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Cigale sociale

Jeudi 6 décembre 2012 4 06 /12 /Déc /2012 14:23

violence et silence

Tout dernièrement, je tombe - sur facebook - sur une photo que je connais.

Violence et silence imposé.

Bien sûr, il faut en parler et c'est justement le but de la "Journée contre les violences faites aux femmes" chaque 25 novembre. Mais en parler, c'est une chose, encore faut-il que ces paroles ouvrent sur des possibilités de solution.

Que faire après les coups, partir ? Mais pour aller où ? Car le mari, le copain, le conjoint connait les amis, la famille... Aller à l'hôtel ? On tient une semaine ou deux, mais après... Après, il y a la solitude, la déprime, l'argent qui fond trop vite, le doute... La fuite n'est pas un projet durable, et là, il faut du durable.

Alors que faire ?

Qu'il soit permis à un ancien travailleur social de donner une piste.

Plutôt que de s'enfuir éperdue dans la nature avec les mômes sous les bras, il est possible de contacter un CHRS (il y en a beaucoup en France) et de faire une demande d'accueil en urgence avec les enfants en expliquant la situation. Si les risques sont très élevés (ou perçus comme tels) il est éventuellement possible de faire une demande d'éloignement (une femme de la région toulousaine peut tout à fait être hébergée en région parisienne). En CHRS, il y a une équipe pour aider à "passer le cap" du départ, et à préparer un nouveau projet de vie. Ce n'est pas un idéal, mais une solution de transition réellement adaptée pour se prendre en main, se prendre en charge, parce qu'une vie à faire repartir, ça reste un défi, puis un long chemin.

 Et comme il ne suffit pas de savoir que des Centres d'Accueil (CHRS) existent, je vous renvoie vers un site qui recense toutes les adresses.
Les Structures spécialisées dans l'accueil de femmes victimes de violence sont indiquées par ce logo.

http://www.sosfemmes.com/ressources/images/logo_violence.png

  

Et pour finir, le texte qui accompagnait la photo, sur FB (Merci à Daniel)

- J'ai reçu des fleurs aujourd'hui... Ce n'était pas mon anniversaire ni un autre jour spécial. Nous avons eu notre première dispute hier dans la nuit et il m'a dit beaucoup de choses cruelles qui m'ont vraiment blessées. Je sais qu'il est...... désolé et qu'il n'a pas voulu dire les choses qu'il a dites parce qu'il m'a envoyé... des ... fleurs aujourd'hui...
- J'ai reçu des fleurs aujourd'hui. Ce n'était pas notre anniversaire ni un autre jour spécial. Hier, dans la nuit, il m'a poussé contre un mur et a commencé à m'étrangler. Ça ressemblait à un cauchemar, je ne pouvais croire que c'était réel. - Je me suis réveillée ce matin le corps douloureux et meurtri. Je sais qu'il doit être désolé parce qu'il m'a envoyé des fleurs aujourd'hui.
- J'ai reçu des fleurs aujourd'hui. Et ce n'était pas la fête des mères ni un autre jour spécial. Hier, dans la nuit, il m'a de nouveau battu, c'était beaucoup plus violent que les autres fois. Si je le quitte, que deviendrais-je ? Comment prendre soin de mes enfants ? Et les problèmes financiers? J'ai peur de lui mais je suis effrayée de partir. Mais je sais qu'il doit être désolé parce qu'il m'a envoyé des fleurs aujourd'hui.
- J'ai reçu des fleurs aujourd'hui. Aujourd'hui c'était un jour très spécial, c'était le jour de mes funérailles. Hier dans la nuit, il m'a finalement tué. Il m'a battu à mort. Si seulement j'avais trouvé assez de courage pour le quitter, je n'aurais pas reçu de fleurs aujourd'hui"


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Jeudi 3 mai 2012 4 03 /05 /Mai /2012 14:44

  http://4.bp.blogspot.com/_7qpyaOv3gjM/TIkJTkbSGBI/AAAAAAAABBs/uC0OXd1ZRBQ/s1600/sedekah11.jpg 

Pourquoi donc, à mon poste de travail, cette interlocutrice d'un instant (que je ne connaissais pas) me demanda-t-elle si cela ne m'ennuyait pas de travailler ce jour là ? Sans doute faisait-il mauvais temps, je ne me souviens plus. Toujours est-il que je lui répondis que non seulement cela ne me contrariait pas, mais qu'en outre, puisque cela me donnait l'occasion d'échanger quelques mots avec elle, j'en étais heureux, et même "hilare", selon le sens ancien du mot.

