Troisième jour virtuel

Publié le par Albocicade

 
Tout le monde connaît plus ou moins ce passage de la Genèse qui parle de l'apparition des plantes sur la terre, et chacun tente de l'imaginer comme il peut.
L'informatique peut-elle apporter une aide en ce domaine ?
Sur un plan scientifique, je n'en sais rien, mais sur le plan esthétique, pourquoi ne pas tenter l'expérience en créant un jardin virtuel à coup de "clic" ?
Bon, ça ne vaudra jamais une ballade dans la campagne réelle, avec des vraies plantes, dont même les plus insignifiantes recèlent des trésors…
Au fait, le texte de la Genèse (Chapitre 1, versets 11 à 13) se trouve un peu partout sur le net : par exemple ici.
 
Normalement, j'aurais du poster ce billet un mardi, puisque le troisième jour, c'est le mardi.

Publié dans Ecologie - théologie

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Tertius 10/11/2007 01:39

Bien sûr, mon commentaire renvoyait au post du moinillon sur Séraphim Rose... j'espère que vous avez pu lire le texte in english grâce au lié que j'ai donné, j'ai été très étonné par le côté "on ne s'écarte pas d'un iota de l'enseignement des Pères" employé par le père Séraphim. Il commence par dire qu'il est bon de ne pas sombrer dans le littéralisme des évangélos américains pour ensuite donner un avis des Pères de l'Eglise 100 % identique à celui des créationnistes. Ce n'est qu'après qu'il sort de son "klobuk" une citation bien plus récente selon laquelle la Chute d'Adam a entraîné celle de tout l'univers autour de lui jusque dans la nature de sa matière et qu'il sort de ce circuit pour être bien plus spirituel.
Mais en attendant cette argumentation pose trois problèmes:
- il récuse quand même les interprétations des scientifiques alors que la science n'est visiblement pas son domaine de connaissances. Un peu comme Buffon qui prétendait que les coquillages que l'on trouvent dans les collines du Poitou ont étés déposés par le Déluge, malgré tout ce qu'on savait déjà sur l'érosion à son époque.
- il ignore complètement l'interprétation philologique de la genèse, je ne connais pas de Père de l'Eglise qui ait su différencier les deux récits de la Création, "éloïste" et "yahwiste" qui ne se déroulent pas pareil. De même, comment rester à ce point fidèle à la tradition quand on sait qu'il y a quatre "Esaïe", deux "Paul" ou deux "Qoheleth" et que ni David ni Salomon n'ont écrit en personne les Psaumes et le Cantique?
- et le dernier n'est pas moins étrange: quand situer la Chute dans l'Histoire du monde matériel? A la naissance de l'univers, avec 10 milliards d'année de gestation pour l'espèce humaine, ou à la naissance des deux premiers "homines sapientes sapientes" (Ah le double "sapiens", quelle vanité!) il y a quelques 500 000 ans, avec une partie du monde déchu, tyrannosaures et placodermes, laissé derrière sur la flêche du temps déchu? 
L'homme, où Dieu a déposé Son Verbe, Son Image, est un témoin de la gloire, du génie et de la grâce de son créateur. Il doit le louer sans cesse mais aussi le poursuivre de ses questions comme les enfants le font avec leurs parents parce qu'ils leur font confiance pour leur répondre en toute vérité. Le scientifique, le philosophe, le théologien sont des enfants plus curieux que la moyenne, mais le Seigneur ne voit pas ça comme un défaut j'en suis sûr, mais comme une sorte de louange par la raison. Ca doit bien être possible, non?

