In aqua salus (2)

Publié le par Albocicade

bapstismos
D'accord, il fait chaud, et faire une petite trempette peut tout à fait être bienvenue, mais de là à le faire habillé…
Quelle idée surtout de le faire en compagnie de quelqu'un qui vous lit des textes avant de vous enfoncer la tête sous l'eau : vraiment, il faut le vouloir.
D'ailleurs, il le voulait.
Un peu comme cet homme qui demanda au diacre Philippe*
"Voici de l'eau, qu'est-ce qui empèche que je sois baptisé ?"
Parce que c'est bien de cela qu'il s'agit : un baptême.
Comme on dit, dans la Didaché, "Pour ce qui est du baptême, procédez ainsi : après avoir instruit le demandeur, baptisez-le au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit dans de l'eau courante. S'il n'y a pas d'eau courante, qu'on baptise dans un bassin, et s'il n'y a pas moyen de faire autrement dans de l'eau chaude. Enfin, s'il n'y a pas assez d'eau versez de l'eau sur la tête trois fois".**
En effet, "baptiser", c'est mettre dans l'eau.
Ainsi, quand on fait la vaisselle, on baptise les assiettes… et elles ressortent toutes propres, toutes purifiées***.
Puisque l'objectif n'est pas seulement de se nettoyer extérieurement (et encore moins de faire trempette), mais aussi de manifester le désir de purification, comme le rappelle le célèbre palindrome grec
ΝΙΨΟΝΑΝΟΜΗΜΑΤΑΜΗΜΟΝΑΝΟΨΙΝ
"Lave les péchés, et pas seulement le visage"
(Νίψον ἀνομήματα, μὴ μόναν ὄψιν)
C'est aussi pour cela qu'il y a tout un ensemble de prières**** qui accompagnent ce geste.
Et puis, bien sûr, il y a la symbolique de l'ensevelissement et de la résurrection : baptisé "au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit", mort au péché, le baptisé se relève  pour une vie nouvelle avec le  Christ.
 Bapt6
Alors ne nous fions pas aux apparences : malgré son tee-shirt noir, lorsqu'il est sorti de l'eau, il était une cigale aux ailes blanches ! (Comme quoi il y a des cigales en Cornouaille...)
 
Ainsi, après avoir discrètement évoqué dernièrement le chrétien philosophe auteur du "in vino veritas", nous revoici à "in aqua salus".
 
Les notes de tout en bas :
* Philippe et l'Ethiopien : Livre des Actes chap 8
** Didaché 7.1. On aura noté qu'il n'est pas précisé que ce doit être de l'eau douce. En l'occurrence c'était le matin de Pâques 2013 dans la mer, en baie de Douarnenez… Par ailleurs, la mention d'eau "chaude" ne doit pas surprendre : elle indique simplement qu'à défaut de mieux, un baptême réalisé dans une source chaude, voire même dans les thermes publics, était parfaitement valide.
*** Voir dans l'évangile de Marc 7.4
**** Voir les textes ici, mais on trouvera aussi un descriptif du déroulement sur la wikipedia.
NB : les photos m'ont aimablement été envoyées pour ce billet par le P. Yannick de Quimper.

Publié dans Vie quotidienne

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