Stoïque, elle ajouta : "Vous savez sans doute que hilare vient du grec…"

Cela ressemblait à un jeu, et je répondis en citant le début d'une des plus anciennes hymnes chrétiennes qui nous soit parvenue, juste les deux premiers mots : "Φῶς ἱλαρὸν, Phôs hilaron…Lumière joyeuse"

Sans sourciller, elle poursuivit : "Puisque vous dites des choses pieuses, vous savez sans doute que St Paul a écrit "ἕκαστος καθὼς προῄρηται τῇ καρδίᾳ, μὴ ἐκ λύπης ἢ ἐξ ἀνάγκης· ἱλαρὸν γὰρ δότην ἀγαπᾷ ὁ θεός."

J'en suis resté scotché.

Même si, comme les points d'eau dans la savane où l'on voit se côtoyer zèbres et lions, mon poste de travail est une sorte de point de passage obligé pour beaucoup de monde (et j'y vois parfois de drôles de zèbres), on ne m'avait encore jamais fait ce coup là.

Renseignement pris, mon interlocutrice était professeur de latin-grec à la retraite.

Ce qui n'enlève rien à la pertinence de son propos.

Ah, au fait, comme dans la foulée de sa citation de l'Apôtre, elle a eu l'obligeance de la traduire immédiatement, je ne peux faire moins.

Il s'agit d'un passage de la deuxième épître aux Corinthiens (chap 9, verset 7) : 

"Que chacun donne comme il l'a résolu en son coeur,

sans tristesse ni contrainte;

car Dieu aime celui qui donne avec joie."

 

Elle m'a donc laissé ceci à méditer... et à mettre en pratique.

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Jeudi 5 janvier 2012 4 05 /01 /Jan /2012 14:26

http://1.bp.blogspot.com/_Ez77Rp9ey6w/TPKpY2L59cI/AAAAAAAAEu8/CGmyx3pHFFI/s320/02.jpg

Le 6 janvier, c'est la Théophanie, la manifestation de Dieu aux humains lors du baptême du Christ dans le Jourdain.

C'est aussi, dans la version occidentale, l'Epiphanie, fête sur la même thématique, mais qui ajoute en outre la visite des mages menés par l'étoile, ainsi que les Noces de Cana. Autres moments des "premières manifestations" de la divinité du Sauveur.

Avant ça, le 2 janvier, c'est la mémoire de sainte Juliana de Mourom, cette "mauvaise paroissienne", si souvent absente de l'église (malgré un véritable désir d'y être !), trop occupée qu'elle était à prendre soin de ses gens, et de pauvres d'alentour.

Pourquoi parler d'elle maintenant ?

Ben, comme ça… et aussi à cause des rois-mages. Enfin, d'un d'entre eux, le quatrième.

 

Chacun connaît l'histoire des trois mages venus du lointain Orient pour offrir leurs présents à l'Enfant né dans une étable de Bethléem. Mais peu connaissent l'histoire du quatrième mage, qui lui aussi avait vu l'étoile et s'était aussi mis en route pour la suivre…

C'est qu'il n'arriva pas jusqu'à l'enfant Jésus avec ses présents : sa quête dura

La suite est là : sur Scribd et sur Archive.

 

Et pour illustrer ce conte, j'ai emprunté une image à un autre blog.


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Mardi 19 avril 2011 2 19 /04 /Avr /2011 09:00

Geole

 

En cette "semaine de la Passion", semaine des souffrances, je ne peux m'empêcher de penser à ceux qui sont arrêtés, déférés devant un juge, incarcérés…

La première fois, c'est terrible, terrifiant.

Il ne faut pas grand chose, alors, pour que la raison vacille.

Et la hantise des "forces de l'ordre", lors des "gardes à vue", c'est le suicide. Alors le "gardé à vue" se voit retirer ceinture, lacets, bretelles… des fois qu'il voudrait – "juste pour nous em…bêter" comme me l'a un jour confié un jeune officier de police – se fiche en l'air.

Mais une garde à vue, c'est bref. Une incarcération, c'est long, surtout au début.

Que faire pour "garder les détenus en vie" ?

Découragement et désespoir accompagnent régulièrement les prisonniers, leur suggérant la tentation du geste ultime.