Albocicade 10/11/2007 20:39

Bien cher Tertius, je dois reconnaître que la longueur du texte du P. Seraphim Rose a eu raison de ma patience : je ne suis pas allé jusqu'au bout. Je ne le discuterai donc pas en détail.Ce qui me semble ressortir de son analyse, c'est effectivement une fidélité indefectible à la lecture de St Basile. Et c'est peut-être là le point faible de son approche. Loin de moi l'idée de critiquer St Basile ! Mais il convient de reconnaître que sa vision du monde est liée aux connaissances et théories scientifiques de son époque. Qu'il les accepte ou les réfute (selon les cas), il se positionne par rapport à celles-ci. Et comment pourrait-il en être autrement.
Il faut néanmoins avoir conscience que nous sommes exactement dans la même situation que st Basile : la pensée contemporaine véhicule un pèle-mèle d'observations et de théories "scientifiques" qui ont la prétention de décrire "objectivement" le monde, comme c'était déjà le cas à l'époque de st Basile. Or, et ceci me semble fondamental, une des grandes caractéristiques de la science, c'est son impermanence : ce qu'elle affirmait avec force hier peut tout aussi bien être aujourd'hui regardé comme une interprétation hative de phénomènes observés avec insuffisamment de précision. Et ceci est d'ailleurs valable pour toutes les sciences. C'est, dit-on, leur honneur.
Aussi, s'il peut être hasardeux de ne prendre pour référence que des textes du IVe - Ve siècles, il me semble tout aussi hasardeux d'avoir une confiance inébranlable dans les résultats de la "science". C'est même un jeu étrange que de vouloir à tout prix faire coller notre lecture de la Bible à la dernière parution de "Science et Vie", ou de "Nature".
Ceci est d'ailleurs vrai aussi pour la science exégétique. La théorie des sources  elohiste, yaviste... qui apparaissait un peu partout dans les éditions de la Bible dans les années 70 - 80 a perdu beaucoup de son crédit : trop de "spécialistes"  on prétendu reconstituer un puzzle (réfutant au passage la théorie du confrère et néanmoins concurrent) pour qu'on puisse la recevoir comme le dernier mot sur la question.
Pour en revenir au débat "créationistes versus évolutionistes", j'ai eu il y a quelques mois entre les mains un dossier émanant de milieux "évangéliques" francophones sur ce sujet. Tous les intervenant étaient des évangéliques, et chacun argumentait le pourquoi de sa lecture, soit "créationiste", soit "évolutioniste". Bien sûr, ils ne parvenaient pas à un accord sur ce point, mais il en ressortait que, au bout du compte, c'est surtout notre "arrière-plan" qui influe sur notre exégèse. Le texte est là, que nous tentons de lire à travers des grilles de lectures dont nous ne sommes pas toujours conscients. Mais ce qui était à retenir, il me semble, c'est que ces braves chrétiens - qui n'étaient pas du tout d'accord sur ce point - ne se reconnaissaient pas moins pour des frères : ce qui fonde notre foi, ce n'est pas notre exégèse de la Genèse, mais le fait même de la résurrection de Jésus le Christ.
Encore une fois, j'aurais répondu à côté de votre intervention...
Quand au P. Seraphim Rose, j'espère qu'un de ces jours un certain "Moinillon" mettra en ligne la traduction française de sa lettre... C'est de toute façon toujours instructif...
 

Tertius 28/10/2007 22:24

...et le quatrième jour, Dieu créa le soleil, la lune et les étoiles.
Vous êtes-vous demandé ce qui marquait les "jours" de la création si ce n'est le soleil, qui n'a été créé que le quatrième jour? Et ce qui faisait marcher la photosynthèse des plantes créées le troisième jour?
Et si c'est la grâce de Dieu qui est la Lumière des jours de la création, qu'est-ce que la "nuit" entre les "jours"?

Albocicade 29/10/2007 17:26

Allons, allons, cher Tertius, comme je l'ai précisé, " chacun tente de l'imaginer comme il peut". En effet, ce texte de la Genèse est composé non comme un compte-rendu scientifique, mais comme un récit. Il suffit de le lire en hébreu (bon d'accord, ça demande un effort) pour prendre la mesure des répétitions,  assonances et allitérations, caractéristiques de la poésie hébraïque. Il s'agit donc d'un récit structuré pour être appris par cœur.
Ce qui ne signifie pas, pour autant, qu'il s'agisse d'une œuvre d'imagination.
Entre les tenants d'un "créationisme" dur et les disciples d'un "matérialisme scientifique" strict, il y a tout le panel de notre lecture, notre capacité à tenter de comprendre, et bien sûr notre part d'imagination. Le risque majeur dans cette situation étant de prétendre que "ça s'est passé comme ceci" (ou "comme cela").
Pour ma part, j'aime assez l'idée que les Luminaires célestes aient pu rester cachés de la surface de la terre par une importante couche nuageuse qui ne s'est dégagée que peu à peu. Le rayonnement solaire passant à travers la couche nuageuse avant même que le soleil ne soit visible de la terre, assurant le nécessaire pour la croissance des plantes… C'est du concordisme, ça ? Et pourquoi pas. Ca ne rend pas compte de tous les termes ? C'est possible… Encore une fois, je ne cherche pas à entrer dans un débat "créationistes-évolutionistes" qui n'est pas le mien : les deux approches me laissent insatisfait. Au fond, je rejoins le Psalmiste :
"Seigneur, notre Dieu !
Que ton nom est magnifique sur toute la terre !…
Quand je contemple les cieux, ouvrage de tes mains,
 

La lune et les étoiles que tu as créées:
 

Qu'est-ce que l'homme, pour que tu te souviennes de lui?
 

Et le fils de l'homme, pour que tu prennes garde à lui?…"
 

(Psaume 8)
Mais peut-être avez-vous des éléments de réponse à partager ?