Les documents : octobre 2010

Publié le par Albocicade

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Il y a un an, je commençais à parler de Théodore Abu Qurrah, avant de mettre en ligne un certain nombre de ses ouvrages, espérant que quelque courageux se lancerait dans la traduction (j'ai même eu une proposition... qui n'a bien sûr pas été suivie d'effet).

Comme je ne veux pas renoncer si facilement, je remet la question sur le dessus.

Mais, avant cela, j'ai récupéré et mis en forme une étude qui, sans cela, restait d'accès improbable :

Un continuateur arabe de saint Jean Damascène : Théodore Abuqurra, évêque melkite de Harran. La personne et son milieu par le P. Ignace Dick, 1962

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Ensuite, une traduction russe des textes grecs de Théodore Abu-Qurrah, par Sablukov, 1879

Русский перевод греческого текста Теодорос АБУ КУРРА , по Саблуков

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Puis, Die arabischen Schriften des Theodor Abu Qurra, Bischofs von Harrän. Literarhistorische Untersuchungen und Übersetzung. Von Dr. Georg Graf , 1910

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Des fois que quelque russophone ou germanophone serait intéressé à lire... voir à proposer une traduction

 

Mais, il ne faudrait pas penser qu'Abu Qurrah occupe seul mes investigations de bibliothécaire virtuel...

J'ai donc déniché une étude sur une époque révolue... avant une certaine "révolu...tion"

L'avenir de l'Eglise russe, essai sur la crise sociale et religieuse en Russie, par J. Wilbois, 1907

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Même si ce n'est pas celle que j'utilise habituellement, j'ai trouvé cette

Harmonie des quatre Evangiles en français, par W. P. Tiddy, d'après la synopse grecque de Robinson, 1851

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Enfin, "last but not least" (comme dirait le pravoslave irénique), une étude assez pointue sur Chrysostome.

St Jean Chrysostome et ses oeuvres dans l'histoire littéraire, par C. Baur, 1907

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SAGRAMOR 07/10/2010 15:10



 


   Excellent Albocicade,


 


Saviez-vous que Sagramor était Byzantin?


 


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   Pour revenir sur Théodore,je vous propose de repenser le sujet.


 


 La figure historique de Théodore est aujourd'hui prisonnière de sciences auxilliaires de l'histoire , dont les acteurs se perdent dans des querelles d'experts qui n'est pas arbitée par
l'ecdotique.


 


 Pour simplifier à l'extrême,nous avons des chercheurs  _ paléographie,codicologie,diplomatique _ qui font leur miel de leur spécialité difficile et qui n'ont pas intérêt à faire
émerger trop rapidement des résultats de recherche tangibles.


 


Donc,ils relancent des bribes de résultats intermédiaires,qui suivent harmonieusement leurs lignes budgétaires et régulièrement ils lancent de fausses pistes qui seront budgétisées,puis refermées
avec élégance et discrétion.


 


Bon,vous avez compris leur ballet , qui consiste à fournir à l'histoire des résultats arrêtés,mais pas trop rapidement car il faut en vivre.


 


Ces canailles poussiéreuses ne se mêlent surtout pas d'histoire,elles prospèrent dans les recoins obscurs des bibliothèques.Ils sont indélogeables et rien ne peut les contraindre à accélérer
leurs travaux , dont ils réglent la marche selon des guerres et des alliances qu'ils engagent dans leur micromonde fermé.


 


 


 


    Notre bon Théodore dans tout ça est le type même du patient idéal,car les sciences auxiliaires de l'histoire doivent lui ouvrir la route pour qu'elle se prononce.


 


 Théodore dépend de matériaux dégradables,enfouis dans des collines d'archives dans lesquelles on intervient à la fois comme un spéléologue et un chirurgien.


 


  Pour ma part,modestement et avec d'autres,nous avons perçu une succession dans le temps à Théodore,par ailleurs nous appréhendons les positions historiques des grandes Eglises chrétiennes
sur une patristique verrouillée sur des positions doctrinales , qui ne pourront s'ouvrir que tout autant que la byzantinologie s'ouvrira.