Heureusement, "on a pensé à tout".

Depuis 2009, les établissements pénitentiaires disposent de "kits anti-suicide" pour les détenus les plus fragiles. Avec ça, pas moyen de passer à l'acte.

 

Dernièrement, un détenu de 23 ans s'est pendu avec son "kit anti-suicide".

 

Pour des saisons clémentes, l’abondance des fruits de la terre

et des jours de paix, prions le Seigneur. 

Pour ceux qui sont en mer et dans les airs, les voyageurs,

les malades, les prisonniers, pour tous ceux qui peinent

et pour le salut de tous,prions le Seigneur.

Pour être délivrés de toute affliction, inimitié, péril et nécessité,

prions le Seigneur.

Secours-nous, sauve-nous, aie pitié de nous et garde-nous,

ô Dieu, par ta grâce.

(Liturgie de St Jean Chrysostome)

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Mardi 4 janvier 2011 2 04 /01 /Jan /2011 14:35

 

http://img0.zigonet.com/odeur/nez-odeur-illustration_14015_w250.jpg

Qu'est-ce qu'il lui prend, à la cigale, d'accueillir ses visiteurs comme ça en ce début d'année ?

Non, bien sûr, il ne s'agit pas de cela, mais d'une info qui me laisse songeur.

C'est dans le bulletin de décembre de l'Acer-Russie :

 

"Les grands froids tant redoutés sont donc arrivés. Les personnes à la rue cherchent un abri, des tuyaux de chauffage, des cartons dans une encoignure de porte, une cave, une baraque de chantier abandonnée. Un petit endroit pour au moins se protéger du vent, un petit recoin qui donne l'illusion de la chaleur. Mais à St Petersbourg, elles ne pourront, par exemple, pas entrer dans le métro. Le règlement proscrit les vêtements sales ou souillés, un délit de mauvaise odeur est maintenant envisagé."

 

Alors oui, bien sûr, les SDF, clodos et autres "habitants de nulle part" ont des fringues crasseuses et bien souvent puantes.

Et au jeu du "ils ont / ils n'ont pas", on pourrait dresser une liste à la Prévert.

 

Ils ont :

Une histoire personnelle qui s'est dégradée peu à peu ou qui s'est brisée brutalement.

Des pieds trop souvent en mauvais état.

Un ressort intérieur qui ne fonctionne plus, rendant toute bonne résolution d'une extrême fragilité.

Des addictions multiples à l'alcool, aux stupéfiants, aux toxiques en tous genres, d'abord pour s'éclater, puis pour supporter la souffrance, puis parce que c'est comme ça…

Des projets à la pelle, dont pas un ne verra le jour.

Des nippes, loques et autres habits dépareillés, reçus dans quelque vestiaires, ou volés à aussi pauvre que soi.

Un ouvre boite, parce que s'il y a bien un outil précieux, c'est bien celui-là.

Des douleurs un peu partout…

 

En ce qui concerne ce qu'ils n'ont pas, la liste est aussi expressive, quoique différemment.

En effet, ils n'ont pas :

Un endroit où se poser, se reposer sans risquer de se faire voler, dépouiller, molester.

Un endroit où stocker les quelques affaires qu'ils ont pu garder (ou voler)

Un endroit où se laver, laver et faire sécher leur linge, de manière à se tenir propre.

Un endroit où se sécher et se changer quand ils ont pris la pluie.

Un endroit pour se tenir confortablement à l'abri quand le vent fait mine de vouloir traverser tout ce qui est sur son passage…

 

Alors, c'est vrai, il y a des SDF dont les effluves agressent furieusement les nez, même les plus aguerris (il y a même telle situation, vieille de plus de dix ans que je ne peux me remémorer sans qu'aussitôt mon estomac cherche désespérément à fuir.)

C'est vrai aussi que les métros (que ce soit en Russie, en France ou ailleurs) sont faits pour transporter des personnes, et non pour abriter les misères urbaines.

 

Pourtant, et malgré toutes les "bonnes raisons" que l'on voudra, il y a quelque chose de fondamentalement faussé, qui fait que cet hypothétique "délit de mauvaise odeur" a quelque chose de… puant.

 

Pour mémoire, j'avais, il y a un peu plus d'un an, mis en ligne quelques références anciennes, et toujours d'actualité.


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Lundi 13 décembre 2010 1 13 /12 /Déc /2010 14:26

http://www.cdsmr77.fnsmr.org/bibliotheque/randonneur.gif

C'était à l'époque de mes années montpelliéraines.

