Avec ses air de pope angora, Bartholoméos 1er, patriarche de Constantinople ne limite pas le champs de ses préoccupations à la "spiritualité".
Certes, homme de prière, il est aussi un "fidèle dispensateur de la Parole de vérité".
Et cette "parole de vérité" concerne l'humain dans sa globalité, et par conséquent autant la relation de l'humain à Dieu que le monde dans lequel nous vivons et la manière que nous avons d'y vivre.
Aussi, ce n'est pas un hasard s'il faisait partie des intervenants de la conférence "Citoyens de la terre", organisée par l'Elysée en Février 2007.
(Photo et discours du patriarche http://www.citoyensdelaterre.fr/conference/?-Programme-)
En effet, depuis des années, l'Eglise orthodoxe, sous l'impulsion du patriarcat de Constantinople a consacré le 1er Septembre (premier jour de l'année liturgique) à la protection de la Nature. En complément de l'office de St Syméon le Stylite (un ascète chrétien, dont la présence en début d'année nous rappelle que la vie chrétienne est une synergie de la grâce divine et de notre fidélité ), l'Eglise célèbre donc un "Office pour la Sauvegarde de la Création".
C'est aussi dans cet esprit que le Patriarcat œcuménique, une des institutions spirituelles les plus anciennes au monde, lance depuis plus de dix ans des initiatives dans le domaine de la protection de l'environnement, en vue de réconcilier les observations de la science et la sagesse de la religion. Il a ainsi organisé six symposia sur le thème de l'eau. Ces conférences flottantes ont constitué des espaces de rencontre et d'impulsion commune pour les écologistes, les économistes, les décideurs politiques, les journalistes, les représentants religieux et les citoyens ordinaires. À ce jour, ont été organisé des symposia sur la mer Égée, la mer Noire, le Danube, la mer Adriatique, la Baltique et l'Amazone.
C'était, en naviguant sur ces eaux écologiquement sensibles, un moyen de témoigner d'une vérité simple : en tant qu'êtres humains, nous nous trouvons tous sur le même navire.
Quelques extraits de l'Office pour la Sauvegarde de la Création
Merveille étonnante que l'oeuvre magnifique de la Sagesse de Dieu, le monde sensible exposant la gloire du souverain Créateur de la terre et du ciel, dont la parole maintient le visible et l'invisible univers! Que tes oeuvres sont grandes, Seigneur, telle est l'exclamation des croyants qui te glorifient, toi l'Éternel.
Gardons pure, comme il se doit, et non souillée la nature de l'air, de la terre, de l'eau; et les premiers nous-mêmes en tout notre être purifions-nous.
Considérez comme le plus grand de tous les trésors, vous les hommes, la santé de l'âme et du corps: ne maltraitez pas la nature et ses lois.
Vois la pollution qui s'introduit massivement, ô mon âme, rejette-la et du péché lave-toi, de peur qu'il ne t'advienne pire encore.
"Dieu créa le premier jardin, ce fut Caïn qui fit la première ville"
Que faut-il entendre par cette formule lapidaire, qui reprend des données de la Genèse (Gen 2.8 ; Gen 4.17) ? Que la ville, invention du premier meurtrier répertorié ne peut être qu'un lieu de déshumanisation, contrairement à la campagne ? Ce serait aller un peu vite en besogne, et oublier que c'est dans le "Jardin d'Eden" qu'Adam accompagna Eve dans sa défiance à l'encontre de Dieu. Ce serait négliger que c'est précisément "aux champs" (Gen 4.8, dans le texte de la Septante) que Caïn tua son frère.
Alors ? Certes, les chiffres de la criminalité et de la délinquance sont éloquents, mais ils ne sont que le reflet de la concentration humaine. Certes, on peut mourir de solitude dans l'anonymat des grandes villes ; mais subir l'ostracisme dans un village de campagne n'est pas non plus une partie de plaisir.
J'ai rencontré des personnes que la perspective de vivre en ville rendait malades, d'autres qui ne supportaient pas l'idée de rester plus de quelques jours à la campagne...
Pour ma part, j'ai connu les deux : né en ville, j'ai grandi à la campagne, avant d'aller habiter et travailler à Paris, puis en banlieue HLM, pour finalement revenir à la campagne...
Je ne doute pas que l'on puisse aimer ceci.
Mais, personnellement, je préfère mille fois mieux cela :
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