Le perdu
J'ai reçu ce matin ce petit texte d'Alain, un helvète huguenot et bédépoïète* :
L'autre nuit (genre minuit), je me baladais dans la rue tout en discutant avec le Seigneur
Quand tout à coup, dans une rue obscure, j'ai discerné une forme sombre au beau milieu de la rue.
Je m'approchais et quel ne fut pas mon étonnement de trouver un homme dans la soixantaine gisant à terre.
- « youhou ! Monsieur ! ça va ? »
Il leva faiblement la tête et me dit :
- «qu'est ce qui s'est passé ?, où suis-je ?»
Visiblement, il avait perdu la mémoire…
J'ai essayé de le lever, mais il était lourd (en plus j'ai mal au dos). Alors j'ai hélé un rare passant (qu'il me semblait reconnaître) :
- « hey ! venez m'aider »
Mais celui-ci prétexta une excuse du genre : « désolé, ça serai volontiers, mais je dois m'allumer une cigarette» et il disparut.
A grand peine, je réussi à mettre debout le gars, je lui ramassait ses lunettes et ses clefs…
- « Monsieur, où habitez-vous ? »
- « Je ne sais pas » qu'il me répond étonné…
Je me disais : « ha, ça va être sympa cette nuit … »
Appuyé sur mes épaules, nous marchâmes au hasard des rues désertées de St-Imier, espérant que la mémoire lui revienne en revoyant son quartier…
Je ne voulais pas appeler la police, de peur qu'on lui fasse des histoires…
Et l'ambulance lui aurait coûté cher (de plus il n'en voulait pas)…
- «hé mais, j'y pense, je ne suis pas seul : heu…Seigneur tu pourrais pas me donner un coup de main ?».
Paf ! Il me vint une idée con comme la lune :
- « Votre nom ! vous souvenez de votre nom ? »
Il me le donna, je téléphonais à ma femme qui, d'une voix endormie, me donna l'adresse. Non pas qu'elle soit prophétesse, elle regarda juste dans le bottin.
(C'est dingue, on dirait qu'elle n'est même plus étonnée par le genre d'histoires qui m'arrivent…)
Qu'elle joie de voir que la clef de mon protégé fonctionnait à la dite adresse.
Je rentrais soulagé et songeur à la fois… sachant que hasarD fini avec un « D » majuscule…(oui « D » comme Dédé, mais ce n'est pas à lui que je pensai)
Le lendemain matin, je pris de ses nouvelles et l'invitais à boire un café…
Je n'ai rien fait d'étonnant,
J'ai trouvé un « perdu » et je l'ai aidé à rentrer à la maison…
Beaucoup de gens sont « perdus » autour de nous…. Et aimeraient tant rentrer à la maison,
Hier, j'ai raconté à mes deux petits cette parole de Jésus :
"Dieu, c'est un Papa qui attend tout les jours (depuis trop longtemps), devant sa porte .
Il attend que son fils, sa fille perdu(e) rentre à la maison.
Et quand ce jour arrive... il pleure de joie, c'est le plus beau jour de sa vie…"
Voilà donc ce petit texte. Moi, j'ai bien aimé…
* Bédépoïète, ben, c'est un peu un néologisme, je veux dire qu'il est auteur de BD…
Publicité