Nous étions trois à nous occuper – durant nos loisirs – d'un petit groupe de jeunes dans le cadre d'une église "protestante évangélique" (c'était bien des années avant que je demande à entrer dans l'Eglise orthodoxe).

J'en garde, d'ailleurs, de forts bons souvenirs  dans  la mesure où chacun s'impliquait au mieux – selon ses goûts et ses compétences – dans les diverses activités.

Une sortie, pourtant, me laissa un arrière goût d'inachevé.

 

C'était du côté de St Guilhem le Désert.

Tandis que la visite du village s'était passé sans problème, arrivé au pied du sentier menant aux "Ruines du Géant", l'un de nous déclara forfait, au prétexte qu'avec son fauteuil, il ne pourrait pas monter…

Parce que non-content d'être en chaise roulante, il n'avait même pas pensé à prendre sa "joëlette".

Bon, c'est vrai aussi qu'à l'époque, cet hybride entre le monocycle et la chaise à porteur – bien pratique pour se rendre en groupe à peu près n'importe où – n'avait pas encore été inventée.

 

J'en touchais deux mots, dernièrement, à une de mes interlocutrices d'un instant. Elle me répondit : "Oh, moi, vous savez, j'ai un quad…" avant d'ajouter un peu contrariée, "mais c'est vrai que lorsqu'on se ballade à pied, avec des amis, je casse les oreilles à tout le monde…"

 

Et quand je dis qu'avec un peu d'entraînement on peut aller à peu près n'importe où en joëlette, ce n'est pas un vain mot… il y a même un championnat du monde


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Dimanche 21 novembre 2010 7 21 /11 /Nov /2010 14:06

http://www.afaircop.co.uk/images/rope.jpg

C'était dans l'hebdomadaire "La Vie" de cette semaine.

Un article destiné à alerter "l'opinion publique" sur le sort d'Asia Bibi, une pakistanaise condamnée à mort par pendaison pour blasphème. (A défaut de l'article de "La Vie", voir par exemple celui-ci, qui contient substantiellement les mêmes infos)

Loin de moi l'idée de mettre en cause la légitimité de ce cri d'alarme : il est incontestablement nécessaire, comme le sont l'ACAT ou Amnesty International.

Toutefois, dans le bandeau qui résume l'article, en haut de la page, deux points me laissent perplexe… il y est écrit :

"Pakistan. Le lundi 8 novembre dernier, un tribunal a prononcé la peine capitale pour une ouvrière agricole accusée à tort d'avoir critiqué le Prophète."

 

Probablement, le journaliste aura craint d'offenser les musulmans s'il n'attribuait pas à Mahomet le qualificatif de "prophète". Pourtant, ce terme, loin d'être neutre, est tout à fait partisan… c'est même la moitié de la profession de foi musulmane. N'eut-il pas mieux valu le désigner comme "le fondateur de l'Islam" ? C'eut été tout aussi respectueux, tout en sauvegardant un minimum de neutralité.

Imagine-t-on un organe de presse musulman parler de Jésus en le qualifiant de "Fils de Dieu", ou de "Sauveur" ?

 

L'autre point qui ne laisse pas d'être troublant, c'est l'insistance sur l'aspect calomnieux de l'accusation. Est-ce que, véritablement, cette condamnation à mort serait plus acceptable si cette femme avait effectivement tenu les propos (pourtant bien peu agressifs) qui lui sont reprochés, ou si même elle avait dit ce que tout "non-musulman" pense, à savoir que Mahomet n'est pas un prophète ?

 

 Bref, si d'un côté, je suis effaré par un modèle de société qui pose l'oppression religieuse en système judiciaire ; de l'autre côté, cette forme d'auto-censure qui  se répand ne me rassure pas …

 

Au moment où je rédige ce billet, je lis qu'Asia Bibi aurait été graciée.

C'est bien sûr un soulagement, mais le problème de fond reste entier : quand donc la leçon de Joas, père de Gédéon sera-t-elle entendue ? (Cf Livre des Juges 6.25-32)

 



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Mardi 26 octobre 2010 2 26 /10 /Oct /2010 14:15

stylianos

Tout dernièrement, une correspondante m'annonçait par mail la naissance de son petit-fils prénommé "Stélian".

