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Cigale en prière

Jeudi 2 mai 2013 4 02 /05 /Mai /2013 14:59

vatopedi

Je lis, dans les "Promenades dans Rome" de Stendhal, ce passage :

 "M. l'abbé del Greco arrive de Mayorque; il nous contait ce soir que, le jeudi saint de chaque année, on suspend au coin de la rue, près de l'église principale de chaque ville ou bourg, un mannequin de parchemin rempli de paille. Ce mannequin, de grandeur naturelle, représente Judas.

Le jeudi saint, les prêtres, dans les églises, ne manquent pas de prêcher contre ce traître qui vendit le Sauveur, et, au sortir du sermon, chacun, homme ou enfant, donne un coup de poignard à l'infâme Judas en l'accablant d'imprécations. Leur colère est si vive, qu'ils en ont les larmes aux yeux. Le lendemain, vendredi, on décroche Judas, on le traîne dans la boue jusque devant l'église; le prêtre explique aux fidèles que Judas fut un traître, un franc-maçon, un libéral ; le sermon finit au milieu des sanglots de l'assistance, et là, sur cette figure souillée de fange, le peuple jure haine éternelle aux traîtres, aux francs-maçons et aux libéraux; après quoi Judas est jeté dans un grand feu."

 

Bien sûr… et pourtant il y a quelque chose qui ne va pas.

J'ouvre "Chrysostome", à la "Première homélie sur la trahison de Judas", et je lis.

"Aujourd'hui, mes frères, Notre-Seigneur Jésus-Christ a été trahi : c'est, en effet, le soir de ce jour que les Juifs le prirent et s'en allèrent. Mais ne vous attristez pas en apprenant que Jésus a été trahi; car ce qui doit vous rendre tristes et vous faire pleurer amèrement, c'est le traître Judas mais non Jésus, sa victime. En effet, celui qui a été trahi a sauvé le monde, le traître a perdu son âme; celui qui a été trahi est assis à la droite du Père dans les cieux, le traître est maintenant dans l'enfer, en proie à des tourments sans fin. Oh ! c'est lui qu'il faut pleurer et plaindre, c'est sur lui qu'il faut verser des larmes, comme Notre-Seigneur lui-même en a versé. Car il nous apprend qu'à sa vue il fut troublé et il dit : un de vous me trahira.

Oh ! qu'elle est grande la compassion de ce bon Maître ! celui qui est livré pleure sur le traître. Oui, à sa vue il fut troublé et il dit : un de vous me trahira.

Pourquoi fut-il triste : c'était tout à la fois pour nous montrer son amour et nous apprendre à pleurer toujours, non sur celui qui supporte le mal, mais sur celui qui le fait : car c'est là le plus grand malheur. Il n'y a même pas de malheur à souffrir le mal qu'on nous fait ; mais faire souffrir, voilà le grand, l'unique malheur. En effet, endurer les maux procure le royaume des cieux, tandis que les faire endurer, c'est se préparer l'enfer et ses supplices, car il est écrit : Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, parce que le royaume des cieux leur appartient. (Matth. V,10.)

Voyez-vous comment la souffrance et l'acceptation des maux obtiennent en retour la récompense du royaume des cieux ? Apprenez maintenant comment le châtiment et le supplice sont la conséquence inévitable des mauvaises actions. Après avoir dit des Juifs : Ils ont tué le Seigneur, ils ont persécuté ses prophètes (I Thessal. II, 15;), saint Paul ajoute : leur fin sera conforme à leurs oeuvres. (II Cor. XI, 15.) Remarquez-vous que ceux qui souffrent persécution reçoivent le royaume des cieux, tandis que les persécuteurs 'ne recueillent que la colère céleste ?

Et ce n'est pas sans motif que je me suis exprimé de la sorte, car je veux que nous ne nous irritions pas contre nos ennemis, mais qu'au contraire nous ayons pitié d'eux, pleurant et gémissant sur leur sort; puisque ce sont eux qui endurent le véritable mal par les châtiments qu'ils se préparent. Si nous disposons nos âmes par de telles réflexions, nous pourrons prier pour eux.

