En lisant l'épître à Tite

Publié le par Albocicade

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Parmi les urgences en cours à terminer avant que l'année ne fasse de même, il y a quelques notes pour l'Epître de l'Apôtre Paul à Tite.

En effet, depuis quelques années, il m'arrive parfois (avec la bénédiction du "puisatier") de rédiger quelques petits commentaires sur des textes bibliques pour la LLB.

Et en ce moment (donc pour l'an prochain) je travaille sur l'épître à Tite.

Pourquoi, en lisant le début du chapitre 3, ai-je pensé à la critique que Nietzsche fait du christianisme ? Probablement  à cause de ces mots : "Rappelle aux chrétiens d'être soumis aux autorités".

Critique assassine, s'il en fut, où le philosophe dénonce une religion des faibles…

 

Religion des faibles ? Certes… les humains sont faibles. Pourtant, quand je pense à St Basile (que ce soit dans son attitude devant le préfet Modeste, ou dans sa prise en compte des "faibles"), à St Philippe de Moscou tenant tête à Ivan IV "le terrible", mais aussi à John Bost, à l'Abbé Pierre, et à mille autres… je me demande : est-ce faiblesse ou force ?

 

On dit que le nazisme s'est inspiré de sa philosophie, mais "on" est un pronom bien souvent malhonnête. Alors, j'ai ouvert Nietzsche : "l'antichrist". (Mais non, ce n'est pas comme ça que je le désigne, c'est le titre d'un de ses ouvrages).

Comment dire… c'est pire que ce que j'imaginais : quoi qu'il en soit de lui-même, il a écrit des choses qu'aucune dictature ne renierait

 

Par exemple, section II

Qu’est ce qui est bon ? — Tout ce qui exalte en l’homme le sentiment de puissance, la volonté de puissance, la puissance elle-même.

Qu’est-ce qui est mauvais ? — Tout ce qui a sa racine dans la faiblesse.

Qu’est-ce que le bonheur ? — Le sentiment que la puissance grandit — qu’une résistance est surmontée.

Non pas le contentement, mais encore de la puissance, non pas la paix avant tout, mais la guerre ; non pas la vertu, mais la valeur.

Que périssent les faibles et les ratés : c'est là le premier principe de notre amour des hommes. Et qu’on les aide encore à disparaître !

Qu’est-ce qui est plus nuisible que n’importe quel vice ? — La pitié qu’éprouve l’action pour les déclassés et les faibles : — le christianisme...

 

Et encore, la fin de son "ouvrage" :

 

Et l'on compte le temps à partir du jour néfaste qui commença cette calamité, — à partir du premier jour du christianisme ! — Pourquoi pas à partir de son dernier jour ? A partir d'aujourd'hui  — Inversion des valeurs !...

Loi contre le christianisme

Promulguée le jour du Salut, le premier jour de l'an Un

(— le 30 septembre 1888 de la fausse chronologie)

Guerre à mort contre le vice : le vice est le christianisme

Article 1.— Toute contre-nature est vicieuse. L’être vicieux par excellence, c’est le prêtre : il enseigne la contre-nature. Contre le prêtre, ce ne sont plus les raisons qu’il faut, mais la prison.

Article 2.— Toute participation à un culte est un attentat aux bonnes mœurs. L’on sera plus dur contre les protestants que contre les catholiques, plus dur contre les protestants libéraux que contre les évangéliques. Être chrétien est d’autant plus criminel que l’on se rapproche de la vérité. Le criminel par excellence est donc le philosophe.

Article 3.— Les lieux maudits où le christianisme a couvé ses innombrables basiliques seront éradiqués de la surface de la terre, et ils feront horreur à la postérité. On y élèvera des serpents venimeux.

Article 4.— Prêcher la chasteté, c’est inciter publiquement à la contre-nature. Chaque mépris de la vie sexuelle, chaque souillure de celle-ci par l’idée même d’ « impur » est le vrai péché contre l’esprit saint de la vie.

Article 5.— Manger à la même table qu’un prêtre, c’est s’exclure de la société des gens honnêtes. Le prêtre est la caste la plus inférieure qui soit - il sera proscrit, affamé, en toutes circonstances chassé et exilé.

Article 6.— On appellera l’histoire « sainte » du nom qu’elle mérite : celui d’histoire maudite ; on n’utilisera plus les mots « Dieu », « sauveur », « rédempteur », « saint » que comme des insultes, des emblèmes criminels.

Article 7.— Tout le reste s’ensuit.

 

Franchement, on a vu ces programmes mis en œuvres, et je me demande comment il est encore possible de classer Nietzsche parmi les "philosophes". Une chose est sûre, les chrétiens – dans leur faiblesse – ont plus fait pour le bien de l'humanité, pour faire évoluer la société, que les "puissants" et les "révolutionnaires".

Et pour tout dire, je préfère mille fois, cent-mille fois être dans le camps des "faibles" avec St Basile et les autres que dans le camps des "puissants" (au nombre desquels on recensera des noms aussi célèbres que Hitler ou Staline..)

 

Encore un mot.

Le dernier acte "conscient" de Nietzsche, avant de sombrer définitivement dans un état de folie catatonique fut justement ce qu'il réprouvait le plus : un geste de compassion.

Le 3 janvier 1889, au cours d'un voyage à Turin, alors qu'il croise une voiture dont le cocher fouette violemment le cheval, il s'approche de l'animal, enlace son encolure et éclate en sanglots, interdisant à quiconque d'approcher de l'animal.

Serait-ce la fameuse "larme au fond des yeux" ?

 

 

Publié dans Ecologie - théologie

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