Politique et biodiversité

Publié le par Albocicade

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Il n'est pas toujours aisé de percevoir, de manière incontestable, les conséquences des choix politiques sur l'environnement. Mais pas forcément impossible.

 

Aussi, je laisse la parole à "Mavid Zeng", chef de la Milice du "PC" de la "République Pénitentiaire de Roumanie" ("PC", c'est bien sûr le "Parti des Collaborateurs") dans un roman de Virgil Gheorghiu.

 

"Tout épi, tout grain, tout ce que la terre produit appartient à la collectivité et doit être déposé dans les magasins du Parti qui en fait la distribution. Les épis perdus dans les champs et dans les rues appartiennent aussi au peuple. Celui qui les trouve et les ramasse doit les porter aux magasins du peuple. Autrement, il est un voleur. Et le voleur est un criminel. Nos camarades de Chine et d'Albanie ont commencé l'application du premier plan quinquennal par la mise à mort de tous les oiseaux qui volent dans le ciel des Républiques Populaires de Chine et d'Albanie. Cela, parce que les oiseaux volent les grains de blé, de maïs et de riz qui appartiennent aux hommes. Nos camarades tuent les oiseaux parce qu'ils sont des voleurs. Et personne ne voile impunément la nourriture des citoyens. Je dis bien : pas même les oiseaux du ciel n'ont le droit de voler le pain des hommes et des bêtes qui travaillent. Et si les oiseaux n'ont pas compris cela, eh bien on les tue. Tous. Comme on tue les criminels et les assassins. Tout camarade chinois et albanais a le droit de tuer l'oiseau qui ose se poser sur le sol de la République Populaire pour voler des grains." (p 29-30)

 

Et plus loin (p 145), revenant sur cet épisode chinois, Gheorghiu poursuit :

 

"A la même époque, les Chinois ouvrirent, eux aussi, leur ciel aux oiseaux auxquels ils avaient interdit le territoire et le ciel de leur République. Car ils avaient expulsé et tué les moineaux parce qu'ils mangeaient une trop grande quantité de grains. Les oiseaux étaient des becs inutiles. Mais quand il n'y eut plus d'oiseaux en Chine pour manger les vers et les insectes, ceux-ci dévorèrent les récoltes. La terre de Chine ne produisit plus rien. Toutes les récoltes furent compromises. Les Chinois malgré leur minutie n'ont pas réussi à exterminer les insectes et les vers. Alors, ils ont rappelé les oiseaux. Ils se sont aperçus que les bouches inutiles étaient indispensables."

 

 

Ces deux passages de "La condottiera"  (Plon, 1967) font référence à la  "Campagne des quatre nuisibles" imposée par la politique éclairée de Mao Zedong.

Mais qui s'en souvient ?


Publié dans Ecologie - théologie

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