Comme des traces dans le désert

Publié le par Albocicade

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Depuis quelques temps, j'ai repris le travail autour d'Abu Qurrah.

J'écris "autour", puisque c'est bien de cela qu'il s'agit : mieux connaître, mieux comprendre le contexte dans lequel il vécut, pour éviter le relativisme et la caricature, deux écueils (l'un par défaut, l'autre par excès) qui ne rendent justice ni à l'évêque, ni à ses interlocuteurs.

 

Le contexte, c'est d'abord l'islam, bien sûr, puisqu'Abu Qurrah vivait dans une société dominée par les nouveaux "maîtres du monde" (du moins, de cette partie du monde).

Pour cela, avoir lu le Coran est certes indispensable, mais bien insuffisant : il me fallut donc me plonger dans les hadiths, consulter Tabari et autres historiographes musulmans, ainsi que des récits et témoignages plus récents.

La rencontre d'un  Syrien fort civil et profondément convaincu que l'islam est l'avenir naturel de l'humanité m'apporta aussi de nombreux éléments de compréhension de la psychologie qui sous-tend la relation historique de l'islam conquérant avec les autres religions.

 

Mais dans cet environnement musulman,  Abu Qurrah était chrétien. Comme l'avait été avant lui Jean Damascène, ou comme le fut après lui Yahya ben Adi.

Si Ben Adi fut un logicien de premier ordre, il était quelque peu rigide dans ses démonstrations. De son côté, Abu Qurrah était plus "souple", et en cela plus proche de Jean Damascène. (A ce propos, le petit traité de Jean Damascène "Dialogue d'un chrétien et d'un musulman" est lisible presque in extenso sur le blog de Ren'  au fil de trois billets : 1, 2 et 3)

 

Mais (on l'oublie souvent) il y avait des chrétiens parmi les Arabes bien avant l'islam. C'est ce que l'étude de Nau "Les arabes chrétiens de Mésopotamie et de Syrie du VIIe au VIIIe siècle"(ce fut son dernier ouvrage) nous remet en mémoire.

 

Enfin, Abu Qurrah, Jean Damascène ou Yahya ben Adi ne furent pas les seuls à chercher à défendre la foi chrétienne face à la religion des vainqueurs de la veille. Ce que Khoury développe dans cet ouvrage largement consultable.

A ce propos, si la figure du moine Bahira (Cf Chronique de Tabari, chap 46 du tome 2 de la traduction de Zotenberg) est largement connue et commentée en islam, elle ne fut pas totalement ignorée du monde chrétien… même si l'approche en est radicalement différente. Pour preuve, cette "Histoire du moine Bahira" dont on en connaît des versions arabes, syriaques et même latine ! J'ai donc placé, en français, une étude fort intéressante de ce texte et, en anglais, une traduction complète.

 

Les documents mis en ligne pour l'occasion sont donc :

"Les arabes chrétiens de Mésopotamie et de Syrie du VIIe au VIIIe siècle": Etude sur les origines de l'islam par l'abbé François NAU, 1933

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La légende de Bahira, ou Un moine chrétien auteur du coran : Présentation et analyse du texte intitulé "Histoire des relations du moine Bahira et de l'Arabe, raconté de auditu par le moine Morbah" (manuscrit 215, fond arabe, de la Bibliothèque Nationale de Paris) par le Baron Carra de Vaux, 1897

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A christian Bahira legend : Introduction, English translation of the Syriac and Arabic texts, with also the syriac and arabic texts, by Richard Gottheil.

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Ren' 31/10/2011 09:14



Merci pour ces liens !