Carême en tension

Ça y est... de nouveau nous voici en carême.
C'est curieux, mais selon les années, on peut se sentir plus ou moins prêt pour s'élancer dans cette période particulière, plus ou moins d'attaque pour le carême. Et à vrai dire, cette année... c'est franchement "moins".
Sans doute parce que, depuis l'accident survenu l'été dernier, nous sommes comme en un interminable "carême". Curieuse comparaison ? Peut-être. Et pourtant, le carême, c'est aussi un effort, une tension pour aller plus loin, sortir de nos petites habitudes, dépasser ce qui semble être nos limites. Et là, six mois à avoir nos habitudes bouleversées, à vivre une tension quotidienne, à avoir la tête à la fois trop vide et trop pleine, à ne plus se poser la question des limites mais à avancer quand même...
Et je repense à cette anecdote rapportée dans les apophtegmes où un chasseur de passage voit des moines en train de se détendre. Le chasseur, homme rude et sans doute vertueux, s'étonne sur un ton de reproche auprès de St Antoine de ce que des moines puissent ainsi se délasser.
St Antoine lui demande alors de bander son arc, ce que le chasseur fait. Mais Antoine insiste : tend-le encore : le chasseur obtempère. "Tire plus encore !" Alors le chasseur répond "Mon père, si je le tend plus, il va casser !"
Et St Antoine de conclure: tu sais, c'est pareil pour les hommes : si on les force à se tendre trop, ils cassent...
Bref, on verra, mais je sens que cette année, on risque de prendre le carême par le petit bout... après tout, ce n'est pas une fin en soi.