La langue du mépris

Publié le par Albocicade


Prenez un entraîneur, un homme public, un bon gars et un péripatéticien, vous avez 4 hommes tout à fait respectables.

Ajoutez un courtisan, un gagnant, et un homme sans moralité, votre groupe devient hétérogène.

Mettez maintenant tout ce beau monde au féminin... et vous aurez une démonstration sans élégance de la manière dont notre langue - et notre société - rabaisse les femmes.

 

 

Si la langue est symptomatique d'une société, ses chansons en sont aussi un bon révélateur.

Ainsi, comme s'il ne suffisait pas d'assimiler potentiellement toutes les femmes à des prostituées, celles-ci sont à leur tour niées, tournées en dérision.

Ainsi, Maurice Chevalier dans "Prosper" ou Pierre Perret dans "Pépé la Jactance" ne voient le proxénétisme que sur un plan "folklorique".

Jacques Brel, dans "Au suivant",  ne semble trouver la prostitution traumatisante que pour le pauvre jeune conscrit obligé d'aller "au bordel".

Quant à Julien Clerc ou Edith Piaf leur vision de la "fille de joie" est dangereusement romantique.

Bref, il n'y a guère que Brassens, dans sa "Complainte des filles de joie", pour avoir su dire la misère et la dignité de ces femmes prises au piège.

Peut-être y reviendrai-je un jour.


Note : pour les non-philosophes, une petite définition des péripatéticiens.


Publié dans Cigale en colère

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