Ah, la vache !

Publié le par Albocicade



"A moins que ne gronde le tonnerre,

le signe de croix du paysan, qui le verra faire ?"

 


Ce proverbe russe est parfaitement adapté à cet ami éleveur, plus haut sur la montagne.

Parce que, sur la ferme, c'est "levé tôt, couché tard", et les repas sont pris... souvent quand on peut.

Il ne reste guère de temps, alors, à passer en dévotions. (D'ailleurs, il est "protestant évangélique", et ignore tout du signe de Croix, ce qui ne l'empèche pas de prier tout de même... sur son tracteur).

Même le dimanche, c'est à qui pourra aller au culte ; jamais tous à la fois : il faut s'occuper des vaches, quand ce n'est pas en plus le temps des semis, des moissons ou des ensilages...


Ainsi, il y a quelques temps, nous nous sommes retrouvés chez lui, un dimanche midi. Une de ces trop rares occasions de se voir, de discuter tranquillement. Mais après le repas, il a remis ses bottes pour retourner ensiler.

Nous avons - il y a maintenant longtemps - fait une partie de nos études agricoles ensemble.

A cette époque, on nous expliquait que la mise en place des quotas laitiers avait pour but de garantir le revenu des éleveurs. Lorsque ces quotas ont été modifiés, c'était (paraît-il) toujours dans le même but.

Mais depuis des années, ce revenu - pourtant médiocre (et même carrément lamentable si on le ramène au taux horaire) - peine à suivre l'inflation... quand il ne s'effondre pas complètement.

Du genre "moins 30 %" en un an.


Alors, je sais bien, il faut "travailler plus pour gagner plus", mais là... comment dire, je crois que ça va pas être possible.


Et juste pour donner envie de devenir agriculteur : un petit graphique sur l'évolution des prix payés aux éleveurs (à noter que sur le graphique du bas, les prix de 2009 ne sont pas indiqués : une moyenne ne se fait qu'une fois l'année achevée, ça risque de ne pas être folichon).


Publié dans Cigale en colère

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