A la poubelle...

Publié le par Albocicade

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Comme signalé précédemment, le nettoyage des abords de mon poste de travail relève de mes attributions, y compris en ce qui concerne les poubelles.

Quelle ne fut pas ma surprise lorsque, dernièrement, j’y trouvai deux livres absolument neufs de Michel Onfray.

Sans doute, les titres des opuscules "Théorie du corps amoureux" et "L'art de jouir" auront-ils trompé l'acheteur, et j'imagine fort bien quelque libidineux ouvrir, palpitant, ces ouvrages au titre prometteur puis les refermer, déçu, au bout de quelques lignes.

Car c'est un fait : Onfray est philosophe de profession, et – quoique je n'ai pas lu les ouvrages sus-mentionnés – je suppose que sa prose ne doit évoquer que rarement le Kama-Sutra.

Toutefois, si je n'ai pas lu Onfray, je l'ai entendu.

Il avait micro ouvert, il y a quelques années, sur une grande radio française, et le titre "café philosophique" (ou quelque chose d'approchant) m'ayant paru alléchant, je m'étais organisé pour pouvoir l'écouter, comme on va s'acheter une gourmandise en pâtisserie.

Je ne demande pas à un philosophe – et encore moins à un philosophe athée – qu'il abonde forcément dans mes vues, mais j'attends de lui une sorte d'objectivité, d'égalité de traitement.

Or, tandis que je m'attendais à une pensée profonde, à un esprit intelligent, à un jugement pondéré, je découvris un esprit hargneux, un discours fermé, un doctrinaire méprisant.

C'était curieux alors qu'il dissertait sur tel ou tel philosophe de l'entendre le dénigrer, le moquer, le mépriser dès lors que ledit philosophe avait fait profession de christianisme. Il allait chercher l'anecdote, l'incident, au besoin la rumeur qui démontrait que ce penseur, au demeurant important, était tout de même un médiocre. Il y avait chez Onfray comme un besoin pathologique de salir, de mépriser, et il n'était pas sans m'évoquer la propagande anti-religieuse de l'Union Soviétique des années 1970.

Au bout d'une dizaine d'émissions, j'ai jeté l'éponge.

En contrepoint, je repense à la réponse que fit, vers la même époque, André Comte-Sponville sur une autre radio, à un auditeur qui réclamait rien de moins que l'interdiction pure et simple des religions en général et du christianisme en particulier "à cause des crimes commis par les religions".

Tout athée qu'il soit, et sans chercher à justifier l'injustifiable, Comte-Sponville eut alors cette réponse qui fait honneur à son intelligence : "Etant donné les crimes commis au nom de l'athéisme, il faudrait aussi interdire ce dernier. Et si l'on entreprenait une étude comparative, je ne suis pas sûr qu'elle serait en faveur de l'athéisme".

 

Bref, les livres d'Onfray étaient à la poubelle, je les y ai laissé.


Publié dans Vie quotidienne

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Iago 01/09/2011 12:19



J'ai eu, moi aussi, l'occasion d'écouter ce philosophe médiatique. J'ai eu la même impression, bien qu'il s'en prît à Freud et à ses épigones. Nous pouvons nous dispenser de lire Onfray, et avec
lui un certain nombre de penseurs répandus sur les ondes, chrétiens ou non (de BHL au Dalaï lama), sans risquer d'y perdre grand chose. Les Pères, par contre ...