Vive le moteur à eau ?

Publié le par Albocicade

Durant des décennies, la question d'un moteur à eau susceptible de prendre la place du classique moteur à explosion a été évoquée. Ce moteur mythique serait la solution de tous nos problèmes énergétiques, et seule la farouche volonté de monopole des lobbies pétroliers nous en priverait.
Eh bien non, ce moteur existe.
C'est même "LA … BONNE IDEE" du siècle ! Le moteur à "biocarburant". Plutôt que de brûler du pétrole, on brûle de l'éthanol (produit à partir de céréales), de l'huile (par exemple de colza, de tournesol…). Ce faisant, on règle le problème des excédents de production agricole, les jachères imposées, et seuls quelques Tiers-mondistes attardés relèveraient qu'il y a une forme d'aberration à utiliser dans des moteurs des produits alimentaires sur une planète où famine et malnutrition sévissent encore à l'état endémique.
 
Biocarburant ou eau ?
Mais n'étais-je pas censé parler d'un moteur à eau ?
Si, mais c'est bien la même chose, puisque pour produire du tournesol, du colza ou des céréales, surtout dans les proportions industrielles dont il est question, on irrigue, on arrose.
Aussi, sans même évoquer les problèmes liés au besoin croissant en surface cultivable (qui, par la déforestation, menace à terme un grand nombre d'espèces animales, mais aussi végétales, vous savez, la fameuse "biodiversité"), les divers pesticides, herbicides et fongicides aux effets secondaires étonnants (rappelez-vous, le "DDT" ou le "gaucho"), ou encore l'usage d'engrais qui autorisent de "bons rendements" (tout en étant partiellement lessivés jusqu'aux nappes phréatiques qu'ils rendent impropre à la consommation animale, et donc aussi humaine), je voudrais m'arrêter sur la question de l'eau.
On a pu constater, sur les trois dernières décennies, une croissance exponentielle du besoin en eau pour les productions agricoles. Le remplacement progressif des céréales locales (blé, orge…) par des productions gourmandes en eau (maïs, tournesol…) s'est traduit par le détournement partiel (ou assèchement temporaire) des cours d'eau, ainsi que par la multiplication des forages agricoles, aboutissant actuellement à une baisse inquiétante de niveau des nappes phréatiques. Et cependant, nous n'en sommes qu'à un niveau "artisanal"…
Tant que le colza, le tournesol ou le maïs ne sont utilisés que pour la consommation animale ou humaine, les quantités à produire restent "modérées". Dès lors qu'il faudrait alimenter l'industrie des "biocarburants" pour produire des huiles ou de l'éthanol, les problèmes liés au déficit hydrique seraient multipliés en proportion des surfaces cultivées.
Alors oui, le moteur à biocarburant consomme de l'eau, beaucoup d'eau, trop d'eau !!!
C'est finalement "LA FAUSSE BONNE IDEE" du siècle
 
Pour plus d'infos, il est possible, par exemple, de consulter l'article sur les biocarburants dans Wikipédia
 
Quant aux "vrais" moteurs à eau, c'est une autre histoire…
 

Publié dans Cigale en colère

Commenter cet article

Olivier C 22/09/2010 21:22






Je suis d'accord.


 


De mémoire je me souviens qu'un pays comme le Brésil n'a la capacité de fournir en biocarburant de colza qu'un seul pays
industrialisé de la taille des Pays Bas... On est loin du compte. Surtout si l'on considère que ce pays se devrait de sacrifier toutes les autres cultures vivrières - mais moins rentables - au
profit de cette utopie (ce qu'il fait déjà).


 


En tant qu'ancien électricien j'aurais aussi beaucoup à dire sur la problématique du recyclage des panneaux solaire, en regard
de leur haute toxicité pour l'environnement...