Nouvelles indulgences ?

Publié le par Albocicade

 
L'occident chrétien a connu, au XVIe siècle une pratique bien étrange : la vente des indulgences. Même si, à l'origine, cette pratique pouvait témoigner d'un véritable désir de changement personnel, d'une véritable prise de conscience, elle est vite devenu un moyen pratique de s'acheter une bonne conscience, voire même (du moins la légende l'affirme) de se garantir l'impunité.
C'était il y a longtemps, à une époque où il ne serait venu à personne l'idée de se déclarer incroyant.
 
Aujourd'hui, c'est l'écologie qui est à la mode. Que se soit sous les nom de "développement durable", de "produits issus de l'Agriculture Biologique", ou sous forme de dénonciation médiatisée de l'usage des pesticides (et des conséquences sur les "pollueurs - victimes").
Et c'est un nouveau marché aux indulgences qui se met en place… à grand renfort de marketing.
Alors que le problème est structurel, que c'est tout une manière de consommer (et de produire) qui devrait être mise en cause, on se rassure en imposant un étiquetage lisible, en "offrant du choix au consommateur"..
Et le chaland de choisir le citron "sans traitement après la récolte" (mais avant ?), la banane "traitée au Thiabendazole" (on ne sait pas ce que c'est, mais au moins on est au courant) ou même "traité avec amour" (je l'ai vu sur des fruits en provenance du Mexique !)
Au besoin, pour les plus scrupuleux, on achète des "légumes bio" (qui accompagneront un steak haché acheté surgelé dans le rayon d'à côté) histoire de se donner bonne conscience…
 

Publié dans Ecologie - théologie

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ptit moine 24/01/2008 14:26

Bonjour du pays des moinillons !
C'est ici qu'on souhaite la bonne année ?
— Alors, BONNE et SAINTE ANNÉE !

Albocicade aime bien, à ce qu'il semble, et aurait bien aimé citer cette lettre de saint Gégroire de Nysse que l'on fêtait hier (nous autres, les russophiles).
C'est à propos des pèlerinages...
http://www.moinillon.net/post/2008/01/23/trouver-Dieu
(le texte est deux fois emprunté !)

Tertius 24/01/2008 09:49

Dont acte, cher Albocicade !Comme je vous le disais, le problème que vous soulevez demande à être nuancé non pas sur le thème des indulgences, mais sur le détournement de la question du développement durable.Si, au passage, je me suis fendu d'un petit paragraphe sur les indulgences, c'est simplement que votre traitement me semblait trop partiel, laissons la conception des indulgences au bas-moyen-âge dans son contexte historique... aujourd'hui, c'est un travers qui correspond encore à une certaine critique protestante, d'ailleurs... mais je ne crois pas que vous-même ayez été personnellement concerné par ce problème ! J'ai bien une grand-mère à qui je souhaite encore ad multos annos, mais je doute qu'elle-même...

Tertius 23/01/2008 17:16

Je vous ai déjà souhaité bonne année, cher Albocicade.Que penser de votre article... En temps que catholique, je suis plutôt géné aux entournures, les indulgences ne coûtent plus rien aujourd'hui, elles reposent bien sur la piété du fidèle à qui elles sont accordées, le Purgatoire je pourrais revenir dessus mais ce n'est pas le moment... je suis sûr que vous vous êtes un jour penché vous-même sur le problème. Les représentations populaires, le cas échéant appuyées sur la Divine Comédie de Dante, ont trop tendance à construire un lieu intermédiaire entre Enfers et Cieux, oubliant cette simple notion de "feu purgatoire". Il y a un livre très intéressant de l'historien Jacques Le Goff sur le sujet.Oui, le cirque autour du développement durable... en effet, on est en plein marquétingue, mais qui s'en étonnera? Il faut bien trouver un truc pour 1° vendre sa soupe (et en matière de publicité tous les coups sont permis et il faut sans arrêt changer de stratégie pour suborner le consommateur) 2° la vendre cher, faire du bénéfice... "dame, la qualité se paye, à Saint Sulpice comme ailleurs"... si encore la notion de développement durable n\\\'était malmenée que par les marchands, mais que font nos gouvernants, au lieu de lutter contre la surconsommation énergétique? Ils misent sur les biocarburants en ignorant que les limites de la surface agricole utile ne permettent pas aux français d'avoir deux bagnoles par familles ou de rouler en 4x4 en ville, ils demandent aux gens d'éteindre la lumière en sortant d'une pièce et de ne pas laisser leurs appareils en veille prolongé, cachent la surenchère autour de l'emballage derrière le tri sélectif... Ah oui, j'oubliais, si vous faites chuter la consommation vous perdez des emplois ! Je pourrais aller plus loin, aussi, mais peut-être un autre jour, le problème de changement de régime de notre économie et de notre société dépasse de très loin quelques "indulgences bio"...

Albocicade 23/01/2008 22:57

Cher Tertius, mon (unique) commentateur régulier ! Que le catholique en vous ne se sente pas visé. A moins que vous ne soyez un fervent défenseur du bonhomme Tetzel (je connais bien quelqu'un qui serait capable d'adopter cette posture rien que pour me contrarier, mais ce n'est pas vous), il n'y a pas lieu d'être troublé. D'autant que l'origine des "indulgences" est historiquement plutôt de bon aloi (et n'a d'ailleurs rien à voir avec la question du purgatoire). Vous êtes probablement un peu jeune pour vous en rappeler, mais cela remonte à l'époque où, après une faute importante le confesseur pouvait proposer au paroissien une "pénitence" (en grec, on dirait une "métanoïa") pour lui permettre de faire un chemin de retour vers Dieu. Souvent, ce fut des pélerinages (rien de tel que plusieurs semaines de marche avec rien d'autre à faire que marcher et penser à Dieu). Cependant, dans certains cas, lorsque le pénitent était une personne "importante" en charge de responsabilités dans la cité et qu'une absence de longue durée pouvait être préjudiciable à l'ensemble des paroissiens, il était envisagé une sorte de substitution : le pénitent devait doter convenablement une personne de condition modeste (voire pauvre) et qui souhaitait se rendre aux lieux saints (souvent jusqu'à Jérusalem). Le pélerin de substitution s'engageait à prier pour son "sponsor". La démarche était sérieuse, et devait permettre un vrai démarche intérieure. Mais nous sommes alors loin de ce "camelot du bon dieu" que fut Tetzel qui clamait que dès lors que les pièces tombaient dans sa caisse, les âmes s'envolaient du purgatoire, ou de cet autre dont le nom n'a pas été conservé, qui vendit (assez cher d'ailleurs) une indulgence pour un crime qui n'avait pas encore été commis...

alain 20/01/2008 14:54

Bonne et heureuse année 2008 à vous tous!

Albocicade 20/01/2008 16:55

Bonne année à vous, et aux innombrables lecteurs... (enfin, aux quelques lecteurs) de ce blog. C'est toujours un d'avoir un commentaire, mais quand en plus il s'agit de voeux de bonne année !!!
Cordialement