 


   Bref,Théodore est avant tout un Syriaque , victime de l'effacement dont fut victime l'immense civilisation syriaque du fait de sa forte collaboration au lancement  de l'islam.


 


  On avance à son propos qu'il est un écrivain en langue arabe,certes et je l'admets,mais l'Arabe vient tout juste d'être constitué par les Syriaques de Damas,sur une commande pressante
D'Abdel Malek,calife omeyyade.


 


 


       SAGRAMOR



Albocicade 06/10/2010 08:57



Ah, cher Sagramor, vous avez mille fois raison. Mais pourquoi reprocher aux premiers travaux de s'être appuyé sur les quelques éléments disponibles ?


Certes, il aura fallu du temps pour démêler un peu le problème, et rien ne permet d'affirmer que nous en soyons au bout. Je n'entrerai pas ici dans les détails techniques, mais il est désormais
admis que Théodore ne fut contemporain direct ni de St Jean de Damas, ni ... de Photius ; qu'il n'y a pas de raison de transcrire son nom en "Aboucara", et l'idée qu'il n'a probablement jamais
été moine de St Sabbas fait son chemin (mais sur tout cela, je renvoie à l'article de la
wikipédia que je lui ai consacré). D'autre part, il est à noter que Théodore est considéré  comme un des premiers écrivains chrétien de langue arabe, et non comme un écrivain chrétien arabe.
Le fait est que ses oeuvres ne nous sont connues qu'en grec et (depuis un siècle) en arabe : ses écrits en syriaque ("trente traités", ou peut-être "un traité en trente chapitres", comme le pense
Dick) nous sont à ce jour inconnus. Il est donc difficile de le compter prioritairement comme "écrivain de langue syriaque".


Mais rassurez-vous, je ne boude pas les syriaques : la prochaine série des "Documents" devrait contenir un ouvrage de référence sur ces auteurs...



SAGRAMOR 06/10/2010 05:22



 


 Excellent Albocicade,


Il y aurait à "reprocher" aux orientalistes qui on tenté de reconstituer la biographie de Théodore Abu Qurrah , de s'être laissé enfermer dans la seule patristique.


 


 J'ai souvent eu l'impression que leurs hypothèses de datation n'étaient pas fondées,là je pense à Graf,qui persiste à chercher des croisements de vie entre Théodore et Jean Damascène,ce qui
fait arriver Théodore à Bagdad à la veille de sa mort.


 Je ne développe pas,car cela n'intéresse plus personne.


 


 Par contre,ce que je peux dire de Théodore c'est qu'il a inspiré le cardinal Bellarmin dans ses "Disputationes" , qui restent un monument de sapience pour la Curie romaine.Théodore et
Bellarmin étaient contreversistes et théologiens.


 


Ensuite,ils font de Théodore,comme de Jean Damascène , des penseurs arabes ,parce qu'il ont écrit en Arabe.


 


Certes,ils peuvenr écrire en Arabe,mais c'est parce que leurs commanditaires sont le pouvoir arabe,qui les protège de leurs ennemis irréductibles que sont les Byzantins.


 


Cela accrédite encore un peu plus la vieille thèse fallacieuse de la transmission de l'héritage grec par les Arabes,en effaçant les Syriaques.


 


 C'est ignorer le rôle joué par les Syriaques dans l'islam des débuts,cela reviendrait à dire qu'aujourd'hui un Français qui écrit en Anglais , serait Anglais!


 


   Pour conclure,pour faire de la patristique,il faut faire un minimum de patrologie, et __  surtout  __il faut appréhender l'anthropologie des oppositions entre
Syriaques/Arabes de même race et de religions différentes et Syriaques/Byzantins de race et de langue différentes et en tension schismatique intrareligieuse.


 


  Théodore était Syriaque,écrivait et parlait au quotidien en Syriaque,avait des moeurs syriaques,ce qui ne l'a pas empêché de produire à Bagdad l'un des plus hauts florilèges du temps
devant le Calife Al Mamoun,ses contreverses avec les Mutazilites.


 


    SAGRAMOR