Souriez, vous êtes à l'Eglise.
Qui ne connaît les "émoticônes", aussi appelées "smileys" ?
Ces espèces de petits personnages, animés ou non, souriants ou grognons, qui émaillent les échanges sur internet forment un peuple virtuel à part entière.
Mais qu'en est-il de leur spiritualité ?
Je me suis donc discrètement glissé à leur suite, dans une de leurs églises.
Vu la croix sur le toit, une église
orthodoxe.
De fait, dès l'entrée, les
smileys - hommes comme femmes – se signent.![]()
Tandis que le chœur chante, le prêtre
encense l'iconostase.
Durant l'office, l'attitude des fidèles est assez variable.
Ainsi, tandis que le diacre lit l'Evangile,
un passage où il était question de Moïse,
j'ai pu en voir un qui prenait des notes,
tandis qu'un autre semblait vérifier une citation dans son Ancien
Testament en hébreu (si, si, vu le sens dans lequel il tourne ses pages…)
Durant les prières, certains prient à
s'en faire éclater les rotules,
d'autres rejoignent le choeur pour chanter les
"amen", tandis que certains se laissent
peu à
peu distraire, puis interpellés par les fresques qui ornent les murs suivent à nouveau la Liturgie.
Il y en avait même un qui
suivait tout l'office dans son livre de prière.
Ce jour là, il y avait un moine de passage…
Dans un coin, un inquiet fait
part à un autre de son vide intérieur, de son désarroi spirituel, ce à quoi l'autre répond avec sagesse de se confier au Christ sauveur.
Et j'entend un troisième
approuver, citant le tropaire "Par la Croix, la joie vient dans le monde".
A la sortie, un type un peu exalté
parlait de son baptême,
des anges qu'il prétendait avoir vu
et du moment ou, selon la parole de l'apôtre, l'Eglise serait enlevée.
Un vieux, à côté disait que de
son temps on ne parlait pas ainsi à la légère des chose saintes...
Je les ai laissé tandis que le
prêtre se préparait pour un enterrement.
Comme nous étions peu avant Pâques, je suis allé voir les préparatifs :
efficaces, très
efficace.
Dans une autre chapelle, il
n'y avait qu'un prêtre, et une vieille devant les icônes.
Bon, sur ce, et avec un air
d'accordéon, je vous laisse.