Vanité à fleur de peau

Publié le par Albocicade

 

"Vanité des vanité, tout est vanité et poursuite du vent…"

Si la phrase est dans l'Ecclésiaste, elle a donné son nom à un type de peintures, généralement des natures mortes, dont le thème est de souligner la fragilité de la vie : tête de mort, sablier symbolisant le temps qui s'écoule, fleur (en référence à un passage du Livre d'Esaïe)… autant de symboles (et bien d'autres), parfois envahissants, employés dans ces productions. 

Le musée Maillol a, durant quelques mois, exposés des œuvres récentes et anciennes dérivées de ce thème : "souviens-toi que tu es mortel".

Oh, bien sûr, je n'ai pas vu cette expo (j'attendrai qu'elle vienne jusque chez moi), mais j'ai eu "mieux".

Emmenant dernièrement les cigales se baigner dans une rivière proche de chez nous, j'ai d'abord été frappé par le nombre de tatouages qui s'exposent… et pas seulement des petits : j'ai même vu un type, avec un look de "bad boy" se prendre pour un ange, deux immenses ailes tatouées dans le dos.

Mais, au final rien que de très banal.

 

Ce qui le fut moins, ce fut, sur un dos, une immense croix surmonté des paroles "memento mori"… souviens-toi que tu es mortel.

 

J'ai beau savoir que la phrase et le thème sont repris dans certains jeux vidéos, et que ce tatoué ne voit probablement dans la croix qu'un accessoire de cimetière, c'est tout de même une sacré "vanité" qu'il s'est fait graver dans la peau.

 

Puisse-t-il savoir aussi, un jour, que "par la Croix, la joie vient dans le monde…"

 

Publié dans Vie quotidienne

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SAGRAMOR 12/07/2010 09:01



 


 "Vanitas vanitatum , dixit Ecclesiastes:vanitas vanitatum et omnia vanitas.".


Oraison funèbre d'Henriette-Anne d'Angleterre.   BOSSUET


 


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   Excellent Albocicade,l'Ecclésiaste réveille en moi Bossuet.


Dans l'oraison précitée,ce maître de la réthorique nous livre son intention: "Je veux dans un seul malheur déplorer toutes les calamités du genre humain et dans une seule mort , faire valoir la
mort et le néant de toutes les grandeurs humaines.".


 


Henriette était dans la fleur de l'âge,belle,riche,éclatante de santé,parée de toutes les grâces,aimée de tous,noble autant qu'il se peut,pieuse.


 


Mais,ce n'est pas là que Bossuet va élever au plus haut notre compréhension chrétienne de la mort.


C'est dans son "Sermon sur la mort.": "L'Homme est méprisable en tant qu'il passe,et infiniment estimable en tant qu'il aboutit à l'étrenité.".