Elle ajoutait qu'elle n'avait pas réussi à trouver, dans le synaxaire orthodoxe, "ce moine syrien des premiers siècles de l'Eglise qui racontait la Bible aux enfants". Quelques recherches me convainquirent que derrière ce prénom roumain se profilait le saint ermite Stylianos, fêté le 26 novembre.

 

Originaire de Paphlagonie (donc en Turquie, et non en Syrie) il fut très tôt attiré par la vie des ermites qui étaient somme toute relativement nombreux en ce VIe siècle. Il se distinguait toutefois d'eux en ce qu'il ne vivait pas totalement retiré du monde : quoique s'étant établi dans une grotte, il allait rendre visite aux gens de sa région, pour les aider dans la mesure de ses forces. Un jour, après une nuit de prière d'une exceptionnelle intensité, se sentant porté par Dieu, il posa la main sur un enfant malade (chose qu'il n'avait jamais osé faire) qui se trouva guéri. Sa renommée se répandit alors, et il fut recherché par toutes sortes de personnes en souffrance. A partir de là, Stylianos – toujours serein – s'occupa de nombreux enfants, non seulement ceux qui avaient des maladies, mais aussi tous ceux qui avaient besoin d'accompagnement spirituel. Ne pouvant répondre à toutes les demandes, il fit appel à la bonne volonté des ermites d'alentours - mais aussi de laïcs - créant ainsi, sans le savoir, le premier Centre d'accueil de jour pour enfants. Ajoutons à cela qu'il est aussi considéré comme le protecteur des enfants à naître. Lorsque, très âgé, il mourut, son visage conserva son sourire jusqu'à la tombe.

 

Poursuivant mes recherches, j'appris incidemment (par un article en anglais publié en février 2010) que St Stylianos est aussi impliqué dans la lutte contre l'exploitation sexuelles des femmes à Chypre. Enfin, plus précisément c'est le prêtre de la paroisse orthodoxe St Stylianos à Limassol, le père Savvas Michaelides qui s'est lancé dans cette œuvre aussi nécessaire, qu'épuisante et dangereuse. (Et quand j'écris "dangereuse", ce n'est pas un vain mot, hélas).

Pour ceux qui ne seraient ni anglophone ni russophone, j'ai aussi trouvé un article en français, d'ailleurs plus complet (mais de 2007) sur le site de Jean-Michel.

Bref, on pourrait presque dire  que St Stylianos ne se contente pas d'être "protecteur des enfants" (comme il est traditionnellement appelé), mais qu'il l'est aussi des femmes… Ce n'est pas rien !

 

Trois petits compléments :

* Ma correspondante du début avait (en 2006) consacré sa thèse de doctorat "Participantes à la résurrection" à Marthe et Marie, les sœurs de Lazare, dans l’exégèse de Jean Chrysostome, Théodore de Mopsueste et Cyrille d’Alexandrie. J'en ai parlé quelques fois sur mon blog (par exemple, ici). Cette thèse, retravaillée, assouplie aussi, et pour tout dire, plus "digeste", vient d'être publiée aux Editions Universitaires Européennes.

 

* D'autre part, la République de Chypre créée en 1960 et membre de l'Union Européenne depuis 2004, est partiellement occupée illégalement depuis 1974 par la Turquie qui y a décrété une "République turque de Chypre du Nord" en 1983. Quand on sait que la Turquie demande à entrer dans l'U. E., ça fait désordre. Cette situation à la fois aberrante et scandaleuse est malheureusement très peu médiatisée. S'il est possible de trouver des informations à ce sujet par exemple sur Wikipédia, je me fais un devoir (et un plaisir) de signaler le blog de Maxime "Pour Chypre".

 

* Enfin, je ne veux pas clore ce billet sans présenter des souhaits de longue vie au jeune Stélian ; ou, comme on le chante en Roumanie : "Ad multos annos !"


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Jeudi 23 septembre 2010 4 23 /09 /Sep /2010 14:37

prostitute

 

Parfois, après le travail, et afin de m'éviter une correspondance supplémentaire, je sortais du métro à "Anvers" pour gravir la Butte Montmartre jusqu'au minuscule logement qui m'abritait, rue Berthe.

C'était au siècle dernier, alors que je travaillais dans quelqu'hôtel coûteux du côté du Boulevard St Honoré.

Et là, dans la montée, il m'est arrivé de me faire héler par des femmes. Des femmes "de mauvaise vie" bien sûr, quartier oblige.

