début d'un redoux qui petit à petit doit nous amener vers les beaux jours.

Mais comme chez nous le dernier ours a été tiré il y a plus d'un siècle, quelques joyeux drilles perpétuent sa mémoire d'une bien particulière façon : durant la "nuit de l'ours" (c'est-à-dire celle du 1er au 2 février), ils parcourent les rues du village et - avec force ficelles, pneus usagés ou vieilles planches - bloquent les portes des commerçants grincheux, citoyens malcommodes ou râleurs invétérés (bref, des "ours mal léchés") pour les empêcher de sortir de leurs tanières au matin de la Chandeleur.


Mais le 2 février, c'est aussi (et pour la plupart des gens) les crêpes.

Un drôle d'héritage, ces crêpes ! Ramenées par des pèlerins allés fêter la Chandeleur à Rome, du temps du pape Gélase, elles sont devenues pour beaucoup les derniers vestiges de la fête.


Puisque - mais qui s'en souvient ? - qu'on l'appelle "Présentation du Christ au Temple", ou "Purification de la Vierge", la Chandeleur est une fête de l'Eglise, dans laquelle la flamme des "chandelles" (les cierges) évoquent le Christ "Lumière des nations".



Et en cliquant sur l'enluminure, vous pouvez aller voir le manuscrit copte / arabe dont elle est extraite.

Publié dans Vie quotidienne

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