Voyage en Chine : 6.
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Jour 3, après-midi. De retour dans le nord de Pékin, tandis qu'Alexis planchait avec ténacité sur son clavier, nous avons parcourus le site du "Palais d'été", enfin, le "Nouveau Palais d'été" (le Yiheyuan).
En effet, au XIX° siècle, il en existait un prestigieux Palais d'été, le Yuanmingyuan, qui, dans la cadre de la seconde guerre de l'opium, fut mis à sac et gravement endommagé par les troupes franco-britanniques en 1860, (ce que Victor Hugo dénonça dans une lettre célèbre).
Entre 1884 et 1895, sur les ordres de l'impératrice douairière Cíxǐ (慈禧, ça se prononce à peu près Tseu-Sii et du coup, non, je ne parle pas de Sissi Impératrice !) un "nouveau Palais d'été" (donc le Yiheyuan ) est construit à grands frais, tandis que l'ancien – à une dizaine de kilomètres – était laissé en ruines, en rappel de la barbarie des occidentaux (et puis pour tout dire, elle avait épuisé les caisses de l'état avec la construction de son "Nouveau Palais" et ne put faire restaurer le Yuanmingyuan quoiqu'elle en ait eu le projet).
Il y a certes une "colline" à gravir, mais point de garrigue : des bâtiments, palais, temples, tous plus ornés les uns que les autres, de couleurs et de sculptures, de statues de bouddhas, profusion en tous sens… De l'autre côté de la colline, un lac et un grand bateau (environ 36 m sur 8) que l'on dit de marbre (en fait sa base est en marbre, mais les parties hautes sont en bois peint "façon marbre" !)
D'autres bateaux naviguent sur le lac Kunming, et pour une obole nous faisons la traversée.
Puis, franchissant le "pont aux 17 arches" orné d'innombrable lions de pierre (bon, en vrai il y en a 544) nous accédons à l'île de la Tortue Divine" (神龟岛, Shénguī Dǎo : rappelons que la tortue qui est un symbole du cosmos et de sa stabilité est aussi symbole de longévité et de sagesse). Là, pas très grand, se trouve le "coeur" de l'île : le Temple du Roi Dragon (龙王庙 Lóngwáng Miào, donc dédié au dieu des eaux) où l'impératrice venait prier pour que l'inondation épargne Pékin et sa région parfois menacés par les caprices du fleuve Yongding. Prière stratégique dans la mesure où ce lac artificiel servait aussi de bassin de rétention pour réguler les crues et assurer une partie de l'approvisionnement en eau de Pékin via des canaux.
Photographiés : L'ai-je dit : ici, en Chine, nous sommes des stars ! Un peu partout, il est arrivé que des gens de tous âges s'approchent de nous en demandant dans un anglais approximatif si nous acceptons d'être pris en photo avec eux : la plupart n'ont jamais vu d'européens et ils ont envie d'immortaliser cet instant où ils ont croisé pour de vrai un "long-nez" (pour reprendre un vieux cliché). Alors, comme c'est gentiment demandé (une dame demande de pouvoir nous prendre en photo avec sa maman âgée, par exemple) nous acceptons : ce n'est pas si fréquent de pouvoir faire plaisir à des inconnus. Du coup, nous prenons une photo avec leur téléphone et aussi une avec le nôtre, histoire de garder aussi un souvenir.
Le plus beau fut un soir, alors que nous nous restaurions d'une bonne soupe de nouilles dans une petite gargote, Dame mon épouse, des enfant (grosso-modo une fille de 7 ans, son frère de 9 ans et la grande sœur de 13 ans) mangeaient à la table à côté, nous regardant du coin de l'œil en chuchotant. Puis le garçon se leva, vint vers moi avec son téléphone, avec l'air de demander. J'acceptais, bien sûr puis, après un instant de réflexion invitais par geste les deux filles à se joindre à nous et Dame mon épouse prit ce cliché qui, sans doute, restera mémorable pour cette petite troupe.
Par contre, si ce type de contact est aisé, pas moyen de discuter, même en anglais : dans le meilleur des cas, ils n'ont que 5 ou 6 mots de vocabulaire, et terminent généralement par "Welcome to China !" tant ils sont fiers que des inconnus aient fait tant de kilomètres pour voir leur beau pays.
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