Encre (pas très) sympathique

Publié le par Albocicade

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J'ai beau savoir qu'il s'agit là d'un succès commercial, et que par ailleurs ce n'est que de la littérature de quai de gare, j'en ai des sueurs rétrospectives.

Bon, tant qu'on se contentait de marquer des tablettes d'argile à l'aide de stylets, ça allait sans problème : pas de risque d'effacement du message. Dans le pire des cas, une goutte de super-glue réparait la tablette cassée (C'est super ancien la super-glue, non ?), et le tour était joué.

Dès qu'on est passé au calame, il a fallu trouver des encres qui résistent au temps et à la lumière : le brou de noix c'est bien, mais ça ne vaut pas l'encre de Chine.

Puis est venue l'imprimerie, et avec elle de nouveaux problèmes pour l'application et le séchage des encres.

Mais toujours une obsession : la durabilité, la persistance du texte écrit.

Que se serait-il passé si ce "sacré Gutenberg" avait fait usage de l'encre mise au point par "Eterna Cadencia" ?

Rien.

Ou plus exactement, il n'y aurait plus rien. Pas de bibliothèque, plus aucun livre ni archive et au final une société amnésique.

 

Au fait, pour ceux qui ne seraient pas au courant, ils ont fait quoi, chez "Eterna Cadencia" ? Ils ont imprimé un roman avec une encre qui s'efface en deux mois. Après quoi, bye bye texte, retour à la page blanche !

Le contraire d'une encre sympathique, quoi.

 

Franchement, le livre mérite mieux que ça, non ?

 

Et juste pour le plaisir, une vidéo que j'ai déjà posté :

 

 

(Si la vidéo ne fonctionnait pas, il est possible d'aller la visionner sur youtube)

Publié dans Vie quotidienne

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Albocicade 12/08/2012 10:27


Ah, Iago, quelle idée de s'enticher de la marque à la pomme ? Sans même parler d'obsolescence programmée, il faut reconnaître que les systèmes d'exploitation évoluent rapidment, et parfois de
manière quelque peu erratique. Ceci est valable, d'ailleurspour tous les systèmes informatiques. L'avantage du plébéien PC sur l'aristocratique Mac, c'est que dans la masse des utilisateurs 
de PC, il y en a toujours quelques uns suffisament astucieux et compétents pour déjouer les manques et limitations des nouveaux systèmes d'exploitation et les proposer via l'internet aux autres
utilisateurs. Mais ces considérations générales ne vous sont d'aucune utilité. Parmi les logiciels bibliques que j'ai utilisé, un des plus perfomants était "Bible Works". Conçu pour Windows, il tourne normalement sous Mac via via un émulateur PC (virtual box, fusion...) Mais fonctionerait-il sur
votre machine ? En outre, la chose est excessivement onéreuse. La "Bible
Online" est sans doute nettement moins pointue sur un plan technique, mais présente aussi LXX, NT grec... Autre point, non négligeable pour l'admirateur inconditionnel de la culture écossaise
que vous êtes, il est tout à fait abordable. Mais ses performances vous satisferaient-elles ? A vrai dire, je reste nostalgique de l'époque bénie où sur internet on trouvait le site de Zhubert
qui présentait probablement ce qui s'est fait de mieux. Un malheureux problème de copyright sur le Nestle a réduit la structure à néant. Néanmoins, il existe divers sites qui peuvent rendre des
services analogues : sans doute y trouverez-vous des outils utiles dans un premier temps.

iago 11/08/2012 16:09


Merci d'avoir retrouvé mon inspirateur.


Vous n'êtes pas indigné : dont acte !


La pratique de vendre pour un temps limité n'est pas nouvelle, même si elle est récente (j'ai le même aspirateur depuis vingt-cinq ans). Il y a eu récemment la révélation d'un scandale dans
l'électronique, je crois : les appareils étaient conçus pour tomber dans une panne irrémédiable une fois la période de garantie dépassée ... ce qui revient au même que votre livre qui s'efface.
Au fait, une fois redevenu blanc, votre livre peut servir au lecteur à en écrire un autre, où à noter les courses à faire. 


Je viens de changer mon ordinateur. Comment se fait-il que sur mon surpuissant Mac-pro avec système O.S. X, je ne puisse pas faire tourner les logiciels (notamment bibliques) qui fonctionnaient
sur O.S. IX et que j'ai achetés fort cher (pour l'auvergnat que je suis) ?   A ce propos, connaissez vous
un logiciel biblique avec Septante et N.T. grec, pratique et utilisable ? Bible Reader, nouvelle version (pour Mc OS X) ne propose plus Septante et N.T. grec, et les a remplacés par les
coquecigrues de commentateurs protestants.