Voilà en effet le quatrième jour que je vous exhorte à prier pour vos ennemis, afin que mes avis aussi fréquemment répétés se gravent plus profondément en vous. Si dans mes discours j'insiste autant, c'est pour détruire l'enflure de la colère et en calmer l'ardeur, afin qu'en venant prier vous n'en conserviez plus rien. Le Christ nous a pressés à cet égard, non-seulement en faveur de nos ennemis, mais surtout dans notre intérêt, à nous qui leur pardonnons, car nous recevons plus que nous ne donnons quand nous faisons à notre ennemi le sacrifice de notre ressentiment. Et comment cela, direz-vous ? C'est qu'en pardonnant à votre ennemi, vous obtenez la rémission de vos fautes envers Dieu, fautes par elles-mêmes irréparables et irrémissibles, tandis que celles de votre ennemi sont pardonnables et faciles à expier.

Ecoutez Héli disant à ses fils: Si un homme péché contre un homme, on priera pour lui, mais s'il pèche contre Dieu, qui priera pour lui? (I Rois, II, 15.) En sorte que sa blessure ne saurait être facilement guérie par la prière : ce que la prière seule ne pourrait faire, le pardon des fautes du prochain l'opère. C'est pourquoi Notre-Seigneur a comparé les péchés contre Dieu à dix mille talents, et à cent deniers seulement les fautes contre le prochain. (Matth. XVIII, 23 et suiv.) Remettez donc cent deniers, afin qu'on vous remette à vous-même dix mille talents."

 

Ouf ! C'est exigeant, et je ne suis pas sûr d'y arriver un jour.

Pourtant, c'est cela qui est juste, et non pas d'exciter la colère contre l'autre, ou de flatter les passions…

 

Seigneur, aie pitié de tous, car tous nous sommes en péril…


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Dimanche 31 mars 2013 7 31 /03 /Mars /2013 06:53

pierre jean tombeau 

Aujourd'hui, alors que nous sommes juste en plein carême, catholiques et protestants se réjouissent de la résurrection du Sauveur.

C'est normal, une question historique de calendrier...

Et pourquoi ferais-je la tête de ce qu'ils me devancent ?

Plutôt me réjouir, oui !

Alors, c'est pour moi l'occasion de ressortir  une chanson que j'avais mis en ligne en 2008, traduite à l'époque par les bons soins de Tertius :

(Il faut cliquer sur le bouton vert pour l'entendre...)

 

  Mais comme ça ne semble pas fonctionner avec tous navigateurs (voir par exemple le commentaire de Daniel) il est possible de récupérer le fichier directement : à partir d'ici.

 

Et la traduction :


En tous lieux, la Bonne Nouvelle résonne,

De toutes les églises le peuple jaillit.

L'aurore apparaît déjà dans le ciel.

Christ est ressuscité !

 

Les champs ôtent leur couverture de neige,

Et les rivières se libèrent de leurs chaînes,

Et la forêt non loin verdit.

Christ est ressuscité !

 

Voilà que se réveille la terre,

et que se rhabillent les champs,
voici le printemps, plein de miracles,

Christ est ressuscité !

Christ est vraiment ressuscité !


Bonne, Joyeuse et Sainte Pâque !

(euh... pour nous ce sera début Mai)

 

NB : la chanson d'Alexandre et Eléna Mikhaïlov est simplement intitulée Христос Воскресе ! , "Christ est ressuscité !"

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Mercredi 14 novembre 2012 3 14 /11 /Nov /2012 17:13

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41JC0GAWBYL._SL500_AA300_.jpg

 

"Le silence sera le langage du siècle à venir" écrivait St Isaac le Syrien.

Sans doute est-ce pour cela que les anges savent se faire discrets.

N'empêche, lorsque j'ai vu le film, il y a quelques années, j'ai fait – immobile – un de ces voyages dont j'aurais à peine osé rêver, sans toutefois parvenir jamais à le réaliser.

En effet, non seulement il y faudrait des fonds dont je ne disposerai jamais, mais il faudrait en outre être au bon endroit au bon moment, pouvoir rencontrer les bonnes personnes, parler des langues dont j'ignore jusqu'à l'alphabet…

 

De Kiji sous les neiges de Carélie, à Patmos brûlée de soleil, en passant par Lalibella ou Alep, c'est un voyage dans la foi, dans le chant de la foi à travers les langues, les cultures, les Traditions ; un voyage à travers les Histoires des peuples, à travers le présent de l'Histoire de l'Eglise …

 

Un voyage en images et en sons, en chants et mouvements, en joie et prière…

 

Aussi, lorsque dernièrement on m'a offert le livre, je me suis plongé dedans en me demandant bien où il allait me mener : un film, c'est une chose, un livre autre chose.

