Voyage en Chine : 4.

Publié le par Albocicade

Jour 2, après-midi. Ensuite, après un rapide repas dans un petit restaurant, nous avons poursuivi par la visite de la Pagode Blanche qui date de l'époque de Kubilai Khan : superbe, mais nous n'avons vu que l'extérieur (et la cour intérieure) je n'ai pas grand-chose à en dire
Puis, nous continuons à pied jusqu'à la cathédrale de Pékin, cathédrale officielle, qui est donc celle de "l'Association patriotique catholique chinoise"[1], l'Eglise catholique autorisée par le gouvernement, mais qui ne dépend pas du Vatican, qui applique le principe des  "Trois Autonomies" (三自, romanisé "Sānzì" en pinyin, et se prononce approximativement "San-tseu") : l'église est Autogouvernée (自主 Zìzhì "Tseu-djeu"), c'est à dire indépendante vis-à-vis de toute autorité religieuse étrangère (comme le Vatican) ; Autosuffisante (自养 Zìyǎng, "Tseu-yang")  donc son financement ne dépend pas de fonds étrangers ; Autopropagée ( Zìchuán, "Tseu-tchouan"), donc son développement dépend uniquement de missionnaires locaux, sans influence extérieure.
Le bâtiment, reconstruit à la fin du XIX° siècle sous l'égides de la Société des Missions Étrangères de Paris – donc bien avant la révolution communiste – est très occidental.
L'intérieur est orné d'un fort parlant chemin de croix en icônes de type russe. On y trouve aussi la célèbre représentation (en peinture, sculpture et même vitrail) connue sous le nom de "Notre Dame impératrice de Chine".
Il convient de dire un mot de cette représentation et de ce que son titre (à mon sens fort contestable, et d'ailleurs abandonné en 1952) pouvait véhiculer. Ce titre, proclamé en 1900 a été fort mal perçu en Chine par le pouvoir impérial et les milieux nationalistes comme une sorte de provocation à connotation colonialiste (le trône étant alors officiellement occupé par l'empereur Guangxu, mais de fait c'était l'impératrice douairière Cixi qui régnait). Ceci étant, c'est après la révolution menée en 1949 par Mao Zedong (Mao Tsé Toung, comme on disait avant) que pour limiter les tensions avec le régime du PCC que le titre "Impératrice de Chine" a été retiré par le Vatican en 1952.
Mais lorsque je dis que le titre est contestable, c'est que, associé à cette image, il définissait Marie comme celle qui régnait sur la Chine (une forme de régence au nom de son fils "trop jeune pour occuper le trône" !) ce qui me paraît – outre l'inutile provocation politique – une faute théologique. Par contre, abstraction faite de ce titre, on peut y voir une "Vierge à l'Enfant", bref une Theotokos, mise à la mode chinoise, en une sorte d'affirmation que l'évangile doit se faire "tout à tous", et franchement, cela me parle...
Deux grandes stèles inscrites en chinois sont placées à l'extérieur de la cathédrale.
Pour finir, nous sommes rentrés en métro avec, là encore, des gardes de sécurité dans la rame qui est très calme et très propre. 
Sécurité : Comme mentionné, il y a une forte présence de police et gardes en tous genres, certains à uniformes, d'autres à uniforme et épaulettes, d'autres encore à brassard rouge en plus du reste. De fait, il y a une sorte de contrôle permanent, qui ne pose pas de problème : on a juste pris le réflexe de sortir nos passeports pour entrer où que ce soit (gare, métro, musée…) et de faire passer nos sacs et valises dans les incontournables machines à Rayons X. C'est la règle générale pour tous, nationaux ou étrangers : "S'il n'y a pas de problème, il n'y a pas de problème". Une fois, la machine détecte un contenant avec du liquide dans un de nos sacs. La préposée en uniforme nous demande de sortir la bouteille qui est placée sur une sorte d'analyseur, pour s'assurer que ce n'était pas un liquide explosif ou inflammable. Comme c'était de l'eau, il n'y avait pas de problème. Sur un plan général, tout est fait pour empêcher les éventuels mouvements d'humeurs qui pourraient prendre de l'ampleur : il y a des caméras à peu près partout, mais nous avons même vu – à Pékin comme à Xi'an – des sacs de sable militaires à installer rapidement en cas de besoin ; et même, sagement garés, des véhicules anti-émeutes. Du coup, tout est parfaitement calme… ce qui n'empêche absolument pas les gens de se déplacer dans une chorégraphie aussi dense qu'improbable en scooter électrique (sans casque, en général) en voiture électrique, en taxi électrique (oui, le gouvernement a décidé d'une transition rapide vers l'électrique, et s'est donné les moyens de réussir… du coup ça fonctionne).
 

[1] Attention à ne pas confondre cette "Association patriotique catholique chinoise" (APCC) avec la fameuse "Église des trois autonomies" qui est son pendant protestant, toutes deux étant reconnues par le gouvernement.
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