Nouvel an plein de sagesse

Publié le par Albocicade

 
Pour ce début d'année, j'ai choisi de vous offrir un texte rare, sans doute peu connu, de poésie gnomique – la sagesse par la sentence – histoire de bien commencer 2026. Quand donc et où ai-je bien pu copier cette composition, qui le dira ? Etait-ce lors d'un de mes rares passages dans une vraie bibliothèque digne de ce nom ?  Je ne crois pas. Dans un improbable "Emblemata moralia",un "Florilegium philosophicum" incertain ou quelque autre volume du XVI° ou XVII° siècle déniché dans une de mes innombrables bibliothèques numériques ? Allez savoir !
Toujours est-il que ce court texte vaut autant par ce qu'il dit que ce qu'il invite à découvrir, et je ne saurais trop vous inviter à aller jusqu'au bout : cela reste bref.
 
Aussi je vous offre le texte latin, accompagné immédiatement de ma traduction en français :
 
Nobile consilium in silentio.
Loquax error, sapientia latenti.
Un conseil noble demeure dans le silence,
L’erreur est bavarde, la sagesse discrète.
 
Obscurum saepe veri vult imitari mentem,
Nescio quis fallitur ingenio subtili.
L'obscur souvent cherche à imiter l’esprit de la vérité ;
D'aucuns se laissent tromper par un esprit subtil.
 
Aesopi lingua docet: bonum malumque hic
Recta vox sanat, eadem vulnera facere.
La langue d'Esope l'enseigne : là sont le bien et le mal ;
La parole droite guérit, et la même peut blesser.
 
Dolus in cauda, dolus in fronte.
Rete latens fallit dulci imagine.
Qui incautus audit, capitur cantu.
Ruse à la fin, ruse au début,
Le filet discret trompe par une apparence agréable :
Qui écoute sans méfiance est pris par le chant.
 
Aspice margines, lector attente.
Ibi saepe latet sensus, non per carmen.
Observe les marges, lecteur attentif :
Souvent le sens se cache là, et non dans le poème.
 
In verbis stultitia, in vultu ratio limen.
Te fallit species, non status ipse.
La stupidité est dans les paroles, la raison est au seuil :
L’apparence te trompe, non la réalité elle-même.
 
Ridens sapiens stultum iactare sinit carmen.
Et non dubitat stultus, sed dubitans sapiet.
Le sage, en souriant, laisse le sot vanter son discours.
Car le sot ne doute pas, mais celui qui doute sera sage.
 
+−+−+−+−+−+−+−+−+−+
 
Sed moneo: quaere acrostichon.
Si caput legis, caudam quoque vides.
Mais je te mets en garde : cherche l’acrostiche.
Si tu lis la tête, regarde aussi la queue.
 
Sans doute certains seront un peu déçu : Quoi ? C'est tout !
Non, car il reste l'acrostiche. La consigne nous met en garde : il faut le lire "début - fin", autrement dit, première puis dernière lettre du premier vers, pareil pour les autres, en mettant à part (puisqu'il y avait un séparateur avant le dernier distique) les deux derniers.
 
Cela donne :
N O L I O M N I A C R E D E R E Q U A E I N I N T E R N E T *S N
Ou, en séparant les mots
NOLI OMNIA CREDERE QUAE IN INTERNET
 
Autrement dit, en français :
Ne crois pas tout ce que tu trouves sur Internet.
 
Bon ce texte n'est sans doute pas aussi vieux que cela… il fallait bien que je vous offre de l'inédit !
Donc, Bonne Année à Tous !
 
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