Apparences

C'est l'hiver, et comme chaque année (même s'il ne fait pas froid), je laisse pousser le crin facial. De temps à autre, lorsqu'elle devient vraiment envahissante, je ramène cette barbe à des dimensions plus modestes en quelques coups de ciseaux. Barbu l'hiver, puis glabre à partir de Pâques. C'est une habitude, juste une habitude.
Pourtant, dernièrement, une personne que je connais bien me dit : "Tu as de plus en plus l'air orthodoxe !"
J'ai beau comprendre ce qu'elle veut dire, je ne peux m'empêcher de m'en défendre. Non seulement la barbe n'est pas l'apanage des orthodoxes (ne désignait-on pas de "Barbus" les membres du FIS algérien, en 1990, sans parler des rabbins, des hippies et mille autres), mais en outre elle n'a rien d'obligatoire.
Bref, la barbe n'est en rien constitutif de l'identité orthodoxe, même si les moines – et même traditionnellement les prêtres – la portent.
Je crois plutôt que l'identité de l'orthodoxe est à chercher du côté de l'Evangile. Quelque chose qui touche tout à la fois à notre rapport à Dieu et à notre relation aux autres.
On pourra, par exemple, jeter un œil aux "Béatitudes", ou aux "deux plus grands commandements", ou même, dans l'Ancien Testament, à ce passage du prophète Michée.
Et là… je ne suis pas sûr d'être si ressemblant que ça.
Pas grand chose à voir avec les poils au menton.
Donc, si l'habit ne fait pas le moine, la longueur de la barbe ne fait pas l'orthodoxe.
Et bien sûr, il ne faut pas croire les marchands de déguisements :

Ou seulement la tête :
