Carême d'antan

Publié le par Albocicade


On trouve, dans le "Journal de voyage" (chap 28) d'Egérie, cette description des pratiques de carême à Jérusalem, telles qu'elle les constata aux alentours de 383.

N'ayant pas la traduction de Sources Chrétiennes, j'ai dû utiliser  le texte proposé ici...

Juste histoire de relativiser ce que certains appellent la "rigueur" du carême (quoique certains ascètes ont des pratiques de cet ordre actuellement : la conclusiuon d'Egérie reste tout à fait d'actualité !)


1. Voici la coutume concernant le jeûne du carême : certains, ayant mangé après le renvoi, le jour du Seigneur, c'est à dire vers la cinquième ou sixième heure(11 h ou midi, ndt), ne mangent plus durant toute la semaine, jusqu'au renvoi à l'Anastasis le samedi, ce sont ceux là qui observent le "jeûne de la semaine".

2. Et même, ayant mangé le matin, ils ne re-mangent pas le samedi soir, mais reprennent un repas le jour suivant, c'est à dire le dimanche, après le renvoi de l'église à la cinquième heure, ou plus tard, puis ils ne re-mangent plus jusqu'au samedi suivant, ainsi que je l'ai dit.

3. Et c'est l'usage ici que les "apotactites", comme on les appelle, qu'ils soient hommes ou femmes, mangent seulement une fois par jour (quand ils mangent !), et non seulement durant le carême, mais tout au long de l'année. Mais si l'un ou l'autre des "apotactites" ne peut garder le jeûne durant toute la semaine, comme décrit précédemment, ils prennent un repas au milieu, le cinquième jour (jeudi, ndt), durant tout le carême. Si quelqu'un ne peut pas faire même cela, il garde le jeûne durant deux jours (par semaine) tout au long du carême ; quand à ceux qui ne parviennent pas même à garder cela, ils prennent un repas chaque soir.

4. Car nul n'exige de qui que ce soit ce qu'il est censé faire, mais chacun fait comme il peut. Aussi, nul n'est loué s'il fait plus, ou blâmé s'il fait moins, comme c'est l'usage ici. Et leur nourriture, durant le carême, se compose comme suit : ils ne mangent jamais de pain sans le peser, ni d'huile, ni quoi que ce soit qui pousse sur des arbres, mais seulement de l'eau, et un pauvre gruau de farine. C'est ainsi que le carême est gardé, comme je l'ai dit.


Le texte original du passage se trouve ici.


Publié dans Cigale patristique

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