 

Albocicade 11/08/2012 14:50


Ah, cher et bouillonnant Iago !


Le procédé que j'évoque concerne non pas des "livres numériques", mais bien des "livres papier", et c'est en cela que le procédé m'interroge. Qu'une masse considérable de ce qui est imprimé
mérite à peine le nom de "livre" (et moins encore le titre de "livre-Ah", pour reprendre l'expression que vous a prêté Vernon Sproxton dans l'introduction de "Anna et Mister God" de Fynn :
There are good books, indifferent books, and bad books. Amongst the good books some are honest, inspiring, moving, prophetic and improving. But in my language there is another category: there
are Ah! Books. This is one of them.
Ah! Books give you sentences which you can roll around in the mind, throw in the air, catch, tease out, analyse. But in whatever way you handle them, they widen your vision. For they are
essentially Idea-creating, in the sense that Coleridge meant when he described the Idea as containing future thought – as opposed to the Epigram which encapsulates past thought. Ah! Books give
the impression that you are opening a new account, not closing an old one down.) je n'en disconviens pas.


Le point qui m'étonne, c'est qu'on puisse intentionnellement imprimer un ouvrage dans le but qu'il s'efface. Quand j'étais petit, on conservait le papier d'emballage des plaquettes de
beurre pour habiller le fond des moules à gateaux, aujourd'hui, on en vient à imprimer des livres dans le but qu'ils soient jetés, carcasse vide, au bout de peu de temps. Peut-être
vaudrait-il carrément mieux ne pas les imprimer du tout ?


Par ailleurs, je ne suis même pas "indigné", juste un peu désabusé (de fait, je n'avais même pas placé ce billet sous la catégorie "cigale en colère"... )

Iago 11/08/2012 14:14


"Bon, tant qu'on se contentait de marquer des tablettes d'argile à l'aide de
stylets, ça allait sans problème : pas de risque d'effacement du message."


Je crois savoir, mon bon ami, que ces tablettes recouvertes d'écritures cunéiformes
étaient faites d'argile crue, et éminemment friables. D'où la disparition par pulvérisation d'une part énorme des témoins d'une civilisation prestigieuse. Ce qui nous est parvenu
n'a été conservé que grâce aux incendies qui ont transformé l'argile crue en argile cuite.


Dois-je déplorer avec vous qu'un certain nombre d'écrits s'efface dans leur version
numérique, au seul motif que ce sont des livres ? Je crains que non.


D'abord parce qu'il reste (souvent malheureusement) leur version papier soigneusement
conservée à la B.N., version qui encombre des kilomètres d'étagères et coûte un prix fou à l'Etat pour être numérisée.


 Ensuite parce que, parmi les livres que je reçois, il y en a 90% qui, par la vertu de leur
nullité, se jettent presque spontanément dans la poubelle en tressautant comme des axolotles, 8% que je donne à Emmaüs parce qu'ils peuvent être lus par d'autres qui en tireront profit, 1% que je
garde dans ma réserve (après les avoir lus) pour y revenir au cas où ... 1% que je range soigneusement dans ma bibliothèque parce que ce sont ceux que j'appelle (à la suite d'un autre dont j'ai
oublié le nom) des livres "Ah!". Des livres vivants et qui font vivre, des livres qui suggèrent ce que j'aurais pensé si j'avais été intelligent et sage à la fois. Des livres auxquels on adhère
et qui s'achèvent dans un soupir du lecteur quasi ontologique.


 Difficile pour moi de partager votre indignation. D'ailleurs quelle différence y a-t-il entre un
livre qu'on loue et dont le rendu numérique s'efface au bout de deux mois et un livre qu'on emprunte à une bibliothèque et qu'on rend trois semaines après ?


Iago.





 

Albocicade 11/08/2012 13:49



Si, si, selon les infos que j'ai pu glaner, c'est un véritable succès commercial... en Argentine. Le stock a été vendu en un rien de temps (mais les gens ont-ils acheté ce livre pour le lire,
ou pour le conserver, sorte de "collector", bien à l'abri de son emballage ?).


Quant au poids des livres, j'ai partiellement résolu le problème en utilisant des contenus numériques : sur une bête clef USB, je peux glisser quelques tonnes d'indispensables ouvrages... ce
que l'on perd sur le plan tactile et olfactif est partiellement compensé par une praticité à toutes épreuves...

Laurence 11/08/2012 07:20

Ah oui ? Jamais entendu parler de ce succès commercial...et on fait quoi du livre une fois que les pages sont blanches ? On le brûle ? Excellente la vidéo ! Le seul inconvénient pour moi qui voyage
beaucoup : les livres c'est lourd ! Mais ça sent bon