En Union Soviétique (1)

Publié le par Albocicade


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"Si vous le souhaitez, j'ai un livre sur l'Eglise orthodoxe russe que je voudrais vous offrir."

C'est une de mes interlocutrice d'un instant qui me dit cela. Je la connais un peu. Je connaissais surtout son père, vieux pasteur évangélique…

Elle ajoute, l'air vaguement gênée, "c'est un livre où il y a des versets sur les deux premières pages…"

Hé quoi, les orthodoxes aussi lisent la Bible…


Quelques jours plus tard, je la vois revenir avec – dans un sac – le livre.


Un beau livre en français, plein de superbes photos, paru en 1982, en pleine période Brejnev, à une époque où l'URSS paraissait prête à durer des siècles, et où la main de fer du régime pesait lourdement sur l'Eglise.

Une période aussi où les protestants occidentaux faisaient passer des bibles en contrebande dans le "bloc de l'Est".


Ouvrant le livre, je tombe en arrêt sur les "pages de versets".

A peu près tout ce que  l'Ancien Testament compte de textes contre les idoles y est soigneusement copié à la main, comme en une sorte d'exorcisme. J'imagine la personne qui a copié ces textes se dire "compatir aux malheurs des chrétiens persécutés derrière le rideau de fer, oui, mais tout de même les orthodoxes, avec leurs icônes…"

Cela me fait sourire, et même, d'une certaine manière, j'approuve : si les icônes étaient réellement dans l'Eglise orthodoxe ce que les protestants évangéliques supposent, ils auraient complètement raison.

Bien sûr, il n'en est rien, mais leur rejet – à défaut d'être justifié – part d'une bonne intention.

Et au fond nous sommes d'accord : l'idolâtrie n'a pas sa place dans l'Eglise.

(A suivre)

Publié dans Vie quotidienne

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Olivier C 07/09/2010 23:44



Oui, j'avais aussi repéré la perle sur le Filioque...


 


À propos de "synergie", tu n'aurais pas un texte à proposer à la lecture ? Histoire d'enter un peu
dans votre manière de voir les choses.


 


Dans cette ligne (en abusant un peu) aurais-tu un texte me permettant de comprendre votre manière d'aborder la chute de l'homme ? Je sais que la conception catholique du péché originel pose un
problème pour l'orthodoxie, mais je ne sais pas lequel.


 


Bien à toi



Albocicade 07/09/2010 21:45



Bien sur, Olivier, la petite plaquette qui accompagne le DVD de "L'ile" est des plus
concises, et dans certains cas (comme celui cité), un poil étrange. De même, la définition du "Filioque", dans le même document, laisse pantois : si on ne sait pas de quoi il s'agit avant de la
lire, on n'en sait pas plus après.


Pour ce qui est de la grâce, il y aurait beaucoup à écrire, puisque toute gratuite et offerte qu'elle soit, elle doit être désirée, ou pour le moins reçue, d'où la notion de synergie, de
coopération de l'humain avec Dieu...


 



Olivier C 07/09/2010 13:10



Bonjour Albocicade,


 


Un petit texte que j'ai lu il y a quelque jour m'a remémoré cet article. Une amie russe, sachant que j'aime beaucoup la liturgie orthodoxe, m'a offert le DVD du très beau film "L'Île". Une petite
plaquette l'accompagnait, elle définissait quelques termes de l'orthodoxie en quelques mots, je l'ai lu... et que vois-je ? :


 


« GRÂCE : pour l’Église orthodoxe, la grâce est incréée et don gratuit de Dieu, alors que pour la théologie latine, elle est créée et "achetable" par les mérites ».


 


Qu’est-ce qui ne faut pas entendre quand même ! Bien souvent les manuels de catéchismes agacent les orthodoxes, permettez-moi cependant une petite définition de la grâce telle qu’elle se présente
en divers endroit du C.E.C :


 


« "O Trinité lumière bienheureuse, O primordiale unité" (LH, hymne "O lux beata Trinitas" de vêpres) ! Dieu est éternelle béatitude, vie immortelle, lumière sans déclin. Dieu est amour : Père,
Fils et Esprit Saint. Librement Dieu veut communiquer la gloire de sa vie bienheureuse. Tel est le "dessein bienveillant" (Ep 1, 9) qu’il a conçu dès avant la création du monde en son Fils
bien-aimé, "nous prédestinant à l’adoption filiale en celui-ci" (Ep 1, 4-5), c’est-à-dire "à reproduire l’image de Son Fils" (Rm 8, 29) grâce à "l’Esprit d’adoption filiale" (Rm 8, 15).
Ce dessein est une "grâce donnée avant tous les siècles" (2 Tm 1, 9-10), issue immédiatement de l’amour trinitaire. Il se déploie dans l’œuvre de
la création, dans toute l’histoire du salut après la chute, dans les missions du Fils et de l’Esprit, que prolonge la mission de l’Église (cf. AG 2-9) » (C.E.C § 257).


 


« Le nom divin "Je suis" ou "Il est" exprime la fidélité de Dieu qui, malgré l’infidélité du péché des hommes et du châtiment qu’il mérite, "garde sa grâce à des milliers" (Ex 34, 7) » (C.E.C §
206).


 


« Le mérite de l’homme auprès de Dieu dans la vie chrétienne provient de ce que Dieu a librement disposé d’associer l’homme à l’œuvre de sa grâce (NDRL : c’est le catéchisme qui
souligne). L’action paternelle de Dieu est première par son impulsion, et le libre agir de l’homme est second en sa collaboration, de sorte que les mérites des œuvres bonnes doivent être
attribués à la grâce de Dieu d’abord, au fidèle ensuite. Le mérite de l’homme revient, d’ailleurs, lui-même à Dieu, car ses bonnes actions procèdent dans le Christ, des prévenances et des secours
de l’Esprit Saint » (CEC § 2008).


 


Ce qu’il nous en faudra comme temps avant de déblayer les aprioris de part et d’autre en vu d’un bon dialogue…



Olivier C 06/08/2010 00:09



Et oui, c'est bien souvent l'ignorance de ce que croit vraiment l'autre qui rend si difficile le dialogue entre confessions...