Anglo-helvétiques

Publié le par Albocicade

Il arrive parfois - rarement, il est vrai - que l'on m'offre des livres.

Dernièrement, j'en ai reçu deux qui ont au moins trois caractéristiques en commun :

L'un et l'autre ont été

- d'abord publiés en anglais

- puis traduits en français par des Suisses

- avant de m'être offert directement par les personnes ayant réalisé ces traductions.


Le premier, basé sur des conférences de l'archevêque anglican de Canterbury - Rowan Williams - traite de la vie spirituelle dans le monde actuel en relation avec la "sagesse des pères et mères du désert".

Employant le langage des sciences humaines (philosophie, psychologie...) il aborde des thèmes classiques de la pensée ascétique chrétienne (le rapport au prochain, découragement et persévérance, la fuite de la tentation...) pour mieux permettre de se recentrer sur l'essentiel : le Christ.

Ce livre, "Silence et goût de miel", déconcertera peut-être le lecteur orthodoxe plus habitué à s'imprégner de l'exemple des "pères du désert" qu'à tenter d'en lever les ressorts psychologiques.

Cependant, cette tentative résolument contemporaine et occidentale vise à un seul objectif : permettre au lecteur moderne, stressé et éparpillé de se percevoir comme une personne entière, non-interchangeable et aimée, et de se tourner avec confiance vers Dieu.



Le second livre est d'un tout autre genre.

D'ailleurs, s'il parle de sagesse, c'est sous couvert de folie.

Son thème ? La folie en Christ. (C'est d'ailleurs suite au billet sur ce sujet que je l'ai reçu)

Ce n'est toutefois pas une présentation générale du phénomène, comme l'est, par exemple, l'ouvrage d'Irina Gorainoff.

C'est, en fait, une sorte de synaxaire, offrant  pour la trentaine de saints répertoriés - de Ste Isidore d'Egypte dont nous parle Pallade à St Jean Maximovitch, dont certains se souviennent - soit une courte biographie, soit une simple notice en fonction des éléments qui nous sont connus.

Peut-être peut-on regretter que ces notices biographiques ne nous ouvrent que rarement, et presque par inadvertance, sur les événements qui ont amenés ces chrétiens à entrer dans cette ascèse (mentionnons toutefois que les détails sur la toute petite enfance de St Théophile de Kiev nous offrent un aperçu sur les traumatismes psychologiques qui durent orienter le jeune garçon vers une perception particulière du monde).

Mais "La vie des Fols-en-Christ" se présente bien comme un ouvrage hagiographique, et non comme une étude académique.

Son principal mérite (et c'est déjà beaucoup) est donc de rassembler en un seul ouvrage des vies de saints  qui sont éparpillées en divers livres, et nous permettre de découvrir - ou de redécouvrir - ces chrétiens "étranges", mais aussi particulièrement attachants qui nous ont précédé dans la Lumière sans déclin.

 

Et encore un tout grand MERCI à la traductrice (livre 1) et au traducteur (livre 2)


Publié dans Cigale patristique

Commenter cet article