Le grand "huit"

Publié le par Albocicade

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Préambule.
Les familiers de ce blog peuvent l'attester, je ne suis pas un fervent adepte de la symbolique des nombres. La dernière fois que j'y ai fait allusion, c'est il y a presque cinq ans.
Et pour tout dire, après avoir jeté un coup d'œil sur internet à propos du thème de ce jour, j'ai bien failli renoncer tant j'ai pu y lire de sottises, d'affirmations aussi péremptoires qu'infondées, d'amalgames douteux et de confusions.
Donc, disons-le tout de suite, comme pour le billet sur le Vendredi saint, il ne s'agit pas ici de "prouver" quoi que ce soit (d'ailleurs, la vie a-t-elle à être prouvée ?), mais d'évoquer la figure du Sauveur par le biais d'une exégèse symbolique remontant à la plus haute antiquité chrétienne.

Une voix sibylline.
Travaillant sur les catéchèses de St Cyrille de Jérusalem, je croise le passage (Catech 10.13) où Cyrille explique la signification du nom de Jésus dans l'hébreu d'une part ("sauveur") puis dans le grec d'autre part ("qui guérit"). Or, si – sur un plan étymologique – la première explication est incontestable, la seconde est nettement plus… imaginative. Aussi, le traducteur s'est-il fendu d'une abondante note afin de permettre à ses lecteur de comprendre la perspective des Anciens.
Et parmi les textes qu'il cite, se trouve ce passage tiré du premier Livre sibyllin :


Alors viendra chez les mortels le Fils du Dieu tout-puissant,
semblable aux mortels eux-mêmes, revêtu d'un corps comme eux.
Son nom porte quatre voyelles, deux consonnes :
je vous enseignerai la valeur de tout le nombre,
savoir : huit unités, huit dizaines, huit centaines ;
à ce nombre les infidèles le reconnaîtront…


Or, en grec, le nom de Jésus (ιησους) est composé de quatre voyelles et de deux consonnes dont la somme donne huit cent quatre-vingt huit.
(ι = 10 ; η = 8 ; σ = 200 ; ο = 70 ; υ = 400 ; ς = 200 soit 888)
La trouvaille était ingénieuse.

Promenade dans le temps.
Méditant sur ces "8", je me laissais aller à remonter le temps jusqu'aux jours de la Création du monde. Six jours de création ; puis le septième jour, repos de Dieu.
Et après ?
Qu'en est-il après le "Repos" de Dieu ; qu'en est-il du "huitième" jour ?
Après le "repos", Dieu se relève… comme dit le Psaume :

"Lève-toi, ô Dieu, et juge le monde !"

Ou plutôt, ainsi que cela a été traduit dans la Septante, avant la naissance du Christ :

"Ressuscite, ô Dieu, et juge le monde !"*

Or, quand donc Jésus s'est-il relevé du tombeau, quand est-il ressuscité d'entre les morts ?
Un dimanche, premier jour de la semaine.
Mais dire "premier jour" de la semaine, c'est aussi dire "lendemain du dernier jour de la semaine précédente", lendemain d'un septième jour : le "huitième" jour.

Et jusqu'en éternité…
Osons pousser encore un peu la métaphore : avant la résurrection, le septième jour, jour du Repos de Dieu, le Christ gisait au tombeau, couché sur la pierre froide.
Si maintenant je prends le "8" et que, comme le Christ au tombeau, je le couche, j'obtiens le symbole de l'infini…
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c8/Infinite.svg

NB

Je le sais, et le répète, tout cela n'a en rien valeur de preuve : c'est tout au plus une illustration, que j'avais envie de partager avec vous.


Petite note de bas de page
* Ps 81.8 dans la Septante (82.8 dans l'Hebreu) Le texte de la Septante porte "ἀνάστα, ὁ Θεός, κρίνων τὴν γῆν" ce qui pourrait se traduire "Lève-toi, ô Dieu…" mais l'emploi du verbe "ἀνάστα" évoque irrépressiblement la résurrection (ἀνάστασις).

Publié dans Cigale patristique

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Daniel Fabre 11/10/2012 17:25


d'ailleurs le symbole de l'infini tel que représenté ici est exactement le parcours qaue doit faire le prêtre quand il encense dans l'église lors des liturgie, c'est ce que j'ai appris en
orthodoxie.....!