Et de fait, ce n'est pas une "copie papier" du film, mais plutôt le "journal de voyage", les coulisses du tournage, le chemin de rencontres, de projet et de caméra.

Et bien plus que cela.

Bien plus, puisqu'entre deux étapes, on se plonge, à coup de "difficultés", "d'apories" et de "scholies" dans la réalité des anges. Qui sont-ils, et quel est leur rapport au temps ? Où sont-ils, et y en a-t-il un nombre défini ? Sont-ils faillibles ou infaillibles, corporels ou incorporels ; comment sont-ils regroupés par "classes", et quelle part ont-ils dans l'Histoire du Salut ? Ce sont là les questions, et quelques autres qui sont abordées joignant la perspective biblique et le regard des Pères de l'Eglise pour des réponses tout en nuances.

Sans doute ce que j'ai lu de plus instructif sur la question. Faisant la part à la diversité des opinions, mais aussi la part du mystère ; d'une immense richesse et pourtant clair et accessible mais sans jamais devenir simpliste ni scolaire.

Et bien sûr à mille lieues des élucubrations des tenants du new-age et autres fadaises.

Bref, un livre précieux.

Un dernier mot ?

Merci à Jean-François Colosimo pour avoir osé un tel livre (et à l'équipe de tournage d'Olivier Mille pour avoir osé un tel film !)

 

PS :

Pour achever ce billet, j'ai choisi cette photo, extraite du film, de Dimitri Koutilla en train de chanter, en arabe, une hymne du Vendredi saint, au milieu des ruines de ce qui fut un des plus fameux monastères du premier millénaire : Qalat-Semaan, le monastère de St Syméon le Stylite.

Je ne peux, sans trembler, entendre cet homme, âgé, chanter ainsi :

En ce jour est suspendu à la croix

celui qui suspendit la terre sur les eaux…

 

Dimitri Koutilla à Qalat-Semaan


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Dimanche 29 juillet 2012 7 29 /07 /Juil /2012 14:42

http://queenswaybanbury.files.wordpress.com/2012/05/olympic-flame1.png

Voici que nos voisins d'Outre-Manche ont organisé une sorte de divertissement au cours duquel des gens venus des quatre coins du globe* vont gambader, sautiller, lancer des trucs et des machins, et faire des "plouf" dans l'eau.

Des "jeux olympiques", quoi.

Aussi, l'autre soir, tandis que je délassais mes neurones en traduisant quelque texte longtemps espéré**, Dame Cigale - harassée par une rude journée de labeur - passant d'une chaine à l'autre sur le téléviseur domestique se trouva à regarder la cérémonie d'ouverture de ces fameux JO.

Usuellement, je goûte assez peu ce genre de performance, mais là, je me suis mis à jongler entre le IXe et le XXIe siècle : le spectacle était "british", délicieusement british, et même, pour tout dire, "so british" !

Oh, bien sûr, je n'ai pas tout aimé (ni même saisi toutes les allusions, loin s'en faut), mais j'ai été frappé par la différence de culture entre le Royaume-Uni et la République française.

D'abord l'humour, bien sûr, cette capacité d'autodérision qui fait si tragiquement défaut à notre cartésianisme.

Mais aussi un rapport assumé au christianisme, lorsque la chanteuse Emely Sandé entonna le cantique "Abide with me".

"Reste avec nous, Seigneur, le jour décline…"

En France, la chanteuse n'aurait pas dépassé le premier couplet de ce chant hérité des pèlerins d'Emmaüs avant de devoir fuir sous les huées des vigiles de la laïcité.

Puis ç'aurait été une polémique sans fin, alimentée par tous les médias, sur la représentativité des minorités religieuses dans l'espace public…

 

A vrai dire, j'ignore si la polémique n'a pas eu lieu outre-Manche, mais je suis certain d'une chose, c'est qu'en France une telle prestation n'aurait jamais été programmée.

 

Alors, pour le plaisir, les trois premiers couplets  de ce chant tel que je le connais, en français.

 

Reste avec nous, Seigneur, le jour décline,

La nuit s’approche et nous menace tous;

Nous implorons ta présence divine:

Reste avec nous, Seigneur, reste avec nous!

