On a pensé à tout.

Publié le par Albocicade

Geole

 

En cette "semaine de la Passion", semaine des souffrances, je ne peux m'empêcher de penser à ceux qui sont arrêtés, déférés devant un juge, incarcérés…

La première fois, c'est terrible, terrifiant.

Il ne faut pas grand chose, alors, pour que la raison vacille.

Et la hantise des "forces de l'ordre", lors des "gardes à vue", c'est le suicide. Alors le "gardé à vue" se voit retirer ceinture, lacets, bretelles… des fois qu'il voudrait – "juste pour nous em…bêter" comme me l'a un jour confié un jeune officier de police – se fiche en l'air.

Mais une garde à vue, c'est bref. Une incarcération, c'est long, surtout au début.

Que faire pour "garder les détenus en vie" ?

Découragement et désespoir accompagnent régulièrement les prisonniers, leur suggérant la tentation du geste ultime.

Heureusement, "on a pensé à tout".

Depuis 2009, les établissements pénitentiaires disposent de "kits anti-suicide" pour les détenus les plus fragiles. Avec ça, pas moyen de passer à l'acte.

 

Dernièrement, un détenu de 23 ans s'est pendu avec son "kit anti-suicide".

 

Pour des saisons clémentes, l’abondance des fruits de la terre

et des jours de paix, prions le Seigneur. 

Pour ceux qui sont en mer et dans les airs, les voyageurs,

les malades, les prisonniers, pour tous ceux qui peinent

et pour le salut de tous,prions le Seigneur.

Pour être délivrés de toute affliction, inimitié, péril et nécessité,

prions le Seigneur.

Secours-nous, sauve-nous, aie pitié de nous et garde-nous,

ô Dieu, par ta grâce.

(Liturgie de St Jean Chrysostome)

Publié dans Cigale sociale

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Albocicade 28/04/2011 22:06



Merci, mon bon père, pour ces remarques.


Toutefois, mon point de départ concernait effectivement les "droits communs", et la brutalité de la prise de contact avec le monde clos de la justice et de la prison...


Un point, concernant la liturgie : depuis l'invention de l'aviation, il y a des aviateurs (qui ont pour saint protecteur le prophète Elie) voyageant "dans les airs". Une précision judicieuse a donc été insérée dans les paroles mêmes de la
Liturgie. Ce n'est donc, je suppose, pas trahir que d'élargir le sens des mots grecs  à la mesure des mots français. Notons d'ailleurs que si sur un plan sémantique la Liturgie ne désigne
pas directement les "détenus de droit commun", ainsi que vous le soulignez à propos ; Jésus, dans un passage célèbre des Evangiles, parle précisément d'être "en prison" (èn fylaki), ce qui - je l'espère - nous autorise à prier aussi pour les "droits-co" dans le cadre des
paroles de la Liturgie. Toutefois votre précision peut nous inciter à prendre conscience que nous prions aussi spécifiquement pour des personnes comme Asia Bibi...



hiéromoine Nicolas 28/04/2011 19:47



Bien sûr, le sort de prisonnier est peu enviable et la tendance russe est de moins les considérer comme des coupables que comme des malheureux. Il se trouve hélas, aussi, que le passage par la
case prison est pour certains comme un certificat de caïdat. On invoquera aussi la compassion due à leurs victimes. On ne vient pas souvent en prison sans raison.


Le privilège des chrétiens est de ne pas faire de différence et de ne pas choisir l'un contre l'autre : la charité unit l'assistance aux uns et le pardon aux autres : la charité paie de sa
personne.


Un détail cependant : Albocicade évoque la prière liturgique et reproduit une traduction erronée. Dans ce passage on ne prie pas pour les "prisonniers" de droit commun. Le mot grec employé ici
est : "aichmalôtos", il s'agit du captif (du prisonnier de guerre, de l'homme capturé par les barbares) qui se trouve détenu en attendant d'être libéré contre rançon. Cette industrie fleurissait
dans l'antiquité et semble reprendre aujourd'hui ses activités un peu partout dans le monde. Les liturgies, lorsqu'elles veulent parler des prisonniers de droit commun disent "Oi en
phylachais" : ceux qui sont dans les prisons.


Pardonnez cette pédanterie. 



Slaite 19/04/2011 10:37



L'univers carcéral est un enfer, ou on y devient maître, ou on y reste eslave. Prions d'abord le Seigneur qu'il nous délivre premièrement de nos enfers intérieurs.


Jean 8:36  "Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres."


Il n'en sera que plus simple d'affronter les durs réalités de l'existence !