Une fois les formalités effectuées (au nombre desquelles un refus poli mais dépourvu d'ambiguïté de leur offre), quelques échanges ont pu avoir lieu.

Un en particulier les résumait tous.

Outrancièrement maquillée comme (paraît-il) il se doit, elle se rit de mon refus, nargue en moi une supposée virilité qui devrait – selon elle – me précipiter vers elle. Sans émotion, je lui signifie la persistance de ma  fin de non recevoir, expliquant qu'il n'est pas dans les usages des chrétiens d'avoir recours à leur commerce. Je poursuis, mettant pêle-mêle en cause les méthodes de recrutement, les difficultés de quitter ce milieu, les violences qui s'y exercent…

Elle triomphe : elle et ses copines, c'est un choix de vie délibéré, personne ne l'a forcée, et si elle continue, c'est sa liberté de femme. Quant aux "chrétiens", elle pourrait m'en raconter !

Je me garde d'émettre une opinion sur ses "chrétiens", mais par contre, en ce qui la concerne, je ne la crois pas ; et le lui dit, simplement.

Rapidement, elle se rend compte qu'elle n'a rien à attendre, mais non plus rien à craindre de moi. Et là, à moi qui suis un parfait étranger, elle s'entr'ouvre un peu.

Bien sûr, tout son beau discours précédent, c'est du flan : il faut bien se vendre... Elle se raconte un peu, pas beaucoup, suffisamment pour me laisser entrevoir sa détresse, celle de ses "copines"…

 

Pourquoi évoquer ce souvenir maintenant ?

 

En fait, il y a quelques semaines, à mon poste de travail, une interlocutrice d'un instant me parle d'un livre traitant des violences faites aux femme qu'elle vient de publier. Ce qui ne manque pas de susciter mon intérêt. Quelques jours plus tard, elle revient et me confie un exemplaire de ce livre, "Centaure".

C'est un livre d'une écriture plutôt difficile, rude (ce qu'on appelle, paraît-il, une "écriture baroque"), au vocabulaire parfois cru et qui – dans un soucis d'authenticité – n'échappe pas toujours aux clichés. Pourtant, au-delà de la question littéraire (que chacun appréciera selon ses critères propres), "Centaure" me semble présenter un intérêt pratique : il pointe du doigt (et même appuie fortement) là où ça fait mal: ces blessures intérieures, ces "accidents de parcours" (odieux euphémisme) qui font que l'on accepte, et même que l'on "choisit" ("temporairement", bien sûr) la prostitution comme mode d'existence.

Et aussi, toute cette confusion des sentiments, des espoirs, des dégoûts…

 

Ne nous y trompons pas : "Centaure" n'est pas une étude, un documentaire. Non, c'est un roman.

Un roman dérangeant, donc, qui est paru en mai 2010, aux éditions "Chèvre Feuille Etoilée".


Quant à moi, j'attend que l'auteure repasse, pour pouvoir lui restituer ce livre qu'elle m'a si aimablement prêté.


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Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /Fév /2010 14:02


http://www.nbbmuseum.be/wp-content/uploads/2009/10/braille2.jpg 

A mon poste de travail, un de mes visiteurs récurent me remet un objet rond, plat… une pièce de 2 € (ça m'arrive parfois).

J'ai beau ne pas être numismate pour deux sous, cette pièce retient mon attention… je n'en ai jamais vu de semblable. Encadrant l'effigie (donc, côté "face") des points alignés verticalement. En dessous du buste, "1809 – 2009", et au dessus… "Louis Braille".

Bien sûr ! Trois points verticaux : "L" ; deux verticaux en partant du haut : "B".


J'ai déjà tenté, à quelques reprises, de brailler (c'est à dire, de "lire du braille"), sans la moindre ombre de succès : j'ai le doigt pataud, le tact confus, le toucher hasardeux. Manque de pratique, sans doute.


Quelle invention que cette "écriture" ! Même l'informatique s'y est adapté, avec la plage braille. Comment faisait-on, avant ? La cécité coupait-elle nécessairement de la culture ?

Homère et surtout Didyme (qui devint aveugle enfant) furent-ils seulement d'improbables exceptions ?


En tous cas, 2009 était un bicentenaire, l'année "Louis Braille", j'étais complètement passé à côté !


Au fait, juste pour info, une Bible en braille, c'est 60 gros volumes à ranger sur 4m d'étagères, et ça pèse 60 kg.



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