 

En toi nos coeurs ont salué leur Maître,

En toi notre âme a trouvé son époux;

A ta lumière elle se sent renaître:

Reste avec nous, Seigneur, reste avec nous!

 

Les vains bonheurs de ce monde infidèle

N’enfantent rien que regrets ou dégoûts;

Nous avons soif d’une joie éternelle:

Reste avec nous, Seigneur, reste avec nous!

 

L'ensemble des paroles en français et en anglais ici .

 

Notes :

* Vous avez déjà vu un globe avec des coins, vous ?

** Non, je n'en dirai pas plus pour le moment.

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Mercredi 27 juin 2012 3 27 /06 /Juin /2012 14:31

tomato-cross

 

Fini le "printemps" en Egypte, voici l'été.

 

La politique, ce n'est guère mon truc : je ne suis pas assez malin pour bien comprendre de quoi il s'agit.

Mais tout de même, je ne suis pas sûr que ce qui se passe en Egypte corresponde à ce que nos bons démocrates hexagonaux attendaient.

Acta est fabula ! La farce est jouée.

L'Egypte vient de se doter d'un nouveau président. Trop cool !

Il veut promouvoir la doctrine des "frères musulmans"… moins cool !

Et à vrai dire, je ne suis pas rassuré pour les chrétiens en Egypte.

Ce n'est pas que je pense que le nouveau pouvoir voudra organiser une persécution en règle des chrétiens locaux (bon, cela s'est déjà vu, mais ce n'est pas inéluctable) : il lui suffira de ne pas les protéger contre les fanatiques de son groupe, de pratiquer l'absentéisme judiciaire.

- Un attentat contre une Eglise ? Ah, non, on ne sait pas qui l'a commis.

- L'assassinat de chrétiens ? Mais ce n'était qu'un déséquilibré qui a tiré, qu'allez-vous donc penser ?

 

Certains trouveront que j'extrapole un peu vite.

Alors j'ai demandé son avis à une tomate, et elle m'a confirmé l'existence de ces groupes fanatiquement anti-chrétiens.

Sur la page facebook de "الرابطة الشعبية المصرية الإسلامية" c'est-à-dire l'Association Populaire Islamique Egyptienne, j'ai effectivement trouvé un post datant du 9 juin (signalé sur "Lebanon news") expliquant que si manger des tomates n'est pas un péché, il faut tout de même faire attention à ne pas les couper de manière à ce qu'on puisse y voir une croix.

 

Ce midi, j'ai coupé une tomate : elle a montré une croix.

J'ai placé les rondelles sur les assiettes, et - au moment de bénir la table - j'ai prié aussi particulièrement pour les coptes et autres chrétiens en Egypte.


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Dimanche 29 avril 2012 7 29 /04 /Avr /2012 14:35

http://i55.servimg.com/u/f55/12/55/48/22/canari10.jpg

 

C'est un serin, un doux canari des îles qui trille avec conviction dès après le lever du jour. Il a été offert à la jeune Cigale  il y a quelques années par sa Mère-Grand et semble prendre son sort avec philosophie.

Dernièrement, grand bouleversement dans son quotidien !

Sans prévenir (mais comment l'aurai-je prévenu ?), je le prend avec sa cage, l'enlève de sa fenêtre et, après une montée chaotique par un sombre escalier le place derrière une autre fenêtre où, amplement pourvu en nourriture et boisson, il est resté sans visite pendant une semaine dans une maison déserte.

Puis, quelques jours après notre réapparition, je l'ai ramené à son lieu habituel.

 

Qu'a-t-il bien pu penser, dans sa tête de piaf ? Comment, avec sa cervelle de moineau, a-t-il interprété cette péripétie ?

Jamais il ne saura que, partant pour une semaine, il nous fallait fermer les volets (dont il ignorait jusqu'à l'existence) du rez-de-chaussée et qu'il n'eut certainement pas survécu dans l'obscurité. Jamais il n'aura les moyens de comprendre que, dans un contexte qui dépasse infiniment son quotidien, sa vie a été préservée.

Peut-être même a-t-il bougonné contre ce destin absurde qui le chahute sans rime ni raison pour le ramener à sa situation d'origine, sans le moindre bénéfice pour lui…

 

Je m'étais fait cette réflexion dans la journée, en le réinstallant derrière "sa" fenêtre, et y repensais, mi-figue mi-raisin, le soir même alors que je fendais  la nuit à vive allure – dans le respect des limitations de vitesse – pour palier à un imprévu contrariant : Dame Cigale venait de m'appeler à la rescousse. Panache de "fumée blanche", voyants lumineux en détresse, puis plus rien : elle était en panne sur le bord de la route, en rase campagne, à une bonne quarantaine de kilomètres de la maison.

 

Tout en roulant, j'interroge le Ciel, ou plutôt "Celui qui y trône". Ma question n'est pas "Pourquoi ?", mais plutôt "Et maintenant ?".

Et, compte tenu de mes compétences limitées en mécanique, j'ose lui suggérer l'envoi d'un ange.

 

A peine suis-je sur place, vers 22h, qu'une voiture s'arrête. Un jeune homme en sort qui, s'étant enquis de la situation, se met en devoir de remorquer la voiture jusqu'à une espèce de parking proche. Puis, à la lumière improbable d'un téléphone portable, il jette un œil au moteur : au moins une belle fuite dans le circuit de refroidissement. Et en tant qu'homme de l'Art (il travaille dans un Centre Auto et ne semble faire l'ange qu'à ses heures perdues), il déconseille vigoureusement de tenter de rentrer en la faisant rouler : nous en serons quitte pour revenir la tracter avant de déterminer la cause exacte de cette avanie.

 

Bien sûr, moi, avec mon crâne de piaf, je me serais bien passé de cette escapade nocturne.

Mais voila, ce n'est pas le piaf qui décide…

 

 

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Vendredi 13 avril 2012 5 13 /04 /Avr /2012 14:27

http://artcorusse.org/wp-content/uploads/2011/05/433px-What_is.jpg

 

Ils sont face à face.

L'un est accusé, l'autre juge.

L'accusé est juif : Yeshoua' bar Yossef ; le juge est romain, Pontius Pilatus.

L'un parle araméen, l'autre latin. Forcément, il y a un interprète.

A vrai dire, il est curieux, cet accusé, qui répond à côté non pour esquiver l'accusation, mais pour la dépasser.

 

Pontius Pilatus :  "Es-tu le roi des Juifs ?"

Yeshoua' : "Dis-tu cela de toi-même, ou d'autres te l'ont-ils dit de moi ?"

Pontius Pilatus : "Est-ce que je suis Juif, moi ? Ta nation et les chefs des prêtres t'ont livré à moi : qu'as-tu fait ?"

Yeshoua' : "Mon royaume n'est pas de ce monde ; si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour que je ne fusse pas livré aux Juifs, mais maintenant mon royaume n'est pas d'ici-bas."

Pontius Pilatus : "Tu es donc roi ?"

Yeshoua'  : "Tu le dis, je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité : quiconque est de la vérité écoute ma voix."

 

Et vient cette question :

Quid est veritas ?

Qu'est-ce que la vérité ?

Question désabusée, fin de non-recevoir : il n'écoutera pas la réponse, il ne peut y avoir de réponse, et en tous cas, ce n'est pas cet autochtone sans culture qui pourrait apporter une réponse intéressante – encore moins une réponse définitive – à cette énigme de la pensée.

Il lui a suffit de 14 lettres pour résumer ce questionnement fondamental.

 

En fait, il n'en faut pas plus pour la réponse.

Et même, celle-ci est contenue dans la question : il suffit de reprendre ces 14 lettres, et de les redistribuer.

 

Est vir qui adest

C'est l'homme qui est là.

Pas n'importe quel homme, Pontius Pilatus, pas celui que tu rencontreras tout à l'heure, ou demain.

Non, Pontius Pilatus, c'est l'homme qui est là, présent devant toi.

Ce Yéshoua' que tu vas envoyer à la mort, comme ça, sans même une raison qui te convainque toi-même.

 

Oh, je sais bien, le procédé de l'anagramme ne prouve rien. Il n'est d'ailleurs pas là pour cela ; c'est juste un jeu de mot, une illustration. Et pourtant, comme il colle bien au réel, celui-là !

 

Jn 18.33-38

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Dimanche 8 avril 2012 7 08 /04 /Avr /2012 14:29

 

http://cleansingfiredor.com/wp-content/uploads/2011/04/entryjerusalem1-333.jpg

Pourquoi, année après année, le Dimanche des Rameaux me laisse-t-il dubitatif, presque amer ?

Probablement l'ambiguïté de ce jour en est-elle la cause. Comment se réjouir à la veille du festival de la couardise ?

Car enfin, tous ces enthousiastes qui y vont de leurs "Hosanna au Fils de David", où seront-ils, dans cinq jours ? Peut-être pas dans la foule hurlante qui réclame la mort de Jésus, non, je l'espère. Mais comme ils se font discrets, alors, comme ils se cachent…

Il n'y a rien d'exaltant à se réjouir avec une bande de lâches…

Ou alors, c'est que je ne suis qu'un âne, que je ne comprends rien.

Un âne, après tout, ce n'est pas si mal, le jour des Rameaux.

Je ne comprends rien, mais au moins, je porte le Roi de Gloire;

Je ne comprends rien ? La preuve : me voici en train de m'indigner de ce que ces acclamateurs du Dimanche étaient bien discret le Vendredi suivant. Comme si je valais mieux qu'eux. Quel empoutré oculaire, de surcroît scrutateur de paille, je fais !

Le Roi de Gloire ne disait-il pas : "Si vous ne devenez comme des petits enfants…"

C'est que des petits enfants, il y en avait, ce Dimanche-là.

Et justement, il est question d'eux à l'office de vêpres de ce jour :

Monté sur un ânon,

ô Christ,

tu acceptas l'hymne de victoire

de la part d'enfants sans malice

tandis que tu marchais vers ta Passion,

toi que les Anges célèbrent

au chant du trisaghion.*

 

NB : le "Trisaghion", c'est ce que les Anges chantent en l'honneur de Dieu "trois fois saint". cf Esaie 6. 3


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Jeudi 8 mars 2012 4 08 /03 /Mars /2012 20:41

http://4.bp.blogspot.com/-nSw3k2XsBIo/T0urtYtRewI/AAAAAAAADm4/9KfE9sxf704/s400/ic-xc-ni-ka01.jpg

Voila déjà plus d'une semaine que nous avons, une fois encore, repris le sentier qui nous mènera jusqu'à la lumineuse nuit de Pâques.

Sentier parfois doux, parfois ardu.

Temps rythmé, entre autres, par la prière de St Ephrem.

Se préparer à Pâques, la Fête des fêtes, comme on se prépare à la communion :

Je crois, Seigneur, et je confesse

que tu es en vérité le Christ, le Fils du Dieu vivant,

venu dans le monde pour sauver les pécheurs,

dont je suis le premier…

 

Et sur le blog du Pravoslave irénique, une "liste abrégée" d'un certain nombre de choses que nous pouvons faire de particulier durant le carême.

A lire … absolument.


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Dimanche 12 février 2012 7 12 /02 /Fév /2012 14:10

http://4.bp.blogspot.com/-5dBRh-ev8-8/TkJ-Xn_4oEI/AAAAAAAAEJY/guHqxqR8N8U/s1600/Prodigal+Song.jpg

 

Peu à peu, les jours passent. Bientôt, le carême.

Déjà le "dimanche du Fils prodigue".

Elle est connue, cette histoire.

Le fils cadet qui s'en va, avec fougue et mépris courir le monde, et enfin "Vivre", loin du train-train du rythme familial. Gonflé, le jeunot : "Donne-moi ma part d'héritage..." en gros, "Je ne vais pas attendre que tu meures pour commencer à vivre, non ? !"

Le fils ainé qui, lui, est resté, s'est peu à peu s'est habitué à cette situation. Une fois que le gamin ingrat est parti, il a fallu travailler plus dur pour rééquilibrer les comptes : une vraie hémorragie financière, ce partage des biens du vivant du père.

 

Le père, lui ne s'est jamais jamais habitué. Pas tant parce que son garnement de fils le considère comme mort... non. Mais parce qu'il est bien possible que son fils soit mort, ou malade, ou agonisant, ou...

 

Les deux fils... c'est moi, tantôt l'un, tantôt l'autre... fils ingrat, oublieux, et pourtant repentant ; ou fils fidèle, mais plein de rancune, de morgue... pas vraiment reluisant.

Le seul qui manifeste de la continuité dans l'amour, c'est le père.

Ou plutôt le Père.

Et le seul visage du Père, c'est le Christ...

filsprodigue-icone-b

 

Ouvre-moi les portes du repentir ;

ô Toi qui donnes la vie...


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